Géopolitique et stratégie

Sens réel, secrets et dangers de l’accord de Genève


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Samy BOSONGO
Vendredi 30 Novembre 2018

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L’accord de Genève conclu le 11 novembre 2018 ou « l’accord de coalition politique des forces de l’opposition « LAMUKA » en vue des élections du 23 décembre » est une conséquence logique du débarquement de la course à la présidence de la RDC de Moïse Katumbi, de Jean-Pierre Bemba, voire d’Adolphe Muzito. Ce débarquement a poussé les Occidentaux impérialistes intéressés à la RDC à actionner la machine du blocage des élections du 23 décembre vu qu’ils n’ont plus de candidat de gros calibre selon eux, capable de remporter face au candidat du FCC, Ramazani Shadary, le scrutin présidentiel. Empêcher la tenue des élections du 23 décembre pour engager la RDC dans une nouvelle transition.
Si l’on puise aux révélations ou analyses de Colette Braeckam, « Au cours de ce délai d’une durée indéterminée, le pouvoir aurait été partagé et aurait sans doute permis de ramener, dans le jeu politique, les deux exclus les plus célèbres et les plus soutenus, l’ancien gouverneur Moïse Katumbi et le leader du MLC, Jean-Pierre Bemba». Il convient toutefois de signaler que cette approche est l’option levée par les impérialistes européens conduits par la Belgique, la Grande Bretagne, etc. dans la mesure où Nikki Haley, l’Ambassadrice américaine aux Nations unies, a déclaré, le mercredi 13 novembre 2018, qu’« Il n’y aura aucune excuse pour tout échec ou retard éventuel dans la tenue des élections en RDC le 23 décembre 2018 ». Moïse Katumbi et Jean-Pierre Bemba jouissent de l’appui de cette fraction des impérialistes intéressés à la RDC à cause de leur popularité estimée en mesure de les aider à remporter le scrutin présidentiel de façon à se mettre au service des intérêts de ces impérialistes une fois élu. L’on se rappellera la grande implication occidentale pour libérer Jean-Pierre Bemba avant la fin du dépôt des candidatures pour le scrutin présidentiel et le test de popularité réussi par lui à son retour en RDC en août 2018.
Pourquoi le choix de Martin Fayulu ?
Alors que tous les pronostics étaient en faveur soit de Vital Kamerhe, soit de Félix Tshisekedi, Martin Fayulu est choisi comme candidat commun de l’opposition. Un choix facile à comprendre pour les connaisseurs dans la mesure où l’objectif des maîtres des 7 opposants réunis à Genève n’était plus la tenue des scrutins du 23 décembre. Il s’est alors agi d’utiliser des mécanismes qui permettent de désigner, parmi les cinq candidats validés ou restés en course, le mieux indiqué pour faire le boulot. Vital Kamerhe et Félix Tshisekedi présentent des dangers pour la réussite du projet et doivent être écartés. Pour justifier le rejet de Félix Tshisekedi et Vital Kamerhe, Colette écrit : « Les motivations des deux renégats ont donc pu être multiples : Félix Tshisekedi, on le sait, avait accepté que les élections aient lieu à la date prévue, avec ou sans machine à voter et il n’approuvait guère l’idée d’un autre retard. En outre, l’UDPS, le plus ancien des partis d’opposition, estime, aujourd’hui comme hier, que son temps est venu et les militants de base n’acceptent pas l’effacement de leur candidat qui porte le nom mythique de la famille Tshisekedi. Quant à Vital Kamerhe, son parti UNC est, lui aussi, très bien implanté, surtout dans l’Est du pays et ses partisans n’avaient pas caché leur déception devant la mise à l’écart de leur champion. »
