Géopolitique et stratégie

Quelle politique socio-économique de l'Algérie face à la crise mondiale ?



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Dimanche 22 Mars 2009

Interview du docteur Abderrhamane MEBTOUL expert international, professeur des universités Ex président du Conseil Algérien des Privatisations Au plus grand quotidien financier des Emirats Arabes Unies Alroya Aleqtissadia News Paper -Abou Dhabi - le 18 mars 2009- Quelle politique socio-économique de l’Algérie face à la crise mondiale ? Question 1- La crise mondiale touche t-elle l’Algérie ? C’est un sujet d’une brûlante actualité comme le démontre les inquiétudes des dirigeants des plus grand pays du monde. . Quelles peuvent être les vraies répercussions de cette crise financière internationale, qui ébranle l’économie mondiale dans son ensemble ? En été 2007, au lendemain de l’éclatement de la crise, plusieurs responsables algériens affirmaient, « nous n’avons rien à craindre » avant de faire volte face. A l’instar de bon nombre de pays du Tiers monde sommes nous, grâce au sous-développement immunisé car étant toujours en crise ? Or, je ne vois pas sous cet angle car l’Algérie possède des potentialités n’est pas une île déserte. Certes, cette crise ne touche pas le système financier algérien dans la mesure où n’existent pas de véritables banques, ni de bourses de valeur reliés aux réseaux mondiaux comme dans votre pays, et le dinar n’est pas convertible. Cependant les recettes en devises proviennent pour plus de 98% des hydrocarbures, le prix du gaz étant indexé sur celui du pétrole et toute décroissance de l’économie mondiale a des répercussions sur la demande et donc des recettes du pays. Car c’est une question de demande d’hydrocarbures et non d ‘offre ce qui explique que les différentes réunions de l’OPEP qui représente d’ailleurs moins de 40% de la production commercialisée mondiale aient eu un impact limité perdant d’ailleurs avec les différentes réductions de quotas des parts de marché au profit des pays non OPEP, la discipline sein de l’OPEP étant loin d’être respectée. Or la crise mondiale, touche tous les pays sans exception : les pays développés, USA, Japon, toute l’Europe des 27, et tous les pays émergents dont la Chine, la Russie, l’Inde, le Brésil, la Corée du Sud, la Turquie qui tirait la croissance de l’économie mondiale, ces pays représentant plus de 70% de la demande mondiale. Ignorer la crise, outre que ce genre de discours démobilise la population parabolée, constatant le malaise économique et social à travers le monde. C’est comme un malade qui craignant le pire, ne veut pas voir un médecin, voulant vivre d’illusions à savoir un retour rapide d’un cours élevé du dollar et du pétrole à 100 dollars le baril. Question 2 Le programme de financement 2009/2014 de l’Algérie sera t –il réalisé ? Après une dépense monétaire de plus de 150 milliards de dollars entre 2004/2008 dont 90% proviennent des dépenses publiques donc des hydrocarbures , le gouvernement algérien a prévu 150 milliards de dollars de dépenses publiques entre 2009/2014 soit à prix constants de l’année 2000, 100 milliards de dollars tenant compte de la dépréciation du dollar et de l’inflation mondiale, car il faut éviter l’erreur de raisonner à prix courants car un cours du baril à 50 dollars en mars 2009 équivaut à environ à 30 dollars au prix de 2000.Or,le cours du pétrole étant libellé en dollars, toute dépréciation du dollar se répercute sur la parité du pouvoir d’achat en autres monnaies qui s’apprécient et cela devient plus dramatique s’il y a reprise de l’inflation mondiale, comme cela risque d’être le cas avec probabilité d’une dépréciation du dollar. L’Algérie a entre 140 et 150 milliards de dollars de réserves de change et a un stock de la dette inférieure à 5 milliards de dollars. Au rythme des dépenses 2008, dont les importations ont connu une envolée( 40 milliards de dollars, et tenant copte des transferts de dividendes,plus services y compris les associés de Sonatrach, des nouveaux besoins d’investissement (l’Etat investit à 100% ou étant majoritaire selon les directives depuis décembre 2008 ) des plans de financement de Sonatrach ( 63 milliards de dollars) et 15 milliards de dollars de Sonelgaz , le problème de financement ne se pose pendant trois années si le cours est