Politique Nationale/Internationale

Quel statut juridique pour les soldats français de l’armée israélienne ?


Alors que le ministre israélien de la Défense, Amir Peretz, à la double nationalité israélienne et marocaine, vient d’être mis en examen au Maroc pour crime contre l’humanité, notre collaborateur René Naba s’interroge sur le statut légal des Français servant sous l’uniforme israélien. Ils pourraient être poursuivis devant les juridictions françaises pour leur complicité dans les crimes commis par Israël au Liban.


René Naba
Jeudi 10 Août 2006

Arno Klarsfeld, conseiller du ministre français de l’Intérieur Nicolas Sarkozy et réserviste de l’armée israélienne, risque-t-il d’être poursuivi en France pour complicité dans les crimes de guerre commis par Israël au Liban ?
Arno Klarsfeld, conseiller du ministre français de l’Intérieur Nicolas Sarkozy et réserviste de l’armée israélienne, risque-t-il d’être poursuivi en France pour complicité dans les crimes de guerre commis par Israël au Liban ?

par René Naba*


Un citoyen français engagé volontaire dans une armée étrangère en opération de guerre contre un peuple ami, sans mandat explicite du gouvernement français, peut-il se prévaloir de la nationalité française ?





Le mutisme est complet sur ce point, refoulé au tréfonds du subconscient national telle une consigne implicite tant de la classe politique que dans les médias. Certes le sujet fâche, car il fait tâche. Mais la solidarité avec Israël, pour légitime qu’elle puisse être pour de larges secteurs de l’opinon occidentale, ne saurait occulter le débat de fond que cette question pose tant au niveau du droit que de la morale.

La situation de Gilad Shalit présente en la circonstance un parfait cas d’école. À ce titre, il peut paraitre opportun qu’il soit soumis, pour avis, aux autorités juridictionnelles compétentes (Conseil d’État, ministère de la Justice) tant il est vrai qu’ une réponse circonstanciée en la matière ferait œuvre de jurisprudence à l’effet de lever les ambiguités futures.

Caporal de l’armée israélienne capturé le 25 juin 2006 par des Palestiniens, Gilad Shalit peut-il se prévaloir de la nationalité française et réclamer es-qualité l’intervention diplomatique du gouvernement français ? Son engagement dans l’armée israélienne, sans mandat gouvernemental français, entraîne-t-il, sinon la déchéance de sa nationalité, à tout le moins la caducité de son droit à invoquer la protection de la nationalité française ?

Le Quai d’Orsay a donné à savoir à diverses reprises qu’il s’impliquait dans la libération du caporal Shalit — non pas tant pour des raisons humanitaires ce qui peut paraître concevable, mais du fait de sa « nationalité française » —, omettant de préciser que ce citoyen se trouvait en opération de guerre dans une armée étrangère contre un peuple supposé ami de la France, le peuple palestinien.

Mutatis mutandis, un Français de confession musulmane qui choisit d’effectuer son service militaire au Soudan en guerre contre le Tchad, ou un arabe chrétien de nationalité française qui sert dans les rangs de l’armée ivoirienne, continueraient-ils de bénéficier, eux, de la protection de la nationalite française dans l’hypothèse de leur capture où péseraient sur eux immanquablement la suspicion.

Le cas de Gilad Shalit ne constitue pas un cas isolé. Ainsi un bi-national franco-allemand qui choisit de servir le drapeau d’un pays tiers par affinité religieuse, en exerçant non une option de nationalité mais une requête en naturalisation, a-t-il vocation à assumer des fonctions de conseiller ministériel dans son pays d’origine ?

Son statut de réserviste d’une armée en guerre contre un pays ami de la France, à tout moment réquisitionnable, lui confère-t-il la quiétude suffisante dans la gestion d’un sujet aussi épineux que celui des « sans papiers » ? Cette situation juridiquement sinon exorbitante du moins insolite, ne le place-t-elle pas en porte-à-faux dans sa fonction, en cas de mobilisation de son armée d’affectation ?

La nomination de Arno Klarsfeld, avocat français et réserviste de l’armée israélienne, au poste de conseiller du ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy sanctionne-t-elle la carence française dans le domaine des compétences ou relève-telle d’une manœuvre électoraliste ?

Au-delà du cas Shalit, se pose le problème plus général de la dualité d’allégeance des bi-nationaux franco-israéliens, (ou franco-arabes ou franco-africains de confession chrétienne ou musulmane) dans l’exercice de responsabilités politiques ou militaires en France ou en Israël, particulièrement en temps de guerre.

