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Rumsfeld n’est qu’un pion, Bush doit être traduit à la justice


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L’Union des organisations des droits civiques aux Etats-Unis a commencé ses efforts pour inaugurer un procès judiciaire contre l’ancien secrétaire à la Défense, Donald Rumsfeld et elle a déjà réussi à faire un premier pas positif dans ce sens. L’objectif de l’Union des organisations des droits civiques des Etats-Unis est de pouvoir traduire à la justice Donald Rumsfeld en raison de sa responsabilité directe et indirecte dans la pratique de la torture des prisonniers de guerre en Afghanistan et en Irak, pour que l’ancien secrétaire à la Défense réponde de son implication dans cette affaire devant un tribunal fédéral aux Etats-Unis.


Djomhouri-é Eslami
Jeudi 14 Décembre 2006

  Rumsfeld n’est qu’un pion, Bush doit être traduit à la justice
Jusqu’à présent, l’Union des organisations des droits civiques est arrivé à prouver au tribunal fédéral de l’Etat de Colombie, d’abord « la nécessité du procès », ensuite « l’importance de l’accusation ». Il s’agit en réalité d’un premier pas pour que l’Union des organisations des droits civiques puisse traduire Donald Rumsfeld à la justice, car le tribunal fédéral de l’Etat de Colombie a déjà accepté que l’ancien secrétaire à la Défense est responsable, en tant que commandant des forces armées, du mauvais traitement et la torture infligée par les forces américaines aux prisonniers de guerre afghans et irakiens.

Lors de sa première séance, le tribunal fédéral de l’Etat de Colombie a défini d’abord les responsabilités des hautes autorités militaires, et le juge Thomas Hergan a déclaré que dans l’histoire des Etats-Unis, jamais un procès judiciaire n’a été ouvert contre les hautes autorités militaires. Cependant, ce tribunal a accepté la demande de 9 anciens prisonniers de guerre qui ont accusé l’ancien secrétaire de la Défense, Donald Rumsfeld d’être à l’origine du mouvais traitement et la torture qu’ils avaient subi lors de leur arrestation par les forces américaines.

Il existe pourtant certaines ambiguïtés dans cette affaire :

En premier lieu, on ne sait pas encore si le tribunal fédéral de l’Etat de Colombie voulait poursuivre sérieusement le procès ouvert par l’Union des organisations des droits civiques contre l’ancien secrétaire de la Défense. Par ailleurs, on ne sait pas encore si l’administration Bush serait prête à collaborer avec la justice dans ce procès. Certains observateurs estiment que l’ouverture de ce procès auprès du tribunal fédéral de l’Etat de Colombie ne serait qu’un spectacle donné à l’opinion publique américaine, par le biais des médias dominants, pour faire croire que l’appareil judiciaire américaine donne une grande importance au sort des victimes des crimes commis par les militaires américains, surtout en Afghanistan et en Irak.

Jusqu’à présent, l’administration républicaine de George W. Bush n’a pas réagi contre l’initiative de l’Union des organisations des droits civiques contre son ancien secrétaire à la Défense, cependant les analystes estiment qu’étant donné l’opposition officielle de la maison Blanche à l’ouverture des procès des criminels de guerre dans divers pays du monde, il serait difficile à imaginer que Washington accepte l’ouverture d’un tel procès à l’intérieur des Etats-Unis contre la personnalité qui était le plus haut représentant de l’administration Bush dans les affaires militaires en Afghanistan et en Irak, c’est-à-dire l’ancien secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld. A présent, l’administration Bush exige, en tant que condition principale de ses relations avec d’autres gouvernements, que ces derniers acceptent officiellement qu’il ne traduiraient jamais des ressortissants américains à la justice et qu’ils n’ouvriraient jamais des procès judiciaires contre les citoyens américains accusés de crimes de guerre ou de crimes contre l’humanité. Dans cette condition, pourra-t-on espérer que la Maison Blanche accepte qu’un procès contre Donald Rumsfeld soit sérieusement poursuivi par un tribunal fédéral à l’intérieur des Etats-Unis, en raison de sa responsabilité directe ou indirecte dans les crimes de guerre commis par les militaires américains en Afghanistan et en Irak ?

Même si nous admettons que le tribunal fédéral serait sérieux dans le procès qu’il a ouvert contre l’ancien secrétaire à la Défense, il serait difficile d’imaginer que l’administration républicaine de George W. Bush accepte facilement la poursuite de ce procès. La question qui se pose est de savoir si les accusations proférées contre Donald Rumsfeld doivent se borner à la question du mauvais traitement et la torture infligés aux prisonniers de guerre, ou qu’un acte d’accusation plus long doit se dresser contre l’ancien secrétaire à la Défense en tant qu’un des grands responsables de la guerre en Afghanistan et en Irak. Est-ce que le tribunal fédéral sera habilité à poursuivre les autres hauts responsables de l’administration Bush ? Par ailleurs, en ce qui concerne l’armée américaine et les hauts commandants militaires, peut-on les accuser de massacres de civils innocents, d’attentats terroristes contre la population civile, le bombardement des zones résidentielles, l’usage des armes prohibées contenant de l’uranium appauvri, des armes chimiques et des bombes à retardement.

Il existe d’une question très importante rarement prise en considération par les milieux politiques et les médias : au cours du procès des auteurs des mauvais traitements et des tortures infligés aux prisonniers d’Abou Ghraïb, on a bien compris que les soldats qui avaient torturés les prisonniers ont reconnu leur propres responsabilités dans cette affaire, tout en déclarant qu’ils avaient pratiqué la torture contre les prisonniers sous l’ordre de leurs responsables hiérarchiques. Par ailleurs, dans cette hiérarchie militaire, le commandant le plus haut gradé était bien sûr le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld. Par conséquent, on ne peut pas du tout nier la responsabilité directe de l’ancien secrétaire à la Défense dans la violation flagrante des lois et des conventions internationales concernant les droits des prisonniers de guerre. Mais n’oublions pas que Rumsfeld n’est qu’un pion car les vrais responsables des deux guerres américaines en Afghanistan et en Irak est le président des Etats-Unis, George W. Bush.

Nous pouvons regarder cette affaire sous un autre angle pour mieux comprendre ce qui se passe dans les coulisses des procès qui s’ouvrent auprès de la justice américaine dans des cas pareils : en réalité le mauvais traitement et la pratique de la torture contre des prisonniers de guerre sont des prétexte pour cacher à l’opinion publique américaine et internationale les aspects beaucoup plus graves des crimes de guerres et des crimes contre l’humanité commis par les forces militaires américaines non seulement en Afghanistan et en Irak mais dans de nombreux pays du monde dont le massacre délibéré des civils innocents par des moyens des plus horribles. En d’autres termes, en focalisation l’attention de l’opinion publique sur la question des mauvais traitement et des tortures infligés aux prisonniers de guerre, les dirigeants de la Maison Blanche tentent de détourner l’attention des opinions publiques américaine et internationales d’autres crimes commis par les Etats-Unis.



Jusqu’à présent au moins 650000 Irakiens ont été tués depuis le déclenchement de la guerre. Au moins 900000 Irakiens ont été blessés et au moins 500000 familles irakiennes ont subi des retombées négatives de la guerre. Dans ce contexte est-ce que le tribunal fédéral américain pourrait résoudre tous les problèmes en ouvrant un procès sur le mauvais traitement et la torture des prisonniers de guerre en Afghanistan et en Irak ?


Jeudi 14 Décembre 2006

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