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Ramadan particulier à Gaza


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En donnant l’aumône, les musulmans pansent les blessures sociales, soudent des liens plus étroits avec les autres, redistribuent des richesses et créent des liens avec les moins fortunés.
Rachael M. Rudolph - Said I. Abdelwahed
The Palestine Telegraph


Rachael M. Rudolph - Said I. Abdelwahed
Jeudi 24 Septembre 2009

Haniyeh a passé chaque iftar du Ramadan avec les personnes sans ressources dans toute la bande de Gaza.
Haniyeh a passé chaque iftar du Ramadan avec les personnes sans ressources dans toute la bande de Gaza.

Le Ramadan, mois béni du jeûne pour les Musulmans du monde entier, est un moment de réflexion spirituelle et celui d’un renouvellement d’engagement et de réhabilitation de nos relations avec à Dieu. Il nous donne l’occasion de renforcer notre Iman (engagement véritable envers Dieu) et de purifier nos cœurs et nos âmes. Durant le 9ème mois du calendrier lunaire musulman, les Musulmans du monde s’engagent à de bonnes actions, à la générosité et à des actes de bonté, à la réflexion sur eux-mêmes, à la prière et à la conscience de Dieu. Ce n’est pas différent pour ceux qui vivent dans la bande de Gaza, notamment Ismail Haniyeh.

(JPG) Ismail Haniyeh est né dans le camp de réfugiés d’Al-Shati, ses parents avaient fui leur maison à Al-Joura, un petit village situé près de la ville d’Al-Majdal, pendant la guerre israélo-arabe de 1948. En arabe, Al-Jora et Al-Majdal sont connus sous le nom d’Askalan. Al-Jora était un village de bord de mer, réputé pour son agriculture et sa pêche. Al-Majdal, ou Askalan, est un port maritime, d’industrie artisanale, appelé Asheklon par l’entité d’occupation et ses habitants, situé dans le sud d’Israël.

Haniyeh a été nommé Premier ministre après les élections législatives palestiniennes de 2006, la liste Changement et Réforme ayant obtenu la majorité des voix, et il dirige le gouvernement palestinien à Gaza depuis 2007. Il est dépeint comme un homme d’une grande intelligence et de compassion envers tous les Palestiniens, quelles que soient leurs attaches politiques. Sa compassion est plus manifeste encore par la façon dont il a choisi de vivre le Ramadan cette année.

Plutôt que de rompre son jeûne à son domicile, Haniyeh a passé chaque iftar [repas du soir au coucher du soleil pendant le jeûne - ndt] depuis le début du Ramadan avec les personnes sans ressources dans toute la bande de Gaza, notamment dans les camps de réfugiés d’Al-Shati, Jabalia, Al-Nusirat, Al-Maghazi et Al-Burajj. Jeûner conduit à se souvenir de ceux qui sont dans le besoin, qui manquent de nourriture et de toit. Selon les chiffres des Nations-Unies, le taux de chômage dans la bande de Gaza est de 65% et celui de la pauvreté d’environ 80%, dont une majorité dépend des organismes humanitaires pour les besoins de première nécessité.

Certes, Israël a laissé entrer quelques produits de base et de la nourriture dans Gaza depuis la fin de sa guerre criminelle, mais les quantités ne peuvent suffire pour répondre à la crise humanitaire. John Holmes, des Nations unies, a décrit les restrictions israéliennes comme une forme de punition collective à l’encontre de toute la population de la bande de Gaza. Le siège a abouti à une crise de l’énergie, à l’anéantissement des moyens de subsistance, à la détérioration des infrastructures hydrauliques et sanitaires et du système de santé, à la dégradation de l’enseignement, à l’aggravation de l’insécurité alimentaire et à l’interdiction de reconstruire. Il y avait moins de besoins non satisfaits dans Gaza quand les familles avaient du travail, quand les immeubles n’étaient pas complètement démolis, et quand les frontières étaient ouvertes.

