Géopolitique et stratégie

RÉUNION DES MINISTRES DE LA DÉFENSE DE L’OTAN


Dans le contexte de la crise iranienne et des discussions autour de « l’option militaire », les ministres de la Défense de l’OTAN se sont réunis le 9 février à Taormina (Sicile). Le lendemain, ils étaient rejoints par leur homologue russe Sergei Ivanov et ceux des pays « partenaires méditerranéens » - Israël, Egypte, Algérie, Maroc, Tunisie, Jordanie et Mauritanie.


Mercredi 15 Février 2006







Le secrétaire américain à la Défense Donald Rumsfeld, qui avait à nouveau évoqué trois jours plus tôt « l’option militaire » contre l’Iran, déclara à une conférence de presse que l’OTAN devait abandonner sa « position datant de la Guerre froide en matière de défense » pour adopter « une attitude plus agile, certainement plus expéditionnaire et mieux à même de riposter en vue de neutraliser le réseau terroriste global ».

Le 12 février, le Sunday Telegraph consacrait un long article aux plans américains de « bombardements dévastateurs, soutenus par des attaques de missiles balistiques lancés depuis des sous-marins contre les sites nucléaires iraniens ». Philip Sherwell écrivait que les planificateurs du Commandement central (CentCom) et du Commandement stratégique (StratCom) américains s’efforcent actuellement d’identifier des cibles, d’évaluer les armements nécessaires et de « planifier la logistique en vue d’une opération ». Il cite un haut conseiller du Pentagone : « C’est bien plus qu’une simple évaluation militaire en cas d’imprévu. [L’opération] a pris un caractère bien plus urgent ces derniers mois. » Toujours selon le Sunday Telegraph, « la stratégie la plus probable comprendrait un bombardement aérien à l’aide de bombardiers B-2 à long rayon d’action, dotés chacun de 20 000 kg d’armes de précision, dont des engins destructeurs de bunkers. Ils s’envoleraient des bases du Missouri avec un ravitaillement en vol. »

Le 11 février, Paul Craig Roberts, ancien haut responsable du département du Trésor dans l’administration Reagan et ancien rédacteur associé au Wall Street Journal, a attaqué ces préparatifs de guerre contre l’Iran comme étant de la « folie ». Dans un commentaire intitulé « Adulation de l’ignorance », Roberts écrivait que, depuis que les « causes » présentées pour justifier la guerre en Irak se sont révélées fausses, « Bush veut y aller à nouveau - cette fois contre un ennemi encore plus formidable, l’Iran. (...) Les Américains ont cessé de réfléchir. On ne trouve aucun signe de renseignement ou de rapports précis sur l’Iran dans la presse, à la télévision ou à la radio. (...) On ne gagne rien à mettre en danger les flux de pétrole et un système de transport occidental tributaire du moteur à combustion interne. La démarche de Bush est insensée. Elle ne sert aucun but légitime. Elle n’a aucune justification. »

Dans un autre commentaire intitulé « Comment la presse conservatrice est devenue folle », Roberts affirme : « Quand les éditorialistes du Wall Street Journal décrivent les dirigeants iraniens actuels comme "possédés par une vision apocalyptique", ils pourraient aussi bien décrire les supporters évangélistes de Bush et les jacobins néo-conservateurs qui poussent l’Amérique à imposer la volonté néo-conservatrice au Moyen-Orient. C’est un programme de cinglés. Aucun conservateur ne pourrait le soutenir. »




Solidarité et Progrès


Mardi 14 Février 2006

Géopolitique et stratégie | Diplomatie et relation internationale

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