Propagande médiatique, politique, idéologique

Retour sur « l’affaire » des caricatures



Lundi 11 Mai 2009

Retour sur « l’affaire » des caricatures
L’affaire Siné cet été a fait beaucoup dans l’apparition de Val dans le paysage médiatique…jusqu’à l’amener aux portes de la présidence de France Inter

C’était il y a trois ans. Partie du Danemark, à l’automne 2005, « l’affaire » avait embrasé « les foules arabo-musulmanes », au Liban, en Syrie et en Iran, pour arriver finalement, par ricochet, en France : les images de drapeaux brûlés et d’ambassades saccagées avaient convaincu trois journaux (France-Soir, L’Express et Charlie Hebdo) de publier à leur tour, en février 2006, les fameuses « Caricatures de Mahomet ». La quasi-totalité de la classe politico-médiatico-intellectuelle avait soutenu cette démarche, fermement résolue à ne « rien céder » des sacro-saints principes de la laïcité et de la liberté d’expression. S’en était suivie une campagne dont les médias français sont coutumiers, chacun y allant, au fil des jours, de son grain de sel, dans les pages « Rebonds » de Libé, ou dans les pages « Débats » du Monde et du Figaro. Certains avaient dénoncé la « lâcheté » et le « renoncement » de ceux qui en appelaient à l’apaisement et à un exercice responsable de la liberté d’expression. On avait évoqué Munich, et Salman Rushdie. Rien de moins.

L’année suivante, en février 2007, s’était tenu devant le tribunal correctionnel de Paris le procès engagé contre Charlie Hebdo par l’UOIF et la Mosquée de Paris. Fantastique happening où, pour rameuter le ban et l’arrière ban de la même classe politico-médiatique, Philippe Val, directeur du journal, avait proclamé que la République était en danger. De méchants musulmans voulaient étouffer nos libertés fondamentales. Hollande et Bayrou étaient venus déposer à la barre. Le ministre de l’intérieur et candidat à la présidentielle Sarkozy avait apporté son soutien par écrit. En pasionaria exaltée, Elisabeth Badinter avait affronté la foule des caméras et des micros au sortir de la salle d’audience, et clamé solennellement : « La situation est déjà pourrie ! Il n’est que temps de dire : ça suffit ! Parce qu’il y a une peur qui s’insuffle dans notre société. (…) Si le tribunal leur donne raison, nous ne pourrons plus parler, nous seront terrorisés et ça sera le silence ». Philippe Val avait renchéri : « …le silence qui accompagne l’agonie de la liberté ». Pour Richard Malka, avocat du journal, le témoignage d’Elisabeth Badinter à la barre du tribunal avait été « un moment d’une intensité exceptionnelle, un instant de grâce ». Elisabeth Badinter, avait su retourner le compliment à l’équipe de Charlie Hebdo. « Ce sont des héros ! », avait-elle lancé. Quelques semaines plus tard, les héros gagnaient le procès. Philippe Val, tel Saint-Georges, avait terrassé le dragon.

C’est dur d’être aimé par des cons

Pourquoi revenir, aujourd’hui, sur cette affaire ? C’est que l’opération de communication (car c’est bien de cela qu’il s’agit) n’en est pas restée là : en mai 2008, le festival de Cannes accueillait dans sa sélection officielle le film de Daniel Leconte C’est dur d’être aimé par des cons, ode à la gloire de Charlie retraçant l’épopée de la publication des caricatures et du procès. La sortie du film en salles, en septembre dernier, fut saluée d’une critique aussi dithyrambique qu’aveugle : « une formidable leçon de démocratie », pour le JDD ; « un film pertinent et impertinent », selon Le Point ; « passionnant, édifiant, drôle et émouvant » pour Les Inrockuptibles  ; « Un documentaire digne des grandes fictions », pour Télérama… Deux mois plus tard, sortait en librairie le livre dans lequel Val fait son propre récit de l’affaire, Reviens Voltaire, ils sont devenus fous. « Un livre dense, grave, qui prend à bras-le-corps quelques une des questions les plus essentielles, les plus aiguës de notre temps », selon BHL qui en a fait la critique pour Le Point. Pas le temps de souffler : le DVD du film est sorti à son tour, il y a quelques jours. Mais ne vous précipitez pas sur les têtes de gondoles de la FNAC pour l’acheter au prix fort : la jaquette indique un « partenariat avec le Nouvel Observateur ». Je fais le pari qu’on le trouvera sous peu offert en promo avec l’achat de l’hebdo lui-même.

Opération de communication, donc. Mais il y a pire : car l’examen comparatif du film et du livre révèle des discordances de taille qui signent la manipulation. La mosquée de Paris a-t-elle fait un mauvais procès à Charlie ou est-ce, au contraire, Val qui, sciemment et de manière très artificielle, a poussé le recteur Dalil Boubakeur à un affrontement judiciaire que ce dernier voulait éviter ?

