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Religion et politique, le cas du sionisme


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Mounadil djazaïri
Mardi 12 Octobre 2010

Religion et politique, le cas du sionisme
Les organisations sionistes exercent une grande vigilance sur les campus universitaires. C'est vrai en France mais encore plus aux Etats Unis, pays dans lequel le lobby sioniste peut souvent actionner des menaces de sanctions financières à l'égard d'établissements qui dépendent en partie de dons de personnes ou d'institutions privées. Par ailleurs, les universités sont le lieu quasi unique de production des élites dans un pays qui ignore le système des grandes écoles à la française (HEC, Ponts et Chaussées etc.)
Une caractéristique des universités aux Etats Unis est de souvent disposer d'une presse de qualité, animée par des étudiants. Les éditoriaux et les opinions qui paraissent dans cette presse témoignent généralement d'une diversité qu'on ne retrouvera qu'épisodiquement dans la presse professionnelle dite "mainstream".  Même si elle fait aussi parfois l'objet de pressions de la part de divers lobbies. L'article que je vous propose est une parfaite illustration de cette diversité persistante. Publié dans le Princetonian, il aborde de front la question du judaïsme politique, c'est-à-dire ce qui correspondrait à ce qu'on appelle aujourd'hui l'islamisme quand il s'agit de la religion musulmane. Nous n'avons pas de terme pour désigner ce judaïsme politique, hormis celui de sionisme quoique, si on lit attentivement l'article de Brandon Davis on peut aller jusqu'à penser que le sionisme n'est pas du judaïsme politique mais en réalité une nouvelle religion réservée aux happy few. 

La politisation du judaïsme
par Brandon Davis, The Daily Princetonian (USA) 6 octobre 2010 traduit de l'anglais par Djazaïri

Si vous avez écouté récemment Newt Gingrich, vous avez certainement peur de voir les Musulmans transformer les Etats Unis d'Amérique en République Islamique d'Amérique. Vous êtes peut être dominé par le sentiment que la religion musulmane n'est rien d'autre qu'un mouvement politique. Vous avez peut-être aussi le sentiment que le christianisme aussi devient rapidement un instrument politique. Mais dans toutes les récentes vociférations sur la religion et la politique, la troisième religion abrahamique a été pratiquement absente.

Peu de gens envisagent le judaïsme en tant que mouvement politique comme ils peuvent le faire pour l'Islam ou le christianisme. Quand je pense au judaïsme; je pense aux latkes (galettes de pommes de terre), au challah (pain), à Woody Allen et aux rituels de la Pâque. J'entends ma mère crier "oy vey" (malheur) quand j'avais raté une interro ou quand elle avait brûlé le morceau de boeuf de Rosh Hashanah. Si vous êtes un Américain de n'importe quelle religion, c'est probablement cette image que vous avez aussi des Juifs.

Mais il existe tout un autre pan du monde qui a une perception très différente du peuple juif. Pour eux, le judaïsme n'est rien d'autre qu'un mouvement politique. Ils pensent à des Juifs - les Israéliens - qui circulent dans des jeeps militaires et qui les ont expulsés de leurs maisons. Ils pensent à des Juifs qui les ont isolés du reste du monde, physiquement par un mur ou par un blocus économique. Ils pensent à des Juifs qui ont volé leur terre et nié leur histoire.

Je concède qu'il serait injuste de tirer des conclusions sur les Israéliens ou les Juifs en général à cause de certaines politiques et actions militaires israéliennes - tout comme il serait injuste de juger n'importe quelle communauté sur les actions de ses pires représentants. Mais comment traiter du judaïsme quand pratiquement toutes les organisations juives d'Amérique soutiennent inconditionnellement  les politiques israéliennes?

Dans l'époque sécularisée et post religieuse dans laquelle beaucoup d'entre nous vivent, le judaïsme a été préservé par une autre foi: le nationalisme. L'allégeance à Israël fait partie intégrante de l'expérience juive américaine, encore plus peut-être que la tradition culturelle et religieuse née de la Diaspora. Et les tendances politiques du judaïsme organisé sont presque monolithiques.

Mettre en question cette allégeance est le plus grand tabou de la communauté juive organisée. Des universitaires comme Noam Chomsky et Norman Finkelstein qui critiquent Israël sont qualifiés de Juifs atteints de la haine de soi par le courant principal du judaïsme américain. Des organisations juives pro palestiniennes telles que Jews Say No ou Jewish Voices for Peace sont extrêmement marginaux. Il existe quelques organisations juives relativement importantes qui critiquent Israël, mais aucune d'entre elles n'envisagera un instant l'idée d'un Etat israélo-palestinien non juif. 

Le résultat en est une politisation presque complète du judaïsme, analogue à l'islamisme au Moyen Orient ou au christianisme politique façon Sarah Palin ici. Si, à la différence de ces idéologies, les Juifs Américains ne militent pas pour que notre gouvernement [aux Etats Unis] soit basé sur des valeurs juives, nous soutenons des politiques bien précises au Moyen Orient. Comme les prières du Sabbat et les récits de la Torah, l'histoire de l'Israël moderne - souvent dépouillée de ses parties douteuses - fait partie intégrante de l'éducation juive. Les combattants de l'indépendance israélienne sont des héros pour les Juifs Américains, tout comme George Washington ou Paul Revere. Des millions de dollars sont dépensés pour apprendre aux jeunes Juifs à aimer Israël et à défendre Israël contre ses détracteurs. Les preuves sont massives et incontestables: le maintien d'un Etat nation juif en Palestine est devenu un des objectifs centraux du judaïsme organisé.

