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La CIA gère un réseau de prisons secrètes à l’étranger, dans lesquelles des personnes [ soupçonnées ] de terrorisme sont détenues et interrogées sans la moindre assistance juridique, rapporte mercredi le Washington Post.


Mardi 29 Novembre 2005

Ces centres de détention se trouvent dans huit pays, dont l’un au moins est situé en Europe de l’Est, ajoute le Washington Post, citant des responsables américains et étrangers ayant connaissance de ce réseau. La Thaïlande et l’Afghanistan font partie des pays abritant ces prisons.

L’existence et l’emplacement de ces prisons ne sont connus que par une poignée de responsables aux Etats-Unis et par le chef d’Etat et quelques responsables du renseignement des pays concernés.

La CIA n’a pas reconnu l’existence de ce réseau, conçu après les attentats du 11 septembre 2001, précise le Post, et l’agence américaine du renseignement, sollicitée pour une réaction, n’a pas répondu dans l’immédiat.

Ces prisons sont désignées par le terme "sites noirs" dans les documents secrets américains et les autorités veillent à ne pas divulguer d’informations sur l’identité de ces détenus, sur leurs interrogatoires et sur la durée de leur détention, poursuit le Washington Post.

Une trentaine de responsables [ présumés ] d’Al Qaïda sont internés dans ces "sites noirs" tandis que plus de 70 autres, considérés comme secondaires, ont été remis à des services de renseignement étrangers.

Citant des responsables passés et actuels des services de renseignement et des dirigeants américains, le Washington Post explique que ces prisons ont été installées à l’étranger en raison du caractère illégal aux Etats-Unis de telles détentions.

Ce système de détention n’est connu que d’une poignée de hauts responsables américains, et en général de George W. Bush. La Thaïlande a démenti mercredi avoir fourni à la CIA un quelconque centre secret de détention.

En Europe, le ministre tchèque de l’Intérieur, Frantisek Bublan, a affirmé que Prague avait récemment rejeté une demande des Etats-Unis lui demandant d’installer sur son territoire un centre de détention pour accueillir des prisonniers de la base de Guantanamo.

La Hongrie de son côté a démenti avoir jamais été contactée par les Etats-Unis pour héberger "des prisons secrètes" et la Slovaquie a affirmé n’abriter aucune prison de ce type sur son territoire.

Interrogé sur ces informations, l’ancien président Jimmy Carter a accusé l’administration de George W. Bush de saper les références morales des Etats-Unis.

"Au cours des cinq dernières années, il y a eu un changement profond et radical dans les mesures ou dans les valeurs morales de notre pays".

C’est toujours Carter qui le dit !

( Jeudi, 03 novembre 2005 )

SUITE N°1

Suède, Hongrie, Espagne, Maroc, Norvège, Italie, Roumanie, Pologne, Allemagne : enquêtes et demandes d’explications s’accumulent sur l’utilisation présumée par la CIA de plusieurs pays pour le transport, la détention illégale et la torture de [ présumés ] terroristes islamistes. La Norvège, la Suède, le Maroc et l’Espagne sont les derniers en date des pays concernés par ces allégations.

Le gouvernement norvégien a annoncé mercredi "une réunion avec l’ambassadeur américain pour déterminer les circonstances" de l’atterrissage à Oslo le 20 juillet 2005 d’un avion qui selon les médias locaux a été utilisé par la CIA pour convoyer des prisonniers.

En Suède, au moins deux avions-prison de la CIA se sont posés en 2005 et 2002, selon l’agence de presse suédoise TT. L’un de ces avions se serait rendu plusieurs fois à la base américaine de Guantanamo, à Cuba. Le gouvernement suédois a demandé "une information complète" aux autorités de l’aviation civile.

Au Maroc, Le Journal hebdomadaire a affirmé samedi 12 novembre, citant un ex-agent de la DST marocaine, que ce pays avait participé directement à un programme de sous-traitance de la torture mis en place par la CIA et que des appareils affrétés par l’agence américaine avaient effectué au moins dix déplacements au Maroc de décembre 2002 à février 2005.

En Espagne, quatre avions utilisés par la CIA pour transporter des prisonniers vers des prisons secrètes ont fait au moins dix escales à Palma de Majorque (Baléares), entre le 22 janvier 2004 et le 17 janvier 2005, selon le quotidien El Pais, citant un rapport de la garde civile. Le ministre de l’Intérieur, José Antonio Alonso, a fait état mardi 15 novembre d’une enquête de la justice espagnole sur ces potentiels "faits gravissimes", qui pourraient aussi concerner les Canaries.

A la demande de la coalition écolo-communiste IU, M. Alonso pourrait comparaître devant le Congrès, de même que le directeur du Centre national d’Intelligence (CNI), Alberto Saiz.

"Je ne crois pas que nous ayons été approchés officiellement par le gouvernement espagnol" à ce sujet, a dit mardi un porte-parole du ministère américain des Affaires étrangères.

Le Sénat américain a exigé que le chef du renseignement l’informe précisément sur les prisons secrètes gérées par la CIA, où qu’elles se trouvent.

Le Washington Post a affirmé que la CIA avait envoyé plus de 100 [ suspects ] détenus [ illégalement ] après le 11 septembre dans un réseau secret de prisons, surnommées "sites noirs" et financés par l’agence américaine en Europe de l’Est et dans d’autres pays, notamment la Thaïlande et l’Afghanistan.

La CIA avait ensuite demandé au département de la Justice d’enquêter sur "les fuites d’informations sur les prisons".