Dans son livre, Val joue l’ingénuité dès le départ, alors que les caricatures de Mahomet ne sont pas encore sorties de l’imprimerie : « je prévoyais, certes quelques remous, mais je ne pouvais pas imaginer à quel point ma vie allait être bouleversée par cette affaire » [1]. Pourquoi, alors, la caméra de Daniel Leconte est-elle déjà présente, lors de la conférence de rédaction qui précède ? Le numéro litigieux de Charlie est encore dans les limbes, mais tous – les journalistes et celui qui les filme – semblent déjà savoir que cette publication ne sera pas sans suite. L’affaire n’était pas née que le premier coup de manivelle du tournage avait déjà été lancé…

Surtout : dans les semaines qui suivent, un arrangement semble se dessiner. Pourquoi en passer par le pugilat judiciaire ? Nous sommes en démocratie, que diable ! Par l’entremise de Caroline Fourest et de Mohamed Sifaoui (tous deux collaborateurs de Charlie Hebdo), Val et Boubakeur conviennent d’une sortie honorable : une conférence de presse commune où chacun réaffirmera son point de vue : le droit de caricaturer d’un côté, le droit de se sentir blessé et de le dire, de l’autre. Et puis on se serrera la main devant les caméras. Embrassons-nous Folleville ! C’est Val qui le raconte dans son livre : « Le recteur est d’accord. Il ne reste plus qu’à nous entendre sur le lieu de la réconciliation pour y convier la presse et les médias ». Mais, raconte-t-il, « soudain, la communication est rompue. Ni Caroline, ni Mohamed ne peuvent fournir la moindre explication sérieuse » [2]. Quelques semaines plus tard, Val dit avoir appris par une dépêche de l’AFP que la mosquée de Paris choisissait, en définitive, la voie judiciaire. Preuve, selon lui, de la victoire des intégristes… et de l’Elysée. Politique arabe de la France oblige ! Boubakeur aurait finalement cédé aux sirènes de l’islam radical…

Qui trop embrasse mal étreint

Petit problème : Contrairement à ce qu’affirme Val, Caroline Fourest a fourni une explication pour le moins sérieuse de la défection de Dalil Boubakeur. Elle le fait même avec force détails devant la caméra de Daniel Leconte. A trop communiquer, on fini par s’emmêler les pinceaux… et le film vient contredire le livre. Qui trop embrasse mal étreint. Car, alors que la négociation est sur le point d’aboutir, Charlie Hebdo sort une nouvelle caricature… de Dalil Boubakeur, cette fois ! Et pas franchement sympa, s’agissant du représentant de l’islam de France : le recteur de la mosquée y est croqué en bouledogue obèse, bavant et « s’oubliant » (urine ou sperme ? nul légende ne le précise, mais un liquide visqueux s’échappe de son bas ventre) sur les genoux de Chirac qui lui caresse la nuque. Le bouledogue Boubakeur laisse même échapper un grognement : « Arf ! Akbar ! », réplique « humoristique » de l’incantation religieuse « Allah ouh akbar ». Caroline se paye même le luxe de raconter sa réaction immédiate en découvrant ce dessin. Elle a aussitôt téléphoné à Mohamed Sifaoui pour lui dire : « je crois que le recteur, il va pas le faire, l’entretien ! ». Et Caroline poursuit son récit : « Je me souviens de Mohamed au téléphone, moooort de rire, en me disant : « Oh, putain ! Oh putain ! ». Je lui ai dit : « tu vois, je crois que ça va pas se faire ». Il me dit : « non, je crois que ça va pas se faire ! ». Devant la caméra de Daniel Leconte, Caroline se marre franchement. Mais osez, un peu, qualifier l’équipe de Charlie Hebdo de provocateurs et de manipulateurs. On vous traitera de munichois, de complice des islamistes, d’ennemi de la République, et que sais-je, encore !

Lire ou relire sur Bakchich.info :

Le couperet est tombé mardi : les journalistes jordaniens Jihad Momani et Hicham Al-Khalidi ont écopé de deux mois ferme de prison pour « atteinte au sentiment religieux ». Leur crime : avoir reproduit les caricatures de Mahomet parues en septembre (…)

C’est aujourd’hui, ami(e), que Philippe Val, big boss de Charlie Hebdo, monte-les-marches-à-Cannes.

Philippe Val est en effet le héros d’un film, un "documentaire de Daniel Leconte", qui devait d’abord s’appeler : "Comment que Philippe Val a mis la (…)

Laurent Joffrin, directeur de Libération, revient sur l’affaire Siné, pour la deuxième fois en quatre jours - et après avoir tranquillement considéré, vendredi, qu’« on peut choisir sa religion mais pas sa race ». (Avant de concéder que (…)
Débat, urbain et policé, dans L’Express de la semaine, entre deux ténors-du-barreau : Francis Szpiner, "avocat de la Mosquée de Paris" dans l’affaire "des caricatures de Mahomet", et Richard Malka, défenseur "de Charlie Hebdo " (et d’une chambre de (…)
Pas invité, Bakchich ne sera pas présent à l’appel pour la liberté de la presse et à la petite sauterie donnée au théâtre du Châtelet, ce vendredi 30 janvier.

