Politique Nationale/Internationale

Rapprochement Ankara Damas dans le dos de Washington



Mercredi 17 Octobre 2007

Rapprochement Ankara Damas dans le dos de Washington

Tendances et événements au Proche-Orient

La visite du président syrien, Bachar al-Assad, à Ankara, suscite l’intérêt des milieux politiques et médiatiques dans la région et dans le monde. Elle constitue une étape importante dans les relations entre les deux pays à un moment où le Proche-Orient traverse une période troublée et délicate de son histoire. Cette visite intervient alors que la situation devient de plus en plus explosive dans le Nord de l’Irak, où l’armée turque menace d’intervenir.
La Turquie encourage depuis des années la logique de l’entente et du compromis entre les États-Unis et la Syrie. Elle joue un rôle important pour tenter de faire baisser la tension alors qu’Israël bat les tambours de la guerre à l’instigation de Washington.
La dimension turque dans la stratégie de Damas a permis d’enregistrer des succès certains ces dernières années particulièrement difficiles pour la Syrie. Le rapprochement politique entre les deux pays s’est accompagné d’une nette amélioration des relations économiques bilatérales. La coopération a porté sur tous les dossiers de la région, notamment la crise irakienne, dans le cadre des réunions des pays voisins de l’Irak. Damas a déployé de sérieux efforts entre Ankara et Téhéran pour faire réussir cette formule de coordination qui a permis de réduire les tensions régionales et de contenir les effets dévastateurs et déstabilisateurs de l’invasion anglo-saxonne de l’Irak.
L’attachement de la Turquie à l’unité de l’Irak, ardemment défendue par la Syrie, illustre la convergence d’intérêts entre ces deux États pivots du Proche-Orient qui ont réussi à contrer la stratégie des néo-conservateurs visant à démembrer les pays de la région.

Presse et agences internationales

• Le gouvernement turc a décidé, comme prévu, de demander au Parlement son feu vert à une éventuelle opération militaire contre les rebelles kurdes dans le nord de l’Irak, tout en disant son espoir de ne pas avoir à en arriver là. « Notre souhait est que nous n’aurons pas à avoir recours à cette motion mais la douloureuse réalité dans notre pays, dans notre région, c’est celle de la terreur », a déclaré le porte-parole du gouvernement turc, Cemil Cicek, lors du compte rendu du conseil des ministres.
Il a précisé que cette autorisation serait demandée mercredi à l’assemblée, où le parti gouvernemental AKP, issu de la mouvance islamiste, est largement majoritaire, afin de donner à l’armée les bases légales pour intervenir en Irak pour une durée d’un an.
Le porte-parole a souligné que le but unique était de neutraliser les rebelles kurdes dans leurs bases arrière, puisque les Irakiens, a-t-il dit, ne le faisaient pas. Il a précisé qu’un vice-ministre irakien aurait des discussions avec des responsables turcs mardi à Ankara. Peu auparavant, le numéro deux de l’état-major de l’armée turque avait jugé prématuré de parler d’une éventuelle offensive en Irak.
À la suite d’actions particulièrement meurtrières du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), les autorités turques ont déclaré la semaine dernière qu’elles envisageaient d’autoriser l’armée à frapper les bases rebelles dans les montagnes du Kurdistan irakien.
Les États-Unis ont fait savoir leur opposition à une telle incursion, soulignant qu’elle risquait de déstabiliser la seule région d’Irak relativement épargnée par la violence.
La Turquie pourrait passer outre à l’opposition des États-Unis à cette opération car ses relations avec Washington se sont subitement dégradées à la suite de l’adoption la semaine dernière par la commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants d’un texte qualifiant de « génocide » le massacre des Arméniens à la fin de l’Empire ottoman.

