Conflits et guerres actuelles

Rice prête à la guerre au Kurdistan, au Liban et en Palestine


Les propos de la secrétaire d’État Condoleezza Rice sur le Liban, vendredi, ont provoqué une grande déception chez les Libanais qui commençaient à espérer après les rencontres de Paris entre le leader de l’opposition chrétienne, Michel Aoun, et le chef de la coalition au pouvoir, Saad Hariri. Les médias ont largement reproduit les déclarations de Mme Rice qui minent les efforts d’entente interlibanaise et les ont interprétées comme un indice que la confrontation reste le choix premier des États-uniens au Liban, en soulignant que la rencontre Kouchner-Moallem montre, pour sa part, que le compromis est encore possible.


Dimanche 4 Novembre 2007

Rice prête à la guerre au Kurdistan, au Liban et en Palestine

Tendances et événements au Proche-Orient

Les contacts régionaux et internationaux en cours montrent que l’Administration Bush tente de mettre en œuvre une série de mesures visant à réduire les répercussions de ses échecs répétés en Irak sur la course à la présidentielle entre les Républicains et les Démocrates. De nombreux experts estiment que cette considération oriente les récentes activités états-uniennes autour de l’Irak et du conflit israélo-palestinien. Dans ce contexte, la carte libanaise constitue pour Washington un appoint dans son mouvement diplomatique.
D’ici à la fin de l’année, l’Administration Bush s’efforce de mettre en place le cadre de sa stratégie future qui doit commencer au printemps prochain avec la promesse faite par George Bush au Congrès de commencer à retirer un nombre significatif de troupes d’Irak. En parallèle, les États-uniens, mettent à exécution leur plan qui consiste à rassembler d’autres unités dans des bases permanentes, en dépit des mises en garde des think tank sur la poursuite de l’hémorragie irakienne. Ces deux derniers jours, les opérations de la Résistance se sont accentuées après un net recul les semaines précédentes. Seul un pouvoir central fort et une équation basée sur les recommandations de la Commission Baker-Hamilton, fondée sur des arrangements avec la Syrie, l’Iran et la Turquie, sont susceptibles de garantir une stabilité à long terme en Irak. Même si les bases US sont éloignées des centres urbains et très bien fortifiées, elles resteront la cible de la Résistance. Elles ne seront pas mieux sanctuarisées que la Zone verte qui est régulièrement attaquée.
Concernant le conflit israélo-palestinien, la Maison-Blanche espère enregistrer une percée, même médiatique, lors de la Conférence d’Annapolis. Mais les spécialistes états-uniens et israéliens assurent que cette réunion essuiera un échec certain tant que son ordre du jour n’est pas modifié de manière à permettre que les débats aboutissent à une paix globale incluant la Syrie. Mais jusqu’à présent, aussi bien Israël que l’Administration Bush ne veulent pas entendre parler des questions clé ou d’un calendrier. Dans les circonstances actuelles, Annapolis ne sera vraisemblablement qu’une rencontre folklorique qui devrait permettre à Israël de normaliser ses relations avec de nouveaux États arabes, avec à leur tête l’Arabie saoudite, sans contrepartie aucune.
Tous ces dossiers explosifs sont réunis à Istanbul en marge de la réunion des pays voisins de l’Irak. Et les déclarations de Condoleezza Rice sur le Liban, dans lesquelles elle a refusé d’envisager une entente interlibanaise, montrent que l’Administration Bush n’est pas prête à adopter une approche réaliste à l’égard des dossiers complexes de la région. L’attitude d’entêtement et de défiance ne conduira qu’à davantage d’échecs et de déconvenues et ne fera qu’amplifier les difficultés du parti républicain qui mène déjà une campagne assez difficile.

Presse et agences internationales

AL-KHALEEJ (QUOTIDIEN EMIRATI)
À la lumière des menaces et des préparatifs militaires, le dossier du nucléaire iranien est promis à de sombres perspectives. Le spectre de la guerre plane sur la région. C’est en tout cas l’impression qui se dégage du discours états-unien et des mesures sur le terrain. Le secrétaire d’État adjoint pour les affaires politiques, Nicholas Burns, a menacé l’Iran d’un lourd prix à payer s’il ne suspend pas ses activités d’enrichissement de l’uranium. Ces propos se sont accompagnés du départ pour le Golfe arabe du porte-avions géant Harry Truman et d’une escadre de 12 bâtiments de guerre. Sans compter les informations publiées récemment par la presse US faisant état d’un plan pour bombarder des centaines de cibles en Iran.
La proposition arabe de créer un consortium pour l’enrichissement de l’uranium à l’extérieur de la région doit rejoindre et compléter d’autres initiatives acceptables et raisonnables visant à trouver une solution pacifique au problème du nucléaire iranien.

AL-BAYAN (QUOTIDIEN EMIRATI)
La réunion des pays voisins de l’Irak, à Istanbul, vient s’ajouter à de multiples conférences organisées sous le thème de la stabilité et de la sécurité de l’Irak et qui n’ont abouti à aucun résultat. Contrairement à la précédente rencontre de Charm el-Cheikh, la réunion d’Istanbul se tient alors que de lourdes menaces planent sur le Moyen-Orient. Les tambours de la guerre battent dans le Nord de l’Irak où le PKK a établi des bases à partir desquelles il lance des attaques en Turquie. Dans le passé, l’armée turque envahissait le nord de l’Irak avec la bénédiction des États-Unis en contrepartie de l’utilisation de la base aérienne d’Injerlik.
La conférence d’Istanbul est un test pour les pays voisins de l’Irak sur leur volonté à déployer toutes les mesures nécessaires pour préserver l’unité de ce pays, ou la consécration d’un plan de répartition des zones d’influences entre les principaux acteurs régionaux.

