Géopolitique et stratégie

Qui veut un nouveau printemps arabe à Alger ? L'objectif du camp occidental ?


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Luc Michel
Dimanche 24 Mars 2019

« Triomphe éclatant pour une révolution pacifique »
- Rahaël Glucksman (Paris, ce soir).
Après vingt années au pouvoir, le président algérien, extrêmement affaibli par un AVC, a déclaré qu’il renonçait à briguer un cinquième mandat !
Tous les médias français, réjouis, saluent « le nouveau printemps arabe » et appellent la foule à la seconde phase « de la révolution » (sic) …
Le sixième président de l’Algérie indépendante prend sa retraite. Atteint depuis 2005 d’un cancer de l’estomac, Abdelaziz Bouteflika, extrêmement affaibli par un AVC qui l’a cloué dans un fauteur roulant depuis 2013, a annoncé qu’il ne briguerait pas pour un cinquième mandat consécutif. Il aura profondément marqué l’histoire de l’Algérie.

SON HERITAGE : LE PRÉSIDENT DE LA RÉCONCILIATION

Après dix ans d’une guerre civile qui a fait quelque 200 000 morts, c’est un pays traumatisé que récupère Abdelaziz Bouteflika lorsqu’il accède à la présidence algérienne en 1999. Sa mission, réconcilier la nation avec elle-même. Si la pacification du pays est à mettre à l’actif de son prédécesseur Liamine Zeroual, le nouveau président va entreprendre deux mesures fortes pour tourner définitivement la page de ce qu’on a appelé la « décennie noire ». En septembre 1999, il soumet par référendum un projet de loi dite de « concorde civile » qui prévoit une amnistie partielle des militants islamistes n’ayant pas de sang sur les mains, à condition qu’ils renoncent à la lutte armée.
Avec 90 % de suffrages positifs, le vote populaire est un véritable plébiscite. Peu à peu, les maquis se vident et plus 6 000 hommes déposent les armes. La loi d’amnistie sera finalisée en septembre 2005 avec l’adoption d’un second texte, la « charte pour la paix et la réconciliation nationale » prévoyant des indemnisations pour les familles de disparus ainsi des aides pour celles des terroristes. Dès l’année suivante, près de 1 500 islamistes condamnés pour terrorisme sont libérés de prison. Massivement approuvée par référendum (97 % de votes favorables), la charte garantie l’acquittement de toutes les forces de sécurité algériennes, peu importe les exactions commises. Si ces mesures assoient la popularité du président algérien, elles ne permettent pas de déterminer les responsabilités des nombreux massacres, en l’absence d’enquête. Au contraire, elles laissent grande ouverte la question des dizaines de milliers de disparus, qui pèse toujours sur la conscience des Algériens.

SON HÉRITAGE (2): UN ACTEUR RÉGIONAL ET AFRICAIN INCONTOURNABLE

Victoire militaire sur les islamistes algériens, soutien armé au Front Polisario, dans le Sahara Occidental, face au rival marocain, coopération avec l’Occident en matière de lutte anti-terroriste, ou encore gestion autonome de la prise d’otage du site gazier d’In Amenas, l’Algérie de Bouteflika s’est affirmée au cours de la dernière décennie comme une puissance régionale incontournable, marquant notamment son refus de toute ingérence étrangère sur son sol.
L’Algérie a le malheur d’être riche. Elle est le 3ème producteur de brut d’Afrique et le 9e producteur de gaz au monde. Les hydrocarbures représentent plus de 95 % des recettes extérieures du pays et contribuent à 60 % du budget de l’Etat. Ainsi, la rente pétrolière subventionne aussi bien le carburant et l’eau et les produits de première nécessité, que les secteurs de la santé et des logements. Fort des prix élevés du baril de brut durant la décennie 2004-2014, Abdelaziz Bouteflika s’est lancé dans de vastes chantiers publiques (métro d’Alger, autoroute est-ouest, ou barrage de Beni Haroun) et a réussi à désendetter le pays (la dette extérieure est inférieure à 2 % du PIB, NDLR). Le président algérien a également fait le pari de l’ouverture du pays aux entreprises étrangères. Or, l’économie du pays, qui reste marquée par une forte intervention étatique, a été frappée de plein fouet depuis 2014 par la chute des cours du baril de pétrole.

L’ECHEC DU PREMIER « PRINTEMPS ARABE » EN ALGERIE

L’Algérie n’a pas été épargnée par le soi-disant « Printemps arabe », en fait une opération de remodelage géopolitique du monde arabe par les USA. Fin 2010 (Alger est la première ciclle de l’opération américaine) et début 2011, à l’image de leurs voisins tunisiens, les Algériens, manipulés, descendent eux-aussi dans la rue pour réclamer avantage de justice sociale. En réponse, le président Bouteflika injecte quelque 24 milliards de dollars pour mieux indemniser les fonctionnaires et aider la jeunesse. S’il réussit à acheter la paix sociale, le président algérien bénéficie aussi de traumatisme toujours vif au sein de la population de la « décennie noire » du terrorisme.

L’EFFET DOMINO DE LA DESTABILISATION DE L’ALGERIE II: LE SAHEL ENTIEREMENT MENACE
Voici l’Algérie dans le trou noir de la seconde phase du « printemps algérien » …

Ce qui se passe en Algérie n’ira pas seulement se répercuter sur les pays de l’Afrique du Nord. Si la Tunisie voire même le Maroc doivent s’en inquiéter, l’onde de choc touchera toute l’Afrique jusqu’au Sahel !
Qu’arriverait-il pour l’Afrique subsaharienne et sahélienne si l’Algérie basculait ? les conséquences pourraient être faucheuses. Et on est loin des thématiques occidentales, reprises par la bourgeoisie compradore africaine, ces « idiots utiles » (dixit Lénine) du Néocolonialisme occidental, sur le « choc des générations, l’alternance ou la démocratie » !!!
Attention c’est le printemps de tous les dangers !


# PANAFRICOM-TV/ L’EFFET DOMINO DE LA DESTABILISATION DE L’ALGERIE II : LE SAHEL (QUI VEUT UN NOUVEAU PRINTEMPS ARABE A ALGER ?) from PANAFRICOM-TV on Vimeo.









Dimanche 24 Mars 2019


Commentaires

1.Posté par Karim le 24/03/2019 22:33 | Alerter
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S'il y a complot, ce n'est pas avec l'intransigeance et l’entêtement des Dirigeants face aux manifestants que l'on pourrait le déjouer. Ajouter à cela, un président malade qui ne peut pas s'adresser à son peuple. Il faut répondre le plus vite aux exigences des manifestants par l'annonce de la fin du mandat du Président à la date prévue, la mise à l'écart du champ politique dirigeants . réprouvés et fixer la date d'élection présidentielle libre.

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