La double allégance justifie-t-elle la confusion juridique ? Exonère-telle de toute obligation de réserve au point de se vivre comme un passe-droit ? Cela préfigure-t-il la collaboration future entre les diverses composantes de l’« Axe du Bien », telle qu’elle est préconisée par les néo-conservateurs états-uniens et leurs relais français ? Un axe constitué, selon ses promoteurs, par les États-Unis, Israël, et au-delà par la droite française et le judaïsme institutionnel français (face à un « Axe du Mal » regroupant grosso modo le tiers-monde arabo-musulman bariolé) ; un axe auquel le ralliement de Philippe de Villers, représentant de la droite traditionnelle, découvreur des mosquées souterraines de l’aéroport de Roissy, est la manifestation la plus pathétiquement symptomatique.

La question peut paraitre dérisoire au regard des enjeux de puissance que sous-tend cette nouvelle guerre du Liban, des morts et destructions de l’été 2006 qui s’en sont suivis tant au Liban qu’en Palestine et en Israël même.

Alors que la France s’emploie activement à retrouver un rôle diplomatique au Proche-Orient, il importe que le droit soit dit et redit tant il est vrai que les grandes civilisations se meurent des entorses répétitives qu’elles commettent à l’encontre de leurs propres principes.

Toute explication sur une question qui demeure dans le flou près de quatre semaines après la capture du soldat israélien de nationalité française serait la bienvenue pour l’édification des générartions futures.

René Naba
Collaborateur d’Intelligencia. Ancien responsable du monde arabo-musulman au service diplomtique de l’Agence France presse (1978-1990), ancien conseiller du directeur-général de RMC pour l’information (1989-1994). Derniers ouvrages parus : Du Bougnoule au sauvageon, voyage dans l’imaginaire français (L’Hamattan, 2002) et Aux origines de la tragédie arabe (Bachari, 2006).




Jeudi 10 Août 2006



Commentaires

1.Posté par B.H le 10/08/2006 18:26 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

Israel = les criminels de tous les coins du monde

Il ya eccèption de l'application de la loi quand il s'agit d'un criminel d'Israel, dans ce cas il ya application du chantage et de pression économique et politique par les défendeurs des criminels d'Israel bien entendu.

2.Posté par Steve le 11/08/2006 02:16 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

LE PAPE a écrit :
Assourdissant silence, les sept péchés capitaux d’Israël.



vendredi 21 juillet 2006 , par A.J.M.



Nous recherchons désespérément les sionistes Français. Eux qui, d’habitude, n’hésitent pas à s’attaquer à des symboles comme l’Abbé Pierre, sont aux abonnés absents avec la nouvelle guerre Proche-orientale d’Israël. Aucun commentaire ni protestation. Certains en privé commencent à accuser Jacques Chirac de partialité pour ne pas dire d’antisémitisme à demi-mot et ceci, lorsqu’on fait un petit tour sur le site de la LDJ.

Israël est, n’ayons pas peur des mots, l’incarnation même du mal absolu. Cet Etat préfabriqué fait du mal aux autres, sans exclusive depuis 60 ans. Lorsque l’opinion américaine se rendra compte de la supercherie, il y aura des cris et des grincements de dents. Qu’est-ce qui caractérise au juste ce petit pays d’à peine 21000m² qui sème autant la pagaille et la mort ? Voici ses sept péchés capitaux que nous allons décrypter et dont nous sommes finalement les complices. En 1921, Albert Einstein disait : « Le monde est dangereux à vivre ! Non pas tant à cause de ceux qui font le mal(Israël), mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire(Nous) ».



Le mensonge

Globalement, depuis sa création, Israël est la Nation la plus hors la loi qui soit. Par ses actes surtout. Programme nucléaire secret, assassinats "ciblés", terrorisme d’état... De mémoire d’homme, après les Etats-Unis et leur bombe à Hiroshima et Nagasaki, un pays n’a autant outrepassé ses droits en donnant autant la mort. Empêtré dans un monde chimérique, Israël pense avoir, à lui tout seul, le droit de parler, de penser, de diriger sans demander l’avis de quiconque. La Charte des Nations Unis n’est qu’une broutille à ses yeux. La moindre protestation de son pouvoir qu’il pense détenir d’un Dieu hypothétique car "Dieu est amour" me disait ma mère, fait de lui pense-t-il, une "superpuissance" voir une "hyperpuissance" chère au yeux d’Hubert Védrine.

