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Roland Dumas: l’Iran et la France doivent entretenir une relation particulière ».


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Lors d’un entretien avec le correspondant de l’Irna à Paris, l'ex- ministre français des Affaires étrangères, Roland Dumas a rappelé qu’ « il y a beaucoup de raisons qui font que l’Iran et la France doivent entretenir une relation particulière ».


Dimanche 27 Janvier 2008

Roland Dumas: l’Iran et la France doivent entretenir une relation particulière ».

« Si la situation s’est détériorée ces dernières années, poursuit Roland DUMAS, c’est, « je crois pour plusieurs raisons; d’abord la situation au Moyen-orient, qui est un ferment de discordes, mais aussi le fait que le règlement de la situation palestinienne n’intervient pas lié à la présence d’Israël dans la région avec son armement atomique, le soutien des américains et la volonté des américains qui ont pris la places des anglais et les enjeux de la région qui ont détériorée les relations internationales entre l’Occident et l’Iran. Cela c’est le fond. Et la dessus, s’est greffé l’histoire de la question nucléaire qui par une exploitation extraordinaire de propagande fait on politique de s’orienter contre l’Iran est plus forte que la réalité ; qui est là ; donc ce sont les deux constatations que je peux faire et je conclurais comme dans la première réponse cela montre le danger qu’il y a.


Roland Dumas compare cette situation au comportement adopté par les Américains au moment de la guerre imposé par l’Irak : « Moi, précise le ministre français des Affaires étrangères, j’ai le souvenir d’un débat aux Nations Unis où le secrétaire d’Etat de la plus grande puissance nucléaire venait avec des documents, des fioles affirmant - j’ai là la preuve que l’Irak fabrique la bombe atomique, l’arme à destruction massive- et l’expérience a prouvé qu’il n’y avait rien ; on peut arriver à concevoir et dans le monde aujourd’hui qu’un pays très puissant construise tout un schéma dans un autre pays en dépit des constation et c’est très grave »

Interrogé sur la position des pays européens et notamment de la France, face à l’Iran, dans leurs relations aussi bien politiques, culturelles et commerciales à l’heure actuelle, il souligne que la distinction apportée dans la question servira de base à sa réponse. Il rappelle que l’Europe n’existe pas en tant que puissance politique économique et financière et que dans la mesure où elle existe, elle est dispersée, il n’y a pas de pouvoir politique européen.


Evoquant la présidence tournante de l’Europe au 1er juillet de cette année, qui reviendra à la France, le ministre français des Affaires étrangères estime qu’elle va s’atteler d’abord à son statut : « normalement elle va prendre des décisions, pour avoir un président qui sera là pour les deux ans à venir au lieu des six mois qui constituent la présidence tournante, on peut espérer qu’un progrès va être fait dans la direction de l’unification de l’Europe, dans son propre intérêt ; mais on en est pas là et donc pour le moment, l’Europe est une entité faite de différents Etats qui connaît une présidence tous les 6 mois et qui intervient en tant qu’ Europe ; nous sommes à ce carrefour ».


Si Roland Dumas, souligne qu’il souhaite que la présidence française à partir du premier juillet, règle ces problèmes institutionnels et en même temps essaie de régler sa politique sur la scène mondiale il avoue ne pas y croire évoquant le manque de maturité.


Le ministre français des Affaires étrangères, Roland DUMAS s’inquiéte dans ce domaine que la présidence française qui s’exerce par l’intermédiaire de son président, Monsieur Sarkozy, car précise t’il, des gages déjà d’orientation vers la politique américaine ont été donnés.


« Ce sont les américains qui sont les agents dominateurs et même je vais plus loin, quand j’ai entendu que le président de la république française proposait comme président de l’Europe c'est-à-dire celui qui va représenter l’Europe, parler au nom de l’Europe , Ton y Blair -Tony Blair a beau être plus européen que les autres anglais, il reste anglais, et il ne pourra pas aller au delà de ce que son pays d’origine mettra dans la balance- et d’autre part Tony Blair a prouvé qu’il avait une politique étrangère qui était très à la remorque des américains et c’est l’allié tout de même le plus fidèle et le plus audacieux de la coalition contre l’Iran et donc à mon sens nous ne nous orientons pas vers quelques choses qui serait plus fort et mieux » a regretté l’ex-ministre français des Affaires étrangères.


Sur les propositions faites à l'Union Européenne par le négociateur en chef nucléaire, Saïd Jalili de davantage de coopération en matière de sécurité, d'énergie et d'économie, Roland Dumas a souligné tout le bien qu’il en pensait, soulignant que la coopération de l’iran avec l’ensemble des organes est prépondérante : « Moi je suis pour que dans tous les cercles, les Nations unis, l’Iran maintienne sa position et que l’Iran offre à tous les observateurs de venir voir ce qui se passe et à tous les experts»

Il a rappelé la grande disponibilité des autorités iraniennes, qu’il a pu constater lors de son récent voyage en Iran, il y a de cela six mois : « j’ai constaté une grande disponibilité des autorités iraniennes j’espère que c’est sincère, et je le crois, et j’espère que cela peut se mettre en place mais il faut expliquer et répéter sans cesse».


Il a rappelé dans le monde d’aujourd’hui l’importance de la communication et insisté sur la nécessité d’informer constamment l’opinion internationale sur la
réalité de la situation : « Je dirai à nos amis iraniens, vous ne devez pas subir la pression de chaque incident, le climat actuellement est délétère, l’histoire de l’altercations avec les bateaux c’est ridicule, il faut que vous arriviez à inviter des Allemands, des Grecs, des italiens à venir. "

L'ex-ministre français des Affaires étrangères a ensuite encouragé l'iran, à réunir ses amis les plus proches.


A la question de savoir ce qu'il dirait à l'actuel chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner, si ce dernier était à ses côtés, Roland DUMAS a répondu : "Si Bernard Kouchner était là maintenant à côté de nous , je lui dirai d'aller à Téhéran, de parler avec les dirigeants, de parler franchement, d'abandonner les préjugés, de poser toutes les questions questions; récemment des offres ont été faites par l’Iran à la France d’envoyer une délégation d’experts,
première proposition nous aurions du recevoir le ministre français des Affaires étrangères qui était Douste-Blazy à l’époque, l’Iran avait dit oui, la France avait dit oui, au dernier moment on a décommandé, on n’a jamais su pourquoi ! On a dit, c’est trop tôt ; on va envoyer un spécialiste, qui connaît bien l’Iran, c’est vrai, il avait choisi Monsieur Cousseran, c’est vrai, il connaît bien la région, il se préparait, au dernier moment ; puis rien ; le politique est plus fort que la réalité ; les décisions politiques françaises nationales sont remises en question pour des raisons que l’on ignore et on ne sait pas par qui. Ce sont des choses qui doivent être connues.


Comme mot de la fin, l'ex-ministre des Affaires étrangères a émis à l'occasion de la nouvelle année 2008 a souhaité que "les rapports entre l’Iran etl’occident et surtout avec la France s’améliorent et deviennent de bonnes relations comme elles l’étaient du temps où j’étais moi-même aux Affaires étrangère, parce que l’Iran pour moi est un grand pays, les Iraniens sont un grand peuple, avec une grande Histoire qui a le sens national …. penser aux peuples, avec les nouveaux moyens de communications, ce tout le monde écoute tout le monde, c’est un instrument formidable et vous n’en usez pas assez.



Dimanche 27 Janvier 2008

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