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Réflexions sur les évènements internationaux de l'été


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Manuel de Diéguez
Lundi 24 Août 2009

Réflexions sur les évènements internationaux de l'été

Trois évènements majeurs survenus cet été pourraient changer le cours de l'Histoire : un timide réveil de l'Europe, le débarquement de la question du statut et de l'avenir d'Israël sur la planète de la justice internationale et une mutation de la philosophie de la santé qui conduirait à l'extermination systématique des vieillards démunis - à moins qu'une grâce spéciale ne soit réservée aux maladies chroniques et relativement peu coûteuses. L'inaccomplissement et même l'échec provisoire de cette philosophie du coût des pauvres laisseront une tache indélébile dans l'histoire de l'immoralité du monde : la civilisation des droits de l'homme ne refermera jamais cette cicatrice.


I - L'Europe
1 - Ballon d'essai ou déplacement du front de la bataille ?
2 - La réaction de Moscou
3 - Diagnostic



II - Israël

4 - Comment mettre Israël à l'établi du quotidien ?
5 - L'appel aux psalmodies de l'Europe
6 - La casuistique de Dieu et les loques de la morale
7 - La nouvelle colère d'Achille
8 - L'expédition de Suez de 1957
9 - La démence de Jahvé
10 - Un assassinat télécommandé
11 - Bush senior et la vassalisation institutionnalisée de l'Europe
12- Naissance de l'anthropologie critique
13 - Le danger d'une revanche de l'Europe
14 - La bombe atomique et le mythe du Déluge
15 - L'avenir politique et cérébral d'Israël
16 - Les matamores du trépas
17 - Vers une Iliade de la folie

III - Le prix de la vie
18 - L'auto-extermination médicalisée



I - L'Europe


1 - Ballon d'essai ou déplacement du front de la bataille?


L'Europe des servitudes enrubannées aurait-elle pris au cours de l'été un tournant tellement décisif qu'il serait permis à la civilisation occidentale en livrée de changer de parure et de tenter de porter remède à la satellisation inexorable dont elle se veut la victime depuis 1945 ? Est-il possible d'espérer que les grands couturiers de la mise sous tutelle militaire du Vieux Monde depuis 1949 révolutionneront la mode cet automne et rendront soudainement caduque le prêt-à-porter de leur vassalité ou s'agit-il seulement d'une volonté d'infléchissement passagère de l'habillage de la valetaille - donc de l'attente de quelque gâterie ou d'une caresse plus appuyée du maître d'outre-Atlantique?


Le 8 août, MM. Bernard Kouchner et Pierre Lellouche - tout récemment nommé "Secrétaire d'Etat chargé des affaires européennes", c'est-à-dire élevé au grade d'une sorte de Ministre français des affaires étrangères sous le dais percé du Vieux Monde - signaient tous deux dans Le Monde un article avantageusement paré du titre "L'Europe stratégique est née en Géorgie". On pouvait y lire que les accords signés en grande pompe à Moscou un an auparavant entre la Russie et la France tranchaient avec "la longue impuissance européenne" - celle, censée désormais révolue, qui avait permis à l'Amérique de "remporter la victoire sur le plan diplomatique à Dayton". Enfin, on allait se donner l'ambition d'"agir au lieu de subir" sous les plis d'un drapeau étranger, enfin on allait commencer "d'exister politiquement et stratégiquement" dans le vent de l'histoire, enfin on allait brandir les banderoles, oriflammes et fanions "du grand partenariat européen proposé par le Président de la République".


Cet affichage flamboyant des blasons et des ambitions de la France et de l'Europe était-il le résultat logique des échecs cachés ou tonitruants que la politique d'alignement précédente avait fait subir à Paris? Oubliées, les fanfaronnades pathétiques de M. Nicolas Sarkozy du 7 novembre 2007 au Congrès américain? Prenait-on à toutes jambes un nouveau départ pour avoir retenu les plus rudes, mais aussi les plus saines leçons des auto-domestications complaisamment consenties sous le baldaquin d'un protectorat? L'humiliation spectaculaire de la France à l'occasion du soixantième anniversaire du débarquement des forces alliées en Normandie le 6 juin 1944 - le Président de la République y avait subi l'affront de se voir reçu par un M. Barack Obama condescendant sur un lopin du sol américain fiché dans l'hexagone, le cimetière de Colleville-sur-mer - cette humiliation, dis-je, avait-elle fait tardivement comprendre au Quai d'Orsay que l'offensive israélienne à Gaza au mois de décembre 2008 a rendu à jamais inacceptable aux yeux du monde arabe tout entier l'installation future de l'Etat hébreu tant en Europe qu'au sein de l'union des Etats riverains de la Méditerranée, avait-on tardivement compris que le schisme sur un point de théologie avec la Chine - la question des saintes rotations des moulins à prière au Tibet - était une catastrophe économique et diplomatique et que, pour Pékin, l'Allemagne devenait le nouveau moteur de l'Europe, avait-on tardivement compris que la volonté, certes encore impuissante des Etats-Unis, de mettre un terme à l'expansion territoriale illimitée d'Israël ridiculisait la politique anti-iranienne de la France, avait-on tardivement compris que, de toutes façons, les manœuvres militaires communes de Téhéran et de Moscou achevaient de verrouiller toute tentative d'intervention guerrière de Tel-Aviv et de Washington en Iran, avait-on tardivement compris que le débarquement des hommes d'affaires de la Chine et de la Russie en Afrique mettait définitivement l'Europe hors jeu sur le continent noir, avait-on tardivement compris que la question anthropologique de fond de l'innocuité militaire de la bombe mythologique allait enfin mûrir dans les têtes de nos théoriciens de la guerre, avait-on tardivement compris que le cœur du monde se déplaçait irrésistiblement vers l'Asie, avait-on tardivement compris que le retour de la France dans l'OTAN a privé le Quai d'Orsay de l'arme du prestige diplomatique sans lequel un continent, même surpeuplé et richissime, n'est plus qu'un nain sur la scène internationale, avait-on tardivement compris que Paris a perdu tout argument politiquement crédible de mettre, pour condition non négociable à l'entrée de la Turquie en Europe que l'ex-empire ottoman commence par se retirer de l'OTAN et retrouve la souveraineté pleine et entière sans laquelle Ankara ne pourra s'atteler, à nos côtés et sans forfanterie inutile, à la tâche d'arracher de l'ornière le char d'une Europe embourbée dans sa vassalité depuis six décennies, avait-on tardivement compris que l'ombre d'un accord sur la moralisation mondiale des banques obtenu au G20 à Pittburg au printemps ne serait jamais respecté par les Etats-Unis et par l'Angleterre , avait-on tardivement compris que la crise économique n'est pas conjoncturelle, hélas , avait-on tardivement compris que le capitalisme financier ne serait soumis à un électrochoc de plusieurs millions de volts que par une alliance révolutionnaire de Pékin, de Moscou et de Paris, avait-on tardivement compris que l'empire du Milieu prendrait tôt ou tard la relève de l'offensive provisoirement manquée contre le règne planétaire du dollar? Une diplomatie française flottante et velléitaire sur le fond et agitée sur le devant de la scène avait-elle changé de câblage ou s'agissait-il seulement d'un accès occasionnel d'énergie?