Israël est tellement imbu de lui même qu’il n’arrive plus à faire le distinguo entre le bien et le mal. C’est ainsi que par omission et volontairement d’ailleurs, il ment, ment, ment tellement que, son nez semble s’allonger plus que celui de Pinocchio. Faut-il encore rappeler à Israël que les récits génésiaques sont tous faux (des archéologues israéliens l’ont encore prouvé) ? Faut-il lui demander à perpétuité, pour qu’il ait la paix, de retourner à ses frontières originelles ? Israël nous brandit la catastrophe que peut engendrer ce départ auprès de ses colons. Pense-t-il à son tour à ceux qui étaient là avant lui ? Que vivent ces gens chassés de leurs terres depuis des décennies ? Piégé, Israël (par l’intermédiaire de ses gouvernants pour la plupart laïcs et athées) nous brandit alors son récit religieux millénaire. Nous sommes pourtant au 21e siècle et le mensonge se poursuit...


La convoitise

Tous les baudets qui phagocytent nos médias à satiété ont un unique but. C’est celui d’éviter qu’il y ait une voix dissonante que dis-je, que la vérité sorte de la bouche d’une tierce personne, honnête et éprise de justice. "Il n’y a pas pire aveugle que celui qui refuse de voir" dit le dicton. Israël spolie les biens d’autrui en toute impunité. Le seul but de ce pays depuis 1948, est finalement de tuer, en s’accaparant des biens des autres de Gaza au Liban. La vérité sort peu à peu, tout le monde constate que cette opération allait avoir lieu, avec ou sans enlèvement des soldats. Israël veut affaiblir le Liban pour rester le seul leader régional en matière économique. Les pôles économiques sont systématiquement détruits. Les Palestiniens finiront-ils de la sorte ? A regarder de plus près, on constate qu’Israël maudit l’existence des autres aux Proche-Orient car voulant être seul sur ces terres. Est-ce pour cela qu’il crée du désordre ? Probablement. Tout est, me semble-t-il, programmé depuis belle lurette.


Le vol

De Gaza au Liban en passant par la Cisjordanie, le vol se fait sans honte. Son rêve est un grand Israël utopique. Son histoire ressemble à celle de Jean sans terre par conséquent, n’ayant pas de glèbe, il faut s’en procurer par tous les moyens possibles et inimaginables. Plus voleur que ce pays tu meurs. Il a lu l’Ancien Testament à l’envers, les yeux bandés et tenant en plus, le livre dans son dos. Allez comprendre ! Son interprétation est tellement tronquée que même un bébé peut déceler l’arnaque. Son alpha et son oméga demeurent la guerre, encore et toujours. Ensuite, la pratique de la politique du « no man’s land » vient s’appliquer aux principes morbides du détournement organisé. Pourtant, il a chassé auparavant les vrais habitants. La spoliation à outrance donc se poursuit. Et, pour valider son forfait, cet état, père du terrorisme, n’hésite plus à faire un mur. Son mur d’Apartheid est enjolivé par le sobriquet fantaisiste de « mur de protection »...


La pyromanie

Depuis sa création, l’Etat hébreu est un pompier pyromane. Il allume à tout va des feux et, lorsque leurs supposés ennemis à leur tour ripostent en allumant des contre-feux, il crie au loup. Tel est son parcours auréolé de provocations, d’incendies volontaires et d’auto-attaques à la Alex Moïse. En surfant sur la vague de l’extrémisme, aussi bien religieux qu’idéologique, il noue tout seul à son coup, des nœuds coulants, crée des arabesques tel un grand maître, et croit pouvoir triompher à tous les coups. Hélas pour lui, le Hezbollah aujourd’hui lui répond. De mémoire d’Israélien, jamais autant, l’inquiétude ne s’est lue sur les visages. A quoi s’attendait-il ce monstre raciste ? A des caresses probablement de la part de ses poulains ? D’où viennent le Hamas et le Hezbollah spectres des attentats que l’Etat hébreux craint et redoute pour les jours à venir ?


