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Que cachent les délires sionistes de Manuel Valls ?


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Samedi 22 Mars 2014

Que cachent les délires sionistes de Manuel Valls ?

Manuel Valls croit à la théorie du Choc des civilisations et il a choisi son camp : Israël et ses vassaux occidentaux. Pas une semaine ne se passe sans qu’il ne manifeste avec ferveur les liens qui l’unissent à l’État hébreu. Le 18 mars, il vient apporter son soutien à David Habib, candidat PS aux municipales de Pau et "ami personnel" du Ministre. Pour mémoire, vice-Président du Groupe d’amitié France-Israël, David Habib est aussi l’un des rares signataires du Parti Socialiste de la « Lettre ouverte au président de la République » (alors Nicolas Sarkozy) lui demandant de s’opposer à la reconnaissance d’un État palestinien… Le lendemain même, il prononce un discours à l’esplanade du Trocadéro à l’occasion du rassemblement organisé par le CRIF en hommage aux victimes de  Mohamed Mehra, dans lequel il assimile antisionisme et antisémitisme et traîne dans la boue ceux qui osent critiquer la politique de l’État hébreu. Ces prises de position font écho à ses nombreuses professions de foi en faveur d’Israël, notamment à celle prononcée sur Radio J en novembre 2012, au moment même où l’armée israélienne déployait l’opération Pilier de défense  dans la bande de Gaza qui s’est soldée par des centaines de morts et des milliers de blessés, côté palestinien.

La communauté musulmane en France ne bénéficie pas des mêmes attentions, loin s’en faut : sorties sur l’Islam (au Conseil des Ministres) qu’il estime incompatible avec la démocratie, campagnes islamophobes à répétition, interdiction d’une manifestation contre un film raciste antimusulman, promotion agressive de la laïcité contre la communauté musulmane, déni de l’islamophobie (il récuse d’ailleurs le terme même en accréditant le mythe de son invention par des intégristes iraniens dans les années 1970). Lors du meeting du 27 novembre dernier à la Mutualité pour « défendre la République contre les extrémismes » il est allé jusqu’à mettre sur le même pied extrême-droite et communautarisme religieux – comprendre "musulman"  (voir ici  à 2’05). Les musulmans ne se trompent pas en estimant à une très large majorité (77 %) que le PS est un parti islamophobe et raciste.

Cette inégalité de traitement ne fait que refléter la politique extérieure menée par la France. Sur les dossiers Syrien, Iranien ou Ukrainien, le gouvernement  est totalement aligné sur les intérêts d’Israël, achevant la rupture d’avec la politique gaullienne, plus équilibrée, qui a fait un temps l’honneur de la France. Et quand il s’agit de défendre ses propres intérêts impérialistes, le gouvernement ne fait que reprendre la rhétorique néoconservatrice de la "guerre contre le terrorisme" pour l’appliquer au Mali et en République Centrafricaine. La France, pays le plus sioniste du monde ? C’est en tout cas le seul où appeler au boycott de produits israéliens est passible de poursuites pénales.

Le sionisme professé par le gouvernement ne doit rien au hasard : il permet de réduire l’antiracisme à une lutte contre l’antisémitisme puis, par glissement, contre l’antisionisme pour finalement légitimer la politique d’Israël en prohibant toute critique à son encontre, alors que l’État hébreu qui pratique sans vergogne une politique d’apartheid est l’un des plus racistes au monde. L’o bsession antisémite de Manuel Valls n’est que le masque d’une allégeance absolue à Israël. Victime collatérale  de cette politique, le musulman devient un bouc émissaire parfait, isolé, dominé et sans soutiens politiques, au prix d’ailleurs d’une montée en force de l’islamophobie en France  bien utile au gouvernement pour masquer la faillite de sa politique en ces temps de crise.

Mais le sionisme est plus qu’une affaire de famille, quoi qu’en dise Manuel Valls : c’est le pendant idéologique des politiques économiques menées par le gouvernement socialiste en faveur du libre-échange et des intérêts de l’oligarchie. Il sert, à terme, le projet d’une gouvernance globale de la finance sur les peuples et les nations dont on voit déjà les prémices à l’échelle européenne et qui prendra demain la forme d’un gouvernement mondial ayant Jérusalem pour capitale. L’expérience de la Grèce,  laboratoire de la dictature intégrale de la finance, est appelée à se généraliser notamment à travers la mise en place d’un grand marché transatlantique UE-USA qui laminera ce qu’il reste de droit du travail et de protections sociales de part et d’autre de l’Atlantique. Le sionisme déborde de beaucoup la question palestinienne. Il est un levier idéologique pour soumettre les populations aux exigences du Nouvel Ordre Mondial. Pour cette raison, la propagande sioniste du gouvernement ne peut que s’intensifier au fur et à mesure de l’aggravation de la crise économique et financière et de la radicalisation des contradictions impérialistes, comme on l’observe depuis le virage atlantiste du quinquennat Sarkozy.
 

 




Nicolas Bourgoin

Nicolas Bourgoin est démographe, maître de conférences à l’Université de Franche-Comté, membre du Laboratoire de Sociologie et d’Anthropologie de l’Université de Franche-Comté (LASA-UFC). Il est l’auteur de trois ouvrages : La révolution sécuritaire aux Éditions Champ Social (2013), Le suicide en prison (Paris, L’Harmattan, 1994) et Les chiffres du crime. Statistiques criminelles et contrôle social (Paris, L’Harmattan, 2008).

http://bourgoinblog.wordpress.com/
 

 



Samedi 22 Mars 2014


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