2 - La réaction de Moscou


Pour l'apprendre, observons à la loupe comment Moscou a interprété des avances diplomatiques insolites par nature, parce que journalistiques et rédigées sur un ton mi-vantard, mi-bénédictionnel. Il fallait beaucoup de bonne volonté pour y lire le signal d'un retournement subit et décisif de Paris, puisqu'aucune rumeur n'avait filtré d'une négociation secrète et qu'il aurait été utile de faire discrètement connaître. Mais peut-être était-il habile de feindre de prendre un instant à la lettre ces prémices d'une conversion éventuellement sérieuse, parce que les bonnes surprises diplomatiques sont quelquefois rendues crédibles précisément par l'allure cardinalice de la sortie d'un cancre des ténèbres de son ignorance. Puisqu'il avait fallu tant d'expériences et d'épreuves douloureuses pour enseigner seulement quelques rudiments d'une véritable politique internationale à M. Nicolas Sarkozy, son initiation précipitée à la science des Talleyrand n'était aucunement de l'ordre du surnaturel. Mais les écailles lui étaient-elles toutes et fort soudainement tombées des yeux?


Quoi qu'il en soit de la perplexité ou de la clairvoyance de Moscou, M. Medvedev remerciait M. Sarkozy le lendemain même et le plus chaleureusement du monde d'une commémoration journalistique aussi vaine qu'empressée et qui glorifiait à ce point le succès diplomatique du 9 août de l'année précédente à Tbilissi et au Kremlin. Mais comme, dans le même temps, M. Saakachvilii paradait sur les ondes à Paris et y réaffirmait froidement, aux côtés de journalistes français complaisants ou complices que Moscou avait été l'agresseur de la Géorgie en 2008, peut-être M. Medvedev remettait-il gentiment les pendules à l'heure, et cela avec une pointe d'ironie slave ou même socratique. Quant à la presse française, elle paraissait avoir été prise par surprise, tellement elle avait jugé les éloges russes embarrassants pour le Quai d'Orsay, puisque l' alignement officiel et clairement affiché de l'Elysée sur Washington s'y trouvait suspectée avec des sourires de connivence. Mais qu'on se rassure: MM. Kouchner et Lellouche s'étaient bien gardés de rappeler, primo, que le Kosovo est devenu la plus gigantesque base militaire américaine en Europe


Voir : LETTRE A LA GENERATION DE LA LIBERTE - XII - Jean-François Kahn et le thème de la folie en politique : Une psychanalyse de la condition humaine est-elle possible? 17 décembre 2007

et que ce forfait diplomatique avait nécessité l'aide empressée de la France, secundo, que les Etats-Unis entendent toujours installer leurs boucliers évangéliques en Pologne et en Tchéquie, tertio, que la question de la pieuse irruption de la Géorgie et de l'Ukraine dans l'OTAN n'a pas été enterrée par une intervention journalistique bienvenue, mais plutôt commémorative et demeurée précautionneuse sur le fond.


3 - Diagnostic


Faut-il, pour autant, aller jusqu'à conclure des péripéties politiques de l'été que M. Nicolas Sarkozy persévère à tenter de gagner ses galons de chef d'Etat avisé en se ruant artificiellement et tête baissée sur tous les fronts à la fois et qu'il suffit de jouer au matamore cahotant pour rivaliser sans lunettes avec les bésicles de Louis XI et de Richelieu? On ne saurait à la fois "choisir l'Occident" et marcher à grandes enjambées sur les chemins de l'avenir de la planète; on ne saurait à la fois se blottir dans les bras d'un protecteur tutoyé et jouer au va-t-en guerre par à-coups.


Mais pour peser les évènements de l'été, il faut sortir du salon, s'armer d'une longue vue et escalader un monticule pour tenter d'observer les chemins de la fatalité. Si vous ne gravissez pas au moins la colline Sainte Geneviève, votre regard butera sur les grains de sable de la petitesse que le régime démocratique dresse sur le chemin de la grandeur politique et que leur taille microscopique rend insurmontables. Comme disait M. Michel Rocard, les ruses et les astuces qu'appelle la conquête du pouvoir politique sur les sentiers du suffrage populaire sont inappropriées par nature au pilotage d'un grand Etat, puisqu'elles excluent d'avance la voie appienne qu'emprunte le génie diplomatique. Les Machiavel et des Talleyrand connaissent les bottes du tragique carnassier de l'histoire. Une courtisane aux frous-frous encore séduisants et un instant froissée de ce que M. Barack Obama ne soit pas tombé en pâmoison au premier sourire - alors que M. Nicolas Sarkozy l'avait tout de suite appelé "mon copain" et apostrophé par son prénom - n'a d'autre chance "d'exister politiquement et stratégiquement" que d'attendre en se poudrant qu'on veuille bien céder à ses charmes et que l'Histoire tombe dans ses bras sans faire de chichis.


Revenons donc à nos moutons de Panurge et observons de plus près le pâturage tel qu'il se présente aux troupeaux dont ce début de l'automne guide la transhumance.


II - Israël


4 - Comment mettre Israël à l'établi du quotidien ?


La tragédie demeure médiocre et se donne à brouter à ras du pré, bien qu'Israël ait fait, à son corps défendant, un grand pas, puisque cet Etat s'est décidé à poser sur la table la pomme de discorde qu'il est désormais appelé à exposer pour longtemps sur les planches de l'Histoire de la planète.


Le 4 juin au Caire, M. Barack Obama a eu le toupet de demander tout subitement au peuple hébreu qu'il mette un terme définitif à son expansion coloniale, alors qu'il la poursuivait sans obstacles depuis sa création, en 1947. Cette oraison n'a réussi qu'à rendre à la fois sceptique et rieur un monde arabe dont la lucidité de plus en plus alertée juge comique d'adresser un diktat aussi verbifique à cet Etat. Quelle naïveté de passer sous silence les ambitions réelles qu'une politique pacificatrice au Moyen Orient est appelée à satisfaire, à savoir, d'un côté la proclamation d'un Etat palestinien ayant les pieds sur terre, la tête sur les épaules et Jérusalem pour capitale et un Etat hébreu de l'autre, qu'on soumettrait tout de suite à une cure d'amaigrissement sévère sur notre astéroïde - car seule une rude diététique lui ferait perdre en quelques semaines seulement la mauvaise graisse accumulée depuis 1967.


Mais au début du mois d'août, il a semblé que M. Barack Obama se montrait subitement un peu plus sérieux et plus énergique que ne le prévoyaient les pronostiqueurs. On apprenait que, tout au long de l'été, Israël avait demandé que le monde arabe tout entier fît allégeance à sa musculature en échange d'un gel de trois mois seulement de son expansion territoriale. On apprenait également que le secrétaire à la défense Robert Gates et le général James Jones s'étaient rendus à Tel-Aviv et qu'ils y avaient découvert avec stupeur le complexe de Massada, que Flavius Josèphe (37-95) décrivait avec tant de pénétration dans son récit du siège de Jérusalem par Titus en 70 - mais on appelait maintenant ce complexe la bunkérisation.


