Politique Nationale/Internationale

RÉFLEXIONS DE FIDEL CASTRO: L’EMPIRE ET LE MENSONGE


C’est Reagan qui créa la Fondation nationale cubano-américaine dont le rôle sinistre vis-à-vis du blocus et du terrorisme contre Cuba apparaîtrait au grand jour quelques années plus tard quand le gouvernement des Etats-Unis déclassa des documents secrets, bien que toujours surchargés de ratures. L’avoir su avant n’aurait pas changé notre conduite pour autant.


Fidel Castro
Jeudi 13 Septembre 2007

L’empire et le mensonge

(Traduit par l’ESTI)

C’est Reagan qui créa la Fondation nationale cubano-américaine dont le rôle sinistre vis-à-vis du blocus et du terrorisme contre Cuba apparaîtrait au grand jour quelques années plus tard quand le gouvernement des Etats-Unis déclassa des documents secrets, bien que toujours surchargés de ratures. L’avoir su avant n’aurait pas changé notre conduite pour autant.´

Quand on apprit à Cuba, le 30 mars 1981, que Reagan avait été victime d’un attentat – par une arme de calibre 22 dont une balle se logea dans un poumon, lui occasionnant des risques et des souffrances – je lui fis parvenir un message pour condamner ce fait : je demandai à notre ministre des Relations extérieures, Isidoro Malmierca, de soutenir une conversation dans ce sens avec Wayne Smith, chef de la Section des intérêts des Etats-Unis à La Havane. J’en cite des extraits textuels :

« ISIDORO MALMIERCA. Je vous ai convoqué et reçu à la demande expresse du président Fidel Castro, qui m’a demandé de vous remercier des informations que vous avez offertes au directeur Joaquín Más au sujet de l’attentat dont le président Reagan a été victime. Mais je tiens aussi à vous dire, toujours au nom du président Fidel Castro, combien nous regrettons ce fait et à exprimer notre espoir, à former des vœux pour le prompt rétablissement du président Reagan.

« WAYNE SMITH. Je vous remercie.

« ISIDORO MALMIERCA. Nous avons reçu des informations sur les soins médicaux qu’il reçoit. Vous avez aussi reçu au début des informations que les conséquences de l’attentat étaient simples, mais il semble que ce soit plus grave, qu’on l’a soumis à une intervention chirurgicale.

« WAYNE SMITH. Oui. Nous avions l’impression qu’il avait déjà été opéré, mais la radio a informé que l’opération vient de commencer. Il est probable qu’il en sorte d’ici une heure. Une opération de trois heures, ça n’a rien de simple, donc, surtout pour un septuagénaire. On dit qu’il est hors de danger. J’interprète ceci comme quoi il n’y aura pas de danger immédiat. Mais, chez un septuagénaire, une opération de trois heures est quelque chose de sérieux. Mais on dit que la situation n’est pas grave, qu’il est stable. Nous espérons que tout ira bien. Je vous remercie de vos vœux, ainsi que de l’intérêt et du message du président Fidel Castro.

“ISIDORO MALMIERCA. A Washington aussi, M. Frechette s’est adressé à la Section des intérêts de Cuba et nous a fait parvenir des renseignements sur la situation. Il a expliqué que vous aviez reçu aussi des informations. Parfait. Je vous répète que le président Fidel Castro m’a chargé personnellement de vous rencontrer et de vous exprimer nos vœux que le président Reagan puisse se rétablir rapidement des conséquences de l’attentat.

« WAYNE SMITH. Je vous remercie. Mon Dieu ! Que c’est dur ! Le président Kennedy a été assassiné à Dallas, et il semble que le responsable de l’attentat contre Reagan soit de Dallas. Il vit maintenant dans le Colorado, mais il est de Dallas. Je ne sais si…

« ISIDORO MALMIERCA. J’ai lu dans des dépêches qu’il est né près de Denver, à une trentaine de kilomètres.

