Politique Nationale/Internationale

RISQUES FINANCIERS : UNE SÉVÈRE MISE EN GARDE EN PROVENANCE DE LA BRI


Le 7 février, lors de son discours devant la Table ronde des services financiers européens à Zurich, le directeur général de la Banque des règlements internationaux (BRI), Malcom Knight, a mis en garde contre la dangereuse divergence entre « les risques macro-économiques majeurs présents dans l’économie mondiale » et la « perception » par les marchés financiers d’un environnement de risques bénins, comme le montrent les primes de risque et les indices de volatilité. Son discours figure bien en évidence sur le site de la BRI.


Mercredi 1 Mars 2006




Concernant les risques macro-économiques, Knight s’est concentré sur le déficit du commerce extérieur américain, qui a doublé au cours des cinq dernières années pour atteindre 800 milliards de dollars : « Il est difficile de croire que le transfert sans précédent d’épargne nette des pays "pauvres" vers les pays "riches" puisse représenter un équilibre global soutenable. A un moment donné, ce modèle inhabituel devra changer. » Autre objet d’inquiétude : les « valeurs sur les marchés du logement » qui, dans certains pays, « ont grimpé à des niveaux historiques par rapport aux loyers ».

Selon Knight, « plusieurs grands risques macro-économiques se situent à des niveaux élevés et continuent d’augmenter : à un moment donné, les déséquilibres globaux commenceront à s’ajuster. Si l’augmentation des risques se traduisait par des signes de volatilité accrue sur les marchés financiers (c’est-à-dire si on en tenait compte dans les prix), il serait peut-être justifié de croire que les marchés ont suffisamment reconnu les risques et qu’ils les gèrent en conséquence. » Mais ce n’est pas le cas. Pire encore, certaines tendances sur les marchés nécessitent une gestion des risques plus complexe. Là, Knight met l’accent sur l’augmentation rapide des produits dérivés de crédit, qui accroissent les risques pour les fonds spéculatifs, et sur les risques en matière de liquidités. « Certains marchés sont de plus en plus dominés par des acteurs qui ne seraient pas forcément capables de maintenir des liquidités dans des conditions de marché défavorables. »

En conclusion, Knight estime que « les tests de stress, les analyses de scénarios, etc., sont plus importants que jamais pour déterminer la réponse à apporter aux changements négatifs potentiellement brutaux, dans l’environnement financier. (...) Sans doute le plus grand défi consiste-t-il à calculer l’interaction possible entre les différents risques dans la période actuelle. Je crois que le découplage entre les risques macro-économiques et les niveaux exceptionnellement faibles de volatilité est l’un des plus grands défis pour les états-majors des grandes institutions financières du secteur privé. »



Solidarité et Progrès


Mardi 28 Février 2006

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