5 - L'appel aux psalmodies de l'Europe


C'est pourquoi M. Barack Obama était allé jusqu'à faire demander à M. Solana, chef fantomatique d'une Europe des faux-fuyants et des simulacres - et ancien Secrétaire général de l'OTAN de surcroît, donc homme-lige de Washington depuis près de deux décennies - d'annoncer au monde stupéfait et sans seulement en prévenir Tel-Aviv son intention ahurissante de créer d'un coup de baguette magique un véritable Etat palestinien et de recourir, à cette fin, à la décision inouïe de rendre, sous sa houlette, le Conseil de sécurité résolument jupitérien.


Les Chancelleries du monde entier n'en croyaient pas leurs oreilles: on allait régler d'une pichenette et sans barguigner la question des frontières et du retour sur la terre de leurs aïeux de millions de réfugiés pantelants de la première, chenus de la seconde et juvéniles de la troisième génération. On sait que l'ONU n'avait cessé de réprouver les violations du droit public dont un Etat placé par Jahvé et par lui-même au-dessus des lois divines et humaines se rendait coupable aux yeux du tribunal de la conscience universelle; mais on sait également que les Etats-Unis avaient rendu la science juridique mondiale experte en faux-fuyants et chausse-trapes à force d'opposer un veto imperturbable à une communauté de jurisconsultes internationaux tombée en quenouille.


6 - La casuistique de Dieu et les loques de la morale


Faut-il entendre que la prétention désormais clairement affichée du Zorro de la démocratie mondiale d'exercer un "leadership" sinon incontesté, du moins aux loques recousues, irait jusqu'au basculement sans précédent du droit du plus fort du côté du plus faible? Mais une mutation aussi subite que définitive de la jurisprudence éprouvée du lion me semble aussi trompeusement prometteuse que les évangiles des chrétiens, dont vingt siècles de démentis que l'Histoire oppose obstinément à leurs saintes annonciations n'ont pas suffi à réfuter l'héroïque ténacité.


Dans ce cas, le machiavélisme léonin de M. Barack Obama se trouverait théorisé sur le modèle jésuitique. On sait que l'ordre des politologues du ciel a mis à la rude école de l'expérience multiséculaire de l'histoire et de la politique l'exception sacrée que le casuiste divin a inaugurée au profit du "peuple élu". Depuis lors, l'histoire sainte est tissée d'exceptions jésuitiques. Il en résulte qu'à l'exemple de la chute de l'empire romain ou de la crucifixion de Jésus-Christ, la shoah se trouve élevée au rang des rétroviseurs géants de la morale universelle et que ses feux éternels pilotent l'éthique du monde, mais à la condition que le créateur veille jour et nuit à en attiser les braises.


Or, il se trouve que le monde entier tente de réduire la brillance de ces illuminateurs extrêmes de la justice. Le meilleur moyen que l'humanité pécheresse ait trouvé pour endormir quelque peu ces phares de la cendre et du sang des nations est d'en perpétuer saintement la mémoire, mais sur le modèle accablant imaginé avec un plein succès par une Eglise retorse, qui a limé les crocs du mythe du trépas et de la résurrection à l'école même des prières. Si vous voulez user le sacré jusqu'à la corde, dit-elle, sachez qu'il vous suffira de le lénifier à la meule des litanies et des bénédictions. De même, une nation qui s'accoutumera par une longue et pieuse habitude à ronger et à grignoter jour après jour l'espace réputé virginal qui s'étend benoîtement devant elle consumera l'exception de sa martyrologie originelle, tellement l'ennui que sécrètent les prie-Dieu est le cancer de l'absolu.


7 - La nouvelle colère d'Achille


L'heure a donc sonné de demander à nos myopes de la politique de se visser à l'œil le télescope géant qu'on appelle le destin et de raconter plus en détail à notre globe oculaire effrayé le second événement titanesque de l'été.


La civilisation mondiale nourrit désormais la nostalgie de déclencher une guerre de Troie à l'échelle de la planète. On cherche un Homère de l'atome. Comme il sera impossible d'user de l'insecticide qui anéantirait les Palestiniens sur le modèle de l'extermination définitive des Peaux-Rouges d'Amérique , et comme l'éradication systématique d'un peuple tout entier s'offrirait de surcroît vingt-quatre heures sur vingt-quatre en spectacle sur les étroites lucarnes de la mort cinématographique, et comme l'opinion internationale se dressera en outre contre les gouvernants des démocraties raticides afin de leur imposer un embryon d' éthique, et comme, pis que tout cela, les masses arabes ne demeureront pas inertes bien longtemps face à la métamorphose en vermine de leurs frères proches et lointains, et comme, pour comble, les communautés juives implantées sur le territoire de toutes les nations de la terre seront sommées de choisir entre la défense des guerriers d'Israël et celle des arpents de leur patrie d'adoption (voir l'article de Maurice Szafran dans Marianne du 7 août 2009 et la Lettre de Jean Daniel à Maurice Szafran dans le mêmme hebdomadaire daté du 15 août) et comme ces apocalypses miniaturisées, mais en chaîne finiront par réveiller l'encéphale endormi de l'humanisme mondial et par susciter une anthropologie révolutionnaire (voir Certus odor dictaturae, à venir), il nous faut passer sans plus tarder à la lecture du premier livre de cette Iliade.


Mais avant d'aborder aux rivages de la Troie nouvelle, il est nécessaire à l'intelligence de cette histoire de raconter au lecteur les péripéties précédentes du destin du peuple juif, parce que les nations ne découvrent qu'au dernier instant les murailles de la cité de Priam qu'il leur faudra escalader. Quelle est la fureur d'Achille des temps modernes, celle qui précipitera dans l'Hadès "tant d'âmes héroïques", comme dit le poète ?


8 - L'expédition de Suez de 1957


En 1948, les intérêts mondiaux des deux grands empires coloniaux que la France et l'Angleterre étaient demeurés convergeaient encore avec les ambitions territoriales d'Israël.


Aussi cette nation au berceau s'était-elle étroitement associée à l'expédition terrestre et navale de Londres et de Paris contre l' Egypte du Colonel Nasser, qui avait brutalement nationalisé le canal de Suez, mais avec la discrète bénédiction de Washington. Car les Etats-Unis de l'époque étaient tout occupés à la mission triomphale que le nouvel empire s'était donné, celle de se présenter en libérateurs et en régénérateurs de la planète. En ces temps reculés, la puissante impulsion messianique dont leur victoire de 1945 les faisait bénéficier ne s'était pas encore usée sur la meule de l'histoire. Aussi s'agissait-il de dépouiller le plus précipitamment possible leurs alliés de taille moyenne de toutes leurs colonies aux socles ébranlés et de déclarer moyennageuses les formes anciennes de la domination mondiale que les grands empires exercent depuis cinq millénaires. En 1949, l'ex-Europe impériale était en outre entrée dans un corset serré, celui de l'Alliance atlantique: il s'agissait de lutter à armes égales, disait-on, contre l'expansion immaculée et qui paraissait irrésistible d'une sotériologie nouvelle, la soviétique. La difficulté, pour l'empire américain, était de tenir l'Europe d'une main de fer et de paraître, dans le même temps, la protéger de l'utopie sanglante de Karl Marx, tout en la dépossédant le plus évangéliquement possible de toutes ses colonies.


