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Quand nous serons en janvier


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Lundi 24 Novembre 2008

Quand nous serons en janvier
Le Hamas est décidé : Mahmoud Abbas ne restera président après le 9 janvier 2009 que s’il y a un « accord global »

Dina Ezzat - Al Ahram Weekly

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Moussa Abou Marzouk, chef-adjoint du politburo du Hamas

Moussa Abou Marzouk, chef-adjoint du politburo du Hamas, en poste à Damas, ne s’engage pas au sujet des entretiens sur la réconciliation nationale palestinienne qui ont été ajournés avant même d’avoir commencé au début du mois au Caire. Il dit toutefois sans ambages que le 9 janvier se termine la présidence de Mahmoud Abbas, dirigeant du Fatah, et adversaire acharné du Hamas. Toute tentative de reconduire son mandat par la force, que ce soit de façon directe ou indirecte, créera un grave problème politique sur la scène palestinienne, beaucoup plus sérieux que celui qu’ont créé les deux années d’animosité entre le Hamas et le Fatah.

Faisant allusion à l’éventuelle réaction du Hamas « oui, nous pourrions avoir deux présidents » a dit Abou Marzouk depuis son domicile de Damas cette semaine.

Pour le Hamas, et certains disent pour le Jihad islamique et d’autres factions palestiniennes islamistes et de gauche, Abbas perdra automatiquement sa légitimité le 9 janvier. « Toute tentative de réinterpréter la loi fondamentale palestinienne afin de reconduire son mandat n’aurait simplement aucune légitimité. Nous ne le reconnaitrons pas comme président un seul jour de plus après le 9 janvier. Il lui reste donc deux mois (moins de deux mois) », a dit Abou Marzouk.

Le dirigeant du Hamas n’a toutefois pas exclu un accord par lequel le Hamas et ses alliés politiques pourraient accepter la reconduction du mandat d’Abbas comme présidant de l’Autorité palestinienne (AP) ou comme président palestinien. « Mais ce sera par le biais d’un paquet politique et il faut que celui-ci soit adopté par le Conseil législatif palestinien ». Pour le Hamas, le paquet doit inclure des progrès.

Tout d’abord et avant tout, les organes de sécurité de l’Autorité palestinienne en Cisjordanie doivent cesser de viser les membres et les sympathisants du Hamas dont le harcèlemen, disent les dirigeants du Hamas, a augmenté systématiquement en coopération avec Israël dans le but de satisfaire certaines capitales régionales et mondiales. « Abbas prétend que ces personnes sont détenues pour des raisons de « sécurité ». Quels détenus de sécurité ? Ce sont des membres de la résistance qu’Abbas met en prison » a dit Abou Marzouk. En outre, le Hamas veut avoir l’assurance que ce ne sera pas uniquement par tactique - pour obtenir la reconduction de la présidence d’Abbas - qu’on cessera de viser des éléments du Hamas, .

Deuxièmement, le Hamas exige la réforme de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) qui, selon lui, est injustement contrôlé par le Fatah. Selon le Hamas et d’autres factions politiques, voire selon certains éléments du Fatah, le moment est venu pour l’OLP de refléter plus fidèlement l’équilibre du pouvoir politique sur la scène palestinienne actuelle. En prenant un rôle influent au sein de l’OLP, le Hamas espère pouvoir bloquer certains engagements qu’Abbas semble prêt à prendre unilatéralement contre les intérêts du peuple palestinien. « Il a fait beaucoup trop de concessions. Pendant son mandat, il a fait beaucoup de tort à la cause palestinienne » a dit Abou Marzouk.

Troisièmement, le Hamas veut faire partie d’un gouvernement de coalition avec le Fatah, même si la grande majorité des membres du cabinet sont des technocrates. Le Hamas veut que cessent les souffrances des Palestiniens de Gaza qui, en passant, appuient majoritairement le mouvement islamique. « Ce qui se passe à Gaza viole de toute évidence le droit humanitaire international. Ceci ne peut être toléré » a dit Abou Marzouk.

Selon ce dernier, la médiation égyptienne de réconciliation était censée aboutir à un paquet qui fasse droit aux exigences du Hamas et réponde au désir de Abbas de rester en poste un peu plus longtemps - Abou Marzouk n’a pas précisé pendant combien de temps. Abou Marzouk rejette fermement les « allégations » selon lesquelles le Hamas aurait compromis un dialogue qui, selon lui, aurait permis d’aboutir à cet arrangement. En ce qui le concerne, c’est par hostilité à son encontre qu’Abbas et les Égyptiens ont annulé, à la dernière minute, le dialogue qui devait se dérouler au Caire le 10 novembre.