[1] Reviens Voltaire, ils sont devenus fou, Grasset, p. 87

[2] Ibid. p. 118-119


http://www.bakchich.info/Retour-sur-l-affaire-des,07262.html



Lundi 11 Mai 2009


Commentaires

1.Posté par Boycott 729 le 11/05/2009 12:37 | Alerter
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par contre, Dieudonné, Ahmedinejad‏ eux oui, il faut les boycotter, parcequ'ils sont antisemites, la liberté d'expression, ce coup là, on la met de côté mais attention, on ne la sort que quand ça nous arrange, donc on vous a à l'oeil

2.Posté par l'Øbscurantiste le 11/05/2009 15:04 | Alerter
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devenu aussi un consultant mousquetaire pour le bas "grand journal".
un bon tuyau : declarez la guerre à l'Islam et au musulmans et vous trouverez du travail, si vous avez deja un, vous aurez un promotion et une augmentation, si vous etes deja patron et riche vous serez celebre et on vous donnera une palme ou un Oscar, deja celebre et recompensé ? on parlera de votre mort au 20h.
si on veut positiver, l'islam reste une source de revenu pour beaucoup de goy larbin.

3.Posté par samy le 11/05/2009 15:43 | Alerter
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ce n 'est pas un mouchard comme VAL qui va atteindre le soleil.
je mourrais,tu moura,et val finaia dans un tombeau dans maxi 50 ans et l islam restera,et le prophete mohamad restera.

[2:258] La vache (Al-Baqarah) :
N'as-tu pas su (l'histoire de) celui qui, parce que Dieu l'avait fait roi, argumenta contre Abraham au sujet de son Seigneur ? Abraham ayant dit : "J'ai pour Seigneur Celui qui donne la vie et la mort", "Moi aussi, dit l'autre, je donne la vie et la mort." Alors dit Abraham : "Puisque Dieu fait venir le soleil du Levant, fais-le donc venir du Couchant." Le mécréant resta alors confondu. Dieu ne guide pas les gens injustes

4.Posté par Z m.d.s le 11/05/2009 16:57 | Alerter
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Oh c'était comique ces caricatures, on voit bien pire sur le pape. Il faudrait faire un concours de caricatures religieuses dans un grand journal.

5.Posté par Pas besoin le 11/05/2009 19:36 | Alerter
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Bah pas si drôles que cela ; pas drôles du tout même... Quand bien même, c'est question de goûts et ça..., mais quand on sait dans quelles cuisines peu ragoutantes elles ont été soigneusement préparée et servies et à quel dessein d'empoisonneur, ça lève le cœur...! Bon, c'est sur, c'était aux musulmans de pas tomber dans le panneau et de foutre les pieds dans cette assiette... certes... Facile à dire !!!

6.Posté par nikonekro le 11/05/2009 20:26 | Alerter
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Encore une preuve que Val n'a lu...ni Spinoza...ni Voltaire!!! Usurpateur!!!

7.Posté par Liberté je chante ton nom le 11/05/2009 22:45 | Alerter
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Bonsoir à tous,
Pa rapport aux caricatures, j'aimerais remettre à l'honneur un article qui est sorti en 2007 sur le site du réseau Voltaire et qui est particulièrement riche en enseignements.