Comment la vocation messianique dont la démocratie planétaire du salut portait désormais l'oriflamme allait-elle continuer de jouer au profit exclusif de l' Amérique s'il fallait aller jusqu'à tirer l'épée contre la France et l'Angleterre sur les rives du Nil? Le Général Eisenhower, Président du Nouveau Monde de 1953 à 1961, avait réussi l'exploit diplomatique de juguler d'une main ses vassaux au sein de l'OTAN et de l'autre de menacer Londres et Paris de pulvérisation atomique - ce qui exigeait l'accord de Moscou et même l'appel secret à son aide.


Aussi une France et une Angleterre stupéfaites et terrorisées avaient-elles capitulé en rase campagne; car, en ces temps reculés, les élites politiques du monde entier accordaient encore une crédibilité militaire à l'apocalypse mécanisée.


9 - La démence de Jahvé


Aussitôt, Israël a changé aussi radicalement que promptement de stratégie afin d'assurer la continuité de son expansion territoriale sur le nouvel échiquier du monde. Mais pour cela, il fallait oser se lancer dans un pari absurde en apparence et qu'il semblait impossible de faire seulement imaginer à des esprits raisonnables, celui de mobiliser tout subitement les Etats-Unis eux-mêmes contre leurs propres intérêts à l'échelle de la planète, et d'abord dans l'Islam tout entier. Comment convertir cet empire à combattre désormais pour le plein succès d'une recolonisation accélérée et illimitée des terres du prophète dans tout le Moyen Orient, et cela au profit, du seul "peuple élu"? Comment rêver qu'un empire puissant et averti allait tout soudainement et avec une bonne volonté empressée se livrer à un aussi titanesque renversement d'alliances à son propre détriment? Comment espérer que l'Amérique allait se précipiter dans un vide suicidaire au seul bénéfice d'une épopée des Pizarre de Jahvé qui rendrait celle du vieil Homère microscopique dans les éprouvettes du destin?


L'audace d'amputer Washington de sa vocation déjà ancienne d'évangélisatrice démocratique du monde, donc de son rôle de Jérusalem nouvelle de la Liberté, l'audace de s'opposer les armes à la main aux intérêts de cette même Egypte de Nasser qu'on venait de libérer de la colonisation anglaise et française, l'audace de reprendre à son compte le combat du vieux colonialisme franco-anglais au seul profit de Tel-Aviv, l'audace d'obtenir du Nouveau Monde qu'il renonce à récolter l'immense moisson qu'il avait semée au cœur de l'Islam depuis la victoire du Général Montgomery sur Rommel en 1942, l'audace de permettre à l'Europe humiliée en 1957 de retourner le monde arabe tout entier contre ses nouveaux colonisateurs, Washington et Tel-Aviv, l'audace, enfin, de mobiliser l'Islam non plus contre ses anciens maîtres, mais au profit du nouveau, n'était-ce pas une grâce de Jahvé dont aucun de ses prophètes n'avait osé imaginer la démence?


10 - Un assassinat télécommandé


Et pourtant, John Fitzgerald Kennedy avait paru réussir un instant à protéger l'Amérique d'une catastrophe politique inimaginable, parce que l'Amérique était demeurée une libératrice mythique aux yeux d'une Europe pourtant désormais vassalisée au nom même des idéaux de la Démocratie. Mais pour combien de temps Israël parviendrait-il à cacher aux yeux de son protecteur d'outre-Atlantique qu'il le dépossédait froidement de la moitié de son empire? Washington allait-il perdre le monde arabe tout entier pour les beaux yeux du peuple hébreu?


Mais à la suite de l'assassinat de ce Président, le 22 novembre 1963, les Etats-Unis avaient commencé de subir à leur tour de cruels revers coloniaux en Indochine, parce que leur combat contre un évangélisme marxiste condamné par définition à tourner au sanglant les entraînait irrésistiblement à se revêtir, eux aussi, de la cotte de mailles angélique d'un colonialisme qualifié de démocratique et dans lequel l'Europe d'autrefois avait excellé. Puis le Président Lindon Johnson avait achevé cahin caha, mais déjà aux premières lueurs des désastres futurs, le mandat interrompu par un tueur au lendemain de la décision de J. F Kennedy du 4 juin 1963 de signer l'Executive Order n° 11110, par lequel le gouvernement américain retrouvait audacieusement le pouvoir inscrit dans la Constitution des Etats-Unis de frapper monnaie, mais imprudence politique à laquelle Lindon Johnson avait mis fin quelques heures seulement après l'assassinat du Président et dans l'avion même qui le ramenait précipitamment à Washington. Puis, son successeur, Richard Nixon, prenait une revanche tardive sur son échec de 1960 devant notre tête brûlée de défenseur de la souveraineté de la nation face aux pouvoirs accordés à la FED en 1913 et trouvait le temps de passer à l'Europe et au monde la camisole de force du dollar.


Voir: Aline de Diéguez : Aux sources de l'escroquerie de la Réserve Fédérale - Le machiavélisme des hécatonchires de la finance internationale

Peu de temps après cet ultime exploit, il fut destitué et fit place à une ombre de Président, Gérald Ford.


11 - Bush senior et la vassalisation institutionnalisée de l'Europe


Mais l'heure des premiers craquements de l'empire avait sonné : le Président Jimmy Carter se révéla un doux évangéliste de la politique internationale et, à ce titre, il a mérité de recevoir le prix Nobel de la paix en 2002. En 2006 ce malheureux récidivait : dans un ouvrage qui fut rapidement étouffé par la presse internationale (Palestine : Peace not Apartheid) il dénonça la cruauté de l'occupation israélienne en Cisjordanie et la déclara plus inhumaine que celle de l'apartheid d'autrefois en Afrique du Sud. Mais, en 1979, il avait commencé de perdre pied en Iran, parce que les pays pseudo décolonisés à la va-vite au profit de la domination économique des Etats-Unis entreprise au lendemain même de la guerre de 1939-1945, ces pays, dis-je, découvraient avec un grand retard qu'ils se trouvaient seulement colonisés sur un modèle plus profitable à leur nouveau maître qu'à l'Europe d'autrefois.


Puis, en 1973, la défaite humiliante des armes américaines en Indochine avait paru accabler l'empire pour longtemps. De plus, la domination de Washington se trouvait peu à peu démasquée à la lumière du rôle jésuitique qu'Israël lui faisait maintenant jouer sur la scène internationale tout entière. Mais l'élection d'un acteur de Hollywood âgé de soixante-douze ans, Donald Reagan, avait introduit la mimique cinématographique bienveillante dans la politique évangélisatrice mondiale et remis théâtralement l'empire du salut et de la rédemption démocratique sur les rails de son ancienne puissance. Et pourtant, rien n'étouffait plus les grondements sourds qui montaient des profondeurs de l'Islam : le rêve américain y était frappé d'un tel vieillissement que le moment semblait venu de mettre un terme aux ambitions nationales démesurées d'Israël et de tenter de retrouver, dans un monde arabe en expansion démographique continue, l'influence que le "peuple élu" avait réussi à lui faire perdre en quatre décennies.


