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Réduction du nucléaire, entre hypocrisie et contradiction


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Si la France a depuis de nombreuses années fait le choix de l'énergie nucléaire afin de garantir une production électrique décarbonée et durable, se faisant l'instigateur d'un savoir-faire et d'une filière industrielle forte, cette énergie est aujourd'hui trop souvent clouée au pilori alors même qu'elle constitue une des sources d'énergie les moins polluantes. De nombreux scientifiques se prononcent désormais en faveur du nucléaire comme principale énergie alternative aux énergies fossiles et soulignent le rôle indispensable qu'elle devra jouer dans la lutte contre le changement climatique. Une piqûre de rappel pour le gouvernement français qui prévoit d'enclencher prochainement un processus de désengagement du nucléaire des plus irresponsables d'un point de vue économique.


Jacques C
Mercredi 7 Janvier 2015

Réduction du nucléaire, entre hypocrisie et contradiction

L 'industrie nucléaire produit en moyenne 410 milliards de kWh par an et assure plus de 87% de la production d'électricité sur le plan national. Une industrie rentable donc et créatrice d'emplois, qui semble pourtant remise en cause ces derniers mois pour des raisons écologiques via le projet de loi de transition énergétique et la réduction envisagée de 75% à 50% de la part du nucléaire dans le mix énergétique français d'ici 2025.

Cette loi "stigmatise une filière industrielle structurante pour le pays et qui garantit des volumes d’emplois considérables sur un grand nombre de bassins d’emploi", explique la CGT qui prédit dans le même temps la fermeture concrète de 15 à 19 réacteurs si ce projet est mené à son terme. Un cataclysme pour l'emploi au sein des unités de production bien sûr mais également dans les nombreuses entreprises sous-traitantes et les commerces locaux tous dépendants de l'activité des centres de production nucléaire.

Un sacrifice qu'il aurait été possible d'envisager si au moins il allait véritablement dans le sens du développement durable et d'une production énergétique plus responsable. Mais voilà que le vent tourne et que tous ces spécialistes qui décriaient il y a encore quelques années l'énergie nucléaire, commence à rebrousser chemin pour voir dans cette énergie la seule alternative à court terme capable d'assumer et d'accompagner la transition énergétique.

En effet, alors même que plusieurs écologistes allemands commençaient il y a peu à se prononcer pour le retour à l'énergie nucléaire au regard des conséquences déplorables d'une exploitation accrue du charbon dans leur pays depuis 2011, plusieurs dizaines de spécialistes et scientifiques se sont exprimés cette semaine pour la prise en compte du nucléaire dans le mix énergétique mondial futur.

Ce groupement de 65 scientifiques emmené par deux biologistes australiens, le professeur Barry Brook de l'Université de Tasmanie et le professeur Corey Bradshaw de l'Université d'Adelaïde, appelle les organisations anti-nucléaire à peser le pour et le contre et à privilégier l'urgence du changement climatique.

"Au même titre que les éminents climatologues qui ont récemment préconisé le développement de moyens de production nucléaire sûres pour lutter contre le changement climatique, nous supplions la communauté environnementale et les organisations écologistes de réévaluer les avantages et les inconvénients des différentes sources d'énergie disponibles à l'aide de preuves objectives et de compromis pragmatiques, plutôt que de se baser simplement et uniquement sur les perceptions idéalistes de ce qui est aujourd'hui considéré comme vert et écologique", précise Corey Bradshaw. En d'autres mots, l'énergie nucléaire offre un production d'électricité propre, stable et durable sans aucun impact sur le climat ni la biodiversité, une véritable aubaine compte tenue des objectifs de réduction d'émissions de CO2 fixés pour les années à venir.


Mercredi 7 Janvier 2015


Commentaires

1.Posté par Depositaire le 07/01/2015 11:05 | Alerter
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Là, je dois avouer être stupéfié de l'audace de l'article ! "Le nucléaire offre un production d'électricité propre, stable et durable sans aucun impact sur le climat ni la biodiversité". On croit rêver ou faire un cauchemar quand on lit cela.

Je suppose que Tchernobyl et Fukushima sont des exemples illustres du "sans impact sur le climat ni la biodiversité" ? Alors que l'on m'explique pourquoi autour des centrales nucléaires, le taux de cancers est au moins trois fois supérieur au taux général dans le pays ? Et que fait-on des centrales qui sont trop vieilles pour pouvoir continuer à fonctionner, sachant que leur cœur est radioactif ? Et que fait-on des déchets nucléaires des centrales ? On les enfouis ? Et quelle garantie avons-nous que dans quelques siècles, car ces déchets ont une durée de vie très longue qui va de plusieurs siècles, au minimum, à plusieurs millénaires, un mouvement tectonique de la Terre ne les fera pas ressortir près de la surface et que leur conditionnement ne tiendra plus ? Alors comment les riverains réagiront quand ils seront confrontés à d'intenses rayonnements radioactifs qui empêcheront toute vie humaine à proximité ? Doit-on encore préciser que ces déchets radioactifs sont aussi utilisés pour faire des armes à l'uranium "appauvri", qui outre les massacres auxquels ils seront utilisés pour être commis, causeront une pollution radioactive qui durera des siècles dans les pays bombardés par ces armes.

Alors je vais appeler un chat, un chat, en disant que l'auteur de l'article est un individu irresponsable ! Ses propos sont au mieux inconscients, au pire criminels !

Non, en aucun cas il faut maintenir et développer le nucléaire pour produire de l'électricité. D'autres solutions existent. Simplement il faudrait plus se tourner vers de petites structures que vers d'énormes structures difficiles à gérer.

2.Posté par Arthur Gohin le 07/01/2015 13:52 | Alerter
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@ Dépositaire
Entièrement d'accord avec vous. Il faut même être plus réaliste que cela. Ce n'est pas des millénaires que durent les déchets nucléaires, mais des milliers de millénaires, comme le plutonium par exemple.
En effets avec une demi-vie de 240.000 ans, ce poison épouvantable n'est inoffensif qu'au bout de... 10 ou 100 fois cette demi-vie selon les situations.
Il est évident que la rentabilité annoncée par l'auteur ne tient pas compte d'une gestion aussi longue des déchets.

3.Posté par Depositaire le 07/01/2015 18:13 | Alerter
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@ Arthur Gohin, tout à fait d'accord avec vous. Du reste je le savais, mais à la limite, plusieurs milliers d'années ou plusieurs centaines de milliers d'années, ça ne fait plus grande différence, sinon que des centaines de milliers de générations devront subir ce danger potentiel !

C'est plus que de l'irresponsabilité. Mettre une logique de "fric" en mettant en danger l'avenir de tout ou partie de l'humanité pour le milliers ou centaines de milliers d'années à venir, c'est de la folie pure et simple. Ces individus devraient être enfermés à vie pour avoir contribué à produire cette horreur !!!

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