L’histoire cachée des « caricatures de Mahomet »
par Thierry Meyssan*

Vous pensez tout savoir sur l’affaire des « caricatures de Mahomet » et vous être fait votre opinion en connaissance de cause. Pourtant, vous ignorez tout de cette vaste opération de propagande visant à promouvoir la « guerre des civilisations », à commencer par le fait qu’aucun de ces dessins ne représente Mahomet. Thierry Meyssan revient ici sur les liens que les différents protagonistes entretiennent avec l’administration Bush et sur la manière dont ils ont fait déraper le débat public aussi bien en Orient qu’en Occident.
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Le procès de Charlie Hebdo s’est ouvert le 7 février 2007 à Paris dans l’affaire dite des « caricatures de Mahomet ». En pleine campagne électorale présidentielle, de hautes personnalités sont venues témoigner à la barre en faveur « de la laïcité et de la liberté d’expression ».
La presse et les responsables politiques manifestent une quasi-unanimité. Donnant le ton général dans son éditorial, le quotidien atlantiste Le Monde écrit : « Le procès de Charlie Hebdo est celui d’un autre âge, d’un autre temps. Même si les plaignants n’invoquent pas cet argument, il faut avoir en mémoire que ce qui a déclenché la polémique, c’est la représentation du prophète Mahomet, qui, aux yeux de l’islam, est un blasphème. On est donc en présence d’une querelle obscurantiste » [1].
Sans écouter le grief des plaignants, ni attendre le jugement du tribunal, la parole publique assimile les associations de musulmans à des groupes obscurantistes, étrangers à la République laïque et moderne. Au nom de la laïcité, on stigmatise les fidèles d’une grande religion. Soyons alertés par ce paradoxe : au nom de la laïcité, nous perdons le sens de la tolérance. Ressaisissons-nous avant de plonger tête baissée dans la « guerre des civilisations » [2].
La laïcité, la vraie, est fille de la Raison. Prenons le temps d’analyser la genèse et les enjeux de ce conflit. Nous allons voir que cette affaire a été soigneusement organisée. Malgré les apparences, les personnes qui ont publié les caricatures et celles qui ont organisé les manifestations dans le monde musulman ne sont pas des adversaires. Elles agissent de concert pour nous dresser artificiellement les uns contre les autres.
Les apparences
En septembre 2005, la presse danoise rapporte qu’un auteur pour enfants ne parvient pas à trouver un illustrateur pour un ouvrage consacré à Mahomet car ceux-ci ont peur de critiquer l’islam. Réagissant à ce conformisme, le rédacteur en chef du plus grand quotidien du pays lance un concours d’illustrateurs dans son journal. Bientôt douze caricatures sont publiées.
En novembre, la Société islamique du Danemark, qui s’estime outragée, exige des excuses et organise une manifestation devant les locaux du quotidien. Les positions se durcissent et plusieurs journalistes font état de menaces de mort qu’ils ont reçues. Une délégation de la Société islamique du Danemark rédige un dossier sur l’affaire et alerte la Ligue arabe et l’Organisation de la conférence islamique. Onze ambassadeurs à Copenhague demandent à rencontrer le Premier ministre danois pour résoudre la crise naissante, mais celui-ci fait valoir qu’il n’a aucun pouvoir sur la presse et décline la rencontre.
La presse rapporte en novembre qu’un parti politique pakistanais offre une prime à qui tuera un des dessinateurs. Le Premier ministre danois condamne ces propos, mais il s’avère vite que l’information est fausse.
En décembre, le sommet de la Conférence islamique, puis celui des ministres des Affaires étrangères de la Ligue arabe évoquent l’affaire. Le Haut-commissaire des Nations- unies lance une enquête sur le racisme de la presse danoise. Le Conseil des ministre du Conseil de l’Europe note l’attitude dilatoire du gouvernement danois dans une affaire qui relève du racisme et non de la liberté de la presse.
En janvier 2006, le Premier ministre danois rappelle avec insistance dans son message de bonne année son attachement à la liberté d’expression. Le procureur de Viborg classe sans suites la plainte pénale déposée par les organisations musulmanes sous le double chef d’inculpation de blasphème et d’incitation à la haine.
En février, des manifestations se multiplient dans le monde contre les représentations et les intérêts danois. Des drapeaux et des ambassades sont brûlés, des produits boycottés. La réprobation du monde musulman s’étend à la France, ou un quotidien a publié les caricatures, puis à toute l’Europe qui semble complice.
À Paris, les caricatures sont reprises dans France Soir, puis dans Charlie Hebdo suscitant une plainte de la Grande Mosquée de Paris (GMP) et de l’Union des organisations islamiques de France (UOIF). Alors que la classe dirigeante fait bloc derrière ces publications, le président Jacques Chirac reçoit les plaignants à l’Élysée et rappelle que la liberté d’expression est une responsabilité.