Mais, entre temps le désastre diplomatique qui frappait l'Amérique n'était-il pas devenu irréparable du seul fait que le peuple hébreu avait réussi à mettre en place le plus gigantesque réseau d'influence de tous les temps sur le territoire de son principal "allié"? Jamais on n'avait vu une nation grande et puissante s'aveugler elle-même au point d'engager toutes ses forces sur la scène internationale à seule fin d'y ruiner ses propres intérêts sur le long terme. Aussi, le brillant successeur de Ronald Reagan, Georges Bush Senior, avait-il tenté de mettre vigoureusement un terme à une expansion territoriale sans limites d'Israël sur les terres de Muhammad au Moyen Orient qui enlevait aux Etats-Unis toute chance de conserver leur suprématie diplomatique sur la planète.


Mais ce Président avait beau y avoir mis toutes ses forces, il n'avait pu que découvrir avec une stupeur non feinte qu'un microscopique Etat étranger avait réussi à corrompre le Congrès américain jusqu'à l'os: les deux assemblées des élus d'une nation réputée souveraine avaient aussitôt mis un terme brutal à l'ambition effrontée de l'occupant de la Maison Blanche de mettre un terme raisonnable à la colonisation juive de tout le Moyen Orient. Et pourtant ce Président avait réussi l'exploit inouï de maintenir l'Europe dans les fers de l'OTAN, alors que la chute du mur de Berlin enlevait au Nouveau Monde toute légitimité politique et militaire de persévérer à placer le Vieux Monde sous la protection de ses armes.


Comment ce miracle diplomatique avait-il été rendu possible? L'argumentation secrète d'Israël auprès de son protecteur avait été fort simple: "Si vous voulez garder l'Europe sous le joug inutile de l'OTAN même en période de paix, vous avez grand intérêt à nous soutenir de toutes vos forces au Moyen Orient, sinon, nous avons les moyens d'appeler l'Europe vassalisée à tirer les conséquences logiques de l'effondrement du régime soviétique et à retrouver sa souveraineté."


12- Naissance de l'anthropologie critique


Mais qu'allait-il advenir tôt ou tard si, dans ce titanesque affrontement entre le patriotisme hébreu et le patriotisme américain, une nation de trois cent millions d'âmes devenait à jamais l'otage politique du peuple juif? Et d'abord, la Maison Blanche était-elle seulement consciente de cette situation ? Rien n'est moins sûr: dans les démocraties, seule une infime fraction de la classe politique se trouve informée des arcanes de la politique internationale. Qui s'étonnait de ce qu'Israël régnât en maître sur les élections présidentielles américaines, qui trouvait à redire qu'aucun Président ne pût l'emporter sans l'aval du réseau d'influence d'une minuscule nation étrangère dans le pays? Le successeur de M. George Bush Senior, un démocrate du nom de William Clinton, allait vérifier à la face de la terre entière que la phalange de la classe politique informée des secrets des relations entre les Etats est trop minoritaire dans les démocraties pour mobiliser une nation pour la défense de ses véritables intérêts sur la scène internationale et qu'en conséquence elle pourra se trouver à la merci des services secrets d'un pays minuscule, mais énergique et ambitieux de s'étendre.


Pendant huit ans, William Clinton a fidèlement servi les intérêts du peuple hébreu. Et pourtant, le spectacle mondial de l'auto-vassalisation du Département d'Etat lui-même était devenu tellement saisissant que l'explosion d'une fureur larvée avait mûri dans les profondeurs de l'Islam, et cela au point que huit mois seulement après l'entrée en fonction, en 2001, du fils même du premier Président des Etats-Unis qui eut été rejeté par la volonté d'Israël aux yeux des cinq continents, un attentat aussi titanesque que riche en bizarreries mystérieuses dans son exécution avait provoqué l'effondrement du centre mondial du commerce à New-York et entraîné plus de deux mille personnes dans la mort.


G.W. Bush junior allait-il tenter de venger son père ou bien Israël réussirait-il, au contraire, à consolider plus définitivement que jamais son emprise sur le Nouveau Monde, et cela par une démonstration nouvelle et extraordinaire de sa supériorité cérébrale sur tous les autres peuples de la terre? Quel était le cubage crânien moyen de l'humanité blanche pour qu'il fût possible de lui faire croire au débarquement d'un nouveau Lucifer sur la terre, qu'on appellerait le Terrorisme mondial et qu'on combattrait par un contrôle serré des voyageurs dans tous les aéroports du monde? Pour la première fois, une science planétaire de l'inconscient para-religieux de l'humanité et de l'aveuglement politique universel qui peut en résulter débarquait dans la pesée anthropologique des plus grands Etats eux-mêmes. Il n'en a pas moins fallu huit longues années pour que le pays de Descartes introduisît un décryptage rudimentaire du sacré dans la science diplomatique française.


Que faut-il penser de la méthodologie de cette discipline nouvelle que M. Kouchner a annoncée dans le Monde au début du mois d'août et qui ne visait qu'à informer les diplomates du Quai d'Orsay de la distinction qu'il convenait d'établir, par exemple, entre les sunnites et les chiites, alors que la question des limites de la lucidité anthropologique des dirigeants du monde moderne ressortissait désormais à une pesée entièrement nouvelle de leur boîte osseuse? Comment se faisait-il, par exemple, qu'à la fin de son second mandat, G. W. Bush, qui passait pour un simple d'esprit, avait commencé de manifester quelques velléités de reprendre le combat de son père contre l'expansion sans limites d'Israël en Judée et en Samarie ? Qui lui avait-il conseillé d'aller jusqu'à courir le risque de rassembler toutes les nations du monde à Annapolis pour tenter de ramener Israël à la raison? Il y fallait une pesée entièrement nouvelle de l'encéphale simiohumain.


13 - Le danger d'une revanche de l'Europe


C'est que la classe politique de haut rang s'éveillait lentement aux Etats-Unis ; et elle commençait, sinon de comprendre, du moins de se douter que Tel-Aviv conduisait tout droit l'empire du dollar à la ruine. Car, à ce compte, la moitié islamique de la planète était sur le point de basculer derechef du côté d'une Europe aux yeux de plus en plus dessillés, elle aussi, et qui piétinait d'impatience de prendre un jour prochain sa revanche sur le désastre qu'elle avait subi à Suez un demi-siècle plus tôt. C'est à la faveur de cette fermentation secrète du cerveau occidental qu'en novembre 2008, un sang-mêlé de musulman noir et de chrétien blanc avait réussi à se faire élire à la Maison Blanche. Mais, pour cela, il lui avait fallu ruser avec le réseau d'influence juive le plus puissant de la planète: tout au long de sa campagne, il n'avait pas cessé de fournir à Israël les gages les plus trompeurs de son engagement prétendument inconditionnel à ses côtés, et cela jusqu'à proclamer, à la stupéfaction du monde entier et de l'ONU, que Jérusalem deviendrait la capitale du seul peuple hébreu et que celui-ci serait proclamé juif à titre psychogénétique, puisque le critère religieux avait cessé de cerner l'identité juive et de définir cette nation en tant que telle.


