Néolibéralisme et conséquences

Rapport sur l’agriculture mondiale: il faut en tirer les conclusions


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Lundi 18 Janvier 2010

Rapport sur l’agriculture mondiale: il faut en tirer les conclusions

Une décision démocratique de chaque pays sur sa forme d’agriculture

thk. Les résultats que plus de 500 chercheurs internationaux ont rassemblés, en travaillant méticuleusement et en témoignant d’un grand respect des diverses cultures, religions et d’autres particularités nationales des pays, sont à la disposition du public international depuis 2008 sous le nom de «Rapport sur l’agriculture mondiale». Ce rapport montre la grande importance de l’agriculture pour la sécurité alimentaire mais aussi dans le domaine culturel et politique. L’éventail de sujets abordés dans ce rapport touche de manière fondamentale à la vie, et tout particulièrement à la vie humaine dans tous ses aspects: on y fait face à toutes les questions actuelles et brûlantes s’étendant de la faim au génie génétique, c’est-à-dire tous les problèmes qui sont liés à la production alimentaire. Ce qui rend ce rapport si précieux, à part les analyses claires et nettes et la représentation digne de sujets tellement variés, ce sont les approches de solutions de savoir comment aborder les problèmes alimentaires urgents de l’humanité. La responsabilité respective de chacun est rendue évidente, car ce n’est qu’ainsi que l’on pourra créer l’avenir de l’humanité dans son ensemble à l’avantage de tous.

Une agriculture autodéterminée basée sur la démocratie dans tous les Etats

Parmi les nombreux facteurs déterminant une agriculture orientée vers l’Homme, un aspect central sera examiné de plus près parce que celui-ci est jusqu’ici beaucoup trop peu mentionné dans le débat politique sur l’avenir de l’agriculture, c’est-à-dire l’abandon du principe du libre-échange dans le commerce des produits agricoles. C’est à cette question-là que le rapport sur l’agriculture mondiale donne une réponse claire et nette qui va à l’encontre des idées des libéralisateurs de l’économie et des internationalistes. Le rapport sur l’agriculture mondiale met l’accent sur le maintien de la souveraineté alimentaire des pays particuliers, conditio sine qua non de l’agriculture. Au centre de tout cela, il y a la décision démocratique de chaque pays sur sa propre forme d’agriculture. La souveraineté alimentaire, ce n’est pas seulement gagner un degré supérieur, le plus élevé possible, de l’autarcie alimentaire, mais cela veut dire que chaque pays détermine d’une façon démocratique la forme la plus personnelle de son agriculture sans être poussé vers une dépendance irrévocable par des accords internationaux. Cet aspect est d’une importance primordiale parce que les hommes politiques et l’agro-industrie des nations industrialisées en particulier réclament par le biais de l’OMC le libre-échange sans bornes dans l’agriculture.

Refus clair à l’OMC et à l’agro-industrie

Le rapport montre clairement que ce libre-échange auquel on aspire ne peut résoudre en aucune manière l’immense problème de la faim – maintenant il y a plus d’un milliard d’êtres humains qui souffrent de grave sous-alimentation ce qui entraîne toutes les conséquences pour la santé, la culture, l’économie et la politique sans parler de la misère psychique et physique – mais cela profite seulement à l’agro-industrie et aux spéculateurs qui encaissent des sommes énormes. L’avenir de l’agriculture et à la fois l’avenir de l’humanité est, selon les connaissances des plus de 500 chercheurs internationaux, dans la production locale et régionale et dans l’organisation démocratique de l’agriculture qui en est la base. Cela ne signifie en aucun cas une interdiction du commerce agricole par-dessus les frontières, comme il existait déjà autrefois, ce n’est pas non plus un pas en arrière dans le siècle passé, car il ne sera pas question d’empêcher le commerce interétatique.
En principe il s’agit d’un progrès pour tous les pays et, bien sûr, aussi pour la population touchée, de mettre la politique agricole sous le contrôle démocratique. Les habitants d’un pays respectif doivent avoir la possibilité de s’exprimer sur l’avenir de leur politique agricole et de lui donner une forme selon leur tradition et leur culture sans négliger l’écologie et les connaissances scientifiques. Cela veut dire que l’absurdité du diktat de l’OMC, où avant tout les grandes nations et l’agro-industrie déterminent les négociations, est prouvée, et la décision sur la manière d’organiser l’économie nationale rendue à chaque Etat particulier. Le rapport sur l’agriculture mondiale met définitivement un terme à la politique octroyée d’en haut qui ne s’oriente pas du tout selon les besoins humains. Par cette approche, le rapport mondial sur l’agriculture implique bien davantage que l’agriculture et ouvre des nouvelles perspectives à la vie en commun des hommes.

Politique agricole sur une base démocratique

Une connaissance importante dans ce contexte est celle-ci: plus petites sont les unités nationales, d’autant plus grande est la coopération démocratique. Une agro-industrie transnationale, qui s’oriente vers l’exportation et le commerce mondial et qui aspire à s’agrandir, n’est pas orientée vers le bien public, mais vers le marché mondial, et celui-ci est déterminé avant tout par les spéculateurs et les cours boursiers.
Si l’on lit le rapport sur l’agriculture mondiale de manière attentive, on ne pourra pas propager seulement les aspects qui conviennent à sa propre idéologie, mais il faudra réfléchir sérieusement à l’ensemble de la problématique et en tirer des conclusions. Il faut de toute urgence un débat public et démocratique sur la manière d’organiser notre agriculture et l’alimentation de tous les êtres humains à l’avenir.    •

Matou Antoine et l’IMC (indice de masse corporelle)

 hd. Le matou Antoine s’avance affectueusement en taquinant et fait part en ronflant doucement qu’il voudrait encore une boite de pâté – de celui qu’il préfère! «Mais Antoine, tu as déjà eu ton déjeuner!» Anton insiste «Quand même …!», il n’abandonne pas. «Mon trésor, si Felix Guztwiller voyait cela, il ferait alors directement développer un IMC pour chats et l’imposerait par décret dans tout le pays. Celui qui n’est pas assez maigre, est
expulsé de la caisse d’assurance, afin qu’elle puisse faire plus de profit!» Anton réfléchit. «Cela m’est égal. Vous, les bipèdes, vous êtes de toute façon une espèce spéciale.» – «Que veux-tu dire par cela, Antoine?» La maman du chat aime de telles considérations matinales avec Antoine. «Si l’un de vous s’ennuie trop à passer la journée devant son bureau, il développe des idées qui agacent tout le monde.» – «Mais que pouvons-nous faire avec lui? Il souffre d’une soif de notoriété» – «Je peux te dire ce que nous ferions. Chez nous, tous les matous qui sont dans les environs se rassembleraient et le chasseraient du territoire. Il sera forcé d’aller chasser les souris dans les champs en plein air au lieu d’être vissé à la gamelle chez nous. Alors il verra ce qu’il faut faire dans la vie et le soir, il sera si fatigué qu’il ne pensera plus à de nouvelles imbécillités.» – «Tu penses que nous pourrions économiser des impôts et que je n’en serais plus à une boite près?» – «Oui, et si tu m’en donnes encore une maintenant, alors je me réjouirai tellement de la vie que j’irai à la chasse aux souris pour le reste de la journée. Je ne reviendrai que très tard dans la nuit!» Il avala voluptueusement sa boîte et s’en alla.

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Lundi 18 Janvier 2010


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