C’est ainsi que la facilitation assurée par le Britannique Alan Doss, un ancien chef de la Monusco, adoptera le mode de scrutin, écartant le consensus qui aurait favorisé l’un ou l’autre de ceux qu’on évitait. Ainsi, chaque candidat parmi les sept présents avait droit à deux voix au premier tour et une distinction a été établie entre les validés (Vital Kamerhe, Félix Tshisekedi, Freddy Matungulu et Martin Fayulu) et les invalidés( Moïse Katumbi, Jean-Pierre Bemba et Adolphe Muzito). D’après nos sources, au deuxième tour du scrutin, les « validés » seuls en piste, pouvaient utiliser l’une de leur voix en votant pour eux-mêmes, et la deuxième, pour un autre candidat. D’aucuns ont appelé ce principe celui du plus dénominateur commun. Détails intrigants révélés par Colette Braeckman : «…’la communauté internationale’ bien décidée à voir émerger un concurrent de taille à défier le dauphin de Kabila, n’avait pas lésiné sur les moyens : les sept candidats à la présidence avaient été enfermés à huis clos dans un hôtel genevois, privés de leurs portables, tablettes et autres moyens de communication ».
Martin Fayulu sera finalement choisi parce que, dévoile Colette Braeckaman, « En lisant les documents qui avaient obtenu l’assentiment des sept prétendants à l’élection présidentielle, on découvre que le candidat commun s’était engagé à obtenir le rejet de la machine à voter, le nettoyage du fichier électoral, la décrispation, passant par le libération des prisonniers politiques. Or ces positions, fermement défendues par Martin Fayulu, réputé l’un des plus intraitables sur ces points, auraient immanquablement mené à un report des élections.» Il a été de tous les rendez-vous avec les Occidentaux impérialistes pour statuer sur les voies et moyens d’évincer le régime Kabila depuis la réunion en marge du sommet USA-African Leaders du début août 2014 jusqu’aux discussions récentes de Genève, en passant par la convocation des opposants en février 2015 à Washington, la messe noire de l’île de Gorée en décembre de la même année, le conclave de Genval de juin 2016, etc.
Qui veut la démocratie en RDC ?
Dans le préambule de l’accord de la coalition, politiques des forces de l’opposition « LAMUKA», il est affirmé qu’il faut « réhabiliter la démocratie anéantie par la dictature du régime de Joseph Kabila». Il est évident que la démocratie à laquelle ces opposants font allusion n’est pas celle qui est scientifique, authentique ou à franche allure. Il s’agit d’une démocratie au gré de la volonté des impérialistes qui veulent contrôler la RDC et en piller les ressources, à travers la mise au pouvoir d’une clique de marionnettes. Une démocratie alibi pour organiser des activités par les structures fantoches et conjoncturelles, profitant de la liberté démocratique, pour tenter de déchoir par la force le régime ciblé et diaboliser ce dernier par des propos ou des publications médiatiques fausses ou remplies d’intox, en vue d’exaspérer le peuple pour le pousser au soulèvement contre le régime congolais actuel.
Outre qu’elle s’est prononcé pour la tenue sans nouveau report des élections le 23 décembre, Nikki Haley a affirmé qu’ « Il appartient aux dirigeants politiques congolais de prouver leur volonté de suivre le chemin démocratique qui leur a été tracé ». Ce chemin, c’est celui de la tenue des élections le 23 décembre, la démocratie reposant sur trois piédestaux dont l’un l’accès au pouvoir via le suffrage universel.
Les Européens derrière l’opposition « LAMUKA » ne jurent que par le trouble en RDC pour imposer leurs marionnettes au pouvoir dans les postes visés. Mais de l’avis de Nikki Haley, « La date du 23 décembre 2018 devrait poser les premiers jalons de l’émergence d’une société démocratique en RDC, de manière à baliser le chemin de la stabilité politique, économique et sociale pour les générations présentes et futures ». Ce qui ne peut s’obtenir que par des élections paisibles non précédées et suivies des troubles orchestrés par ceux qui n’en veulent pas pour un agenda noir et émanant des impérialistes.
Félix Tshisekedi et Vital Kamerhe « appelés à revenir à la raison »
« A moins de 24 heures de l’adoption de cet accord, deux de nos collègues ont décidé de se désengager de l’accord en retirant leurs signatures. Nous les appelons à revenir à la raison et à se conformer à la volonté du peuple congolais qui n’a jamais cessé d’appeler à l’unité de l’opposition », tel est l’appel lancé, jeudi 15 novembre à Bruxelles dans un communiqué, par les opposants Moïse Katumbi, Jean-Pierre Bemba, Adolphe Muzito, Freddy Matungulu à Félix Tshisekedi et Vital Kamerhe au terme de leur réunion d’évaluation de l’accord signé le 11 novembre à Genève.
