Géopolitique et stratégie

Quelle serait la réaction du général De Gaulle face au projet étasunien de bouclier antimissile en Europe?



medamarouche@yahoo.ca
Jeudi 7 Juin 2007

Personnellement, je suis content de constater qu’il existe toujours des hommes qui ont des couilles en Russie. Après les lâches de Gorbacheve et Yeltsin, qui ont ruiné l’ex-URSS et par conséquent l’équilibre de la planète, voilà un Homme qui voudrait remettre les pantalons aux russes et aux européens souverains. J’espère que les nationalistes des pays souverains d’Europe (à exclure les pays colonisés et les pays satellites crées par les EUA) vont saisir cette occasion pour chasser les EUA de l’Europe. Par ailleurs, je suis impatient de connaître l’opinion de M. Sarkozy sur cette question vitale pour la souveraineté de la France. Je pense que M. Sarkozy a un grand rendez-vous avec l’histoire de la France. En effet, La France du général De Gaulle lui lance un grand défi. Maintenant, c’est à M. Sarkozy de le relever. Par contre, je tiens à rappeler les conclusions du général De Gaulle dans sa lettre adressée à Lyndon B. Johnson le 7 mars 1966 :
[…]
«…Cependant, la France considère que les changements accomplis ou en voie de l'être, depuis 1949, en Europe, en Asie et ailleurs, ainsi que l'évolution de sa propre situation et de ses propres forces, ne justifient plus, pour ce qui la concerne, les dispositions d'ordre militaire prises après la conclusion de l'alliance soit en commun sous la forme de conventions multilatérales, soit par accords particuliers entre le gouvernement français et le gouvernement américain.

C'est pourquoi la France se propose de recouvrer sur son territoire l'entier exercice de sa souveraineté, actuellement entamé par la présence permanente d'éléments militaires alliés ou par l'utilisation habituelle qui est faite de son ciel, de cesser sa participation aux commandements « intégrés » et de ne plus mettre de forces à la disposition de l'OTAN. Il va de soi que, pour l'application de ces décisions, elle est prête à régler avec les gouvernements alliés et, en particulier, avec celui des États-Unis, les mesures pratiques qui les concernent. D'autre part, elle est disposée à s'entendre avec eux quant aux facilités militaires à s'accorder mutuellement dans le cas d'un conflit où elle s'engagerait à leurs côtés, et quant aux conditions de la coopération de ses forces et des leurs dans l'hypothèse d'une action commune, notamment en Allemagne.»
[…]

En outre, il est important de préciser que ces conclusions trouvent leur origine dans le discours du 3 novembre 1959 devant l'Ecole militaire de Saint-Cyr. En effet, Le 3 novembre 1959, le général de Gaulle, a prononcé devant les élèves de l'École militaire de Saint-Cyr un discours dans lequel il avait insisté sur la nécessité pour la France de conserver le contrôle absolu de sa défense nationale, je cite :
[…]
«Il faut que la défense de la France soit française. C'est une nécessité qui n'a pas toujours été très familière au cours de ces dernières années. Je le sais. Il est indispensable qu'elle le redevienne. Un pays comme la France, s'il lui arrive de faire la guerre, il faut que ce soit sa guerre. Il faut que son effort soit son effort. S'il en était autrement, notre pays serait en contradiction avec tout ce qu'il est depuis ses origines, avec son rôle, avec l'estime qu'il a de lui-même, avec son âme. Naturellement, la défense française serait, le cas échéant, conjuguée avec celle d'autres pays. Cela est dans la nature des choses. Mais il est indispensable qu'elle nous soit propre, que la France se défende par elle-même, pour elle-même et à sa façon.