La question de fond allait-elle refaire surface, celle de savoir si la pseudo décolonisation de la planète conduite sous la houlette et la férule des Etats-Unis et d'eux seuls à partir de 1945 et au détriment d'une France et d'une Angleterre vieillies sous le harnais, si la question de fond, dis-je, allait se trouver écartée à son tour au profit, cette fois-ci, de la résurrection de l'Israël biblique sur la scène internationale - c'est-à-dire d'un Etat qui comprendrait le Sinaï, la Cisjordanie, la Jordanie, le Liban, la majeure partie de la Syrie moderne, de l'Irak et de la Turquie?


A peine élu, M. Barack Obama abattait ses cartes; mais sa trahison spectaculaire, dès le 4 juin 2009 au Caire, des intérêts d' Israël au profit des retrouvailles de la Maison Blanche avec sa vocation naturelle de défendre au premier chef les intérêts de la nation américaine sur la scène du monde, cette trahison n'allait-elle pas rencontrer des obstacles inconnus ? Etait-il trop tard pour renverser le cours de l'histoire? Déjà les murailles de la cité de Priam s'éclairaient des désastres nouveaux dont la Démocratie mondiale allait se trouver fatalement frappée.


Car la Russie était en plein essor, le dollar était devenu l'otage de Pékin, l'Amérique du Sud s'éveillait, les peuples arabes sortaient de leur long assoupissement et commençaient de rugir à l'ombre d'un Coran en voie de rajeunissement tandis que la bombe d'Hiroshima était devenue tellement fantasmagorique qu'elle avait perdu toute crédibilité militaire non seulement aux yeux des stratèges avertis du monde entier, mais surtout des nouveaux anthropologues, dont la pesée révolutionnaire du cerveau du singe vocalisé faisait des pas de géant. Certes, l'apocalypse imaginaire avait crû comme un champignon dans les cerveaux; et cette truffe cérébrale avait passé dans les mains d'Israël, de l'Inde, de la Chine et du Pakistan, mais aussi vainement que les colifichets théologiques d'autrefois. Aussi Israël en était-il réduit à gronder sur ses arpents et à se ruer en aveugle sur le Liban ou sur Gaza. Mais comment feindre longtemps encore de se trouver menacé par la foudre du voisin si l'apocalypse mécanisée se révélait aussi mythologique le Déluge?


14 - La bombe atomique et le mythe du Déluge


En vérité, la méthode historique classique abordait pour la première fois un virage proprement cérébral et décisif au cœur de la géopolitique: on allait savoir si les demi-évadés du règne animal sont suicidaires de naissance ou s'ils s'exercent seulement à se faire peur à l'école de leur créateur, un génocidaire aussi maladroit qu'eux-mêmes et qu'ils s'étaient fabriqué sur le modèle de leur propre démence. Dans ce cas, sitôt qu'ils se verront en possession de la même arme de l'auto-extermination ratée dont leur Créateur s'était affublé dans leur pauvre tête, ils réussiraient, eux aussi, à achever leur aventure sur la terre par une noyade générale à laquelle ils avaient pourtant eu l'habileté d'échapper trois mille ans auparavant: n' avaient-ils pas réussi in extremis à se faire construire une arche gigantesque dans laquelle un armateur solitaire, un certain Noé, avait fait monter à ses côtés un spécimen de toutes les espèces animales?


La question posée par ce constructeur inspiré était facile à résoudre à l'école du plus simple bon sens ; mais le bon sens que Descartes avait prématurément qualifié de "vertu la mieux partagée" quatre siècles auparavant n'avait pas progressé d'une coudée: la bombe rendue inutilisable entre temps en raison de son grossissement extrême conférait encore aux Etats un prestige aussi grand que celui de l'excommunication majeure dont disposait l'idole et qu'elle avait mise entre les mains des papes enténébrés du Moyen Age.


Aussi Israël n'avait-il plus besoin de consacrer toutes ses forces et son génie à seulement corrompre la classe dirigeante des Etats-Unis et du monde entier: il lui suffisait maintenant de monter sur ses grands chevaux et de s'égosiller jour et nuit qu'il ferait sauter la planète et lui-même si l'on s'entêtait à lui chercher des poux dans la tête. Du coup, notre astéroïde courait paradoxalement un danger entièrement inconnu des générations précédentes. Car il s'agissait non seulement de légitimer le retour du "peuple élu" sur la terre de ses aïeux après un exil de près de deux millénaires, mais de surcroît et dans la foulée, de légaliser la volonté féroce et illimitée d'Israël de retrouver ses frontières des temps bibliques sans jamais monter, et pour cause, sur les ergots des droits de l'homme et des principes universels de la Démocratie, mais au seul nom de la Shoah.


C'est ainsi qu'une géopolitique demeurée embryonnaire rencontrait les difficultés anthropologiques insurmontables que j'ai évoquées plus haut; car si la démocratie mondiale perdait rien de moins que son fondement éthique et intellectuel sur les cinq continents, on comprenait mieux que le créateur obtus de notre pauvre espèce eût légitimé son maladroit génocide au seul nom de la pomme du péché originel qu'il avait fait consommer à sa créature. Mais pourquoi le genre simiohumain rêve-t-il si fort de se livrer à son propre génocide qu'il en confie l'exécution à un créateur sanglant du cosmos ? Toute nation serait-elle un fauve en liberté et qui ne fermerait sa mâchoire que si on l'a bien enchaîné? Dans ce cas, comment contraindre Israël de se tenir tranquille dans le jardinet qui lui avait été gentiment aménagé en 1947, alors que les dents de ce lionceau avaient inévitablement poussé depuis soixante ans?


Fallait-il donc que l'Europe de l'intelligence s'humiliât au point de se démontrer à elle-même la pauvreté cérébrale de sa prétendue science du genre humain, donc une ignorance de soi-même demeurée effarante? Mais si les secrets anthropologiques de la politologie des démocraties demeuraient impénétrables depuis Périclès, fallait-il accepter la prolifération aveugle de l'arme de la sottise? Dans ce cas, comment les sunnites ne se sentiraient-ils pas tout déconfits de ce que l'arme de leur génocidaire biblique pût se trouver maintenant entre les mains des chiites et d'eux seuls, alors que la querelle sur les titres des cosmologies infernales des uns et des autres était demeurée plus ardente, mais également plus dépitée au sein de l'islam du XXIè siècle qu'au sein de la théologie pourtant bien plus sauvage qui avait divisé les chrétiens non point seulement entre les rôtissoires des catholiques et les crématoires souterrains des protestants au XVIe siècle, mais entre, d'un côté, les défenseurs de la présence effective de la viande, des os et des viscères du fils de leur divinité sur leurs offertoires où son cadavre pourrissant répandait ses célestes senteurs, et de l'autre les défenseurs de sa présence seulement figurée, mais non moins éloquente sur l'étal du boucher suprême dont ils se disputaient les prébendes et les parfums?