« WAYNE SMITH. Je ne sais pas. L’un de mes consuls ici, de la Section, m’a dit qu’il avait écouté à la radio que c’est un type qui a fréquenté la même école que lui. Je ne sais pas, peut-être a-t-il vécu quelques années à Dallas. Je ne sais pas ce qu’a l’ambiance à Dallas pour…

« ISIDORO MALMIERCA. On dit que ce sont trois frères, fils d’un pétrolier.

« WAYNE SMITH. Son papa, oui. C’est un gars de vingt-deux ans, étudiant de Yale, mais qui venait d’abandonner ses études. Peut-être un jeune frustré par un échec, qui a agi sur un coup de tête. A vrai dire, je me réjouis que ce soit un gars comme ça, et non un Portoricain, par exemple, ou quelqu’un comme ça qui pourrait provoquer des conséquences politiques.

« ISIDORO MALMIERCA. Oui, on pourrait spéculer alors sur les motivations politiques.

« WAYNE SMITH. Oui, c’est incontestable, ça pourrait encourager des interprétations politiques. Mais un jeune Blanc du Colorado, du Texas, il est bien difficile de faire des interprétations politiques.

“ISIDORO MALMIERCA. La police a même informé que c’est quelqu’un qui a agi seul, sans lien avec aucun groupe…

« WAYNE SMITH. Oui, ça doit être un fou ou un fanatique pour s’approcher tant du président… En fait, il a été capturé aussitôt. Il a sorti son pistolet et il a tiré…

« ISIDORO MALMIERCA. Braddy est mort ?

« WAYNE SMITH. Non.

« ISIDORO MALMIERCA. On a dit qu’il avait été tué.

« WAYNE SMITH. Oui, certains rapports ont parlé de sa mort, mais non, il est dans un état très grave, mais il n’est pas mort. Je suppose que si ç’avait été une balle calibre 45, il serait mort, mais avec un calibre 22, il a certaines possibilités… Mais il semble avoir reçu la balle dans la tête, et là évidemment… Tout ça ne présage rien de bon, il n’y a guère d’espoir.

« ISIDORO MALMIERCA. Une balle dans la tête, de n’importe quel calibre, c’est très grave.

« WAYNE SMITH. Braddy est dans un état très grave. Il pourrait en réchapper, mais ce serait une vie végétative.

« ISIDORO MALMIERCA. Je regrette que notre conversation ait été provoquée par un fait si regrettable.

« WAYNE SMITH. Je vous remercie de vos vœux. J’enverrai aussitôt une dépêche à mon gouvernement pour l’informer de notre conversation. Je vous prie de transmettre mes remerciements au président Fidel Castro. »

Je n’ai aucun commentaire à faire. La version de Malmierca, rédigée aussitôt après, parle d’elle-même. Wayne Smith est aujourd’hui un opposant résolu du blocus et des agressions contre Cuba.

Mais l’histoire de ma conduite envers le président d’un pays qui, dès l’époque d’Eisenhower, a tramé des centaines de plans pour m’assassiner ne conclut pas là.

Une information remise de manière absolument confidentielle, à l’été 1984, à un fonctionnaire responsable de la sécurité des représentants cubains devant l’ONU alertait qu’un groupe d’extrême droite de Caroline du Nord préparait un attentat contre le président Ronald Reagan. L’ayant appris, j’ai décidé d’en informer immédiatement les autorités étasuniennes. Notre fonctionnaire suggéra de le faire à travers Robert C. Muller, chef de la sécurité de la mission des Etats-Unis devant les Nations Unies, avec qui des contacts existaient en vue de la protection des délégations cubaine qui visitaient l’organisation internationale.

L’attentat devait se produire à une date très proche, quand Reagan se rendrait en Caroline du Nord dans le cadre de sa campagne de réélection à la présidence.

L’information que nous possédions était complète : noms des comploteurs ; jour, heure et endroit où le crime aurait lieu ; type d’armement aux mains des terroristes ; où les armes étaient cachées ; lieu de réunion des individus impliqués et bref récit de ce qui s’était dit à cette réunion.

