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Sarkozy - bonjour l'OTAN, adieu la France


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Il aurait dû être évident pour tous qu’une fois président, Sarkozy allait sacrifier la fragile neutralité militaire et politique de la France. Bien avant qu’il réussisse d’une manière ou d’une autre à remporter les élections présidentielles de 2007, il était déjà connu sous le nom de « Sarko l’Américain » sans parler de « Président Bling Bling ». Il est apparemment impossible pour un politicien français de vraiment admirer les bâtisseurs de l’empire américain (comme Sarko semble le faire) sans se prosterner à leurs pieds.


gai_chat@yahoo.fr
Jeudi 24 Juillet 2008

Sarkozy - bonjour l'OTAN, adieu la France
Sott.net
Lundi 14 juillet 2008

Après tout, il y a de grands avantages personnels à aligner la nation (que cela lui plaise ou non) et soi-même sur le dernier grand empire. Il y a ce sentiment d’être du « côté des gagnants » (qui peut désormais s’opposer au mastodonte ?) Il y a un accès immédiat à d'énormes avantages en termes de ressources, d'influences et de renseignements provenant de l’empire au moyen desquels des buts auparavant impossibles deviennent non seulement possibles mais également une question de politique.

Jusqu’à la nomination de Sarkozy en tant que président l’an dernier, la France avait une longue histoire de quarante années d’opposition franche au type de diplomatie étasunienne qui nous a conduits à la lucrative mais mortelle « guerre contre la terreur ». Tant qu’il y avait une puissance mondiale majeure encore relativement indépendante, il restait une troisième option – si des nations petites, mais stratégiquement importantes, n’étaient pas « avec les États-Unis » elles n’étaient pas par définition « avec les terroristes ». Elles pouvaient être « avec la France. »

En 1966, le président De Gaulle sortit la France des contraintes du commandement militaire de l’OTAN et flanqua à la porte toutes les forces militaires étrangères. De Gaulle avait compris que l’OTAN, malgré le discours des « puissances alliées », n’était guère plus que le quartier général des plans expansionnistes militaires étasuniens en Europe et naturellement il ne voulait pas être y impliqué. Aujourd’hui l’OTAN, et son Grand Quartier Général des Puissances Alliées en Europe, ou « SHAPE », basé juste au nord de Mons en Belgique demeure la couverture grâce à laquelle l’hégémonie étasunienne est exercée sur toutes les nations européennes, particulièrement les anciennes républiques soviétiques. Songez à la nature du commandement militaire de l’OTAN :

Les opérations militaires de l’OTAN sont dirigées par le président du Comité Militaire de l’OTAN, et se partagent en deux Commandements Stratégiques commandés tous les deux par un officier supérieur étasunien aidé d’une équipe issue des effectifs de l’OTAN. Les commandants stratégiques sont responsables devant le Comité Militaire pour la direction et la conduite globales de tous les dossiers militaires traités par l’Alliance au sein de leurs zones de commandement.

Avant 2003, les commandants stratégiques étaient le « Commandant Suprême des Forces Alliées en Europe » (SACEUR) et le « Commandant Suprême des Forces Alliées de l’Atlantique » (SACLANT) mais le plan actuel est de séparer la responsabilité du commandement entre le Commandement Allié Transformation (ACT), responsable de la transformation et de l’entraînement des forces de l’OTAN, et le Commandement Allié Opérations (ACO), responsables des opérations de l’OTAN dans le monde.

Le commandant du Commandement Allié Opérations a gardé le titre de « Commandant Suprême des Forces Alliées en Europe » (SACEUR), et est basé au Grand Quartier Général des Puissances Alliées en Europe (SHAPE). ACO est dirigé par SACEUR, un général étasunien quatre étoiles qui assure également le commandement des forces des Etats-Unis en Europe, dont le quartier général se trouve à Stuttgart en Allemagne.

