Palestine occupée

Rencontre semi-officielle entre le Hamas et l’administration Obama à Doha


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Le 23 Février, le nom d’un membre des services de relations extérieures des Etats-Unis, Rachel Schneller, est apparu dans un programme à côté de celui d’Osama Hamdan, porte-parole du mouvement Hamas, ici à Doha, à l’occasion d’un forum auquel j’ai assisté et qui était organisé par le Centre Al Jazeera pour les études stratégiques.


Clayton Swisher - Al Jazeera
Lundi 5 Avril 2010

Schneller est à l’extrême-droite sur la photo, et Hamdan sur la gauche - Photo Mohamed Nanabhay
Schneller est à l’extrême-droite sur la photo, et Hamdan sur la gauche - Photo Mohamed Nanabhay

Selon le Journal de Wall Street daté d’aujourd’hui, Rachel Schneller s’est ensuite assise aux côtés de Hamdan pour prendre avec convivialité une tasse de thé, lors d’une rencontre qui avait reçue la bénédiction de ses supérieurs au département d’État des États-Unis.

Cela est vraiment une information.

Voici ce que j’ai envoyé cette nuit depuis Dubaï (je devais quitter Doha cet après-midi pour mon travail).

Mais d’abord, une explication rapide sur la raison pour laquelle j’ai demandé à nos éditeurs sur le site Web de ne pas publier cela la nuit même.

Un bon ami, qui dispose de beaucoup de contacts et m’a été très utile dans le passé, était aussi à Doha pour participer au forum avec Rachel. Quand je l’ai appelé pour vérifier quelque une information, il fait instamment demandé par téléphone de ne pas faire mention de l’histoire, même si ce forum avec Schneller et Hamdan était retransmis en direct sur le réseau câblé Al Jazeera en version arabe. Je l’ai fait pour préserver à la fois mon amitié et ce contact, et aussi pour éviter de contrarier les bons offices et l’hospitalité du Centre Al Jazeera. C’est juste la façon dont vont parfois les choses.

Voici ce que j’avais initialement présenté, et que j’avais prudemment intitulé avec un point d’interrogation. [...]


Un diplomate américain assis aux côtés du Hamas ?

Je ne pouvais pas en croire mes yeux ce matin à la conférence sur l’Islam politique, au Centre Al Jazeera pour les Etudes Stratégiques. Parcourant le programme, j’ai remarqué une liste de noms qui comprenait le membre du bureau politique du Hamas et porte-parole Osama Hamdan, aux côtés de mon ami et collègue blogueur Steve Clemons.

Mais ce qui a accroché surtout mon regard était la présence de Rachel Schneller, du Council on Foreign Relations.

J’ai dû partir et je n’ai pas pu suivre le débat, mais j’ai entendu dire par des que c’était assez impressionnant.

Rachel est en détachement du « Council on Foreign Relations » [CFR] mais elle maintient son affiliation au gouvernement américain durant sa mise à disposition dans une ONG dépendante du service des relations étrangères. Des diplomates américains sont souvent affectés à ces postes extérieurs, comme le sont les observateurs de la Force multinationale (MFO) dans le Sinaï, dans des universités, ou pour des missions d’une année dans d’autres institutions comme les Nations Unies.

Bien que ces services extérieur requièrent parfois techniquement de « démissionner », ces fonctions sont généralement considérés comme une opportunité de carrière, avec l’accord par toutes les parties que votre bureau vous attend à votre retour.

Je ne peux imaginer qu’elle aurait assisté à cette conférence sans avoir tout cela en tête.

Quant à Hamdan, il n’était pas un invité surprise.

Voir un diplomate américain quasi en activité partager une plate-forme aussi publique avec un responsable du Hamas est frappant.

Je peux seulement imaginer le bruit [buzz] que cela fera à son retour au CFR. L’extrémiste de l’ex-administration Bush et collègue au CFR, Elliot Abrams aura besoin de rester assis quand il apprendra la nouvelle. « Toi aussi, Brutus ? »

La mission d’Abrams de 2000 à 2008 avait été de tout faire pour voir décimé le mouvement Hamas avec l’embargo - le voir même renversé. Mais le Hamas a survécu, bénéficiant de le même crédibilité et légitimité que de nombreux groupes islamistes dans la région.

Rachel doit peut-être s’inquiéter de la stigmatisation. Un groupe pour une thérapie collective est à portée de main... Steve Clemons et Robert Malley étaient en même temps à Doha pour participer au forum de 3 jours de la chaîne Al-Jazeera. Clemons a réalisé une fantastique interview du responsable du Hamas, Khaled Mishaal, récemment, et il ne semble pas en souffrir car son accès à l’establishment politique de Washington reste légendaire.

Robert Malley, qui a également pris la parole lors du forum d’Al-Jazeera, pourrait avoir quelques idées sur la manière d’atténuer les risques pour sa « réputation », bien qu’ils ne seront pas aussi graves qu’ils auraient pu l’être. Malley a été un collaborateur très en cour de l’ex-président Bill Clinton quand il conseillait celui-ci sur la question israélo-arabe à la Maison Blanche. Dommage que « Rob » ait été balancé par la portière alors qu’il était conseiller de campagne d’Obama pour la politique étrangère, à cause de sa volonté de rencontrer le Hamas en tant que premier directeur de l’ONG International Crisis Group. Malley est toujours un acteur de la politique israélo-arabe à Washington, et beaucoup pensent que ses contacts se justifieront dans l’avenir.

Beaucoup à Washington et à Tel-Aviv ont préconisé de rencontrer le Hamas, y compris Colin Powell, l’ancien chef du Mossad Efram Halevy, et puis bien sûr l’ancien président américain Jimmy Carter.

Je suis curieux de voir si à un plus haut niveau, des contacts moins ambigus suivront cette importante étape préliminaire.

Bravo au Centre d’Etudes Stratégiques d’Al Jazeera pour ce qui s’est produit. Et tout cela est arrivé sous le soleil de Doha.

2 avril 2010 - Al Jazeera - Vous pouvez consulter cet article à :
http://blogs.aljazeera.net/middle-e...
Traduction : Naguib
http://www.info-palestine.net/


Lundi 5 Avril 2010


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