Notre fonctionnaire remit l’information à Muller dans un édifice de la 37e rue et de la 3e avenue, à deux rues de la mission cubaine.

Il lui transmit tous les détails connus alors, et surtout le plus important : les noms des impliqués, l’endroit, l’heure et le type d’armes qui seraient utilisées.

A la fin de la rencontre, il lui affirma avoir reçu des instructions du gouvernement cubain de le faire d’urgence et que s’il avait été choisi, c’est parce qu’on savait que c’était un professionnel des questions de sécurité.

Muller lut l’information pour s’assurer que rien n’avait été modifié et que tous les éléments importants étaient signalés.

Quand il s’enquit de la source, on lui répondit qu’elle était sûre. Il affirma que les services secrets devraient forcément rencontrer les fonctionnaires cubains. On lui répondit qu’il n’y avait pas d’inconvénients.

Les agents des services secrets rencontrèrent des représentants cubains cette même après-midi, vers quatre heures et demie.

L’entretien se déroula dans l’appartement 34-F, au septième étage de Ruppert Towers, un ensemble d’édifices de la 92e rue, entre les 3e et 2e rues, dans la partie haute de Manhattan.

Les agents étaient deux jeunes Blancs, cheveux ras, en costume. Ils tenaient principalement à vérifier ce que Muller leur avait transmis, puisqu’ils avaient avec eux une copie de la dépêche que celui-ci leur avait envoyée. Nos fonctionnaires vérifièrent la teneur de la dépêche et assurèrent que rien n’y manquait.

Les agents des services secrets voulurent savoir qui avait donné l’information et comment elle était arrivée en nos mains. La réponse fut la même que celle qui avait été donnée à Muller. Ils voulurent savoir si on pouvait leur en dire davantage et on leur répondit que si quelque chose de nouveau arrivait, on le leur ferait savoir aussitôt. ´´´8Ils laissèrent leurs cartes de visite, demandèrent qu’on leur téléphone directement au cas où nous aurions d’autres informations, et précisèrent que ce n’était plus la peine de passer par Muller.

Nous apprîmes le lundi suivant que le FBI avait arrêté un groupe de gens en Caroline du Nord et que plusieurs chefs d’accusation pesaient sur eux, dont aucun, bien entendu, n’avait à avoir avec un attentat contre le président Reagan qui se rendit dans cet Etat quelque temps après dans le cadre de sa campagne de réélection présidentielle.

Quatre ou cinq jours après cette arrestation, durant le même week-end, Muller téléphona à notre mission pour inviter le fonctionnaire cubain à un déjeuner au restaurant des délégués des Nations Unies. Là, il lui demanda tout d’abord de transmettre au gouvernement cubain les remerciements du gouvernement étasunien pour l’information fournie, et il confirma que celui-ci avait agi contre le groupe en question. Un combattant antiterroriste cubain avait sauvé la vie d’un président des Etats-Unis !

Tel ou tel journal étasunien signale le journal intime de plus de sept cents pages que Reagan rédigea, à partir de son entrée à la Maison-Blanche et jusqu’à la remise du pouvoir à son successeur Bush père, ces notes personnelles indiquant censément que son gouvernement n’aurait pas été si agressif contre Cuba.

Or, selon ce qu’on raconte, Robert McFarlane, alors sous-secrétaire d’Etat adjoint d’Alexander Haig, affirme dans ses Mémoires : « De toutes les administrations ayant eu à voir avec Fidel Castro depuis 1959, celle de Reagan semblait la moins adéquat pour dialoguer avec le régime communiste de Cuba. »

Peut-être Reagan avait-il senti quelque gratitude tant de notre préoccupation au moment de l’attentat de 1981 que pour l’alerte que lui sauva la vie face à un danger imminent et voulut-il le faire savoir par Robert C. Muller interposé.