S'il devait en être autrement, si on admettait pour longtemps que la défense de la France cessât d'être dans le cadre national et qu'elle se confondît, ou fondît, avec autre chose, il ne serait pas possible de maintenir chez nous un Etat. Le Gouvernement a pour raison d'être, à toute époque, la défense de l'indépendance et de l'intégrité du territoire. C'est de là qu'il procède. En France, en particulier, tous nos régimes sont venus de là.»
[…]
«Voilà un point capital que je recommande à vos réflexions. La conception d'une défense de la France et de la Communauté qui soit une défense française, cette conception-là doit être à la base de la philosophie de vos centres et de vos écoles.

La conséquence, c'est qu'il faut, évidemment, que nous sachions nous pourvoir, au cours des prochaines années, d'une force capable d'agir pour notre compte, de ce qu'on est convenu d'appeler « une force de frappe » susceptible de se déployer à tout moment et n'importe où. Il va de soi qu'à la base de cette force sera un armement atomique – que nous le fabriquions ou que nous l'achetions – mais qui doit nous appartenir. Et, puisqu'on peut détruire la France, éventuellement, à partir de n'importe quel point du monde, il faut que notre force soit faite pour agir où que ce soit sur la terre.

Vous vous rendez compte comme moi de l'envergure de cette obligation, de tout ce à quoi elle va nous conduire. Au point de vue national, il faut avoir le courage de la regarder en face ; toute la nation doit y être associée. Il faut avoir le courage de la vouloir et celui de la remplir. Dans le domaine de la défense ce sera notre grande œuvre pendant les années qui viennent. Pour commencer, l'emploi éventuel de cette force, son organisation et la façon dont elle doit être constituée et fournie, cela aussi – et d'accord avec ce que j'ai dit de la défense en général – doit être un objet essentiel de vos études et de vos travaux.»
[…]

A cet égard, je trouve que les conclusions du général De Gaulle sont toujours d’actualités et pourraient s’appliquer au projet étasunien de déployer un bouclier antimissile en Europe de l'Est. Les grands pays européens comme la France devraient appuyer Moscou et rejeter violemment ce projet qui n’a d’autres objectifs que de faire de l’Europe une sorte de chasse gardée.

Aussi, je voudrais rappeler que l’impérialisme étasunien n’a pas changé. De Johnson à Bush rien n'a changé. On retrouve la même paranoïa et le mêmes prétexte : Une menace imaginaire. Le seul changement qu’on pourrait mentionner à ce titre, c’est le passage de la menace communiste(ex-URSS) à la menace islamiste(la légende Ben Laden).Voici quelques extraits de la lettre du président Lyndon B. Johnson au général de Gaulle (22 mars 1966) :
[…]
«Votre point de vue selon lequel la présence de forces militaires alliées sur le sol français porte atteinte à la souveraineté française me laisse perplexe. Ces forces s’y trouvent à l’invitation de la France selon un plan commun pour aider à assurer la sécurité de la France et de ses alliés. J’ai toujours considéré leur présence comme une manière sage et prévoyante d’exercer la souveraineté française.»
[…]
«Je ne considère pas qu’une telle participation et une telle coopération portent préjudice à notre propre souveraineté ou à celle d’un quelconque de nos alliés. A mon avis, elles reflètent l’exercice de la souveraineté conformément aux plus hautes traditions des intérêts personnels raisonnables. Le Traité de l’Atlantique Nord engage ses signataires à aider tout membre objet d’une attaque armée dans les zones intéressées.»
[…]
«Il me semble par conséquent essentiel que tous les membres de l’Alliance soient prêts à faire face à toute situation d’urgence dans le cadre de l’organisation commune et selon les plans mutuellement acceptés. Le fait de se fier en temps de crise à l’action indépendante de forces distinctes, conformément à des plans nationaux, en coordination peu étroite avec les forces et les plans communs, me semble dangereux pour tous les intéressés. Cela s’est révélé désastreux dans le passé.