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Les contradictions
Voilà une histoire simple, dont les évènements semblent s’enchaîner de manière cohérente. Pourtant, plusieurs éléments sonnent faux.
Si le rédacteur en chef d’un grand quotidien danois s’est insurgé contre la difficulté d’illustrer un livre pour enfants, comment en est-il arrivé à publier des caricatures qui ne sont certainement pas destinées aux enfants ?
Le Jyllands-Posten est le quotidien le plus diffusé au Danemark. Positionné à droite, il mène depuis trois ans une violente campagne anti-immigrés. Il n’a cessé de multiplier les articles et les éditoriaux pour insinuer que l’islam n’est pas compatible avec la démocratie et que les musulmans ne sont pas intégrables dans la société danoise. Ce matraquage a été conduit pour soutenir la réélection de la coalition gouvernementale d’Anders Fogh Rasmussen. En trois ans, le Jyllands-Posten a submergé le Danemark avec son discours islamophobe, dont le Premier ministre est devenu le héraut.
La coalition libérale-conservatrice a renversé les sociaux-démocrates qui ont dominé la scène politique pendant 80 ans. Elle a poussé le pays à remettre en cause l’État-providence et à se lancer dans une politique effrénée de privatisations et de dérégulation. Selon une technique électorale classique, la populations supportant mal la brutalité de ces changements, Anders Fogh Rasmussen a tenté de déplacer le débat des questions sociales vers la désignation de boucs émissaires : les étrangers.
Le Conseil danois de la presse a admonesté le Jyllands-Posten, en mars 2002, pour avoir violé la déontologie de la profession en soulignant sans raison l’origine ethnique de personnes impliquées dans une affaire criminelle. Le Premier ministre n’avait pas manqué alors de voler au secours du journal en dénonçant le politiquement correct qui se serait emparé de la profession.
La violence du journal a été relevée dans le rapport de l’European Network Againt Racism, la fédération des associations anti-racistes européennes, dans son rapport 2004 sur le Danemark [3]. Le Jyllands-Posten y est décrit comme une publication d’extrême-droite. Cet observatoire a conduit une analyse du contenu du journal pendant trois mois. Il a relevé que 53 % des chroniques, 55 % des articles, 71 % des brèves, 73 % des tribunes libres, 79 % des éditoriaux et 81 % des courriers de lecteurs traitant des minorités étrangères les présentent de manière négative.
En d’autres termes, le journal n’a pas publié ces caricatures pour libérer les illustrateurs danois d’une auto-censure oppressante, mais comme un élément dans une vaste campagne d’incitation à la haine.
Seconde incohérence : Pourquoi des dessins qui visent à brocarder une religion l’assimilent-elle au terrorisme ?
Le concours de caricatures a été lancé par le responsable du supplément culturel dominical du journal, Fleming Rose. Il se définit comme « juif sioniste » et n’éprouve aucun état d’âme lorsqu’on lui fait remarquer que le Jyllands-Posten fut partisan, dans les années 30 et 40, du fascisme et du nazisme. Menacé de mort après la publication des caricatures, Fleming Rose a préféré se réfugier aux États-Unis que rester sous la protection de la police danoise.
Fleming Rose est un ami du théoricien de l’islamophobie, Daniel Pipes [4]. Dans un article du 29 octobre 2004, Rose relate ses discussions avec Pipes et soutient ses thèses. « Pipes est surpris qu’il n’y ait pas d’alarme plus forte en Europe face au défi que représente l’islam au regard de la chute du taux de fécondité et de l’affaiblissement de l’identité historique et culturelle », écrit-il.
Daniel Pipes est l’auteur de cette célèbre formule : « Tous les musulmans ne sont pas terroristes, mais tous les terroristes sont musulmans ». Sur cette base, il préconise une surveillance policière systématique de tous les musulmans aux États-Unis et en Europe. Les dessins édités par Fleming Rose vont plus loin encore : ils insinuent que tous les musulmans sont des terroristes en puissance.
Merete Eldrup, la directrice du Jyllands-Posten est l’épouse d’Anders Eldrup, lui-même directeur de la compagnie nationale des hydrocarbures la Danish Oil and Natural Gas (DONG). Depuis cinq ans, c’est-à-dire depuis l’arrivée de la coalition libérale-conservatrice au pouvoir, M. Eldrup et le Premier ministre participent aux réunions annuelles du Groupe de Bilderberg. Ce club très fermé est une émanation de l’OTAN qui y invite, y teste et y adoube les messagers de l’Amérique en Europe.
Depuis la première guerre du Golfe, en 1991, et plus encore depuis les attentats de septembre 2001, les services de l’OTAN développent des études sur le thème de l’ennemi intérieur. Les banlieues islamisées d’Europe seraient des repaires de terroristes. Baignant dans cette atmophère, Fleming Rose et Merete Eldrup ne voient donc chez les musulmans que des terroristes potentiels.
Trosième incohérence : Pourquoi le Premier ministre danois a-t-il négligé les médiations lorsqu’elles étaient possibles ?
Anders Fogh Rasmussen n’est pas seulement l’auteur de Fra socialstat til minimalstat (De l’État socialiste à l’État-minimal), il est surtout le fils spirituel d’Uffe Ellemann-Jensen, ancien président de son parti. Celui-ci était longtemps l’homme de Washington dans le pays. Ministre des Affaires étrangères et vice-Premier ministre de 1982 à 1993, il élabora une doctrine qui porte son nom selon laquelle un petit État comme le Danemark peut jouer un grand rôle sur la scène internationale en ouvrant la voie aux États-Unis. Il réussit à convaincre l’opinion publique danoise, fort réticente, de participer à la Guerre du Golfe, en 1991. Il sut aussi reconnaître avant tout autre pays l’indépendance des États baltes, provoquant ainsi l’éclatement de l’Union soviétique dans l’onde de choc de la dissolution du Bloc de l’Est. En 1995, il postula au secrétariat général de l’OTAN, mais Jacques Chirac s’y opposa avec force, faisant valoir l’alignement complet d’Ellemann-Jensen sur Washington. Alors qu’il n’est plus aux affaires, Uffe Ellemann-Jensen s’est prononcé contre les caricatures.
Anders Fogh Rasmussen met en œuvre la « doctrine Ellemann-Jensen » de cheval de Troie des États-Unis. Ainsi, lorsqu’il a assuré la présidence tournante de l’Union européenne au second semestre 2002, il a préparé les accords secrets passés entre l’Union et les États-Unis dans le cadre du Nouvel agenda transatlantique ; accords qui ont été signés le 22 janvier 2003 et qui ont autorisé l’enlèvement, la séquestration et la torture par la CIA et le MI6 de suspects n’importe où dans l’Union [5].