Tout cela pourrait être dit beaucoup plus simplement ainsi : « l’armée et le gouvernement étasuniens dirigent l’OTAN. » Par conséquent, il est naturel qu'au sein des nations européennes souveraines tout dirigeant politique ou militaire qui se respecte veuille garder l’OTAN à distance. La France avait autrefois toute une série de chefs fiers-d’être-Français, maintenant elle a « Sarko l’Américain » et avec lui le début de la destruction de la souveraineté française.

C'est sans grande surprise que nous avons lu le mois dernier le plan de Sarkozy pour réformer radicalement l’armée française dans le but de faire face à « de nouvelles menaces diverses et variées », termes politiques signifiant « terroristes islamiques cinglés. »

Parlant comme un vrai bâtisseur d’empire, Sarkozy a dit :

« Désormais, la défense de la France est autant en jeu en France qu’à des milliers de kilomètres. »

Ce qui est encore un double langage politique pour dire « je prendrais bien une part de ce gâteau impérial s’il vous plait. »

Le ministre de la Défense de Sarkozy, Hervé Morin, est également monté au créneau :

« Il n’y a pas de risque d’invasion aujourd’hui … mais d'un autre côté nous devons être capables de déployer des forces pour participer à la stabilisation de régions ou de zones en crise. »

De nobles paroles en effet, mais je ne peux m’empêcher de me demander ce que les gens de ces « zones en crise » qui sont encore à déterminer, pourraient penser de ce nouvel intérêt manifesté par le gouvernement français à leur égard. Après tout, ils n’ont qu’à regarder l’Irak récemment libéré pour avoir une idée de ce que l’avenir peut leur réserver.

Le plan de Sarkozy, intitulé « Le Livre Blanc sur la Défense et la Sécurité du Pays » (ça vous semble familier ?) supprimera 54 000 postes militaires, tout en engageant plus de troupes françaises dans le carnage actuel en Afghanistan. Selon Sarkozy, l’objectif est d'économiser des fonds pour pourvoir financer une croissance des activités de renseignements, plus de dépenses pour les satellites et les drones, les systèmes de surveillance basés dans l’espace, les radars à longue portée détectant les menaces de missiles balistiques et une nouvelle technologie contre les cyber-attaques.

Sarkozy a dit :

« Aujourd’hui, la menace la plus immédiate est celle d’une attaque terroriste, la menace est là, elle est réelle, et nous savons qu’elle peut prendre demain une nouvelle forme encore plus grave, avec des moyens nucléaires, chimiques et biologiques. »

En substance, Sarkozy a mis en place ce que l’on appelle la « sécurité intérieure », colonne vertébrale de la stratégie de défense française pour faire face à ce qu’il a décrit comme « des menaces du terrorisme, des cyber-attaques et des désastres naturels. »

À nouveau, cela vous paraît-il familier ? Notez aussi la mention de la défense contre « les catastrophes naturelles. »

Plus important encore, il annoncera aussi le retour de l’armée française dans un des espaces vacants sous la botte du commandement militaire de l’OTAN (lire États-Unis). Rejoindre le commandement militaire de l’OTAN est très significatif, parce que toutes les autres mesures sont plus ou moins fondées là-dessus. C’est comme de dire que vous envisagez d’acheter toute sorte d’accessoires de bondage et de sado-maso, et puis d'ajouter, presque après coup, que vous avez signé comme membre à vie du Bohemian Grove Club, qui, coïncidence, a lancé ses 3 semaines d’amour le week-end dernier.

En essence, le but du livre blanc de Sarkozy est de transformer l’infrastructure de la défense française en un système offensif et de la placer à disposition des bellicistes étasuniens de la « guerre contre la terreur » .