MILLIYET (QUOTIDIEN TURC)
Les relations entre la Turquie et Washington ne seront plus les mêmes si le Congrès états-unien vote un projet de loi qualifiant de « génocide » le massacre d’Arméniens par les Ottomans pendant le premier conflit mondial, a averti le chef d’état-major de l’armée, le général Yasar Buyukanit. « Si la résolution qui a été votée en commission est adoptée par la Chambre des représentants, nos relations dans le domaine militaire avec les États-Unis ne seront plus jamais les mêmes », a-t-il dit.
Les relations avec Washington se sont subitement dégradées à la suite de l’adoption jeudi par la commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants d’un texte qualifiant de « génocide » le massacre des Arméniens à la fin de l’Empire ottoman.
La Turquie a rappelé pour consultations son ambassadeur à Washington pour protester contre ce vote, dont elle avait prévenu qu’il aurait une influence négative sur les relations bilatérales.
Les dirigeants civils et militaires se sont concertés après le vote pour envisager des mesures de rétorsion contre les États-Unis. Une visite aux États-Unis du ministre turc du Commerce a été annulée ainsi qu’une réunion du Conseil du commerce états-uno-turc.
La Turquie pourrait en outre restreindre l’accès des forces US à la base aérienne d’Incirlik et prendre d’autres mesures de représailles dans le domaine de la coopération militaire entre les deux alliés de l’Otan

• La secrétaire d’État Condoleezza Rice s’est déclarée lundi résolue à pousser Israéliens et Palestiniens à s’entendre sur l’ordre du jour de la conférence de paix que les États-Unis se proposent d’accueillir le mois prochain.
Le Premier ministre israélien Ehud Olmert et le président palestinien Mahmoud Abbas s’efforcent depuis cet été de mettre au point un document conjoint qui doit servir de base à cette réunion envisagée fin novembre à Annapolis, dans le Maryland.
Ce texte doit évoquer les principales pommes de discorde entre les deux parties —frontières du futur État palestinien, statut de Jérusalem et sort des réfugiés de 1948—, mais Olmert souhaite qu’il soit rédigé en termes généraux, tandis qu’Abbas réclame un calendrier précis de règlement.
Au deuxième jour de sa nouvelle tournée au Proche-Orient, Rice a fait porter la pression sur Israël en plaidant pour un document « sérieux » qui lui permette de convoquer la conférence, alors qu’Olmert juge que sa tenue ne devrait pas dépendre d’un accord avec Abbas.
« Nous n’avons pas adressé d’invitations parce que nous voulons que le travail sur le plan bilatéral se poursuive avec beaucoup d’énergie », a-t-elle déclaré après avoir rencontré à Ramallah le président de l’Autorité palestinienne.
« Ce qui est maintenant en discussion, c’est un document commun qui s’attaquera sérieusement aux questions de fond. Nous avons parcouru beaucoup de chemin et il nous en reste encore beaucoup à parcourir », a martelé la responsable du département d’État.
« Tout doit être clair lors de la conférence de façon à ce que l’on puisse ensuite engager des négociations dans un laps de temps précis en vue d’aboutir à un traité de paix », a estimé Abbas, en soulignant, en présence de Rice, que les négociations ne devaient pas s’éterniser.

• Le Premier ministre israélien Ehoud Olmert a suggéré lundi qu’il était prêt à céder des quartiers arabes de Jérusalem-est, laissant entendre pour la première fois qu’il pourrait accepter un partage de la ville.
Dans un discours, Olmert a souligné qu’Israël a installé des quartiers juifs prospères à Jérusalem-est, tout en estimant qu’un contrôle israélien des zones arabes n’était pas nécessaire.
« Qu’est-ce qui est nécessaire ? De joindre également le camp de réfugiés de Chouafat, Sawatra, Walaje et d’autres villages et de les définir comme faisant partie de Jérusalem ? », a-t-il interrogé. « Là, je dois dire qu’il est possible de poser des questions légitimes ».
Le statut de Jérusalem est au cœur du conflit israélo-palestinien. Israël revendique le contrôle de l’ensemble de la Ville sainte, y compris les quartiers est de la ville, occupés lors de la guerre des Six jours en 1967. Les Palestiniens réclament de pouvoir faire de Jérusalem-Est la capitale du futur État palestinien.

