Palestine occupée

Quid de Droit


Imaginez un moment que l'archéologie accorde des droits... on verrait alors les Libanais débarquer en Tunisie, à Carthage pour exiger leur part du passé de leurs ancêtres phéniciens. Les Grecs iraient en Egypte et pourquoi pas en Iran, sur les traces d’Alexandre le Grand. Les Italiens viendraient en Algérie s’installer à Timgad, Djemila ou alors Tipasa. Et les Syriens, Irakiens ou Maghrébins, iraient en Espagne rétablir le royaume musulman d’Andalousie. L'idée vous parait farfelue?


oumelkheir@gmail.com
Mardi 23 Mars 2010

Quid de Droit
Pourtant, n'est-ce pas cette idée-là qui a justifié la création d'une entité appelée Israel? Un état pour un peuple créé de toutes pièces? Avec pour unique ciment une idéologie raciste fondée sur des mensonges, appelés par euphémisme : mythes?
 Ces mythes qui ont hier autorisé le vol de la Palestine, permettent aujourd'hui aux israéliens d'agir comme bon leur semble dans Al Qods et sa Mosquée. Malgré un Droit International qui reconnaît que "Jerusalem-est", est une ville occupée. Et malgré une Convention du Patrimoine Mondial de l'Unesco qui a obligation de sauvegarder les sites inscrits sur sa liste, ou du moins protester contre toute intervention, tentative de transformation ou destruction d'un site déjà reconnu Patrimoine de l'Humanité. Souvenez-vous des Bouddhas de Bamiyan...
 Le nettoyage ethnique, les démolitions d'habitations, l'expulsion des palestiniens n'ont pas la même valeur pour la communauté internationale bien muette sur le sujet. Mais qui vient subitement de se souvenir de Ghazza. Et qui pour mieux noyer le poisson, est allée y verser quelques larmes de crocodile, sans oublier néanmoins de rappeler (à tous?!) que le statut de Jérusalem est un sujet de négociations finales. Même si les israéliens répètent à tue-tête que "Jérusalem est la capitale éternelle, unie et indivisible de l'état juif et qu'elle n'est pas un sujet de négociations". Et même si leurs paroles sont toujours suivies d'actes tangibles qui changent la réalité sur le terrain.
 Un changement opéré dès l'entrée des groupes sionistes en juin 1967 dans la vieille ville d'Al Qods, où ils se sont empressés de raser complètement le quartier des maghrébins (Harat Al Maghariba) situé sur le flanc sud-ouest de la Mosquée Al Aqsa. Afin de dégager ce qu'ils appellent leur mur des lamentations et y aménager... une grande place. Quinze minutes seulement auront été accordées aux habitants du quartier avant que les maisons ne soient démolies sur ceux qui sont restés...
 
 Immédiatement après avoir fini de raser le quartier et de dégager les gravats, les israéliens lancent des fouilles frénétiques à la recherche de potentielles traces "juives"... et dans l'espoir d'effacer les preuves de la présence palestinienne (arabo-musulmane). Ces fouilles durent depuis 1967 sans résultat - excepté les graves dommages causés aux édifices d'Al Aqsa et de la ville.
 Un comportement aberrant me direz-vous, puisque les sionistes n'ont pas attendu de preuves matérielles pour revendiquer un prétendu droit sur la Palestine et Al Qods. Ne clament-ils pas au contraire que la bible suffit à le prouver? Simplement parce que le judaïsme a été transformé, de religion qu’il était, en "cadastre"(dixit Gilad Atzmon).
 Mais en fait, ils ont déjà essayé d'obtenir des actes de propriété surtout dans la ville d'Al Qods. Ils n'ont pas réussi (sauf de manière
détournée) à cause justement des projets sionistes en Palestine auxquels les palestiniens étaient fermement opposés. Le Baron de Rothschild a son époque avait même promis de larges compensations en échange... du mur des lamentations. Personne n'a accepté de prendre l'argent puisque le Mur du Bouraq est un bien Waqf musulman (legs pieux, ou alors bien de mainmorte). Ce qui signifie un bien indivisible et inaliénable. Une propriété que la Commission Shaw malgré sa partialité n'a pas pu contester.
 A cause de provocations répétées au sujet du mur, que les organisations sionistes voulaient à tout prix s'approprier, les palestiniens ont exprimé leur colère. En aout 1929 éclate la révolte du Bouraq, suite à laquelle une commission d'enquête est dépêchée par le Royaume britannique mandataire en Palestine. Le rapport de la commission déclare le mur "sacré autant pour les juifs que pour les musulmans", tout en reconnaissant malgré tout aux musulmans sa propriété exclusive et incontestable. Le rapport affirme même que "bien avant la Grande guerre et sous le régime Turc (époque ottomane), les juifs avaient librement accès au mur pour y accomplir leurs prières".
 Aujourd'hui, les sionistes ne peuvent (sinon par la force des armes) se déclarer propriétaires de la ville d'Al Qods, et encore moins de la Mosquée Al Aqsa. Contrairement aux palestiniens et musulmans qui en plus de leur présence sur place (ce qui devrait largement suffire pourtant) peuvent revendiquer leur Droit, des documents authentiques faisant foi.
 
 Ce document atteste que Al Afdal Noureddine (fils aîné de Salaheddine Al
Ayoubi) Roi de Damas entre 1193 et 1196, a immobilisé pour toujours (interdiction de vendre, d'acheter, d'en hériter ou d'en faire don) le terrain appelé "Quartier des maghrébins" au profit de tous les maghrébins, femmes et hommes, jeunes et vieux, savants et artisans, voyageurs et résidents... C'était une forme de reconnaissance pour leur contribution à la libération de la ville d'Al Qods des mains des croisés en 1187.
 La Mosquée Al Aqsa était depuis l'avènement de l'Islam au Maghreb une étape importante du Hadj des maghrébins vers la Mekke, et nombre d'entre eux s'y étaient déjà installés bien avant les croisades. Mais l'action du Roi Al Afdal a encouragé leur établissement et augmenté leur nombre. Ce qui a également facilité leur intégration au sein de la communauté puisqu'ils se sont fondus au fil des siècles à la population "locale". Les traces de leurs origines ne se révèlent aujourd'hui qu'à travers quelques noms, comme celui d'Al Moghrabi.
 Installé au pied de la Mosquée Al Aqsa, le quartier des maghrébins s'est doté à travers le temps de nombreux édifices dont beaucoup de waqfs :
écoles, fontaines, moulins... Construits par des particuliers au profit de toute la communauté.
 Une communauté bien plus en droit de réclamer aujourd'hui son retour, vous ne trouvez pas?  
 
 N.B : Images, documents et tous les liens sont visibles sur le blog  http://historywillteachusnothing.blogspot.com/



Mardi 23 Mars 2010


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