Le terrorisme

Au-delà de son terrorisme d’état dont la barbarie aveugle n’est plus à démontrer depuis 60 ans, certains journalistes font semblant de découvrir les méthodes sionistes. Lorsque les « Rabbins des bois » des colonies appellent à l’extermination, on peut simplement dire que, la barbe ne fait pas le Rabbin aussi bien que l’habit ne fait pas le moine. On reconnaît néanmoins le moine par l’habit. Explication : Ce ne sont point des hommes de Dieu comme ils le prétendent. Israël est par là, l’expression même du terrorisme, la terreur incarnée. Savez-vous que la première bombe et les premiers attentats qu’il y a eu au Proche-Orient sont le fait des sionistes ? Pendant ce temps là, ils chassaient l’ennemi Anglais, celui-là même à l’origine de son implantation en Palestine. quelle ingratitude ! Les héritiers de Herzl nourrissaient déjà des projets diaboliques d’un Etat soi-disant pur. Qui est donc le père du terrorisme Proche oriental ? Vous avez maintenant la réponse.


Le cynisme

En s’accaparant des terres d’autrui, Israël a créé le Hamas et le Hezbollah ou parti de Dieu. Aujourd’hui, beaucoup de journalistes considèrent ces partis comme étant des partis terroristes or, ce sont des résistants simplement. Pourquoi ? Le Hezbollah est né en 1982 avec l’envahissement du territoire libanais par... Israël. Plus concrètement, il a érigé ses statuts dès 1985. La facilité avec laquelle on les qualifie sans évoquer leurs histoires est simplement malhonnête.

Le Hezbollah n’allait jamais naître si Israël n’était pas entré au Liban. Ce parti Chiite qui a juste deux ministres dans le gouvernement libanais n’a qu’une main mise dans le Sud libanais. Or, l’Etat hors la loi d’Israël ne se limite pas dans le Sud. Alors, pourquoi bombarder l’ensemble du Liban ? Par méchanceté bien sûr. Sur le plan démographique,économique et sociétal, le Liban se reconstituait tandis que de l’autre côté, la pénurie matrimoniale fait craindre on ne sait trop quoi. Le Hamas, acronyme de Harakat al-Muqawana al islamiya ou mouvement de résistance islamique a aussi vu le jour, grâce aux exactions de l’etat juif. Le loup-garou a crée des monstres à son image ? Que nenni ! Le but d’Israël est l’extermination des peuples autochtones tandis que les autres revendiquent leur dû, c’est à dire leur terre simplement. Donc nuance. C’est ici qu’il y a une grosse différence. Selon vous, qui est le plus à blâmer ? Sans passion aucune et sans haine, on sait où se trouve le méchant. Pour cela, il ne faut pas avoir bac plus mille. !


L’autisme

L’évidence est là mais, personne ne s’engouffre enfin dans la vérité. A part Chirac dont le discours reste lisse par crainte qu’il ne soit traîné dans la boue avec le chantage à l’antisémitisme, seul Dieudonné a eu un communiqué ferme. Lorsqu’on voit le procès en sorcellerie qu’on lui intenta après son sketch sur le colon facho, on a l’impression que cet homme est un visionnaire. Que se passe-t-il aujourd’hui ? Un terrorisme d’état, qui, en permanence, se fait passer lâchement pour victime. Donner la mort pour la mort, sans avoir à mesurer les conséquences désastreuses sur des innocents.

Israël donne à ses détracteurs et à tous les égarés qui le suivent aveuglément, la chance enfin de se faire entendre. Oui, il est grand temps de dire non à ces sept péchés qui ne grandissent pas Israël, pays théocratique, dit démocratique..., qui fait des coups d’états hors de ses frontières. L’assourdissant silence complice se poursuit. Nous sommes tous responsables de la mort de nombreux Palestiniens et de nombreux Libanais....pour trois soldats « sacrés » de Tsahal qui seraient à la maison s’il y avait eu négociation... Leurs morts pèsent très lourd sur la balance de nos consciences.

Israël ne veut pas la paix. S’il y a cette envie, il faut simplement libérer les prisonniers de ces pays à savoir la Palestine et le Liban. Il ne le fera jamais car, cette guerre et cette haine perpétuelle permet sa survie et non l’inverse. Personne ne veut détruire Israël, c’est un leurre. Que ce mensonge cesse enfin. Levons-nous tous !


A.J.M.


3.Posté par liberty le 11/08/2006 13:34 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

Visitez le site :

http://www.liberty.1accesshost.com

VIDEOS | Politique Nationale/Internationale | Propagande médiatique, politique, idéologique | Société | Histoire et repères | Conflits et guerres actuelles | Néolibéralisme et conséquences

Publicité

Brèves



Commentaires