Sans surprise, une consternation générale a suivi cette violente attaque contre l’indépendance militaire et politique de la France. La gauche politique l’a qualifiée de« preuve d’un basculement continu vers une politique pro-US sous Sarkozy. » Les syndicats ont dit que cela constituait une « destruction de la structure de la défense du pays » et ont appelé le personnel de la défense à mettre en place « des arrêts de travail et organiser des manifestations. » Même des membres du propre parti de Sarko ont critiqué ce plan, avec une douzaine de politiciens de l’UMP ayant signé une pétition demandant que le plan soit mis en attente ou que le gouvernement fournisse une compensation aux régions dont les bases seraient fermées.

Cependant, le plus grand tollé est venu des militaires eux-mêmes. Immédiatement après l’annonce du plan par Sarkozy, des centaines d’officiers assistant au briefing ont refusé de chanter l’hymne national. Deux jours plus tard, un groupe d’officiers issus de tous les services armés ont critiqué anonymement les réformes dans un éditorial publié dans le quotidien Le Figaro. Dans cet éditorial, les officiers ont déclaré : « Nous abandonnons le leadership militaire de l’Europe aux Britanniques, qui, comme chacun sait, ont une relation spéciale avec les États-Unis. » et ont dénoncé le manque de « personnel militaire compétent » ayant rédigé ce document « d’amateur. » En réponse, Sarkozy aurait fait appel aux services de renseignement pour dénicher ces responsables, ce qui poussa les plus hauts gradés à mettre en garde contre une « chasse aux sorcières. »

Cependant, il est désormais clair que Sarko nourrit peu de respect pour ceux qui ne sont pas d’accord avec lui. La gauche politique française en a fait les frais (au moins jusqu’en 2012) lors de la (s)élection de l’an dernier, et Sarkozy a récemment montré son mépris pour le pouvoir des syndicats et la menace des grèves en déclarant : « désormais quand il y une grève en France, personne ne s'en aperçoit. » Pour Sarko, le seul problème soulevé par une américanisation supplémentaire de la structure de défense française concerne l’opinion des plus hauts gradés. Premièrement parce que les chefs militaires doivent être favorables à son plan s’il devait être mis en place et deuxièmement, parce que, contrairement aux politiciens, les militaires français sont respectés par le public français et sont considérés d’abord comme des citoyens et ensuite comme du personnel militaire. Une franche résistance du leadership militaire au plan de Sarkozy pourrait donc influencer fortement un public français qui est encore assez lucide pour réaliser que les militaires en savent plus sur les questions militaires que les politiciens. Donc pour autant qu’il l’aurait aimé, Sarkozy ne pouvait pas écarter allègrement les objections des militaires à son nouveau plan et aller de l’avant sans s’en soucier.

Mais Sarkozy a déjà fait savoir clairement qu’à partir du moment où il avait accédé à la présidence, une nouvelle ère avait commencé, que l’ancienne France démocratique était morte et remplacée par une France conçue uniquement à partir de sa vision personnelle, ou comme il l’a dramatiquement dit dans son discours inaugural, « ma France » - ou du moins la France de ceux qui l’ont poussé avec empressement au palais de l’Élysée.

Alors que faire de ces généraux et du public français ? Les précédentes administrations françaises avaient toujours capitulé devant la forte opposition populaire à une nouvelle législation, mais voici Sarko l’Américain, un étudiant compétent de l’empire qui, au début de cet été avait déjà appris la leçon principale en poussant le public à rallier son point de vue - grâce à la peur et au choc.

Et donc il y a juste deux semaines, le dimanche 29 juin, quelque chose d’inexplicable et de très traumatisant s'est produit pendant un spectacle militaire à Carcassonne dans le sud-ouest de la France.

La caserne Laperrine à Carcassonne, garnison du 3e Régiment Parachutiste d’Infanterie de Marine (RPIMA)[1] accueillait une journée portes ouvertes suivie par environ 1000 personnes, pour la plupart des familles du personnel militaire. Le 3e RPIMA fait partie d’un petit nombre d’unités qui sont les premières à intervenir en cas de crise. Ce régiment a pris part à de nombreuses opérations de haut niveau pour la France au cours des dernières décennies, y compris des interventions au Liban en 1978, au Tchad en 1983 et au Kosovo en 1999.

