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Robin Cook est mort


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L\'ex-chef de la diplomatie britannique est décédé hier à l\'âge de 59 ans après un malaise qu\'il a eu alors qu\'il effectuait une randonnée en Ecosse. Robin Cook a été ministre des affaires étrangères de 1997 à 2001 dans le premier gouvernement de Tony Blair, puis ministre chargé des relations avec le Parlement dans son second cabinet.


Alter Info
Lundi 8 Août 2005

Le Premier ministre britannique Tony Blair a salué dès hier soir le "talent extraordinaire" de Robin Cook. Il a rappelé qu'il avait joué un rôle crucial dans la redéfinition de la position de la Grande-Bretagne en Europe et dans le développement d'un fort engagement britannique dans l'aide et les droits de l'Homme." La démission de Cook du gouvernement Blair en 2003 a marqué les mémoires. Il avait jeté l'éponge pour protester contre l'engagement de la Grande-Bretagne dans la guerre en Irak. [1]


Disparition de Robin Cook, un cartésien lucide [2]


Entre sincère affliction et larmes de crocodiles, le landerneau politique britannique n'en finit pas de rendre hommage à Robin Cook. Le ministre des Affaires étrangères de Tony Blair, de 1997 à 2001, est décédé, samedi, à l'âge de 59 ans, des suites d'une défaillance cardiaque. Comme chaque été à pareille époque, l'ancien chef de la diplomatie britannique arpentait la montagne écossaise. Il se trouvait aux abords du sommet de Ben Stack, dans le nord-ouest écossais, quand le drame s'est produit. Une fin banale pour un homme d'exception.


Paradoxalement, ce sont ses adversaires politiques qui expriment les condoléances les moins convenues. Quand Tony Blair souligne que sa contribution à la politique britannique et au Parti travailliste «fut immense», Charles Kennedy, le chef de file des libéraux démocrates préfère relever, lui, qu'il «ennoblissait l'activité politique» par son engagement et une intégrité au-dessus de tout soupçon. Il avait «une conviction passionnée dans le pouvoir de la raison», remarque Malcolm Rifkind, son prédécesseur au Foreign Office.


Robin Cook était tout cela. Esprit aiguisé, d'une probité intellectuelle et d'une morale absolue, cartésien éclairé et acces sible. Mais, aussi, orateur hors pair, débatteur redoutable par sa connaissance des dossiers et la pertinence de ses arguments, son ton caustique et sa promptitude à trouver, toujours, le mot juste. En témoigne la maîtrise avec laquelle, en 1996, disposant de deux heures pour examiner un rapport de 2 000 pa- ges sur l'«Irakgate» britannique, il délivra aux Communes un réquisitoire lucide et implacable contre le cynisme du gouvernement conservateur en la matière, qui ne s'en remit pas.


Robin Cook était surtout un homme de courage. Jusqu'à sacrifier une ambition politique étayée par des capacités intellectuelles exceptionnelles pour ne pas trahir ses convictions. Comme en ce 17 mars 2003, quand, aux Communes, il démonte les raisons de la guerre prochaine en Irak, dans son discours de démission du gouvernement. «L'Irak n'a, probablement, pas d'armes de destruction massive dans le sens entendu communément», expliquait-il. «Pourquoi est-il, aujourd'hui, si urgent de déclencher une action pour désarmer un potentiel militaire effectif depuis vingt ans et que nous avons aidé à constituer ?», interrogeait-il. «La réalité est qu'on demande au Royaume-Uni de s'engager dans une guerre sans accord de quelque institution internationale que ce soit et sans le soutien de la nation», déplorait-il.


«La caractéristique de Robin, c'est qu'il était en avance», constate Denis MacShane, ancien ministre des Affaires européennes. En avance sur son temps et sur la plupart des politiques de son temps. Un honnête homme, donc, enraciné dans la tradition socialiste davantage que dans celle du New Labour, mais éloigné du sectarisme gauchard loué sous d'autres cieux. Un humaniste moderne, tenté dans sa jeunesse par le ministère presbytérien et l'enseignement, mais convaincu par la primauté de la politique pour changer le cours des choses.


Ecossais pur sucre, né à Bellshill, dans le Lanarkshire, en 1946, fils d'un professeur de chimie, Robin Cook avait deux passions, outre la politique. La littérature anglaise et les courses de chevaux. Licencié ès lettres de l'université d'Edimbourg, il était aussi chroniqueur de magazines de courses hippiques à propos desquelles il affichait une réelle compétence. Député travailliste d'Edimbourg, en 1974, il fut gagné au réformisme après l'échec électoral du Labour en 1983, en constatant que le radicalisme de gauche, décroché de la réalité, menait à l'impasse. Idéaliste, il avait pu mesurer les limites de cette attitude d'esprit, quand, après avoir vanté les vertus d'une politique étrangère «éthique», en 1997, il dut justifier, peu après, sans enthousiasme et par solidarité gouvernementale, des ventes d'armes rien moins que «morales» à des Etats fort peu soucieux de la démocratie.


Son ton mesuré, sa justesse de vues et sa force de caractère manqueront à la Chambre des communes, où il aura servi 31 ans durant.[2]




[1] euronews
[2] lefigaro


Lundi 8 Août 2005


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