Actualité nationale

Salades corses et loi républicaine



Gilles Devers
Vendredi 21 Mai 2010

Salades corses et loi républicaine
Vive la Corse, terre fière qui a toujours été au premier rang de la République, notamment quand il avait fallu virer le traître Pétain. Bon, bien sûr, il y a eu Napoléon Bonaparte, mais ça on lui pardonne. Qui n’a jamais fauté ? Mais tout de même, chères amies et chers amis de la belle ile, quelle misère que cette invocation de l’hospitalité corse dans l’affaire Colonna.

 

La loi  est passée par là, et c’est l’article L. 434-6 du Code pénal. Avant de dire que c’est une loi continentale, félonne et destructrice de la solidarité, je recommande de la lire.

 

« Le fait de fournir à la personne auteur ou complice d'un crime ou d'un acte de terrorisme puni d'au moins dix ans d'emprisonnement un logement, un lieu de retraite, des subsides, des moyens d'existence ou tout autre moyen de la soustraire aux recherches ou à l'arrestation est puni de trois ans d'emprisonnement et de 45000 euros d'amende. Les peines sont portées à cinq ans d'emprisonnement et à 75000 euros d'amende lorsque l'infraction est commise de manière habituelle.

« Sont exceptés des dispositions qui précèdent :

« 1° Les parents en ligne directe et leurs conjoints, ainsi que les frères et sœurs et leurs conjoints, de l'auteur ou complice du crime ou de l'acte de terrorisme ;

« 2° Le conjoint de l'auteur ou du complice du crime ou de l'acte de terrorisme, ou la personne qui vit notoirement en situation maritale avec lui ».

 

Alors, on va rependre tout ça pour calmer nos petits nerveux de la garrigue. Le dossier, je ne le connais pas, et je me garde bien d’en parler. Mais les salades sur l’hospitalité corse bafouée par la loi … Heureusement c’est le printemps, et personne n’est atteint de gerçures aux lèvres, sinon nous souffririons beaucoup.

 

D’abord, l’hospitalité accordée aux bandits est préservée pour les personnes concernées par des délits. Ce qui laisse tout une gamme de belles et joyeuses infractions, telles le vol, les violences non aggravées, le petit trafic de chichon, la prise illégale d’intérêt, le port de burqa sans autorisation préfectorale... Mais pour le crime, ressortant des assises, genre le meurtre ou le viol, la loi dit non, pas d’accord. Oh la méchante loi ! contafoli2007r.jpg

 

« Mais, le petit Yvan, il est de la famille ! » Dans ce cas, pas de problème non plus. Vous pouvez planquer, alors même qu’il vous avoué un crime, votre père, votre mère, votre fils, votre fille, votre époux, votre concubin, votre frère, votre sœur, votre beau père, votre gendre, votre pacsé… Planquez votre criminel préféré à la maison et dites bonjour aux gendarmes avec le sourire, en toute tendresse familiale : c’est légal. Attention tout de même à bien garder la porte fermée, pour que votre protégé de commette pas de nouvelles exactions, et surtout, n’allez pas faire vos courses avec l’argent qui vient du braquage. 

 

Mais le conte corse se poursuit : « Diable, et la présomption d’innocence ! Quelle loi féroce, qui m’oblige à m’ériger en juge, contre la vie paisible d’un innocent… » Moyen encore soulevé par la défense à l’ouverture du procès. Fatal error !  Voici nos indépendantistes corses, des héros potentiels, contaminés par les miasmes bêlants du sarkosysme, selon lesquels il est normal d’avoir peur de la police et de la justice. N’importe quoi. Ces grands services publics sont des piliers de la République. Les critiquer et en contester certains actes, oui, mais en avoir peur, non ! Car il faut choisir : c’est ça ou les milices privées. Donc la loi dit que quand il y a enquête pour crime, on joue le jeu, car il y a eu des faits des graves et des victimes. Ca ne me parait pas un drame absolu.

 

Aujourd’hui, nous y sommes. Il reste aux prévenus à contester les preuves du Parquet, et à démontrer qu’on ne trouve dans le dossier rien de la fourniture d’un logement, d’un lieu de retraite, de subsides ou des moyens d'existence fourni à une personne que la police voulait entendre dans le cadre d’un enquête criminelle. A défaut, l’application de la loi, républicaine donc corse, va transformer les glorieuses traditions de l’hospitalité en des salades défraichies.

 

Un petit mot encore. En s’engageant dans une affaire perdue d’avance, les grands combattants de la cause indépendantiste ont offert une magnifique victoire au ministre de l’Intérieur de l’époque, qui en a fait un des piliers de sa gloire, pour se présenter aux présidentielles. Aussi, je leur dis tout simplement : merci de ne pas nous prendre que pour des

 


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Vendredi 21 Mai 2010


Commentaires

1.Posté par venousto le 21/05/2010 19:56 | Alerter
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vous y verrez une nouvelle theorie
consernant la division par zero rendu utile

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