Dans le cadre de cette journée portes ouvertes, des exercices de libération d’otages ont eut lieu dans la zone sportive du complexe militaire. Cinq exercices avaient déjà été réalisés et vers 17h30, se déroulait le 6e et dernier exercice, au cours duquel un « otage » était libéré et les « terroristes » neutralisés. Soudain, pendant que les 11 fantassins accomplissaient cette « évasion », grâce aux fumigènes et aux munitions à blanc chargées dans leur fusil Famas, des cris éclatèrent et des membres du public qui observaient d’un endroit sûr à 100 m au bout du complexe, tombèrent au sol. En tout 15 membres du public et 2 soldats furent blessés, certains gravement, y compris un enfant de trois ans touché au cœur et au bras. On s’attend cependant à ce que tous se rétablissent complètement…

Sarkozy ne perdit pas de temps pour réagir et impliquer tout le commandement militaire, en déclarant que cet accident constituait un « relâchement inacceptable », promettant une « réponse rapide et sévère », ajoutant que « cela ne peut être sans conséquences » et que « toute la chaîne de commandement devrait s'expliquer. »

Deux enquêtes, l’une dirigée par le chef d’État-major, le général Bruno Cuche (nommé par Chirac) et l’autre par le procureur public furent immédiatement ouvertes, mais le ministre de la Défense Hervé Morin fit clairement comprendre qu’il n’était pas intéressé d’attendre et appela à des « sanctions immédiates… sans attendre les conclusions des enquêtes judiciaires et militaires. »

Ce ne sont guère les mots d’un homme rationnel, à moins qu’il suive un ordre du jour secret.

Plus tard dans la soirée, Sarkozy rencontra les plus haut gradés de l’armée française, y compris le général Cuche, et dans un de ces accès d’impétuosité qui l'ont rend tristement célèbre, il refusa de saluer le général Cuche ou n’importe lequel des militaires et, pointant son doigt vers eux, il s’exclama, « vous êtes tous irresponsables ! Vous n’êtes pas des professionnels, mais des amateurs ! »

Selon le magazine Le Point, le général Cuche fut scandalisé par la réaction particulièrement désagréable de Sarkozy à la situation. Et qui pourrait le blâmer ? Un officier supérieur a déclaré anonymement au Point que M. Sarkozy créait « une crise de confiance entre l’Élysée et l’armée. » Un autre a déclaré que l’incident marquait un « conflit entre deux cultures : celle de l'immédiat et du ‘bling-bling’ contre celle de la retenue, de la modestie et du sens de la responsabilité. »

Finalement (et cela prit à peine plus de 24 heures depuis l’incident de Carcassonne) le général Cuche a présenté sa démission (que Sarkozy a accepté avec bonheur) et plusieurs autres officiers, dont le commandant du 3e RPIMA, son adjoint et un officier responsable de la maintenance et la logistique, furent relevés de leurs fonctions. En outre les deux unités, comprenant des équipes entières d’hommes de troupe, furent immédiatement dissoutes, une salve d’ouverture, semble-t-il, en avance sur la restructuration planifiée par Sarkozy et prévue pour septembre 2008.

Maintenant, pour le simple observateur, tout ceci pourrait être vu comme le résultat naturel d’un malheureux accident militaire, quelqu’un devant néanmoins payer. Mais quand on regarde le contexte du livre blanc militaire de Sarkozy et la résistance qu’il rencontrait, cela prend une tournure différente. Surtout quand on observe les détails de l’accident.

Comme mentionné, 11 membres du 3e RPIMA dirigeaient un exercice de libération d’otages sur la zone sportive de la caserne. Une image de cette zone se trouve ci-dessous. Les spectateurs se situaient à 100 m environ de l'exercice à l’extrémité de la piste montrée dans cette image :

L’exercice se déroulait autour d'un campement dans lequel se trouvaient un soldat qui jouait le rôle de l’otage et un soldat qui jouait le rôle du terroriste. Les 11 fantassins sauveteurs approchèrent du campement par derrière et tuèrent le terroriste comme on peut le voir dans une image extraite de la vidéo de l’événement.