15 - L'avenir politique et cérébral d'Israël


Je m'excuse de ce que le regard de l'anthropologie historique sur les sacrifices simiohumains nous montre que la flotte de Ménélas cingle toutes voiles dehors vers la cité de Priam. Mais il faut s'y résigner : le paysage change non seulement d'apparence, mais de nature. De plus en plus, la nouvelle Iliade est celle du véritable contenu de la boîte osseuse dont l'humanité s'est progressivement dotée. Une conflagration stellaire guette les fuyards assoupis du monde animal : s'ils mettent brutalement fin à l'aventure d'Israël, cet aveu de la titanesque ignorance qui frappe leur politologie internationale ridiculise la forfanterie scientifique de toute l'humanité du XXIè siècle. Dans ce cas, qu'adviendrait-il des générations de juifs qui retourneront piteusement à leur exil éternel après une brève et vaine équipée sur leurs terres tragiquement retrouvées, mais seulement le temps d'un demi siècle des rodomontades de Jahvé? Leur fureur n'en deviendrait-elle pas inextinguible? Ne se vengeraient-ils pas de génération en génération sur les peuples de leurs pays d'adoption? Ne valait-il pas mieux les laisser s'user les dents sur quelques kilomètres carrés que de les rendre étrangers à l'humanité après une ultime et cruelle interruption de leur exode? Mais comment la civilisation mondiale en viendrait-elle, en contrepartie, à légitimer l'autre exode, celui de millions de croyants chassés de leurs terres et de leurs maisons en 1947par une assemblée de cerveaux gros comme des noisettes?


16 - Les matamores du trépas


Dirons-nous, que M. Barack Obama voit plus loin que tout le monde à prendre le problème par le petit bout de la lorgnette d'un côté et à brandir tout de suite la foudre d'un Conseil de sécurité jupitérien, de l'autre? Nenni : de toutes façons, il sera aussi vain de tirer avec patience le fil de la pelote que d'escalader d'un bond l'Olympe d'une justice désacralisée; car l'aporie qui frappera la politique mondiale se révélera insoluble à la double école des cieux et du tic tac des horloges. Certes, si l'on parvenait à focaliser l'attention de la planète entière sur l'expansion territoriale tenace d'Israël depuis six décennies, on imposerait un bref coup d'arrêt à la gesticulation internationale qui permet à cet Etat de se feindre menacé par son voisin sous prétexte qu'il va s'armer, lui aussi, du feu mythologique des modernes. Mais tout le monde a compris que deux singes tout tremblants et dont chacun cachera en claquant des dents une apocalypse tartuffique sous sa toison se trouveront empêchés par leur instinct naturel de conservation de jamais s'auto-exterminer sottement et d'un seul cœur. La forfanterie de Dieu lui-même n'a eu qu'un temps, puisque le pauvre a piteusement échoué à se débarrasser une fois pour toutes d'une créature dont les forfanteries commençaient de lui courir sur les nerfs.


Mais les épouvantes les plus irraisonnées sont aussi les plus enracinées dans le capital psychogénétique des semi évadés de la zoologie: depuis plus de deux mille ans, notre démiurge a beau nous faire cuire à petit feu ou à grand feu dans ses rôtissoires infernales, nous ne sommes pas près de nous trouver cuits à point. C'est dire qu' Israël nous menacera encore quelque temps de faire sauter la planète et lui-même s'il se trouvait acculé à se donner des frontières définitives. Aussi le cadenassage sacrilège de la "nation de Dieu" sur un territoire pour l'instant ridiculement délimité à ses yeux sera-t-il retardé tant que la croyance en la pulvérisation des cinq continents par le feu nucléaire iranien n'aura pas été dissoute par un accroissement imperceptible de notre cubage cérébral.


17 - Vers une Iliade de la folie


L'affrontement entre Israël et un monde qui mettra longtemps à retrouver ses esprits a donc commencé par la mise à l'épreuve des épouvantails imaginaires du sacré qui, depuis des millénaires, peuplent la boîte osseuse d'un singe oscillant entre ses chromosomes tour à tour apeurés et guerriers. Déjà la lutte interne contre le Zeus de papier de la Maison Blanche s'organise. Le groupe de pression militaro-industriel y poursuit les mêmes ambitions vocalisées que le peuple hébreu.


Déjà, M. Barack Obama déclare, à l'école de son prédécesseur, qu'il s'agit d'empêcher un second Ben Laden de jaillir des entrailles de l'Afghanistan et de venir tuer des Américains à New-York; déjà l'armée du Nouveau Monde veille, l'arme au poing, à interdire à ce diable de sortir de sa boîte et de voler à tire-d'ailes vers sa proie; déjà Israël a réussi à serrer le bandeau de la cécité et de la sottise autour de la tête du monde entier; déjà le même refus de toute auto-analyse de la planète des singes vocalisés que le 11 septembre 2001 ou au moment du déclenchement de la guerre en Irak vient confirmer que seule une connaissance plus profonde de notre espèce peut faire entrer la géopolitique dans une ère nouvelle.


Car M. Barack Obama aura beau s'appliquer à pacifier ses relations avec la Russie, tenter de s'étendre en Afrique où Pékin et Moscou ont pris pied, s'efforcer de reconquérir l'Amérique du Sud, réussir à marginaliser Paris et Berlin et même s'entendre avec la Corée du Nord, l'expansion de l'empire américain demeurera aussi irrépressible qu'aveugle, donc vouée à un naufrage certain, parce qu'elle demeurera privée de pesée du cerveau de notre espèce.





III - Le prix de la vie


18 - L'auto-extermination médicalisée


Le troisième évènement de l'été est le débarquement d'un projet de massacre massif des pauvres et des vieillards dans les hôpitaux publics. J'ai déjà dit que ce projet avortera provisoirement, mais qu'il est symptomatique qu'il ait été mis au point et proposé sans broncher par le guide moral d'une civilisation mondiale fondée sur l'éthique des démocraties : ce seul fait est un évènement plus réel et plus criant que si la bombe de l'Iran avait été lancée par un verdict implacable du capital psychogénétique d'une espèce suicidaire.


Certes, M. Barack Obama essaie de faire diversion sur la scène internationale: il est devenu classique, depuis Périclès, de s'armer du levier politique d'un soutien massif aux pauvres et aux malheureux. Mais c'est oublier que le capitalisme a perdu l'embryon de l'éthique dont il s'armait encore au XIXè siècle et que la ruine de l'utopie marxiste le livre inexorablement à une jungle indéfendable à la longue : le "leadership moral" des Etats-Unis ne survivra ni à la guerre d'Irak, ni à l'asphyxie d'un monde désormais condamné soit à se redonner une religion, ce que le progrès des sciences humaines a rendu impossible depuis Freud, soit à retourner peu à peu à l'état sauvage.


C'est pourquoi l' ambition pseudo socialisante de M. Barack Obama illustre le programme de Thomas More qui, dans son Ile d'Utopie de 1518 avait imaginé de recourir à la sainte euthanasie des personnes devenues coûteuses dans les hôpitaux publics de l'époque. Mais il s'imagine, à l'instar du pieux ami d'Erasme, que les bons citoyens accepteront aussi dévotement que patriotiquement de périr faute de soins. En cas de récalcitrance hérétique de leur part à se précipiter tête baissée et d'un cœur léger dans l'Hadès, on les jetterait sans remords à la fosse commune et cela sans même qu'elles eussent reçu l'extrême onction, bien que ce hochet de l'éternité fût fort prisé à l'époque.