GLOBAL VIEW POINT (AGENCE DE PRESSE ELECTRONIQUE ÉTATS-UNIENNE)
- Martin Van Krefeld
De son attitude, on déduit que la direction iranienne est terrorisée, et elle a des raisons de l’être vu le raid mené par l’aviation israélienne contre un site prétendument nucléaire en Syrie, sans que le système de défense anti-aérienne syrien de fabrication russe ne soit capable de neutraliser les appareils israéliens. L’Iran, qui a doté son armée du même système, se sent aujourd’hui plus vulnérable.
Toute attaque états-unienne contre l’Iran sera menée par des avions et des missiles de croisière Tomahawk, car les États-Unis ne disposent pas des forces nécessaires pour une invasion terrestre. L’Iran ripostera également par des frappes, mais ses forces armées ne disposent pas d’un vaste choix. Certes, elles sont équipées de missiles de longue portée Chéhab-3, toutefois, leur nombre est limité et leur précision reste à prouver. L’aviation iranienne est dans un pire état. L’autre alternative pour Téhéran serait de provoquer des troubles dans le Golfe. C’est à cela que doit faire allusion le chef des Gardiens de la révolution lorsqu’il a dit qu’il était capable de tirer 11 000 roquettes une minute après le début d’une éventuelle attaque US. À part les roquettes de courte portée et les katiouchas, aucun pays au monde ne possède un tel nombre de roquettes. Les troubles dans les pays du Golfe vont provoquer une importante hausse des prix du pétrole. Mais cela ne sauvera pas l’Iran d’une attaque massive. Et les 40 000 GI’S présents dans les pays du Golfe sont capables d’affronter les tirs de roquettes par l’Iran.

Tendances et événements au Liban

L’échéance présidentielle au Liban a connu ces dernières heures des développements qui permettent à l’opinion publique de tirer quatre conclusions :
- 1. Les États-Unis sont résolument hostiles au principe de l’élection d’un président consensuel et du compromis. Les déclarations de la secrétaire d’État Condoleezza Rice allant dans ce sens confirment toutes les analyses qui affirmaient que Washington se tient derrière le sabotage des initiatives d’entente entre les Libanais. Cela signifie que les États-Unis préfèrent le vide constitutionnel à l’entente, afin de permettre au gouvernement de Fouad Siniora de s’arroger les prérogatives du président de la République.
- 2. Lors de leur rencontre en marge de la Conférence d’Istanbul, les ministres français et syrien des Affaires étrangères, Bernard Kouchner et Walid Moallem, sont tombés d’accord sur une série de principes. Cela prouve que Damas soutient la stabilité au Liban et que Paris est fortement embarrassé par l’escalade états-unienne.
- 3. Les réactions aux rencontres de Paris entre Michel Aoun et Saad Hariri prouvent, sans l’ombre d’un doute, qu’il existe au sein du 14-mars un fort courant franchement hostile à toute entente avec l’opposition. Ces loyalistes jusqu’auboutistes veulent une confrontation qui risque de mener le pays à sa ruine, alors que l’opposition se démène pour sauver le Liban à travers un compromis entre les différentes composantes politiques et religieuses.
- 4. Une réunion houleuse a eu lieu, vendredi, entre l’ancien Premier ministre Salim Hoss et le chef du gouvernement actuel Fouad Siniora. Ce dernier a assuré à son interlocuteur venu lui proposer une sortie de crise à travers la formation d’un cabinet élargi, qu’il comptait rester au Grand Sérail quels que soient l’issue de la crise de la présidentielle et le prix à payer. M. Hoss avait transmis un climat positif après ses rencontres avec le président de la République Emile Lahoud et le chef du Législatif Nabih Berri.
La réunion ministérielle arabe convoquée par les États-Unis en marge de la Conférence d’Istanbul, avec la participation des ministres des Affaires étrangères de la France et des pays arabes dits « modérés », constitue une grande source d’inquiétude pour les Libanais. Son but serait de torpiller définitivement toute tentative de compromis au Liban et de pousser le pays vers la grande confrontation.

Presse libanaise

AN-NAHAR (QUOTIDIEN PROCHE DU 14-MARS)
Une réunion ministérielle arabo-internationale a été organisée en marge de la conférence d’Istanbul à l’initiative des États-Unis pour examiner la crise de la présidentielle au Liban. Paris a nié toute divergence avec Washington au sujet du Liban et Rice a insisté sur la nécessité d’élire un président attaché à la mise en œuvre des résolutions 1559 et 1701 et au tribunal international.
Walid Moallem a mis en garde son homologue français contre un vide présidentiel au Liban qui menacerait la stabilité du pays.

AS-SAFIR (QUOTIDIEN PROCHE DE L’OPPOSITION)
Washington torpille l’entente et pousse à la confrontation et à la défiance. Des membres du bloc parlementaire du général Michel Aoun ont reçu des menaces états-uniennes. Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-Moon, interroge le président de l’Assemblée, Nabih Berri, sur les retombées de l’échec de l’élection présidentielle.

http://www.voltairenet.org/article152718.html http://www.voltairenet.org/article152718.html



Dimanche 4 Novembre 2007

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