En Afghanistan, on est témoin de la montée des Talibans, qui ne cessent d'attaquer les forces de la coalition, alors que les pays de l'Otan hésitent à y envoyer de nouveaux renforts militaires, par souci de nouvelles pertes en vie humaine, dans leurs troupes. En Irak aussi, l'insécurité persiste et les violences ont pris de l'ampleur, bien que les autorités américaines prétendent qu'une sécurité relative y soit rétablie. D'autre part, les frais de cette guerre ont largement affecté l'économie américaine. Les détracteurs de l'administration Bush, surtout dans le camp démocrate, voient dans les politiques va-t-en guerre de Bush le responsable de cette situation tandis que l'opinion publique internationale désapprouve les politiques de la Maison Blanche à laquelle elle reproche surtout l'occupation prolongée de l'Afghanistan et la poursuite du massacre du peuple irakien.
Gordon Brown n'a pas manqué, non plus, d'évoquer les "relations spéciales" liant la Grande Bretagne et les Etats-Unis. Il a également rassuré que Londres poursuivrait sa coopération avec Washington, en Irak aussi bien qu'en Afghanistan. Il est peut-être opportun de rappeler que la place du Premier ministre du Royaume Uni n'est pas plus brillante que celle de son ami George W. Bush. Le bilan économique de Gordon Brown n'est pas tellement brillant et son suivisme aux politiques afghane et irakienne du Président américain le place dans une situation critique. Dans le cas irakien, Brown semble avoir totalement oublié sa promesse d'appliquer quelques peu de changements à la politique blairienne. La Grande Bretagne reste le deuxième pays, après les Etats-Unis, à détenir des troupes nombreuses en Irak et aussi, en Afghanistan. Il n'est donc pas étonnant que Gordon Brown se classifie, comme George W. Bush, parmi les leaders les plus mal aimés de l'opinion publique mondiale. Le gouvernement Brown est actuellement sous pressions, visant surtout ses plans économiques inefficaces et la montée des pertes des forces britanniques, en Irak et en Afghanistan. Les sondages confirment la chute en popularité du parti travailliste au pouvoir, par rapport à son rival traditionnel conservateur. Pour certains experts, il serait même probable que le Premier ministre préfère se retirer du pouvoir. D'autres considèrent la rencontre Bush-Brown, le rendez-vous de deux leaders fragilisés. Il est évident que dans la situation qui se présente, Gordon Brown ne pourrait pas tant compter sur l'appui de son ami américain. Les deux pays sont d'ailleurs divisés, sur certains sujets liés aux dossiers, ô combien, embarrassants afghan et irakien. Confronté à des critiques internes, le gouvernement britannique ne regarde pas avec certitude la poursuite de l'implication militaire en Irak. Côté américain, des concertations établies entre les Britanniques et les Talibans en Afghanistan tombent mal. La visite de Brown à Washington serait donc censée réchauffer l'ambiance entre les deux pays