L’otage fut ensuite emmené avec eux pendant qu’ils se repliaient et que deux fantassins les couvraient en tirant, comme on peut le voir d’une autre image extraite d’une vidéo de l’exercice :

Tous les soldats impliqués devaient utiliser des munitions à blanc, ce qui leur permettaient de tirer en toute sécurité dans la direction du « terroriste », qui se trouvait dans la direction des spectateurs éloignés. Malheureusement, quand un des fantassins qui assurait le tir de couverture rechargea son fusil, il choisit un chargeur qui contenait des balles réelles plutôt que des munitions à blanc. Les cartouches à blanc sont d’une couleur différente et bien plus légères que les vraies cartouches, rendant extrêmement improbable qu’un soldat entraîné confonde l’une et l’autre. En outre, pour tirer des munitions à blanc dans un fusil réglementaire ordinaire, on doit utiliser un ‘Bouchon de Tir à Blanc’ ou ‘BTB’, et si de vraies munitions sont tirées avec un fusil muni de cet adaptateur, il y a de bonnes chances que le fusil ‘explose’.

Dans le cas de l’incident de Carcassonne, il semble que l’adaptateur était en place et que lorsque les vraies balles furent tirées, plutôt que de détruire le fusil, il permit de ralentir la vitesse des balles et de réduire leur précision. C’est peut-être pour cette raison qu’aucune des blessures des spectateurs ne fut fatale. Un rapport dans l’International Herald Tribune déclare que finalement seules quatre personnes ont été touchées par les balles, les autres ayant étant blessées par des impacts de gravier projeté par les balles qui touchèrent le sol. Il est aussi possible que le BTB ait été brisé et propulsé vers la foule, causant différentes blessures.

L’enquête officielle a conclu que le sergent de 28 ans qui a tiré les coups de feu a dû garder un chargeur de balles réelles d’un exercice d’entraînement quelques jours auparavant et qu’avant l’exercice, lorsqu'il a mis des chargeurs contenant des munitions à blanc dans sa ceinture, il n’a pas remarqué qu’il y avait déjà un chargeur contenant de vraies munitions. Ceci veut dire que, en supposant que le sergent ait retourné la ceinture à l’armurerie (comme il devait le faire), la personne responsable de l’armurerie n’a pas remarqué que la ceinture qui avait été ramenée à l'issue de l’exercice précédent contenait un chargeur avec des munitions réelles et qu’elle a redonné cette ceinture le jour de l’exercice public qui exigeait exclusivement des munitions à blanc.

Si cependant le sergent a ignoré délibérément le règlement et n’a pas retourné la ceinture après l’exercice de tir réel quelques jours auparavant, alors nous devons supposer que lui-même n’a pas remarqué ou ne s’est pas souvenu qu’elle contenait un chargeur de munitions réelles le jour de l’exercice public. Le sergent a été immédiatement arrêté, il attend le procès et n’a pas fait de déclaration autre que d’être d’accord avec la conclusion officielle. Comme noté, les officiers directement impliqués dans l’incident avaient déjà été relevés de leurs fonctions.

Le problème avec tout ceci est que le 3e RPIMA est généralement reconnu comme l’un des régiments les mieux entraînés en France et que le soldat en question était hautement expérimenté, sans trace de problèmes psychologiques qui pourraient avoir mené à un tel manquement inhabituel au règlement et à l’entraînement. Sarkozy, le ministre de la Défense Hervé Morin et le procureur public ont chacun répété qu’il n’y avait pas d’intention délibérée de la part du jeune sergent et que c’était un cas « d’erreur humaine. »

Au final, l'empressement de Sarkozy à accuser le commandement militaire, à arrêter le soldat en question et à relever de leurs fonctions tous ceux qui furent impliqués, y compris le chef d’État-major de l'Armée de Terre, et à présenter une conclusion plutôt insatisfaisante signifie que tout cet événement restera enveloppé de mystère – c’est-à-dire pour quiconque qui ne lit pas Sott.net.