AL-KHALEEJ (QUOTIDIEN EMIRATI)
La plupart des pays arabes se comportent avec la rencontre automnale de George Bush concernant le volet palestinien comme s’il s’agissait de l’opportunité à ne pas manquer. Tous sont occupés par les préparatifs et passent leur temps à commenter cette manifestation. Pourtant, les expériences du passé avec l’administration actuelle montrent que l’on ne peut pas compter sur elle, surtout lorsqu’Israël est concerné. Car la stratégie de cette administration est basée sur la sauvegarde des intérêts sionistes.

AL-BAYAN (QUOTIDIEN EMIRATI)
La secrétaire d’Etat Condoleezza Rice se promène dans la région dans les habits du médiateur. Il s’agit en fait d’une double médiation. D’un côté, elle essaie de rapprocher les points de vue entre le Premier ministre israélien, Ehud Olmert, et ses ministres. De l’autre, elle tente de réduire le fossé entre le gouvernement israélien et l’Autorité palestinienne. Toute l’activité de Rice s’articule autour de la Conférence d’Annapolis. L’administration Bush souhaite garantir sa tenue et veut que les résultats qui en découleront l’aident à sauver la face. L’échec de la conférence avant son organisation porterait le coup de grâce à ce qui reste de crédibilité aux États-Unis. C’est pour que la déception ne soit pas grande que Condoleezza Rice a revu à la baisse les attentes.

• Le général de réserve israélien, Moshé Yaalon, ancien chef d’état-major, a appelé l’Occident à mener une guerre sans répit contre les Arabes et les musulmans. Dans une tribune publiée dans le Yediot Aharonot, le général propose l’adoption d’une stratégie mondiale contre les mouvements de l’islam jihadiste. Il a placé le Hamas et le Hezbollah dans le même panier qu’al-Qaida, celui de l’islam jihadiste. Et la meilleure défense reste, selon lui, l’attaque.

Tendances et événements au Liban

Les concertations en cours au Liban ont montré que le Vatican pèse de tout son poids pour faciliter une entente entre les différents protagonistes politiques au sujet d’un candidat consensuel à la présidence. Selon des sources bien informées, la nonciature apostolique au Liban suit de près toutes les initiatives et transmet régulièrement au Saint-Siège des rapports sur l’évolution de la situation.
Le patriarche maronite Nasrallah Sfeir et le président de la Chambre Nabih Berri sont convenus de la nécessité de choisir le prochain président de l’extérieur des rangs du 14-mars et de l’opposition. Mgr Sfeir a été surpris par l’attitude positive du général Michel Aoun qui s’est dit disposé à faciliter l’accession à la présidence de n’importe quelle personnalité élue sur la base du quorum des deux tiers. Une position qui dénote un grand sens de la responsabilité vue que le général est le candidat qui dispose de la plus grande assise populaire.
Du côté du 14-mars, les candidats pullulent. Le dernier en date étant l’ancien seigneur de guerre Samir Geagea qui a informé ses alliés qu’il était prêt à être le candidat de la confrontation. Ce qui signifie, pratiquement, le retrait des candidatures de Nassib Lahoud, Boutros Harb et Robert Ghanem.
Des sources bien informées affirment que chacun des trois pôles du 14-mars est l’otage de facteurs et de conditions qui fixent à l’avance sa marge de manœuvre.
- 1. Saad Hariri s’est entendu dire, à Washington, que l’administration Bush souhaitait le maintien au pouvoir du Premier ministre Fouad Siniora. Alors que le fils de Rafic Hariri convoite se poste qui, estime-t-il, lui revient de droit.
- 2. Walid Joumblatt craint le compromis autour d’un candidat consensuel. Il essaie de connaître les véritables intentions des États-Unis à l’égard de la Syrie et de l’Iran. Il craint aussi que l’élection du général Michel Sleimane, le chef de l’armée, ne soit l’illustration d’une volonté US de conclure des compromis à l’échelle régionale, alors qu’il a lié son sort politique à la chute du régime syrien.
- 3. Samir Geagea sait que le général Michel Aoun, qui dispose du plus large bloc parlementaire chrétien, sera le principal gagnant de toute entente. Car même s’il n’est pas élu président, il devra donner son feu vert à tout candidat et prendra la part du lion dans le prochain gouvernement. Son parti, le Courant patriotique libre, a de fortes chances d’emporter une majorité de sièges lors des prochaines élections, en 2009.