entre 50/55 dollars toujours à prix constant, des tensions budgétaires devraient se manifester fin 2011. A un cours entre 40/45 dollars toujours à prix constants et si l’on maintient le même rythme des dépenses et sans améliorer la gouvernance, la gestion qui étant souvent défectueuse, des tensions budgétaires devraient se manifester fin 2010.Le cours souhaitable pour l’Algérie est entre 75/80 dollars le baril. Question 3 Les dernières mesures gouvernementales ne sont-elles pas un retour sur les réformes promises par le gouvernement algérien ? L’Algérie depuis 1995 a réussi la stabilisation macro-économique. Mais cette stabilisation serait est éphémère sans de profondes réformes structurelles à savoir les réformes micro-économiques et institutionnelles qui accusent un retard important, expliquant la faiblesse de l‘entreprise qu’elle soit publique ou privée (le monopole source de surcoût et de gaspillage étant dominant avec la faiblesse d un environnement concurrentiel permettant des rentes au profit d’une minorité) et donc la production et les exportations hors hydrocarbures. L’Algérie est en transition depuis 1986, n’étant ni dans une économie de marché véritable malgré qu’elle soit liée à un Accord de zone de libre échange avec l’Europe qui a défini le cadre de libéralisation, et que le gouvernement algérien a ratifié en toute souveraineté, ni une économie administrée, expliquant les différents dysfonctionnements tant politiques économiques que sociales. Cela renvoie à la refonte de l‘Etat par une lutte contre la bureaucratie et la corruption, la sphère informelle drainant plus de 40% de la masse monétaire en circulation étant la résultante, le système financier sclérosé (guichets administratifs) , le foncier et l’inadaptation du système socio-éducatif. En fait le blocage est d’ordre systémique. Aussi je pense à la lumière de l’expérience de la crise récente, que ce serait une lourde erreur stratégique de penser que c’est un retour au communisme, donc de l’étatisme en précisant que la théorie keynésienne en vogue actuellement s’inscrit dans le cadre d’une libéralisation maîtrisée donnant le primat au secteur privé créateur de richesses à travers une politique de déficit budgétaire ciblée. Car, la véritable économie de marché concurrentielle suppose une régulation forte de l’Etat et du fait de l’interdépendance des économies en ce XXIème siècle, contrairement à la période de la crise de 1929, une régulation mondiale. Et ce afin de synchroniser la sphère réelle et financière, concilier la dynamique économique avec une plus grande cohésion sociale. Le retour à l’étatisme serait suicidaire pour l’Algérie comme serait suicidaire le protectionnisme pour l’économie mondiale. La crise économique actuelle est structurelle et non conjoncturelle. Il faut savoir qu’un taux de croissance se calcule par rapport à la période antérieure et une croissance après à un taux négatif de l’année précédente donne toujours un taux faible. Comme après une grave maladie , la convalescence durera de longues années, au minimum jusqu’en 2014/2015 si les thérapeutiques s’avèrent efficaces et donc qu’une légère reprise soit effective début 2011, pour que l’économie mondiale retrouve son ancien niveau . Mais cette crise imposera une nouvelle reconfiguration géopolitique et économique au niveau mondial qui devrait avec de nouveaux acteurs comme les pays émergents par la prise en compte du nouveau défi écologique, impliquant de grands ensembles économiques. Ce qui pose d’ailleurs l’urgence pour nos pays de penser véritablement à une véritable intégration des économies arabes et plus près de mon pays accélérer l’intégration maghrébine sans oublier le continent Afrique enjeu du XXIème siècle. Pour répondre donc directement votre question, je ne pense pas que l’Algérie s’oriente vers l’étatisme ce qui équivaudrait à dire qu’elle rejoindrait le seul pays du monde à savoir la Corée du Nord. L’option de l’économie de marché et l’approfondissement des réformes dans un cadre maîtrisée grâce au rôle actif de l’Etat régulateur, sont des options irréversibles même si elles sont freinées momentanément par des couches sociales très actives rattachées aux intérêts de la rente. Alroya Aleqtissadia News Paper -Abou Dhabi – du 18 mars 2009 NB- en langue arabe, ci-joint texte en français


