Géopolitique et stratégie

RDC : La rente des industries extractives pour le bien-être de la population congolaise



Samy BOSONGO
Jeudi 23 Novembre 2017

RDC : La rente des industries extractives pour le bien-être de la population congolaise
« Dans le deuxième rapport, il est beaucoup plus question des industries extractives dont la rente devrait contribuer au bien-être de la population congolaise, précise Laurent Debroux. Le document propose des scénarios des recettes et des dépenses dans un modèle d'équilibre calculable financé par l'augmentation majeure des recettes, y compris l'accroissement des rentes minières capturées par l'Etat. ». Tels sont les passages explosifs de l'article « RDC : les recettes publiques sont insuffisantes pour promouvoir le développement (Banque mondiale)», publié sur le site de la Monusco, le mardi 21 novembre 2017.

Ces passages ouvrent la boîte de Pandore sur certaines réalités des industries extractives congolaises. Avant ces rapports de la Banque mondiale, le débat se faisait en RDC sur le non ou le faible impact de la forte croissance économique du pays sous l'ex Premier-ministre Matata Ponyo sur le social du peuple, débat envenimé par certaines publications, en l'occurrence celles de Global Witness et de la Fondation Carter, qui faisaient état de la mauvaise gérance de la manne minière congolaise.

A une ère où le régime congolais reçoit des attaques de toutes parts qui s'apparentent à de l'acharnement et à des lynchages médiatiques pour le discréditer et susciter l'exaspération populaire contre lui, les rapports de la Banque mondiale(BM), semble ne contribuer qu'à envenimer la situation et son caractère biaisé en dit long sur cette intention. D'abord, l'on note que la BM est une des institutions de Bretton Woods accusées des pratiques néocolonialistes et d'entretenir les dettes des pays sous-développés. En effet, «Les critiques du néocolonialisme dépeignent le choix d'accorder ou de refuser des prêts (en particulier ceux devant financer une dette d'un pays du tiers-monde qui ne pourrait pas être remboursée autrement), particulièrement par des institutions financières internationales telles que le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale(BM), comme une forme de contrôle décisif. Ils allèguent que, afin de se qualifier pour ces prêts (aussi bien que pour d'autres formes d'aide économique), des nations plus faibles sont forcées de prendre des mesures (des ajustements structuraux) favorables aux intérêts financiers du FMI et de la BM, mais nuisibles à leurs propres économies et souvent à leur sécurité, augmentant leur pauvreté plutôt que de l'alléger.», lit-on dans un article sur le néocolonialisme sur Wikipédia. Etant telle, la BM ne peut dire les choses que dans le sens de ses intérêts, cachant des vérités qui lui sont préjudiciables et brandissant celles qui font diaboliser le régime ciblé.

En RDC, il est un réel paradoxe entre le niveau de vie du peuple et les grandes richesses du pays. Lorsque la BM parle de cette rente minière, elle ne dit rien sur le code minier et celui d'investissement qui est en faveur des investisseurs et contre le social des Congolais. En effet, « Dans la foulée de cette libéralisation et sous la pression des bailleurs des fonds, le Président Joseph Kabila a promulgué un nouveau code minier (11 juillet 2002) et un nouveau code des investissements (21 février 2002) à l'origine des contrats léonins et du bradage du patrimoine national tant déplorés à ce jour.», dévoile http://www.memoireonline.com/12/07/776/. Remarquons que parmi les bailleurs de fonds, figurent les institutions de Bretton Woods. L'Etat congolais s'était mis à dos les investisseurs au point de revenir sur sa décision quand, en juillet 2015, il s'était proposé d'entreprendre la réforme du code minier congolais en vue d'une révision à la hausse généralisée des impôts et taxes imposables aux entreprises minières. Sans une telle hausse, comment voulez-vous qu'il y ait accroissement des rentes minières capturées par l'Etat ?

Répondant à la question d'Olivier Atemsing Ndenkop qui voulait savoir ce qui explique le grand écart entre les richesses minières du Congo et la pauvreté des Congolais, le spécialiste belge de la région de Grands lacs, Tony Busselen, a déclaré : « Les multinationales et les grandes sociétés se comportent en RDC comme cela leur convient. Ils achètent des concessions et les emploient pour spéculer sans les exploiter. Ou quand ils l'exploitent, ils le font sans aucun respect pour la population. Que ce soit Fist Quantum, Banro ou Freeport-Mc Moran ou que ce soit Damseaux ou Forrest, ils ont tous intérêt avec la continuation de la fragilité de l'Etat congolais. Ils paient les taxes qu'ils veulent, car l'Etat n'est pas capable de savoir même leur production exacte. Quand l'Etat ose les affronter comme cela a été le cas avec la société canadienne First Quantum, ils lancent une guerre totale dans les médias et devant la justice internationale contre Kinshasa. Ils ont les moyens pour cela et leur argumentation est facile : « les dirigeants corrompus congolais refusent la bonne gestion ». Ces sociétés ont des relations avec leurs gouvernements puissants dans leur pays respectifs et ces gouvernements défendent l'intérêt de ces sociétés. Le Gouvernement canadien, par exemple, a retardé d'une demi-année l'annulation de la dette en 2010 à cause du conflit de Kinshasa avec la société canadienne First Quantum. (Ndlr : http://www.michelcollon.info/Les-USA-ont-un-agenda-cache-en.html?lang=fr). Des révélations qui montrent que le Gouvernement congolais n'a pas les mains libres pour décider de ce que doit être le code minier congolais favorable au social des Congolais.

Manifestement, la BM a voulu jouer à l'hypocrite, tout en diabolisant le régime congolais. C'est comme tout curieux qu'elle ait tu tout ce que les institutions de Bretton Woods exercent comme pression sur le régime congolais afin que le peuple congolais ne tire pas profit des rentes minières de son pays. Doit-on penser que finalement les investisseurs internationaux et les bailleurs de fonds sont d'accord que la RDC revoie son code minier et celui des investissements afin que les rentes des industries extractives augmentent pour le bien du peuple congolais ? Qui vivra saura.

Samy BOSONGO, Journaliste poète-essayiste, +243811530303


Jeudi 23 Novembre 2017


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