Economie et pouvoir financier

‘Science économique’ – Imposture diabolique


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Katehon
Samedi 1 Septembre 2018




    Dans le monde de la ‘science économique’, il naît des ‘dieux’ que l’on peut adorer, mais avec qui l’on ne peut pas débattre et qu’il est même interdit de soupçonner de se tromper. Après avoir été couronnés Nobel d'économie, ils acquièrent le statut de ‘génies’ et même de ‘dieux’. Jusqu’à ce moment-là, ce qu’ils préconisaient pouvait être contesté, débattu et réfuté.



    Avec leur prix Nobel en poche, on ne doit plus que les écouter humblement, et on peut, et même on doit, les invoquer. Si le dogme de l'infaillibilité papale fut adopté au XIXe siècle lors du premier concile du Vatican, dans la seconde moitié du vingtième siècle, est apparu le dogme informel de « l'infaillibilité du lauréat du prix Nobel d'économie ». Je ne saurais dire si l’on trouve pareil dogme tacite d'infaillibilité pour les lauréats du prix Nobel d’autres sciences, mais il existe bien un culte dans le domaine de la ‘science économique’.



    L’intégralité de la ‘science économique’ dite moderne, n’est qu’imposture. Ses planificateurs et créateurs cachent soigneusement leur jeu. Les commanditaires ultimes de cette supercherie diabolique sont les ‘propriétaires de l’argent’, les principaux actionnaires de l’entreprise privée appelée ‘Réserve Fédérale des États-Unis’. Quelques économistes honnêtes ont décrit les véritables objectifs du projet mondial permanent baptisé ‘Science économique’, mais ce qu’ils ont écrit est noyé dans des gigaoctets d’informations trompeuses.



Dans les coulisses de la tromperie assumée



    C’est John Kenneth Galbraith (1908-2006), économiste étasunien de renommée mondiale qui, durant la plus grande partie du XXe siècle, fut chargé de mettre au point le projet ’Science économique’. Pendant de nombreuses décennies, ce spécialiste baigna dans la lumière de la gloire et des honneurs. Il enseigna dans les universités de Californie, de Harvard et de Princeton. Il fut président de l'American Economic Association (1972), et lauréat des prix de Frank Seidman (1975), Veblen-Commons (1976), et V. Leontiev (2000).



    Or, quelques années avant la fin de sa très longue vie, ce professeur commença à être pris de remords. Il eut le sentiment que ce dont il avait parlé et écrit tout au long de la plus grande partie de sa vie, n’était pas du tout de l’économie, et qu’il avait tout simplement trompé les gens. C’est ainsi que dans son dernier livre, paru au début de 2004, sortit la vérité. On peut dire qu’il s’agit d’un livre dédié à ses confessions. Son titre est fort remarquable : The Economics of Innocent Fraud [~L'économie du charlatan naïf]. Dans ce livre, qui a été traduit pour être vendu en Russie, il révèle les mensonges de la ‘science économique’ officielle.



    Il écrit que sous l'apparence de ‘science économique’, a été créée l’idéologie dont les « maîtres de l'argent » avaient besoin afin de pouvoir contrôler efficacement l'humanité et devenir par la suite les « maîtres du monde ». Cette pseudoscience n'est en rien de l'économie. En grec, économie signifie ‘construction d’habitations’. L’objectif de la soi-disant ‘science économique’ est au contraire de détruire, de détruire l'homme et l'économie créée par les générations précédentes.



Prix Nobel factice



    Le projet ‘Science économique’ est pluridisciplinaire et à plusieurs niveaux. Parmi les éléments importants de ce projet, il y a l’institut du prix Nobel d’économie susmentionné. Il s’agit déjà en soi d’une tromperie. Nous savons que les prix Nobel furent créés par Alfred Nobel, scientifique suédois, entrepreneur et philanthrope. Il fit cela en 1895, à l’époque où Alfred Nobel coucha son idée dans son testament. Il stipulait que la plus grande partie de sa fortune, environ 31 millions de marks suédois, devait servir à récompenser les réalisations humaines dans cinq domaines d’activité : physique, chimie, médecine, littérature et activités en faveur de la paix dans le monde. Il n'y avait pas trace d'économie dans son testament.



    Pourtant, en 1968, le monde vit passer cette information : En Suède, le prix Nobel d’économie est en cours d’instauration. Son initiateur était la Banque centrale de Suède. C’est de cette manière que cette banque décida de célébrer son 300e anniversaire. Par la suite, ce prix est devenu le plus prestigieux du monde dans le domaine de l’économie. Cette année, 2018, marque donc le demi-siècle d’existence du prix Nobel d’économie. Ce prix fut décerné pour la première fois en 1969, à l'économiste norvégien Ragnar Frisch et à l'économiste néerlandais Jan Tinbergen (récompensé pour son œuvre intitulée : « Pour la création et la mise en œuvre de modèles d'analyse dynamiques des processus économiques »). Aujourd’hui, il y a déjà 73 lauréats de ce Nobel. Le dernier est l'économiste étasunien Richard Teiler (2017). Le prix est accordé « Pour contribution à l'économie comportementale ». En n'entrant pas trop dans les détails, la plupart des ‘œuvres’ des lauréats du prix Nobel peuvent être classées dans les catégories scolastique, cabalistique (œuvres comportant des dessins, des formules et des graphiques), sagesse talmudique (en langage des oiseaux difficile à interpréter).