Et tout comme il est juste de critiquer les politiques israéliennes, il est juste de critiquer ceux qui en font l'apologie - des organisations qui affirment représenter l'ensemble de la communauté juive américaine. Traditionnellement, les Juifs Américains ont été à l'avant-garde des mouvements progressistes. Mais ces dernières années, les institutions juives américaines ont évolué vers le côté hideux du sionisme, soutenant - ou justifiant à tout le moins - le droite dure israélienne dans sa poursuite de l'occupation de la Cisjordanie et la répression de l'identité palestinienne. Les injustices indéniables commises par le gouvernement et l'armée israéliens justifient la critique; le silence devant ces injustices appelle également la critique.

Il est temps pour les Juifs Américains de se lever contre l'oppression, la violence et le fondamentalisme religieux. Le tribalisme qui a persuadé les Juifs de se ranger totalement aux côtés d'Israël depuis tant d'années est stupide et dépassé. L'occupation de la Cisjordanie est injuste. Le blocus de Gaza est injuste. Le déplacement des villages palestiniens est injuste. La poursuite de la construction de colonies est injuste. Et les Juifs Américains ont rendu tout ça possible. Il était grand temps qu'un Juif se lève pour le dire.

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Mardi 12 Octobre 2010


Commentaires

1.Posté par Ara le 12/10/2010 14:11 | Alerter
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Ce qui fait aujourd'hui l'identité du jeune juif ne pratiquant pas le judaïsme comme religion (beaucoup se disent juifs mais non pratiquants) est l'identification à deux choses: la shoah et israël. Remettre en cause l'un ou l'autre revient à critiquer son identité même.

L'endoctrinement se fait très jeune, c'est pour ça que beaucoup renvoient tout contradicteur à Hitler (le seul argument qu'ils aient est la haine séculaire du juif, ça vole très haut!). Tout le monde a toujours tord sauf eux, comme disait Soral. C'est une réaction hystérique systématique, je n'ai jamais vu UN SEUL débat où un opposant n'était PAS traité d'antisémite.

2.Posté par dik le 12/10/2010 15:06 | Alerter
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Proverbe arabe : "Il se trouve dans la rivière ce qu'on ne trouve pas en mer!" On constate sans le moindre doute que seule l'action paye; il y a eu, principalement, le génocide de Ghaza, la résistance de Hamas et l'agression meurtrière contre la "flottille de la liberté" pour secouer des forces dormantes!

Merci Mounadil.

3.Posté par Seal le 13/10/2010 00:38 | Alerter
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politiquement incorrect mdrrrr

Putin 1h d émission a se justifier, pour au finale tapé en toute décomplexions sur Dieudo, quel bande de minable, sans courage ni talent, Bruno glachiote, bruno solop et le Élie sémoule, vs avez pas le 1/4 de la moitié du dixième du talent Dieudonesque, calomnier, calomnier , il ne restera q une odeur d égout après votre passage, le pris a payer d avoir constamment la bouche dans le cul des puissant. quant a Dieudo l histoire comme pour Coluche lui donnera raison ...

Seal




4.Posté par OuLaLA33 le 13/10/2010 01:23 | Alerter
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La doyenne des journalistes, Helen Thomas, âgée de 90 ans, a dû démissionner en juin dernier et abandonner son poste de chroniqueuse pour le journal Hearst Newspapers, en raison des propos qu’elle avait tenus à l’encontre de l’Etat d’Israël, dont elle a nié la légitimité, en intimant aux citoyens de «retourner en Allemagne, Pologne, etc.», qu’elle a considéré comme leurs pays d’origine.

Elle a déclaré mardi au cours d’un entretien accordé à une station de radio de l’Ohio, qu’elle ne regrettait pas ce qu’elle avait dit mais la réaction suscitée par ses paroles: «J’ai dit exactement ce que je pensais, mais je reconnais que j’ai compris trop tard que j’allais devoir démissionner (…) Vous ne pouvez pas critiquer Israël dans ce pays et vous maintenir. Et pourtant, je n’ai pas parlé d’Auschwitz ou de quelque chose de semblable. »

5.Posté par dik le 13/10/2010 11:00 | Alerter
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@OuLaLA33

Puisque Helen Thomas existe, il y en a d'autres, semblables sinon plus engagés encore. Tôt ou tard ils s'exprimeront et on assistera à la réédition de l'histoire quand un héros déclama haut et fort : "C'est moi Spartacus", ou encore l'autre : "A bas Nicolae Ceausescu"!

6.Posté par OuLaLA33 le 13/10/2010 12:24 | Alerter
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@Dik

Je suis d accord avec toi c est simplement une info que je voulais transmettre.

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