Palestine occupée

Retour à une occupation corrompue


Retour à une occupation corrompue
Par Amira Hass

Sous les auspices de ce qui était appelé "le processus de paix" entre 1994 et 2001, et sous le mantra "le renforcement de l'économie palestinienne fera avancer la paix", plusieurs des hauts responsables du Fatah et leur entourage se sont empressés de se constituer leurs fortunes personnelles.


Amira Hass
Vendredi 3 Août 2007

Photo : le Président de l'Autorité Palestinienne, Mahmoud Abbas, et le premier ministre israélien, Ehud Olmert
Photo : le Président de l'Autorité Palestinienne, Mahmoud Abbas, et le premier ministre israélien, Ehud Olmert
Dans l’une des informations alarmantes de la semaine dernière, on a appris qu'Israël avait donné son feu vert au transfert depuis la Jordanie de 1.000 armes pour les forces de sécurité fidèles au Président de l’Autorité Palestinienne Mahmoud Abbas.

Ce n'est pas la première fois qu'Israel autorise le transfert d’armes et d'équipement de sécurité aux forces d'Abbas.

Ce qui est alarmant dans cette information, c’est qu'Abbas et son entourage continuent à s'accrocher à l'illusion que l'échec dans la bande de Gaza était purement militaire.

Ce qui est également alarmant, c’est la détermination du Fatah à faire ce qu’attendent de lui Israël et les Etats-Unis (et ce qu'il n'a pas fait dans Gaza) : Combattre le Hamas

Et il y a eu plusieurs autres nouvelles inquiétantes ces derniers jours :
Une nouvelle fois, des représentants israéliens ont été autorisés à parler avec des représentants officiels palestiniens à l'étranger ;
Le Premier Ministre Ehud Olmert et Abbas vont se revoir dans un avenir proche, cette fois à Jéricho ;
une coordination civile entre Israël et l’Autorité Palestinienne a été reconduite;
et à la Muqata à Ramallah, un nouveau projet d'entreprise américano-palestinien a été lancé après que le Président George W. Bush ait approuvé un prêt de 228 millions de dollars pour que les petites et moyennes entreprises palestiniennes améliorent le niveau de vie des Palestiniens.

"Les Etats-Unis se sont engagés à renforcer l'économie palestinienne… en tant qu’étape importante vers un état palestinien pacifique et indépendant," déclarait l'annonce officielle du Département d'Etat du 27 juillet

Pourquoi ces nouvelles sont-elles inquiétantes ?

Parce qu'elles montrent que les choses sont revenues à l'état où elles étaient, c'est-à-dire au style de "contrôle de l'occupation" qui régnait entre 1994 et 2001, dans lequel le mouvement du Fatah s'était bien intégré.

Maintenant, comme à l'époque, il y a un gouvernement palestinien (dont la légalité est temporaire et précaire) acceptable pour Israel et l'Occident; des discussions sont supposées avoir lieu; l'occupation continue, et les Palestiniens se querellent. Tout cela n'avait-il pas mené au deuxième soulèvement ?

Ce n'est pas un homme du Fatah qui dirige le gouvernement palestinien à Ramallah, mais l'esprit du Fatah en tant que mouvement au pouvoir qui continue à prévaloir - et avec lui, ce qui a composé de grandes parties du public nourries par le mouvement.

Par exemple, Yasser Arafat avait inutilement gonflé ses forces de sécurité avec des gens de familles pauvres et des familles de réfugiés dans le but de créer sous son égide un gros groupe de loyalistes en échange d'un salaire maigre mais vital.

Arafat espérait que cela perpétuerait leur soutien politique à son mouvement, peu importe son impuissance politique vis-à-vis de la colonisation et de la politique de fermeture et de séparation des Israéliens.

L'échec de cette stratégie est devenu clair lors des élections de 2006.

La confiance des Américains et des Israéliens dans "le soutien aux mécanismes sécuritaires d'Abbas" prouve que la logique d'Arafat continue à guider les trois dirigeants qui voient les Palestiniens comme l'objet de toutes sortes de "gestes" - même sous forme de salaires pour le personnel de la sécurité inutile.

C'est comme si la vie sous occupation israélienne n'était pas la principale raison de la détresse des Palestiniens mais au lieu de cela la "pauvreté" qui semble s'être matérialisée tout d'un coup.

Sous les auspices de ce qui était appelé "le processus de paix" entre 1994 et 2001, et sous le mantra "le renforcement de l'économie palestinienne fera avancer la paix", plusieurs des hauts responsables du Fatah et leur entourage se sont empressés de constituer leurs fortunes personnelles.

Cela aurait pu être légitime, naturellement, si la situation économique d'une partie considérable de la population vivant dans les territoires occupés ne s'était pas aggravée en raison des restrictions au déplacement des Israéliens et s'il n'y avait pas eu la question de l'argent qu'ils se sont procurés dans les coffres d'Arafat et de l'Organisation de Libération de la Palestine, ou d'autres façons très louches.

Il y a beaucoup trop souvent une corrélation directe entre les liens des nouveaux riches palestiniens avec des membres d'une force de sécurité palestinienne et les liens de ces derniers avec les services de sécurité israélien du Shin Bet ou avec des personnes importantes en Israel.

Une proximité de ce genre (avec des hauts responsables du Fatah et du Shin Bet) a fourni des autorisations pour se déplacer, a garanti une "réunification des familles", et ainsi de suite.

Celles-ci et d'autres genres de protectionnisme dépendant de l'occupation ont mené les Palestiniens à établir un lien entre "le processus de paix" et la corruption.

Les échecs de 2006 et de 2007 n'ont pourtant pas montré que le Fatah avait appris la leçon.

Il ne s'est pas distancé du protectionnisme et du système par lesquels ceux qui sont proches des bonnes personnes ont facilement des occasions de s'enrichir – dans une mer d'appauvrissement

Source
Traduction : MG pour ISM


Vendredi 3 Août 2007

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