Ces opposants se donnent l’hardiesse d’appeler cet appel « un appel à revenir à la raison », parce qu’ils veulent donner l’impression que le peuple croit qu’ils sont dans le bon et que l’espoir de la RDC repose sur eux. Un appel qui tient du cynisme et de la mythomanie, d’illogisme et d’inconséquence épanouie et historique des traîtres de la RDC qui s’efforcent de masquer la vraie réalité de la chose. Il s’agit d’un appel à réintégrer le camp des traîtres, de ceux qui sont utilisés comme marionnettes par les impérialistes européens qui s’obstinent à piller les richesses de la RDC et à la balkaniser en se servant des Congolais ambitieux, inconscients et égoïstes.
Les Congolais qui sont restés dans la coalition politiques des forces de l’opposition LAMUKA et fidèles à l’accord de Genève sont, en réalité, ceux qui doivent revenir à la raison et décrier les impérialistes qui veulent les utiliser contre les intérêts authentiques et légitimes des Congolais. Kamerhe et Tshisekedi n’ont pas voulu cautionner l’élévation au pouvoir en RDC d’une marionnette qui sera entièrement au service des intérêts des impérialistes occidentaux, même si leur désengagement n’a été possible qu’après leur rejet par les impérialistes occidentaux, s’étant rendus compte qu’ils n’étaient pas fiables pour le projet d’ajournement des élections du 23 décembre qu’ils tiennent à matérialiser.
Il n’y a vraiment que la fraction dupe du peuple congolais qui croit que l’opposition instrumentalisée va sauver ou faire prospérer la RDC. Si cette fraction dupe des Congolais connaissait le complot qui se trame contre leur pays avec la collaboration des opposants susnommés, il y a longtemps qu’elle les vomirait. Ces opposants veulent servir les intérêts des impérialistes occidentaux plus que les droits et intérêts légitimes des Congolais et bernent le peuple pour qu’il les prenne pour de bonnes personnes qu’ils ne sont pas. Avec l’appui médiatique des ces Occidentaux qui diabolisent à loisir le régime Kabila, taisant habilement leur part de responsabilité dans le statu quo congolais et présentant leurs marionnettes comme les seuls Congolais à pouvoir faire prospérer et sécuriser la RDC, ces traîtres congolais veulent faire perpétuer le joug impérialiste sur le pays de Kimpa Vita, Simon Kimbangu, Lumumba, M’zee Kabila et d’autres martyrs anonymes de tous temps de la RDC.
A convenablement analyser la situation en tenant compte des intérêts des Congolais, ce sont Félix Tshisekedi et Vital Kamerhe qui doivent lancer l’appel de revenir à la raison à Katumbi, Matungulu, Bemba et Muzito pour qu’ils soient logiques et conséquents, cessent de trahir en âme et conscience la RDC en décidant de se désengager de la coalition politique des forces de l’opposition LAMUKA et de l’accord de Genève de façon à ne plus donner aucune chance à la marionnette de cette partie de la communauté internationale de prendre le pouvoir en RDC contre les intérêts légitimes des Congolais. Si, du reste, ils sont plus courageux et patriotiques voulant inscrire leurs noms dans les pages héroïques et épiques de l’histoire politique de la RDC, Félix Tshisekedi et Vital Kamerhe doivent dévoiler à l’opinion congolaise tous les mystères ou toute la conspiration des assises de Genève et du plan de blocage des élections que constituent l’accord de Genève et le choix de martin Fayulu comme candidat unique de cette frange de l’opposition.
Samy BOSONGO






Vendredi 30 Novembre 2018


Commentaires

1.Posté par jean paul kasongo ntumba le 23/02/2019 20:12 (depuis mobile) | Alerter
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Commentaire *UNE TRES BONNE ANALYSE.

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