Les desseins à long terme du pays, partagés depuis plusieurs décennies par les deux partis, sont les suivants :
- rester la puissance dominante incontestée,
- continuer le système dollar,
- soutenir Israël en tout,
- soumettre à l'islam les rivaux potentiels.
Les objectifs à court terme de la nébuleuse Cheney sont les suivants :
- faire travailler les entreprises armées privées (que ce soit aux frais du contribuable états-unien, des pays attaqués ou des alliés de circonstance),
- faire monter les cours du pétrole (premièrement pour le profit des petits producteurs texans et accessoirement pour l'affaiblissement des pays rivaux).
Ces deux objectifs ont, avec d'autres, motivé l'agression contre l'Irak.
L'élévation du cours du pétrole est d'ailleurs bienvenue pour plusieurs amis des Etats-Unis, comme le Mexique, le Canada, la Norvège, l'Indonésie, le Koweït et l'Arabie Séoudite. Elle est surtout bienvenue pour ces dizaines de petites compagnies pétrolières privées texanes du réseau de Bush (qui vient de leur ouvrir la réserve naturelle protégée de l'Alaska). Ces compagnies ont besoin de cours élevés pour survivre car extraire du pétrole du Golfe du Mexique revient de l'ordre de dix fois plus cher que le pomper en Arabie.
Les deux objectifs précités impliquent la déstabilisation du monde et la montée de la conflictualité, ce qui explique la dénonciation (ou la violation assez manifeste pour qu'elle soit imitée), par les Etats-Unis, de tous les traités visant à la stabilisation du contexte international.
Il serait fastidieux de les citer, mais il s'agit bien sûr des traités de désarmement avec l'URSS (repris par la Russie), du Tribunal Pénal International, de la convention contre les armes chimiques, des Conventions de Genève et des lois et coutumes de la guerre, de la convention consulaire internationale, et plus récemment du Traité de Non-prolifération Nucléaire.
Parallèlement les Etats-Unis se sont attachés à restaurer l'usage de la force dans les relations internationales, à démontrer l'inutilité des traités, à institutionnaliser le mensonge au plus haut niveau, et à banaliser l'emploi de l'arme nucléaire y compris contre des pays qui ont renoncé à en disposer.
La doctrine Wolfowitz consiste à montrer sa force de temps en temps afin de confirmer que l'on est encore une grande puissance. Les Etats-Unis n'ont pas réussi à déclencher leur guerre navale contre la Chine, alors que celle-ci n'était pas encore une grande puissance militaire (aujourd'hui elle est au moins une puissance navale et probablement terrestre) ni économique, et qu'ils croyaient eux-mêmes être encore une puissance militaire, au milieu des années 90.
Aujourd'hui, une attaque contre un pays capable en représailles de boucher le détroit d'Ormuz combinerait plusieurs avantages, à savoir l'augmentation du prix du pétrole (objectif poursuivi), un coup porté aux économies rivales (d'Europe et d'Extrême-Orient), une importance accrue de la Turquie (qui écoule le pétrole de la mer Caspienne) en Europe, la rentabilisation accélérée de l'oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan, voire une justification pour conquérir (en passant par la Colombie) le Vénézuela…