Palestine occupée

Seconds rôles auprès d’Israel


Le Hamas et l'Autorité Palestinienne (AP) ont échangé de dures accusations sur la responsabilité du report sans fin des pourparlers sur la réconciliation nationale parrainée par l’Egypte qui devaient avoir lieu au Caire au début de cette semaine.
Citant la décision du Hamas de boycotter les pourparlers très publicisés, les responsables de l’AP et du Fatah et des porte-parole ont accusé le mouvement islamique de ne pas être "sérieux et sincère» sur la restauration de l'unité nationale palestinienne.

Par Khaled Amayreh


Dimanche 16 Novembre 2008

Seconds rôles auprès d’Israel
L'Autorité Palestinienne, y compris le Président Mahmoud Abbas et son Premier Ministre de facto, Salam Fayyad, ont catégoriquement nié l'existence de détenus politiques dans les prisons de l’AP, le principal facteur considéré par le Hamas comme obstacle à la tenue de pourparlers.

Le Hamas a qualifié ces démentis de "mensonges", en disant que des centaines de ses membres et sympathisants croupissent et sont torturés dans les prisons de l’AP.

Riyad Al-Maliki, le Ministre des Affaires Etrangères en exercice du gouvernement basé à Ramallah, a reconnu que les agences de sécurité de l’Autorité Palestinienne retenaient des centaines de partisans et de militants du Hamas. Toutefois, il a expliqué qu'ils n’étaient pas détenus pour leurs opinions ou affiliations politiques, mais pour "avoir violé la loi et s'être adonnés à des activités illégales".

Al-Maliki ne donne pas de précisions sur ces violations présumées, mais le porte-parole de l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP), Yasser Abed Rabbo, a affirmé que de nombreux détenus étaient soupçonnés de posséder des armes illégales et d'incitations contre le gouvernement ainsi que de la mise en danger de l'unité nationale palestinienne.
«Ce sont des foutaises», dit le porte-parole et député du Hamas, Mushir Al-Masri. "Si nos frères étaient en possession illégale d'armes à feu, ils auraient été arrêtés par l'armée d'occupation israélienne depuis longtemps."

"Nous parlons de centaines d'intellectuels, d’enseignants, d’étudiants et de militants politiques. Ils arrêtent tous ceux qui ont pris part à la campagne électorale du Hamas en 2006. Ils veulent punir le Hamas a posteriori. Et, bien sûr, ils le font en étroite coordination et collaboration avec Israël », a ajouté Al-Masri.

"L'Autorité Palestinienne et ses dirigeants et porte-parole mentent", a-t-il accusé.
En fait, l'Autorité Palestinienne agit en partant du principe que le Hamas, l’ennemi juré d’Israël, est une organisation hors la loi en Cisjordanie où ses partisans et ses membres, à part quelques personnalités politiques de premier plan, doivent être arrêtés, harcelés, insultés et humiliés.

Il y a deux semaines, l’Autorité Palestinienne a commencé, en coordination avec l'armée israélienne, une campagne impitoyable et systématique s’élimination des infrastructures politiques et culturelles du Hamas dans l’ensemble de la Cisjordanie. Il n'est pas certain que la campagne ait pour but de faire échouer les pourparlers du Caire. Toutefois, cela a été apparemment l'une de ses conséquences.

Dans la région d'Hébron, les forces de l’Autorité Palestinienne ont fait irruption dans presque chaque ville, village, hameau et camp de réfugiés pour y arrêter les "personnes recherchées" et les "fugitifs", en se basant sur des listes fournies par le Shin Bet, la principale organisation nationale des renseignements en Israël. La manière dont les arrestations ont été effectuées ressemblait à des opérations de routine israéliennes dans l'ensemble de la Cisjordanie.

On ne sait pas exactement combien d'activistes et de partisans du Hamas ont été arrêtés dans la dernière - et continuelle - campagne, dont le nom de code est "Ishraqato Watan" (Lever du soleil de la patrie). Toutefois, on peut supposer avec certitude que le nombre s’élève à entre 400 et 500, dont la majeure partie sont toujours détenus.

La grande envergure des arrestations est révélée par le fait que les agences de sécurité de l’Autorité Palestinienne ont du louer des maisons et des appartements, et même des entrepôts commerciaux et des échoppes, pour y installer les détenus.

Par exemple, à Taffuh, une banlieue d'Hébron, une ancienne usine d'aluminum a été convertie en prison de fortune où des dizaines d'activistes du Hamas de la région sont incarcérés.

La semaine dernière, au moins 300 véhicules tout terrain fournis par les États-Unis, portant l'emblème de l'OLP, ont fait irruption dans les hameaux et les villages situés le long de l'ancienne ligne d'armistice à l'ouest d'Hébron.

Les troupes, pour la plupart armées de mitrailleuses AK-47 ont fait irruption dans les maisons des activistes du mouvement Hamas, dont de nombreux anciens prisonniers des prisons et des centres de détention israéliennes.

Selon certains des détenus qui ont été libérés depuis, ils ont été soumis à de graves passages à tabac. Ils ont également été ridiculisés pour leur religiosité.