Dimanche 22 Mars 2009


Commentaires

1.Posté par hamou le 22/03/2009 12:28 | Alerter
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si si si ..rien de concret
L algerie aura son Darfur bientot

2.Posté par Aigle le 22/03/2009 14:51 | Alerter
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A chaque saison le theoricien theorique se la ramene avec des nuances nuancées ..............

3.Posté par Tarik le 22/03/2009 17:33 | Alerter
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Etrange vraiment etrange, je ne suis pas de formation économique mais de formation scientifque et pourtant , m'interressant a l'économie depuis pas mal de temps , je suis les évolutions tout en constatant et en déduisant certaines conclusions et force de dire que sans etre magicien cette crise etait depuis longtemps prévisible car des pays comme les USA et l'UE ne pouvaient continuer a etre des ilôts de prosperité issus d'un Pouvoir Divin , oui ce sont des etres de chair et d'os comme l'ensemble des etres de la création et si a un certain moment de leur histoire ( CAR LES USA ET L'EUROPE SONT LE PRDUIT d'un accident de l'HISTOIRE ), ces pays ont su profiter de la faiblesse et de l'ignorance dans laquelle etaient maintenus par la force des armes presque l'ensemble des autres pays de la planete , cet etat de grâce ne pouvait continuer indefiniment et leur atout maitre sur lequel reposait leur domination a savoir l'emission de monnaies Dollars US et Euros europeens , se retournerait un jour ou l'autre contre eux , ils ne pouvaient continuer a consommer indefiniment seuls et les autres peuples se contenter d'etre spectateurs ...voici venu le temps où tou doit etre remis a plat !
Tout cela pour en revenir a notre cher "Expert International " ( il s'appropie des titres que nul autre ne lui a octroyé ) ..monsieur Metboul parle et reparle dans ses écris sans consistance aucune , il évoque l'Algerie en se contentant 'indiquer des chiffres qui ne sont en aucune façon verifiables tout en evoquant la crise internationale .......mais tous les pays ayant une ECONOMIE sont touchés sauf que : l'ALGERIE N'A PAS D'ECONOMIE !!!! .....c'est juste une bande de malfrats qui se sont accaparés ce que l'on appelle BANQUE NATIONALE qui n'est autre qu'un guichet de transfert d'argent vers d'autres cieux plus clements ..
Pour etre en phase disons que : AUCUN PAYS ARABE N'A UNE ECONOMIE au sens noble du terme ...PAR CONSEQUENT on ne peut les considerer comme faisant partie integrante du systeme économique mondial et les évoquer c'est quelque part n'avoir rien compris en économie !
Désolé cher Mr Metboul , je ne sais où vous avez décroché vos titres en économie mais vous devez vous recycler et en URGENCE SVP .
tiens pendant que vous y etes je vais m'attibuer un titre : "scientifique économe " qu'en pensez vous ? ça doit faire un peu smart ..non !!!

4.Posté par hak le 22/03/2009 17:38 | Alerter
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achetez de l'or l'€ et le $ c'est du papier...

5.Posté par hamid14 le 22/03/2009 18:01 | Alerter
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qu'est ce que c'est que cet article ? qu'est ce que c'est que cet expert international ?
parler de l'algerie comme d'un pays qui a une economie "normale" !
c'est contribuer au mensonge et a la supercherie socio-economico-politique que vit ce pays, toute personne qui s'exprime sur l 'algerie comme si de rien n'etait est suspecte car ca permet au systeme mafieux en place de continuer a reigner dans l'ombre en toute tranquilité ! donc cet expert est soit completement a coté de la plaque ,soit c 'est un agent du systeme
la situation de ce pays est desastreuse sur tous les plans , l'algerie a été detournée et braquée comme on braque une banque ;sauf que tout est presenté de maniere a ce que les gens pensent que tout va bien : un president , un gouvernement , des partis politiques,une assemblée...une economie , tout ca n'est que mensonge ,les responsables ? les services occidentaux et des algeriens corrompus et traitres a leur nation !


6.Posté par mourad le 22/03/2009 18:01 | Alerter
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bien dis tarek , au pays de bledmiki tout est permis.Des voyous sans foi ni loi ont pris en otages l algerie et les algeriens.

7.Posté par zenbreko le 23/03/2009 10:09 | Alerter
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Sur ton precedent article ,moi j'attends toujour que tu repondes a ma question de savoir ce que represente les dix (10) milliards de dollars de benefices et de dividendes que l' algerie paie??, et a qui elle paie?? , et contre qu' elle service rendus,??.S' agissant de la crise actuelle et suite a la baisse des revenus peroliers ,le danger viendrait plus de la tentation de recourir au FMI qui comme le debut des années 80 a plier voir meme a detruit l' algerie pour le rembourssement la dette .Les 200 000 morts ne sont etrangers au systeme monetaire et financier international et la finalité economique est maintenant palpable . C'est une erreur de penser que le fait que l' algerie avec son dinar qui n'est pas coté a la bourse car non convertible soit une garantie pour echapper a la crise , car les repercussions sur les importations sont desastreuses pour une economie qui fonctionne totalement avec des produits importés. La recommandation essentielle pour notre part encore une fois nous le repetons c'est d'eviter le
FMI ,parceque les financiers et les oligarchies internationale pensent qu'on pretant de l'argent qui est au depart de 3 % la premiere année et devient a 24 % la deuxieme année , sans negliger l'effet devastateur des fonds vautours qui rachettent les dettes des pays endettés pour pouvoir les etouffés et les detruire facilement comme en argentine. C'est etonnant de la part du FMI qui insiste pour octroyer des prets aus pays du SUD. Il pense que c'est une partie de la solution de la crise qui touche les USA et l' Europe , encore milles fois ATTENTION au FMI.

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