Il y a, voyez-vous, une pièce à conviction très importante qui, pour quelque raison, n'a été présentée que dans quelques très rares communiqués parus dans les médias de masse. Cette pièce à conviction est présentée ci-dessous.

L’image ci-dessus montre une boîte de préservatifs contenant 10 cartouches réelles, qui a été découverte peu après l’exercice de Carcassonne par un journaliste du journal régional La Dépêche du Midi. (cliquez ici pour voir l’image sur le site de La Dépêche). Le journaliste a dit qu’il a trouvé la boîte par terre et qu’il a donné les cartouches au commissariat qui participait à l’enquête. Le journaliste a déclaré qu’il lui semblait que quelqu’un essayait de se « débarrasser de quelque chose. » Aucune mention de cette découverte n’a été faite dans les rapports officiels sur l’incident, chacun d'entre eux ayant présenté avec insistance « l’erreur humaine » comme cause de l'accident.

Ai-je alors besoin de développer une théorie alternative ? Ou bien est-ce évident ? Dans quelle mesure peut-on pénétrer dans l’armurerie d’une base militaire ? Dans quelle mesure un militaire peut-il pénétrer dans l’armurerie d’une base militaire ?

Au cours des 9 derniers mois, Sarkozy a essayé de convaincre ses détracteurs et le public que l’armée française et l’establishment de la défense souffraient d’un sérieux malaise et nécessitaient une restructuration radicale. Mais peu l’ont soutenu et la plupart, surtout parmi les militaires, se sont fortement opposés au plan. Puis un incident dramatique et traumatisant impliquant des civils se produit, et soudain les jeux sont faits et le chef d’État-major de l'Armée de Terre et plusieurs officiers supérieurs, la « vieille garde » pour ainsi dire, disparaissent. Mais plus que cela, Sarkozy se voit accordé un « mandat public » pour changer la situation, mandat reçu grâce à un traumatisme choquant et inexplicable infligé à la conscience publique. Cela vous paraît-il familier ?

Un témoin de l’incident de Carcassonne qui a vu les enfants couverts de sang a dit :

« Nous voyons ce genre de choses arriver en Amérique, un acte de folie, mais nous n’avons jamais imaginé que cela pourrait arriver ici. Faites attention, cela peut être le cas, et avoir 10 ou 20 morts, c’est terrible. »

Il semble que le surnom « Sarko l’Américain » ne doive pas être pris à la légère.

En France, le 14 juillet marque la prise de la Bastille, la commémoration du soulèvement de la nation française moderne contre la tyrannie de la royauté. Cette année Sarkozy était bien présent sur les Champs-Élysées, mais au dire de tout le monde s’il y avait été seul cela n'aurait rien changé, au moins du point de vue des milliers des militaires qui constituent traditionnellement le gros du défilé. C’était une « démonstration sans drapeaux » selon le quotidien Libération qui reconnaissait comme la plupart des autres journaux que « le cœur de l’armée n’y était pas. » Et nous sommes d’accord. Après tout, le peuple français en général ne voit sûrement pas d’un bon œil que le jour où il célèbre la victoire de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen sur l’élitisme, le copinage et le totalitarisme, il doive aussi reconnaître que les « Princes de Paris » sont de retour et que cela puisse nécessiter une version moderne de la Révolution française pour les empêcher de remonter le temps et démanteler 218 ans de Liberté, d’Égalité et de Fraternité.

[1] http://www.troupesdemarine.org/actuel/unites/3rpima.htm - NdT.

Traduction française: Henri R.



Samedi 26 Juillet 2008

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