"L'un des soldats nous a dit qu'il nous libérerait si nous mémorisions cinq chapitres du Coran. Un autre nous a dit que nous serions libérés si nous disions une centaine de fois «Que la paix soit sur Mohamed», a déclaré l'un des détenus.
Dans de nombreux cas, les soldats sont entrés dans les salons avec des chiens renifleurs, une insulte pour les communautés traditionnelles.

Quatre-vingt-dix pour cent des détenus sont des militants politiques affiliés au Hamas et au Jihad Islamique. Il y a trois semaines, les forces de l’Autorité Palestinienne opérant dans la ville de Yatta, au sud-ouest d'Hébron, auraient arrêté un agent local du Shin Bet bien connu.
Quelques heures plus tard, un officier de la coordination israélienne a ordonné au commandant palestinien, le Général Diab Al Ali (alias Abu el-Fatah), "de libérer notre homme parce que vous étiez censés n'arrêter que les gens du Hamas."

Al-Ahram Weekly a parlé avec un certain nombre de détenus qui ont été libérés récemment. Ils ont dit qu'ils avaient été interrogés sur leur affiliation politique et leurs activités au sein du Hamas. Certains ont dit qu'ils ont été invités à renoncer publiquement au Hamas ou d'accepter de travailler comme informateurs sur les activistes du mouvement Hamas dans leur région.

Dans de nombreux cas, les Forces d’Occupation Israélienne avaient envahi la même localité quelques heures avant ou après l'entrée des forces de l'AP.

Beaucoup de Palestiniens ordinaires ont commencé à appeler les forces de sécurité de l'Autorité Palestinienne des Omala, ou des collaborateurs israéliens. C'est sans doute la pire insulte qu’un Palestinien puisse proférer. D'autres font des comparaisons entre l'appareil de sécurité de l’Autorité Palestinienne et la défunte armée du Sud Liban (ALS), la milice soutenue par les Israéliens qui opérait dans le sud du Liban durant l'occupation israélienne dans les années 1980 et 1990.

La semaine dernière, la principale information sur une chaîne de télévision israélienne était la répression de l'Autorité palestinienne à l’égard du Hamas dans le nord de la Cisjordanie, avec le présentateur des informations qui informait les spectateurs en disant : "Ce n'est pas une opération des FDI contre des terroristes en Judée et en Samarie, mais une opération des troupes de l'Autorité Palestinienne qui donnent l’assaut aux maisons des activistes du mouvement Hamas.

En Septembre, les chefs de la sécurité palestinienne en Cisjordanie auraient tenu une réunion avec leurs "collègues" et "homologues" israéliens dans la colonie juive de Beit El, près de Ramallah. Selon le journaliste israélien Nahom Barnea, qui a été autorisé à assister à la réunion, Abu El-Fatah a dit aux commandants de l’armée israélienne : "Nous sommes des alliés, pas des ennemis» et «Nous avons un ennemi commun: il est appelé le Hamas."

La direction de l'Autorité Palestinienne s’est refusée à tout commentaire sur la rencontre embarrassante. Toutefois, un responsable du Fatah, Qaddura Fares, a qualifié les chefs de la sécurité palestinienne de "traîtres" et a demandé au Président Abbas de les virer immédiatement. Abbas a ignoré les remarques de Fares.

Certains observateurs estiment que la campagne contre les radicaux du Hamas en Cisjordanie, vise précisément à faire échouer les efforts des Egyptiens pour combler les divisions entre le Hamas et le Fatah. L'Autorité Palestinienne se rend compte qu’un rapprochement avec le Hamas provoquera, tôt ou tard, une crise avec Israël, et probablement avec l'administration américaine.

Par conséquent, la répression contre le Hamas semble avoir trois objectifs pour le Fatah. Tout d'abord, blâmer le Hamas pour l’échec des pourparlers de réconciliation, avant même qu’ils ne commencent. Deuxièmement, le maintien du soutien occidental. Troisièmement, soulager Israël du poids d'être une puissance occupante, dans l'espoir que l'Etat juif récompensera l'Autorité Palestinienne en termes de concessions politiques, ce qui lui redonnera une légitimité.

Cependant, en observant le comportement d'Israël, en particulier depuis les Accords d'Oslo, il y a 15 ans, il est évident qu’Israël n’a toujours considéré que comme une marionnette ou une entité collaboratrice. En effet, l'expansion des colonies israéliennes, en particulier à Jérusalem-Est, ainsi que le refus de l'armée israélienne à assouplir ses durer mesures contre les Palestiniens ordinaires, ne devraient laisser aucun doute quant au statut de l'Autorité palestinienne vis-à-vis de l’État juif.

Source : http://weekly.ahram.org.eg/
Traduction : MG pour ISM


Dimanche 16 Novembre 2008


Commentaires

1.Posté par redk le 16/11/2008 13:18 | Alerter
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Rigole bien avec ta dominatrice, tape toi des tranches de rire, pendent que ton peuple soufre le martyre, que tes enfants meurent de faims et de maladie quand c'est pas par les balles de tes amis ss, Collabo le peuple auras ta ;...!!!

2.Posté par Aigle le 16/11/2008 15:16 | Alerter
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Redk , les traitres ne rient qu'un temps ............meme leurs maitres les jettent comme des torchons sales une fois les mains ensanglantées essuyées .........

3.Posté par belh le 16/11/2008 17:04 | Alerter
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En effet Aigle, ils l'ont déja prouvé avec les harkis ou avec Sadam Hussein.

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