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Royaume-Uni : Tests radioactif secrets sur humains


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Rob Edwards
Mardi 24 Avril 2007

Rob Edwards Sunday Herald, 22 avril 2007


​​​​Selon des documents officiels passés au Sunday Herald, des douzaines de gens ont bu, inhalé ou reçu des injections radioactives lors d'une série d'expériences secrètes effectuées par l'industrie nucléaire dans les années 60.


​​​​Des tests exposant des humains au césium, à l'iode, au strontium et à l'uranium radioactifs ont été effectués en dépit des doutes au sujet de leurs conséquences judiciaires et éthiques. Un projet envisageait même d'injecter du plutonium à des personnes âgées pour aider à évaluer les risques de contamination.


​​​​De nouvelles preuves ont pu faire partie de l'enquête du gouvernement lancée la semaine dernière sur le passé douteux de l'industrie. Alistair Darling, le secrétaire du commerce et de l'industrie, a désigné le Conseiller de la Couronne Michael Redfern pour enquêter sur les craintes que des tissus du corps des employés du nucléaires décédés avait été prélevé pour des tests sans le consentement des parents.


​​​​Du tissu d'organes et d'os ont été pris sur 65 ouvriers décédés à Sellafield à Cumbria et dans d'autres centrales nucléaires entre 1962 et 1991. Ils ont été prélevés pour que la contamination radioactive aide à élargir la compréhension des risques sanitaires.


​​​​À ce moment là les documents des Archives Nationales à Londres ont jeté une nouvelle lumière sur d'autres scandales impliquant l'industrie nucléaire. Une note de l'autorité Britannique de l'Énergie Atomique (UKAEA) a en août 1965 récapitulé une série « d'expériences concernant l'exposition de volontaires au rayonnement ».


​​​​Elle indiquait que 10 volontaires de Harwell dans Oxfordshire ont bu un liquide contenant du caesium-132 et du caesium-134 en novembre 1962. Deux volontaires de Sellafield, alors connu sous le nom de Windscale, ont aussi ingéré du strontium 90 pour étudier « l'assimilation par l'intestin ».


​​​​Plus de 18 volontaires à Harwell en 1964 ont respiré une vapeur d'iodide-132 méthylique pour étudier sa rétention dans la glande thyroïde. Si en conséquence quelqu'un devenait malade, dit la note, ils pourrait poursuivre en dommages-intérêts, bien que le risque ait été rejeté comme « négligeable ».


​​​​Une lettre de mai 1968 mentionnait les craintes morales et pratiques soulevées par deux tests à l'uranium prévus à l'usine nucléaire de Springfield près de Preston.


​​​​Une autre note de 1962 se rapportait à des expériences fortement controversées aux USA dans lesquelles des personnes âgées et des patients malades hospitalisés ont reçu une injection de plutonium. Elle suggérait d'effectuer une expérience semblable au Royaume-Uni, en mentionnant les personnes âgées comme candidats potentiels.


​​​​Le chercheur et conseiller en nucléaires qui a déterré les documents, le Dr David Lowry, a offert de présenter son témoignage à l'enquête de Redfern. Il a dit, « Les révélations ont posé un grand point d'interrogation sur les assurances officielles données aux enquêtes publiques successives par l'industrie nucléaire selon laquelle les mesures de radioprotection étaient adéquates. »


​​​​Lowry, coauteur d'un livre à venir sur l'énergie nucléaire, est particulièrement préoccupé par la manière dont il prétend que l'UKAEA a prévu d'éluder les expériences humaines. Il a dit, « L'industrie nucléaire doit apprendre que le public exige des vérités entières pas des demies vérités quand on en vient à la santé et à la sécurité publique. »


​​​​Une note de janvier 1963 conseillait de ne pas annoncer les expériences avant qu'elles aient commencé. Elle suggérait à la place de fournir au personnel des relations publiques un dossier « à utiliser seulement si les expériences venaient à être connues du public ».


​​​​Plus tôt en 1962, une réunion tenait beaucoup à garder entièrement secrets l'ensemble des projets de surveillance du rayonnement. La réunion concluait, « Le moins de publicité possible devait être faite au processus d'engagement des volontaires. »


​​​​D'autres preuves de prélèvements de tissus pour la contamination radioactive viennent du Dr Emm Barnes, une historienne du nucléaire de l'Université de Manchester. Elle a précisé que diverses études ont été débattues lors d'une réunion au Département de la Santé en octobre 1984.


​​​​Le projet du compte rendu de la réunion, marqué « confidentiellement », citait un scientifique du Comité de Protection Radiologique National (NRPB). Il disait, « Le NRPB a recueilli et analysé des échantillons de tissus humains provenant de Cumbria et de plusieurs autres parties du pays depuis un certain temps. »


​​​​Le rapport indiquait, « Des échantillons de tissus pulmonaire, de foie et osseux ont été enlevés et analysés pour [rechercher] le plutonium et d'autres déchets radioactifs. Certains, mais pas tous, les échantillons venaient d'autopsies des coroners. »


​​​​Les scientifiques ont aussi « obtenu des échantillons de tissu d'enfants morts dans des accidents de la route, et ils tentaient de se procurer des tissus fœtaux et du placenta ».


​​​​La réunion a aussi discuté des « problèmes d'éthique » de l'alimentation contaminée par la radioactivité des mollusques marins (buccins) près de Sellafield pour les enfants.


​​​​Selon le Dr Barnes, les scientifiques ont proposés d'utiliser des bébés mort-nés et des fœtus avortés dans quelques tests, sans informer les parents des résultats.


​​​​L'UKAEA étudie si des tissus des ouvriers morts à la centrale nucléaire de Dounreay dans le nord de l'Écosse étaient impliqué dans les expériences. Il compte faire un rapport la semaine prochaine, et soumettre la preuve à l'enquête de Redfern.


​​​​Un porte-parole de l'UKAEA a aussi confirmé que des expériences d'exposition radiologique ont eu lieu, mais il a souligné que tous les volontaires étaient des membres avertis du personnel qui avaient donné leur consentement. Des protocoles médicaux appropriés à l'époque avaient été suivis, et les expositions [aux rayonnements] étaient faibles.


​​​​Une note de 1963 disait : Le besoin de développer l'énergie et les armes nucléaires étaient « une justification suffisante » pour exposer les ouvriers.


​​​​« Le projet d'exposer des volontaires au rayonnement pour élargir les connaissances radiobiologiques n'est rien de plus qu'un simple prolongement du même principe. »


http://www.sundayherald.com/news/heraldnews/display.var.1346632.0.humans_in_secret_radioactive_tests.php

Traduction de Pétrus Lombard pour Alter Info





Mardi 24 Avril 2007

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