C’est en fait Reagan qui souscrivit le premier accord migratoire avec Cuba, mais il ne pouvait échapper à son environnement, au point que d’autres encore plus de droite que lui souhaitaient l’éliminer physiquement, comme ils l’avaient fait avec Kennedy après que celui-ci eut connu de près le terrible risque de la guerre thermonucléaire. En pleine année électorale, Reagan modifia sans aucun doute sa politique envers Cuba, ne respecta pas l’accord souscrit qui fixait jusqu’à vingt mille le nombre de visas que les USA devaient délivrer en vue d’une émigration sûre, puisqu’il en délivra moins de mille, et maintint la Loi d’ajustement cubain qui a coûté tant de vies cubaines.

Un vrai chaos se déchaîna le 11 septembre 2001 dans le pays voisin. Ce jour-là, pendant très longtemps, les aéroports refusèrent le droit d’atterrissage, si bien qu’un nombre incalculable d’appareils de ligne durent continuer de voler. Telles étaient les nouvelles que transmettaient les médias étasuniens. On informait que des milliers de personnes avaient péri à New York parmi les employés qui travaillaient dans les Tours jumelles, les pompiers et les visiteurs. On parlait aussi d’un avion de passagers qui s’était écrasé sur le Pentagone. Nous offrîmes, le cas échéant, des dons de sang sûr en provenance de donneurs habituels, une tradition de toujours de la Révolution cubaine.

Ce jour-là, près de quinze mille étudiants et diplômés universitaires avaient été convoqués à six heures de l’après-midi pour la réouverture de l’école Salvador Allende où 3 599 jeunes allaient entreprendre des études supérieures pour devenir, selon des méthodes nouvelles et éprouvées, professeurs dans l’enseignement primaire..

Six ans se sont écoulés depuis ce douloureux épisode. On sait aujourd’hui que la désinformation a été délibérée. Je ne me rappelle pas avoir entendu dire ce jour-là que les sous-sols de ces tours, dont les étages étaient le siège de nombreuses banques transnationales et sociétés, renfermaient environ deux cents tonnes de lingots d’or. Les gardiens avaient reçu l’ordre de tirer sans sommation contre quiconque tenterait de pénétrer dans cette zone. Les calculs concernant les structures d’acier, les impacts d’avion, les boîtes noires et leur contenu, ne s’ajustaient pas aux vues de mathématiciens, de sismologue, de spécialistes en information et de spécialistes en démolition, etc., etc. Le plus dramatique, c’est qu’on ne saura peut-être jamais ce qu’il s’est passé exactement. En tout cas, que l’on sache, plusieurs personnes qui volaient de New York à San Francisco ont téléphoné à des parents quand l’appareil était déjà contrôlé par des individus qui n’appartenaient pas à l’équipage.

Quand on analyse l’impact d’avions semblables à ceux qui se sont précipités contre les tours et tombés par accident dans des villes très peuplées, on conclut qu’aucun appareil ne s’est écrasé sur le Pentagone et que seul un projectile a pu provoquer l’orifice rond causé par le prétendu avion. Aucun passager mort n’est jamais non plus apparu. Nul ne doutait alors dans le monde que le Pentagone avait été attaqué. On nous a trompés, tout comme le reste des habitants de la planète.

Parlant ce jour-là, 11 septembre, à la Cité des sports, j’avais abordé entre autres points cette tragédie aux Etats-Unis. Ne pouvant reproduire l’allocution complète, j’en donne ici des extraits :

Quelle différence énorme entre la conduite du gouvernement cubain et celle du gouvernement étasunien ! La Révolution, qui se fonde sur la vérité ; l’Empire, qui se fonde sur le mensonge !

Fidel Castro Ruz

11 septembre 2007

17 h 25




Samedi 15 Septembre 2007


Commentaires

1.Posté par m'çammi le 14/09/2007 01:52 | Alerter
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Qui dit mieux...Bravo el Maestro !

FIDEL CASTRO restera et mourra Fdèle à la REVOLUTION DE L'HOMME LIBRE .

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