Il est d'autant plus éloquent que Thomas More ait été canonisé par l'Eglise romaine pour cause d'insoumission de ce citoyens au roi d'Angleterre, lequel, de son côté, désobéissait au Saint Siège sur les règles du mariage. Certes, la question ne portait pas sur une broutille: il s'agissait de savoir si l'on pouvait recevoir la sainte bénédiction de l'Eglise des mains mêmes du Saint Père pour avoir assassiné sa femme aux fins d'épouser sa maîtresse. Mais il n'est pas moins éloquent que L'île d'Utopie n'ait pas été mis à l'index. Pourquoi criminaliser l'avortement, mais non l'euthanasie en masse des personnes âgées et malades ? Pourquoi le Saint Siège ne frappe-t-il pas M. Barack Obama des foudres de l'excommunication majeure pour crime contre l'humanité?


Réponse: la théologie romaine de la guerre sacralise le devoir des médecins de sacrifier la vie de la mère au profit de celle de l'enfant dans les accouchements où ce cruel dilemme s'impose aux accoucheurs. C'est qu'aux yeux du Saint Siège d'aujourd'hui qui se veut l'héritier politico-religieux de l'empire des Césars, un mâle a des chances de devenir un guerrier valeureux. Son efficacité à venir pour la sauvegarde de sa patrie rejoint l'apologie juridique américaine de la valeur des patriotes aux yeux de l'évangélisme politique américain.


La logique de Thomas More est à nos portes : M. Obama veut protéger quarante sept millions d'Américains de mourir sans soins. Mais alors, comment ne pas s'interroger sur le coût de la vie humaine ? Décidément, le "connais-toi" socratique a encore un avenir sous le soleil : il va redevenir dangereux de penser.


Car on aurait grand tort de croire à la nouveauté de l'initiative de M. Obama : il s'inspire directement du National Institut fort Health and Clinical Excellence mis en place par le gouvernement Blair en 1999, qui interdit les traitements onéreux aux personnes dont l'espérance de vie ne semble pas sérieuse. Cette législation vieille d'une décennie répondait déjà aux vues du Comité d'experts nommé par la Maison Blanche et qui échappait au contrôle du Congrès. Son programme sera de "faire plier la courbe des dépenses" sur le modèle rédigé par Hitler, qui avait fait dépister la tuberculose dans toute la population et qui ne pouvait dépenser de surcroît des millions de marks en pure perte. Il avait donc demandé à son Ministre de la santé de faire des économies dans les hôpitaux. Mais comment détruire des "vies sans valeur": "Le Reichsleiter Bouhler et le docteur en médecine Brandt sont chargés d'étendre les attributions et les responsabilités de quelques médecins expressément désignés à cette fin. Ceux-ci pourront accorder une mort miséricordieuse aux malades qui auront été jugés incurables selon le plus sûr jugement médical et humain concernant leur état de santé."


La Commission d'euthanasie américaine qui déciderait à son tour et non moins secrètement - donc sans contrôle du Congrès - de la condamnation à mort des vieillards pauvres et coûteux rédigera les règles élémentaires qui présideront au choix rationnel de la marchandise de l'Hadès aux yeux du patriotisme des fils de Calvin. On n'immolera pas des citoyens dont les services rendus autrefois à leur pays se révèleront d'un grand profit posthume. Je propose d'ores et déjà d'épargner les poètes, les peintres, les musiciens, les sculpteurs, les écrivains, les mathématiciens, même faméliques, parce que leur exécution ne ferait que perpétuer leur trace - la postérité a une mémoire d'éléphant. Quant aux philosophes, ceux qui auront demandé aux Athéniens le privilège de boire la ciguë de la sottise publique de leur temps, on leur épargnera la corvée inutile de demander à leurs concitoyens de passer leurs derniers jours au Prytanée, comme cet effronté de Socrate, qu'on appelait la Torpille parce qu'il ruinait la démocratie de l'époque à prétendre que le vrai savoir, même solitaire, serait plus légitime que l'ignorance de tout le monde et qui avait fait valoir qu'il méritait bien de finir ses jours aux frais de l'Etat pour lui avoir révélé une vérité si utile. Mais il est également éloquent que le programme radical de M. Barack Obama survienne en pleine période de crise financière, c'est-à-dire à une époque où les malades sacrifiés sur l'autel du trésor public se rendent pourtant rentables à leur manière: ne font-ils pas travailler des armées de médecins et d'infirmières?


Quels seront les nouveaux sacrifices au Moloch? Trois boomerangs nous attendent : primo, celui d'une inflation effrénée, parce que consécutive à la création d'une monnaie de plus en plus fictive, secundo, celui d'une rébellion internationale contre l'hégémonie du dollar - la Chine tentera d'en prendre la tête - tertio, celui de l'épuisement du trésor de guerre indispensable à l'entretien centauresque de plus de mille garnisons rendues inutiles sur les cinq continents pour cause d'évaporation de l'ennemi - voyez comme l'empire pleure à chaudes larmes de ne voir aucune armée à sa mesure pointer son nez à l'horizon de ses songes.


Tel est le décor de la tragédie qui se prépare à l'échelle de la planète des rituels de la mort. La flotte de Ménélas a hissé les voiles. Que le peuple gagne les gradins, que les dignitaires s'installent sur l'estrade réservée à leur grandeur, que la représentation commence. Puisse Ulysse s'introduire dans le cheval de Troie de la connaissance.


J'oubliais un détail : pour la première fois depuis la chute de l'empire romain, l'Europe se trouvera assise et inerte au balcon de l'Histoire.


http://pagesperso-orange.fr/aline.dedieguez/tstmagic/1024/tstmagic/defis_europe/ete.htm http://pagesperso-orange.fr/aline.dedieguez/tstmagic/1024/tstmagic/defis_europe/ete.htm



Mercredi 26 Août 2009


Commentaires

1.Posté par VIRGILE le 25/08/2009 01:15 | Alerter
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Merci Manuel de Diéguez, toujours excellentissime

En clair, c'est comment installer ce délicieux plan EUGENISTE, sorti tout droit des "Lumière" et dont les Chevaliers servants vantent les méritent dans le monde entier, caressant les uns dans le sens du poil, exterminant les autres froidement, selon qu"ils ont une bonne armée ou pas, de préférence nucléaire...Mon Dieu que la tâche est lourde car il s'agit d'exterminer tous les goyim avec leurs moyens et leur propre consentement afin que Règne la gloire des zélus - sic le babylo-talmud !

Manuel, pourriez-vous nous faire également un papier sur l'extermination de 30 millions de Russes par ces joyeux juifs-bolcheviks, en prenant la genèse des Lumière (théories darwiniennes, de Gobineau, etc.) jusqu'à l'Agentura kabbalistique des juifs Marx, Lénine, Trosky via leur financeurs (Rostchild, Warburg, etc.), jusqu'aux ramifications actuelles (révolutions colorées, false flag israélo-saxons, etc.).

Je suis sûr que l'on va se régaler sur ces montagnes de cadavres à la gloire de la civilisation talmudo-maçonnique, portée depuis Platon, adepte éperdu de la sodomie, assidument pratiquée sur ses disciples (Eraste/éromène) !

Bonne continuation

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