Pour renforcer encore la crise humanitaire, il y a les pannes à répétition dues aux quantités réduites de combustible permises par l’entité de l’occupation. Selon OCHA [l’Office pour la coordination des affaires humanitaires], les pannes durent de 6 à 8 heures par jour, cinq jours par semaine et affectent 90% de la population. Les 10% restant sont sans électricité 24 heures sur 24. Ils sont reliés à une partie du réseau électrique qui n’est pas réparée parce que l’entité d’occupation empêche l’entrée du matériel nécessaire dans la bande de Gaza. Quelque 50 000 personnes ont été déplacées à cause de la guerre, nombreux d’entre eux sont sans abri ou sans recours et sont réduits à vivre dans des bâtiments démolis. Même pour ceux qui ont réussi à trouver un abri après la destruction de leurs maisons, les conditions de vie sont désespérément tristes.

(JPG) Beaucoup de nécessiteux de Gaza vivent dans des conditions misérables, sans fioritures comme en Occident. En Occident, il est fréquent de trouver des vases remplis de fleurs, à Gaza les vases sont remplacés par des gobelets en plastique. En Occident, les murs sont décorés de différentes couleurs ; à Gaza les murs sont tachés et décorés par les cicatrices de la guerre. Les vitres des fenêtres protègent les habitants des éléments naturels en Occident, alors qu’il n’y a pas pour les habitants de Gaza une telle protection contre les éléments rigoureux. En Occident, les réfrigérateurs sont pleins de nourriture, alors qu’à Gaza ils sont vides, parce qu’il n’y a pas de nourriture. Les enfants d’Occident vont à l’école en portant fièrement leurs vêtements neufs, alors que ceux de Gaza mettent des vêtements trop petits, ou vieux. Rien n’est plus déchirant que de ne pouvoir subvenir aux besoins de ceux qu’on aime, de ceux des enfants. Pourtant, les enfants qui ont leurs parents sont vernis. Il y en a beaucoup qui n’ont pas cette chance. De nombreux enfants ont perdu leurs parents durant cette guerre criminelle d’Israël contre Gaza. La guerre a fait à elle seule 2 200 orphelins. Par conséquent, le Ramadan cette année, a été particulièrement difficile pour les Gazaouis.

Malgré les difficultés, ce Ramadan a apporté joie et sourires à certains nécessiteux de Gaza, notamment à ses enfants. Un soir, Haniyeh a remis le sourire sur le visage d’orphelins et de familles qui avaient perdu un être cher pendant la guerre. La nourriture était abondante, avec des centaines de récipients en plastique remplis de riz et de poulet distribués aux familles et dans les maisons à proximité et autour de la mosquée Al-Shati. Cette nourriture venait en supplément de ce qui ornait les tables à l’intérieur de la mosquée, présentant des victuailles aux fidèles présents. Toutes ces festivités pendant le Ramadan ont été ouvertes aux Gazaouis, quelle que soit leur affinité politique. La majorité des Gazaouis sont considérés comme indépendants.

Alors que le Ramadan arrive à son terme, pour les trois derniers jours qui célèbrent fêter l’Aïd il y aura des cadeaux, modestes, et des ballons qui seront donnés aux enfants dans les mosquées, il y aura des actes de bienfaisance vers les orphelins et les gens dans le besoin, versant l’aumône obligatoire (Zakat) aux pauvres. En donnant l’aumône, les musulmans pansent les blessures sociales, soudent des liens plus étroits avec les autres, redistribuent des richesses et créent des liens avec les moins fortunés. Ce faisant, les musulmans ont le moyen de contribuer à une société juste et bienfaisante, basée sur le partage et le don.

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Malgré les difficultés, ce Ramadan a apporté joie et sourires
à certains nécessiteux de Gaza, notamment à ses enfants.
Gaza, le 19 septembre 2009 - The Palestine Telegraph - traduction : JPP
http://www.info-palestine.net/


Jeudi 24 Septembre 2009


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