Les quatorze autres membres de l’OTAN n’ont pas le même point de vue de leurs intérêts que celui exprimé en ce moment par le gouvernement français. Les États-Unis sont déterminés à se joindre à eux pour préserver le système de dissuasion de l’OTAN et même le renforcer pour soutenir les objectifs communs vitaux de l’Occident.»
[…]

Afin de vous permettre de faire une comparaison entre le discours des EUA des années 1960 et celui d’aujourd’hui, ci-après quelques extraits des critiques de l’administration Bush après les déclarations du président Vladimir Poutine selon lesquelles la Russie pourrait répliquer au projet étasunien de bouclier antimissile en Europe en pointant des armes nucléaires sur le Vieux continent.

A bord de l'avion présidentiel Air Force One conduisant le président George W. Bush en Europe, le conseiller à la sécurité nationale Stephen Hadley a déclaré : "Nous pensons que ce n'est pas utile. (…) Nous aimerions avoir un dialogue constructif avec la Russie sur cette question. Nous en avons eu par le passé."

De son côté Condoleeza Rice a déclaré aux journalistes lors d'un vol vers Panama où devait se tenir une réunion de l'Organisation des États américains : "Ce n'est tout simplement pas un argument acceptable dans un monde où les États-Unis et la Russie ne sont pas ennemis. (…)Ce n'est pas l'Union soviétique, et nous devons abandonner cette rhétorique qui rappelle les relations passées entre les États-Unis et la Russie et comprendre que nous sommes dans une époque tout à fait différente. (…) Ça n'aide vraiment personne de commencer à menacer les Européens. (...) Toute menace contre l'Europe est une menace contre les États-Unis"

Pour une personne qui ne connaît pas les capacités militaires des pays européens, elle penserait que l’Europe est sous la tutelle des EUA. C’est du vrai pipo. Quel culot ! Les États-Unis se trompent de territoire ou alors ils prennent la Russie pour l’Afghanistan ?

En conclusion, les EUA doivent comprendre que les états souverains, qui tiennent à leur souveraineté, n'ont pas besoin de protecteurs. En d’autres termes, s’il y a des pays européens colonisables, c’est aux grands pays souverains d’Europe de les protéger et donc de les prendre en charge. La vrai menace pour la stabilité européenne (dans tous les domaines) est la présence militaire des EUA, sous toutes ses formes, en Europe. C’est la raison pour laquelle, l’Europe ne devrait en aucun cas relever des seules décisions du président des EUA en ce qui concerne son système de défense antimissile. La menace du nucléaire iranien est loin d’être une réalité et puis l’Europe est capable de développer son propre bouclier antimissile, en cas de danger réel. Comme le général De Gaulle en 1966, M. Sarkozy, aujourd’hui, devrait se poser la question si les États-Unis utiliseraient vraiment ce fameux bouclier antimissile pour défendre l'Europe.

Mohamed A.


Jeudi 7 Juin 2007


Commentaires

1.Posté par Fadel le 11/06/2007 21:08 | Alerter
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Hélas, rien à attendre de la France de Sarkozy, ni de l'Allemagne sans parler du Royaume Uni et de la plupart des pays de l'ex bloc soviétique. Ce sont tous des caniches des américains. ces derniers trouveront toujours des motifs pour commettre impunément des génocides: Hier, le génocide des indiens pour s'accaparer de leurs terres et des richesses de leurs sous sols.... aujourd'hui, l'Irak, l'Afghanistan en attendant d'attaquer tout le Moyen Orient... et d'autres régions. Rien ne les arrête, des gens sans foi ni loi.
Qui vous dit que la France n'est pas déjà livrées pieds et mains liés aux américains?

2.Posté par throne le 27/07/2007 18:50 | Alerter
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les methodes et le "style" sarkozi ne laissent aucun doute sur la question.
Et en ce moment je me demande de quel manière le peuple pourra s'organiser pour destituer, par la force s'il le faut, le president de ses fonctions. Il est impensable qu'un peuple se laisse entrainer par le fond.

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