Conflits et guerres actuelles

Retrouver et éliminer: le compte à rebours a commencé


Dans la même rubrique:
< >

Jeudi 8 Décembre 2016 - 16:25 Lorsqu’Alep sera tombée...


Le parlement russe vient de donner son feu vert à une opération initiée par le Kremlin pour retrouver et éliminer les terroristes qui avaient enlevé et exécuté les employés de l'ambassade russe en Irak. Il s'agit de la récente adoption d'une loi autorisant le chef de l'Etat à utiliser les commandos pour lutter contre le terrorisme à l'extérieur du pays.


RIA Novosti
Mercredi 12 Juillet 2006

Retrouver et éliminer: le compte à rebours a commencé

Par Piotr Gontcharov, RIA Novosti



Le nouveau texte ajoute à la Loi sur le Service fédéral de sécurité (FSB) un chapitre qui, intitulé "Lutte contre le terrorisme", stipule que le président peut engager les commandos du FSB contre les terroristes et leurs bases étrangères menaçant la Russie. Les services secrets russes ne relevant pas des forces armées, la mobilisation des commandos à l'étranger ne sera pas soumise à l'approbation du Conseil de la Fédération (chambre haute du parlement).

Mais le compte à rebours avait déjà commencé: Vladimir Poutine avait prescrit aux services secrets, bien avant le feu vert parlementaire, de prendre toutes les mesures qui s'imposaient pour liquider les terroristes.

La nouvelle loi était attendue depuis longtemps. Contrairement à certains autres pays qui ne ménagent pas les moyens pour protéger leurs ressortissants en n'importe quel point du globe, les services secrets d'abord soviétiques, puis russes, n'ont jamais eu recours, du moins officiellement, à des méthodes semblables. Il est vrai qu'à l'époque soviétique la nécessité n'était pas aussi pressante... Depuis, les choses ont radicalement changé.

Les possibles scénarios de la tragédie qui s'est produite en Irak sont nombreux: du meurtre politique commandité, résultat de la rivalité entre les grandes puissances qui se partagent les zones d'influence, au primitif règlement de comptes en passant par la thèse d'une guerre méthodique et sans merci menée contre la Russie par la nébuleuse terroriste.

La question qui se pose est de savoir à qui la Russie a affaire: un groupe de mercenaires ou un mouvement terroriste dont les membres, comme l'estiment de nombreux experts russes, ont combattu en Tchétchénie?

Espérons que les services secrets russes finiront par dépister les auteurs, les inspirateurs ou les commanditaires du massacre. Issus du KGB et du Grou (renseignements militaires) soviétiques, les agents secrets russes n'ont sûrement pas perdu la main. On a surtout besoin de volonté politique. A l'heure actuelle, la sécurité des Russes à l'étranger ne saurait être garantie en dehors du cadre de la lutte contre le terrorisme international, et, que nous le voulions ou non, la collaboration des services secrets des Etats intéressés est essentielle.

Bien sûr, les Etats-Unis sont directement responsables de ne pas avoir, en tant que force d'occupation, garanti la sécurité des missions diplomatiques installées à Bagdad. Ils ont en effet commis une erreur en déclenchant une opération militaire contre l'Irak sans l'aval du Conseil de sécurité de l'ONU. L'Irak n'a rien à voir avec l'Afghanistan où, malgré tous leurs mécomptes, la Force internationale d'assistance à la sécurité (ISAF) et la coalition antiterroriste dirigée par les Etats-Unis bénéficient d'un relatif soutien auprès de la population.

Mal réfléchie, l'opération en Irak s'est muée en aventure. Mais combien de fois encore faut-il répéter cette évidence? La Russie, les Etats-Unis et l'Europe, cibles bien définies de l'agression terroriste, ne feraient-ils pas mieux de mettre fin aux interminables échanges de reproches? La situation actuelle fournit une bonne occasion de conjuguer les efforts pour riposter à Al-Qaida et à ses différentes filiales, tel le Conseil des moudjahidines irakien. Sinon, en nous focalisant sur les altercations, nous risquons de laisser se produire un nouveau 11-septembre ou un nouveau Beslan.

Dans tous les cas, le Conseil des moudjahidines irakien qui a revendiqué sur Internet l'enlèvement des otages russes n'appartient pas à la résistance irakienne, c'est une unité locale du réseau terroriste international Al-Qaida. Contre la libération des otages, les ravisseurs avaient formulé une exigence irréalisable sur la Tchétchénie. Quand les images de l'exécution des otages ont été diffusées sur Internet, on a entendu de nouveau parler de la Tchétchénie.

... En automne 1999, lors d'une inspection effectuée dans la république russe du Daghestan, voisine de la Tchétchénie, Vladimir Poutine, alors premier ministre, a rencontré les généraux qui entamaient la campagne antiterroriste tchétchène. Lors d'un dîner en compagnie d'officiers, quelqu'un a porté un toast au bon début de l'opération. "Avant d'achever nos verres, achevons d'abord l'opération", a répliqué Vladimir Poutine, après une seconde de réflexion. Les généraux ont suivi l'exemple du futur président en posant leurs verres de vodka, intacts, sur la table.

Intacts, ils le sont toujours. L'exécution des employés de l'ambassade russe en Irak est un défi lancé à la Russie que l'on croit incapable de se défendre. Les terroristes répondent ainsi à notre indignation provoquée par les tragédies de Beslan, du théâtre de la Doubrovka, de Boudionnovsk et du métro de Moscou.

Retrouver et éliminer: le succès de cette opération nous offrira sûrement une bonne occasion de tremper nos lèvres.

(L'avis de l'auteur ne coïncide pas forcément avec celui de la rédaction.)


Mercredi 12 Juillet 2006

VIDEOS | Politique Nationale/Internationale | Propagande médiatique, politique, idéologique | Société | Histoire et repères | Conflits et guerres actuelles | Néolibéralisme et conséquences

Publicité

Brèves



Commentaires