Selon un rapport du Conseil de l’Europe, la pratique des enlèvements, séquestrations et tortures se serait considérablement développée. Plus d’une centaine de victimes ont été identifiées. Ce sont exclusiement des musulmans.
Au même moment, M. Rasmussen publie dans The Times de Londres une tribune libre co-signée avec sept autres chefs de gouvernements européens pour tenter d’embarquer l’Union dans la guerre en Irak [6]. En définitive, il enverra plus de 500 hommes participer à l’occupation du pays. Ils sont stationnés près de Basra à Camp Denevang. Lorsqu’il se confirmera que l’Irak ne disposait pas d’armes de destruction massive, il fut établi que — comme George W. Bush et Tony Blair— Anders Fogh Rasmussen avait intentionnellement menti à ses concitoyens pour les faire entrer en guerre.
Non seulement le Premier ministre n’avait aucune envie d’appaiser la crise des caricatures, mais celle-ci sert ses objectifs politiques en creusant un fossé entre les civilisations. La tension renforce sa position intérieure et la stratégie internationale de ses alliés. Certes, le boycott a coûté au Danemark 1 milliard de couronnes (134 millions d’euros), mais à n’en pas douter les États-Unis sauront le dédommager.
Un livre publié par le journaliste Tøger Seidenfaden (lui-même membre du Groupe de Bilderberg) et l’historien Rune Engelbreth Larsen établit, sur la base de 4 000 documents officiels, que le Premier ministre a tout fait pour provoquer la crise. Ainsi, il a délibérement menti à l’opinion publique en faisant croire que les ambassadeurs de la Ligue arabe réclamaient une censure religieuse lorsqu’ils demandaient un dialogue pour limiter la propagation du racisme [7].
Dans son rapport annuel sur le Danemark, le Comité européen contre le racisme et l’antisémitisme (dépendant du Conseil de l’Europe et non pas de l’Union européenne) exprime sa « grande préoccupation » face au développement d’un « climat d’intolérance et de xénophobie envers les réfugiés et les demandeurs d’asile ainsi que les groupes minoritaires en général, et les musulmans en particulier ». Il en rend directement responsable le Premier ministre et le Parti populaire danois, qui soutient la coalition gouvernementale. Il dénonce la non-application systématique de la loi réprimant le racisme [8].
Quatrième incohérence : Alors que ces caricatures sont d’une médiocrité accablante et qu’elles ont d’abord plus suscité le mépris que la colère, comment se fait-il qu’elles ont enflammé le monde musulman avec plus de force que l’occupation de la Palestine, l’invasion de l’Afghanistan et de l’Irak, et le bombardement du Liban ?
Dès la publication des caricatures, des organisations musulmanes danoises se sont réunies pour élaborer une riposte commune. Elles ont déposé une plainte au double chef de blasphème (art. 140 du Code pénal danois) et d’appel à la haine et à la discrimination contre un groupe de personne eu égard à son appartenance religieuse (art. 266b). Parallèlement à cette action collective, certains participants à ce regroupement organisèrent des manifestations et un lobbying auprès des ambassadeurs d’États musulmans à Copenhague autour d’Ahmad Abou Laban [9], l’îman de la groupusculaire Société islamique du Danemark (Islamik Trossamfund) et de son ami Ahmed Akkari autodésigné porte-parole d’un Comité européen de défense du prophète créé pour l’occasion. Il s’agissait pour eux d’élargir le débat à la question générale des discriminations dont les musulmans sont victimes au Danemark. Pour ce faire, ils constituèrent un dossier de 43 pages qu’ils illustrèrent avec des caricatures, dont celles du Jyllands-Posten.
Cependant, le « Dossier Akkari » comprend aussi des dessins autrement plus insultants que ceux du Jylands-Posten. On y présente par exemple un musulman accroupi en prière et sodomisé par un chien. C’est à la lecture de ce document que de nombreuses autorités arabes et musulmanes, civiles et religieuses, se sont mobilisées. Surtout, c’est ce dossier qui a convaincu les relais d’opinion dans le monde musulman que les caricatures portaient sur Mahomet et sur l’islam.
Abou Laban et Akkari ont entrepris une tournée internationale au cours de laquelle ils ont rencontré le secrétaire général de la Ligue arabe, le grand mufti du Caire, le directeur de l’université Al-Azhar, le grand mufti de Beyrouth, le cheik Faldlallah du Hezbollah, le cardinal Sfeir, et le grand mufti de Damas.
Ce périple est d’autant plus surprenant qu’Abou Laban n’aurait jamais dû entrer sur le territoire égyptien où il est interdit de séjour, tout comme aux Émirats arabes unis. Laban est en effet l’un des commandants d’un mouvement partiellement clandestin, le Hizb ut-Tahrir (Parti de la libération) que les nationalistes arabes ne portent pas dans leur cœur.
Créé en 1953 par le juriste palestinien Taqiuddin al-Nabhani, le Hizb ut-Tahrir prétend vouloir rétablir le califat ottoman qui domina et opprima le monde arabe. Ce mouvement a évidemment été très mal perçu par les États arabes qui y ont vu, à tort ou à raison, un groupe d’illuminés manipulés par les services britanniques pour maintenir leur influence dans la région. Le fondateur mourut à Beyrouth, en 1977. Bien que le parti se présente comme non-violent, son programme ne laisse aucun doute sur ses intentions. Il prévoit de créer un État islamique unique placé sous l’autorité dictatoriale d’un calife et appliquant une interprétation sévère de la charia. Le calife doit être secondé par un émir du Jihad qui devra mobiliser tous les hommes de plus de 15 ans et livrer la guerre à tous les non-musulmans.
Le quartier général du Hizb ut-Tahrir n’est pas installé à Istanbul, comme on pourrait le croire, mais à Londres, où il jouit d’une forte protection policière bien que le Premier ministre Tony Blair l’ait qualifié d’organisation terroriste. Les principaux dirigeants londoniens du mouvements sont rémunérés comme très hauts cadres de multinationales anglo-saxonnes de l’informatique, bien que ce type d’emploi nécessite une accréditation secret-défense.
À défaut d’être populaire dans le monde arabe, les partisans du rétablissement du califat ottoman le sont auprès de quelques populations turcophones d’Asie centrale. Le Hizb ut-Tahrir fomente des troubles dans toute cette région, jusque et y compris au Xin Kiang chinois, quels que soient les régimes en place. On éprouve de la compassion pour ses membres lorsqu’ils sont arrêtés et torturés par le régime de Karimov en Ouzbékistan, mais cela ne signifie pas qu’ils seraient plus doux que leurs tortionnaires s’ils arrivaient au pouvoir.