Après la Thaïlande, les démentis officiels se sont succédé en Europe de l’Est sur l’existence de ces prisons secrètes tant en Bulgarie qu’en Hongrie, Roumanie et Pologne.

La République tchèque seule a admis avoir rejeté une demande américaine d’implantation d’une prison pour détenus issus de la base de Guantanamo.

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a indiqué qu’il réclamait [ en vain ] à Washington depuis au moins deux ans un droit de visite aux personnes détenues secrètement à l’étranger "dans le contexte de la prétendue guerre contre le terrorisme".

En Allemagne, une enquête est en cours sur l’enlèvement en février 2003 en Italie par des agents de la CIA d’Abou Omar, un ex-imam qui aurait transité par la base américaine de Ramstein (sud-ouest de l’Allemagne) pour être conduit en Egypte.

En Italie, le Parquet de Milan a demandé vendredi l’extradition de 22 agents de la CIA soupçonnés d’avoir participé à l’enlèvement d’Abou Omar, qui faisait l’objet d’une enquête anti-terroriste en Italie.

Le gouvernement italien a exigé "le plein respect de la souveraineté de l’Italie".

Le rapporteur spécial de l’Onu sur la torture, Manfred Nowak, a appelé l’UE et le Conseil de l’Europe à "mener des enquêtes de haut niveau" sur l’ensemble de ces allégations. Une enquête du Conseil de l’Europe dans les Etats membres a été annoncée. Avec MADRID (AFP)

SUITE N°2

Le président d’une commission du Conseil de l’Europe souhaite approfondir l’enquête sur de présumées "prisons secrètes" de la CIA dans des pays de l’est de l’Europe. Il cherche notamment des informations sur 31 vols suspects et souhaite recueillir des images satellites de sites en Pologne et Roumanie.

Si le Conseil de l’Europe ne dispose pas de réels moyens, "le but de l’exercice est de faire savoir qu’il y a de nombreuses forces sur ce continent qui ne sont pas d’accord que l’Europe soit usée et abusée de cette façon", a expliqué à l’Associated Press Dick Marty, président de la commission des questions juridiques et des droits de l’Homme de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe.

Le 2 novembre dernier, le "Washington Post" rapportait, sans citer les pays concernés, que la CIA interrogerait des suspects supposés liés à al-Qaïda dans des centres secrets de détention dans l’est de l’Europe. Le lendemain, l’organisation de défense des droits de l’Homme Human Rights Watch, basée à New York, annonçait avoir recueilli des informations sur des transferts par la CIA de suspects capturés en Afghanistan vers la Pologne et la Roumanie.

L’assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, instance des droits de l’Homme sur le vieux Continent, a désigné il y a deux semaines le Suisse Dick Marty pour étudier les allégations du "Washington Post".

Pour l’heure, il n’existe pas de "preuves" mais des "indices", a-t-il précisé dans un entretien à AP. "Il y a quand même des faits assez troublants, il y a des mouvements d’avion suspects pour lesquels on a aucune explication claire, et dans différents pays, les gouvernements sont très mal à l’aise pour donner des explications sur ces vols".

Pour lui, "il ne s’agit pas de mettre en discussion la lutte contre le terrorisme, il ne s’agit pas de l’affaiblir", mais "si nous avons recours à des moyens illicites, je crois que nous faisons le jeu des terroristes".

Dick Marty devait présenter lors d’une réunion à huis clos à Paris une note d’information devant la commission qu’il préside.

Selon cette note, que s’est procurée l’Associated Press, le président estime qu’il ne faut pas se limiter à la question des "prisons secrètes" mais inclure "l’utilisation" -ou "l’abus"- d’infrastructures situées en dehors des Etats-Unis à des fins de détention illégale.

Dick Marty a ainsi demandé à Eurocontrol (Organisation européenne pour la sécurité de la navigation aérienne) des précisions sur 31 vols suspects dont la liste a été communiquée par Human Rights Watch.

M. Marty a également reçu de HRW des informations sur des vols suspects, utilisant fréquemment certains aéroports comme celui de Palma de Majorque -qui a suscité l’ouverture d’une enquête en Espagne-, Larnaca à Chypre et Shannon en Irlande. Il a aussi recueilli une liste de traversées et d’atterrissages de tels avions en Suisse.

Dans sa note, Dick Marty précise avoir contacté le centre satellitaire de l’UE à Torrejon (Espagne) pour obtenir des images de sites en Pologne et en Roumanie, qui pourraient abriter, selon Human Rights Watch, des possibles centres secrets de détention de la CIA. D’après HRW, il s’agit de la base aérienne militaire de Kogalniceanu (Roumanie) et de l’aéroport Szczytno-Szymany (Pologne).

Ces centres présumés seraient de "petits centres" pour Dick Marty : "le terme de camp selon moi est totalement faux, selon moi ce n’est pas des camps, mais c’est des tout petits centres où il y a peut-être un ou deux détenus", a-t-il expliqué à AP.

En Allemagne et en Italie la justice a ouvert des enquêtes sur des "enlèvements" de personnes transférées ensuite à Guantanamo. En Italie, des mandats d’arrêt ont été lancés contre des agents de la CIA après l’enlèvement d’un imam, Abou Omar, à Milan en février 2003.

Les autorités norvégiennes, suédoises et suisses auraient par ailleurs demandé des informations sur l’atterrissage sur leurs aéroports nationaux d’avions qui auraient été utilisés pour des transferts supposés extrémistes.

al oufouk


Mardi 29 Novembre 2005

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