Presse libanaise

• Sous la supervision de l’Onu, le Hezbollah a restitué lundi à Israël la dépouille d’un civil israélien en échange d’un résistant en détention et des corps de deux autres combattants libanais.
Les Nations unies comptent sur cet échange pour favoriser la libération des deux soldats israéliens capturé le 12 juillet 2006, ainsi que celle de Libanais détenus en Israël.
Le Hezbollah a remis les restes de Gabriel Dwait, immigré venu d’Éthiopie qui s’était noyé en mer en janvier 2005 et dont le corps avait été rejeté sur la côte libanaise.
L’État hébreu a rendu la liberté à Hassan Naïm Aqil, combattant du Hezbollah capturé durant la guerre, et restitué les corps de deux combattants morts dans les combats, Ali Wizwaz et Mohammed Damaschqiah.
Outre la dépouille du civil, Israël a reçu des « informations supplémentaires sur d’autres dossiers » relatifs à des Israéliens disparus, a dit un responsable israélien sans plus de précision.
Des représentants de l’Onu et du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) ont facilité l’échange, intervenu dans la ville frontalière libanaise de Nakoura.
Des sources libanaises ont présenté l’initiative de lundi comme un geste de bonne volonté des deux parties, engagées dans des pourparlers indirects avec le concours d’un médiateur de l’Onu qui cherche à obtenir un échange de prisonniers plus important.
Plusieurs militaires israéliens sont portés disparus, vraisemblablement décédés, au Liban depuis les années 1980. Mais l’État hébreu n’avait jamais signalé jusqu’ici la mort d’un civil israélien au pays du Cèdre. Le Hezbollah détient toujours les deux militaires israéliens capturés en juillet 2006.
Le Hezbollah a parlé de « gestes de bonne volonté » en vue de faciliter la médiation de l’Onu pour un échange plus important.

• Les services de renseignement de l’armée libanaise ont « arrêté les membres d’un réseau terroriste, qui surveillaient les mouvements de la Finul stationnée dans le sud du Liban et qui planifiaient des opérations contre cette force », a indiqué l’armée dans un communiqué. Selon l’armée, « le réseau est composé de personnes non libanaises » et leur arrestation a eu lieu « cette semaine dans la région de Tyr » au Liban-Sud. Des sources informées précisent que sept personnes ont été arrêtées. « Le réseau avait placé un engin explosif sur la route principale près de Tyr. L’engin visait une patrouille de la Finul mais n’a pas explosé en raison d’un problème technique », précise le communiqué. « Les membres du réseau ont avoué avoir planifié de placer, au même endroit, deux engins qui devaient exploser avec un léger décalage horaire dans le but de faire le maximum de victimes dans le rang de la Finul », selon le texte. « Les deux engins et leurs détonateurs ont été saisis. Le premier était chargé de dix kilos d’une matière extrêmement explosive et le second de cinq kilos de cette même matière », ajoute le texte. Deux attentats ont visé la Finul depuis juin 2007. Le 16 juillet une attaque a visé un véhicule appartenant au bataillon tanzanien de la Finul à Qasmiyé au Liban sud, mais elle n’a pas fait de victime : seul le véhicule avait été endommagé par l’explosion de l’engin à faible puissance. Après cette attaque, le juge d’instruction militaire au Liban a engagé des poursuites contre six Palestiniens, dont trois ont été placés en détention et trois sont en fuite. Le 24 juin, le contingent espagnol de la Finul avait été visé par un premier attentat, à la voiture piégée, au Liban sud. Trois soldats espagnols et trois colombiens avaient été tués. L’attentat a été également imputé à des extrémistes sunnites.

http://www.voltairenet.org/article152154.html http://www.voltairenet.org/article152154.html



Mercredi 17 Octobre 2007

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