Les États de la région n’ont pas tardé à comprendre le danger que représente le Hiz ut-Tahrir. Ils le considèrent comme instrumenté par la CIA et le MI6 au même titre que les moudjahidines afghans le furent contre l’URSS [10] et se sont unis pour le combattre. C’est l’un des objectifs de l’Organisation de coopération de Shangaï, la nouvelle alliance russo-chinoise.
_________________________________________________ Incitations à la haine. Sur la caricature d’en haut (Centre d’études du problème juif de Bologne, 1943), le personnage n’est pas Moïse, mais un juif emblématique qui est rendu responsable de la Seconde Guerre mondiale. Sur la caricature d’en bas (Jylland-Posten, 2005), le personnage n’est pas Mahomet, mais un musulman emblématique qui est rendu responsable du terrorisme, qualifié par le président Bush de « Nouvelle Guerre mondiale ». Ces deux dessins n’ont rien à voir avec la critique d’une religion. Ce sont deux caricatures de propagande visant à stigmatiser des groupes de croyants. La première a servi à justifier un génocide, à quoi est destinée la seconde ?
La manipulation en France
France Soir est le premier titre français à reproduire les caricatures. Le quotidien, qui était alors en faillite, faisait l’objet d’âpres luttes d’influence entre financiers voulant en prendre le contrôle. Les personnels qui décident de cette publication sont liés à un mystérieux repreneur potentiel du journal dont on ne connaitra le nom que quelques mois plus tard. Il s’agit du marchand d’armes Arcadi Gaydamak, président du Bétar (la milice du Likoud) et du club de football du même nom, candidat à la mairie de Jérusalem. Son identité avait été masquée le plus longtemps possible car il fait l’objet d’un mandat d’arrêt international pour fraude fiscale.
Une semaine plus tard, les caricatures sont reprises par Charlie Hebdo. Comme l’a montré Cédric Housez dans nos colonnes, l’hebdomadaire satirique se focalise depuis la fin 2003 sur la dénonciation du péril musulman. Il prend position contre la participation de Tariq Ramadan au Forum social européen, pour l’interdiction du voile, contre la politique arabe de la France, pour la politique d’Israël, etc. [11]
Pour France Soir, comme pour Charlie Hebdo, ces publications prolongent des campagnes de presse déjà anciennes au service de l’idéologie néoconservatrice de la « guerre des civilisations ». Elles font preuve d’efficacité puisque la classe dirigeante française, quasi-unanime, feint de ne pas voir le propos anti-musulman et apporte son soutien à ce bel exercice de la liberté d’expression. Seule voix discordante, Jacques Chirac souligne que « la France, pays de laïcité, respecte toutes les religions et toutes les croyances ».
Allant un peu plus loin encore dans l’hypocrisie, Charlie Hebdo publie Le Manifeste des douze. L’islamisme y est dénoncé comme le nouveau totalitarisme [12] et opposé à la liberté d’expression. Parmi les signataires, on retrouve, outre Philippe Val directeur du journal, la députée affabulatrice néerlandaise Ayaan Hirsi Ali, les journalistes Caroline Fourest et Antoine Sfeir, et l’essayiste Bernard Henry-Lévy.
La Grande Mosquée de Paris et l’Union des organisations islamistes de France (UOIF) ont porté plainte contre Charlie Hebdo. Plusieurs candidats à l’élection présidentielle française ont apporté leur soutien à l’hebdomadaire satirique, au nom de la « liberté d’expression ». D’abord Corinne Lepage (Cap 21) et Dominique Voynet (Les Verts) par voie de pétition. Puis François Bayrou (UDF) et François Hollande (représentant Ségolène Royal, PS) en venant témoigner à la barre lors du procès. Enfin, Nicolas Sarkozy (UMP) en adressant une lettre au tribunal. Jacques Chirac, qui était déjà intervenu au début de la polémique, ne s’est pas exprimé à nouveau, mais il a offert son avocat à la GMP et à l’UOIF. Le jugement sera connu le 15 mars 2007.
Nicolas Sarkozy a joué ici un rôle particulier. Lors de la publication des dessins, il avait, en tant que ministre de l’Intérieur et des Cultes, refusé d’engager des poursuites judicaires et conseillé aux associations membres du Conseil des musulmans de France de s’en charger. Puis, à leur plus grande surprise, il a envoyé in extremis une lettre aux avocats de Charlie Hebdo pour soutenir le journal. D’où l’hésitation du Conseil des musulmans de France à démissionner en bloc.
Blasphème ou incitation à la haine ?
Nous reproduisons ici la caricature la plus discutée. Elle représente un homme portant un turban qui est une bombe. Selon le Jyllands-Posten, cet homme serait Mahomet et le dessin brocarderait les extrémistes qui se réclament de ce prophète pour pratiquer le terrorisme. Or, sur le turban du personnage, on peut lire la profession de foi des musulmans : « Dieu est grand et Mahomet est son prophète ». Le personnage n’est donc en aucun cas Mahomet lui-même, mais un musulman emblématique. Le turban-bombe vise à associer son image et celle du terroriste. Ce message stigmatise les musulmans dans leur ensemble et constitue un appel à la haine normalement sanctionné par la loi dans toute société démocratique.
C’est à tort que l’on parle des « caricatures de Mahomet » là où il s’agit de caricatures des musulmans [13].
Dans un premier temps, il ne faisait aucun doute pour le tribunal que cette caricature ne relevait pas de la critique d’une religion, mais bien de l’injure et/ou de la diffamation envers un groupe de personnes au regard de son appartenance supposée à une religion. En effet, le tribunal a déclaré irrecevable une plainte d’une association religieuse qui voulait défendre les croyants en l’islam, mais a accepté celles de la GMP et de l’UOIF parce que les statuts de ces deux associations prévoient de défendre les droits de leurs adhérents en tant que justiciables et non en tant que croyants. Pourtant, dans un second temps, le président du tribunal a laissé se dérouler les débats comme s’il s’agissait d’un procès sur le droit de critiquer l’islam.
Dans cette affaire, il est désormais établi que les principaux protagonistes ont menti (le Jyllands-Posten à propos de ses objectifs, le Premier ministre danois quant aux revendications des ambassadeurs arabes, la Société islamique du Danemark sur la nature des caricatures, et Abou Laban sur son engagement politique). Il est également établi que tous ces protagonistes sont liés à l’administration états-unienne, laquelle promeut la « guerre des civilisations ».
Thierry Meyssan