Incubateur de génies



    Confirmant la règle, on trouve des exceptions chez les lauréats et leurs œuvres. Après avoir reçu le ‘certificat de qualité’ du comité Nobel, les œuvres des ‘génies de l’économie’ se retrouvent automatiquement dans les manuels que devront se farcir chaque année des millions et des millions de jeunes des universités et des autres établissements d’enseignement supérieur des différents pays.



    Une question intéressante se pose : Comment les économistes professionnels sont-ils sélectionnés pour concourir au prix Nobel ? En réfléchissant à la question, on comprend qu’ils sont préparés avec soin à cette mascarade. Ils sont préparés moralement, spirituellement, psychologiquement et intellectuellement, mais comme il se doit, après sélection préliminaire. Celle-ci commence sur les bancs des facultés.



    Le nom officiel de l'un des ‘incubateurs’ de Nobel d’économie est la Société du Mont-Pélerin. Il s’agit d’un établissement international qui, selon son site officiel, fut fondée par 36 scientifiques le 10 avril 1947, au cours d’une conférence organisée par Friedrich von Hayek, célèbre économiste de l’École autrichienne. La Société porte le nom de la ville suisse de Mont-Pélerin, où se tenait la conférence. Parmi les fondateurs, figurent Maurice Alles, directeur d'Aaron, Walter Oaken, Milton Friedman, Henry Hazlitt, Bertrand de Jouvenel, Ludwig von Mises, Frank Knight, Michael Polanyi, Karl Popper, Lionel Robbins, George Stigler.



    L’objectif déclaré de cet établissement est de promouvoir la politique économique du marché libre et les valeurs de la société ouverte. Pour que cette propagande soit aussi efficace que possible, la Société exploite toutes les opportunités pour mettre en valeur le statut scientifique, social et politique de ses membres. Et comme il se doit, la Société ne pouvait pas laisser passer la chance de faire concourir ses membres au prix Nobel d’économie. Dans ce domaine, l’activité de la Société s’est révélées fort efficace, puisque huit de ses membres ont obtenu le prix Nobel. Le premier était Friedrich A. von Hayek (1974), le fondateur de la Société. Les autres lauréats sont : Milton Friedman, George Stigler, Maurice Allais, James M. Buchanan, Ronald Coase, Gary S. Becker et Vernon Smith. Ainsi, il se trouve que chaque neuvième Nobel d’économie est membre du Mont-Pélerin.



Économie maçonnique



    Les idées destructrices des aspirants au Nobel ont à plusieurs reprises donné du poids à ce que racontent les médias du monde contrôlés par les « maîtres de l'argent ». Milton Friedman est devenu le père fondateur de l'école moderne du monétarisme. Ses idées ont été très utiles pour justifier la transformation de l'économie réelle en économie de la finance (plus précisément, en ruinant l'économie réelle pour la remplacer par un régime de ‘bulles’ financières virtuelles).



    La Société du Mont-Pélerin est une loge maçonnique très fermée. Dès le début, elle fut parrainée par les services de renseignement britanniques. L’année de la création de la Société, 1947, est notable, car la ‘guerre froide’ de l'Occident contre l'URSS débuta cette année-là. La Société du Mont-Pélerin fut chargée de participer à la guerre économique contre l'Union soviétique et les démocraties populaires, pour faire en sorte que la doctrine économique soviétique relâche son idéologie. On peut lire cela dans de nombreuses publications étrangères et nationales. Par exemple, John Coleman, ancien officier du renseignement britannique, écrit dans son livre The Committee of 300, que la Société du Mont-Pélerin « est une fondation économique destinée à répandre des théories économiques trompeuses et à influencer les économistes du monde occidental afin qu’ils suivent les modèles qu’elle publie parfois. Les auteurs de ces pratiques fumeuses sont Von Hayek et Milton Friedman. »



    De nos jours, la Société du Mont-Pélerin compte environ 500 membres. Les réunions ont lieu tous les deux ans, chaque fois dans un nouveau pays et dans un environnement secret, plus secret que pour les réunions du club Bilderberg.



    Trente présidents se sont succédés depuis la création de la Société. Depuis 2016, c’est le président étasunien Peter Boettke qui la dirige. Il a été élu à ce poste lors de la dernière réunion de la société à Miami, en Floride. Cette année, un autre changement de président doit avoir lieu. On ne sait rien du lieu et de l'heure de la prochaine réunion de la Société.



    Certains membres du Mont-Pélerin désertent après avoir compris sa véritable finalité. Et tous ne gardent pas le silence. L'un d’eux est Paul Craig Roberts, l'économiste étasunien bien connu qui fut autrefois assistant du Secrétaire au Trésor et l'un des auteurs de la politique économique appelée ‘Reaganomics’. En 2008, Paul Craig Roberts a plaqué la Société. Il en était venu à conclure que la Société du Mont-Pélerin ne défend plus la liberté, mais est devenu un autre instrument de l'hégémonie étasunienne.



* * *



    Il est évident que la Société du Mont-Pélerin est un arbre diabolique. Les lauréats du prix Nobel d’économie issus de cet incubateur sont donc de ‘piètres fruits’. Ils sont comparables aux fruits vénéneux de l'arbre de la connaissance du bien et du mal, avec lesquels s’intoxiquèrent nos premiers ancêtres.



Katehon, Le culte des ‘génies’, 15 août 2018

Traduction Petrus Lombard







Samedi 1 Septembre 2018


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