8.Posté par max le 11/05/2009 23:21 | Alerter
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@ boycott 729

pas d accord avec toi, Dieudo et Amaminhejad ne sont pas pas anti sémites, juste antisionistes.

Il y a des juifs iraniens qui ont leut place dans le gouvgernement iranien quant a dieudo il frequante des juifs antisionistes, donc ton commenatire est totalement bidon ;)

9.Posté par Boycott 729 le 12/05/2009 00:40 | Alerter
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max

T'as pas compris ma démarche, ce n'était pas ma pensés mais bien celle du crif et consors, par exemple Dieudo quand il fait ses sketchs, il se met dans la peau de son adversaire comme celui avec Faurisson, je ne sais pas si tu l'as regardé, tu vois où je veux en venir ?

Tiens regardes cette vidéo où des rabbins bénissent Amaminhejad, je l'ai déja mis sur un autre fil

http://www.dailymotion.com/relevance/search/Blue+Beam+/video/x7ncq0_clash-ne-dite-pas-ahmedinejad-rasci_news

Amicalement

10.Posté par redk le 12/05/2009 13:55 | Alerter
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Se déchet sur pieds de Val vient d'être nommé à Radio-France, le pro-israélien va s'en servir comme outille de propagande sioniste, prochain flashe radio: " encore une fois, les terroristes palestiniens bombardes les pacifistes israeliens!!"

11.Posté par Pirate le 13/05/2009 11:55 | Alerter
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Il est dommage que je ne retrouve plus l'article de Marianne sur Kurt Westergaard le danois
qui a fait cette caricature parce que l'article du site de Marianne révélé que
Kurt Westergaard avait été vu dans un meeting de l'extrême droite danoise ce qui ne
m'a absolument pas étonné par contre on se rend compte a quel point
BHL Val et toutes la fine équipe ce sont fait manipulé par un extrêmiste
tellement ils sont aveuglé dans leur islamophobie

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