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Mahmoud Abbas ne dit pas comment organiser des élections anticipées sans accord du mouvement Hamas - Photo : AFP

Abou Marzouk a confirmé que le Hamas et l’équipe de médiation égyptienne étaient arrivées à un accord satisfaisant pour toutes les parties qui aurait été adopté comme base de dialogue. Selon Abou Marzouk, le Hamas a reçu un document d’Omar Suleiman, chef des renseignements égyptiens, concernant le sort de la présidence palestinienne, les dispositions en matière de sécurité à Gaza et en Cisjordanie, les propositions quant aux nouvelles dates pour les élections présidentielles et législatives et la composition du gouvernement et de l’OLP.

Le Hamas à apporté certains changements qui ont été négociés avec l’Égypte. « Quand un accord sur ce document s’est révélé difficile, le ministre Suleiman en a proposé un autre qui a été largement accepté » dit Abou Marzouk.

Les points litigieux concernent toutefois le ferme refus par Abbas de libérer quelque 600 prisonniers du Hamas des prisons de Cisjordanie et l’insistance de l’Égypte pour qu’Abbas préside la séance d’inauguration du dialogue. Selon Abou Marzouk, le Hamas ne pouvait pas tolérer qu’Abbas se retrouve à la même table que Suleiman, le secrétaire général de la Ligue arabe ainsi que les ministres des affaires étrangères des « pays arabes du front" et de l’Arabie Saoudite (qui préside actuellement le conseil des ministres arabes des affaires étrangères).

Ce plan de table aurait signifié qu’Abbas est un médiateur alors qu’il est simplement et strictement un adversaire" a dit Abou Marzouk. Le Hamas, a-t-il ajouté, ne pouvait pas accepter qu’Abbas fasse le discours d’inauguration sans assister à aucune séance de négociation ; il y aurait délégué Nabil Shaath, son représentant spécial en Égypte. « Qu’est-ce que cela laissait entendre ? Cela signifiait simplement que le monde considèrerait Abbas comme le dirigeant suprême et incontesté de tous les Palestiniens. Et ce n’est pas le cas. » a dit Abou Marzouk.

Pour le Hamas, la question-clé touche à la légitimité. « Abbas possède la légitimité parce qu’il a été élu comme président de l’Autorité palestinienne et le Hamas possède la légitimité parce qu’il est majoritaire au conseil législatif palestinien. Dans le système palestinien, il y a deux légitimités. Notre système est un système parlementaire et présidentiel ; il n’est pas simplement présidentiel. Toute solution aurait dû se fonder sur cette base évidente » a précisé Abou Marzouk.

Malgré son insistance emphatique, Abou Marzouk n’était pas certain que son message avait été compris et accepté que ce soit par l’Égypte, en tant que médiateur potentiel, ou par le Fatah, l’autre partie palestinienne. Le Hamas, a-t-il dit, est prêt à travailler à un accord. « Je dirais que nous espérons toujours une réconciliation. Je ne dirais pas que la médiation égyptienne a échoué. Toutefois, je ne sais pas si l’Égypte reprendra ses efforts » a-t-il dit.

Selon Abou Marzouk, la poursuite du dialogue est une priorité pour Abbas étant donné qu’il veut rester en poste en tant que président reconnu et légal. « En fait, c’est la seule raison pour laquelle Abbas a finalement accepté de poursuivre ce dialogue national que le Hamas suggère à l’Égypte depuis l’été de 2007 » a-t-il dit.

Cette semaine, le Secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, a rencontré à Damas Abou Marzouk et Khaled Mechaal, chef du Hamas. Abou Marzouk n’a pas souhaité révéler les détails de cette réunion qui selon certaines sources à Damas auraient aussi inclus un effort de médiation. Tout ce que about Marzouk a bien voulu dire au sujet de la réunion est que les Arabes pourraient faciliter un arrangement palestinien s’ils prenaient une position neutre et médiane entre les parties en conflit.

Abou Marzouk a conclu « de toute manière l’Égypte restera le principal médiateur ».

20 novembre 2008 - Cet article peut être consulté ici :
http://weekly.ahram.org.eg/2008/923...
Traduction : amg

http://www.info-palestine.net http://www.info-palestine.net



Lundi 24 Novembre 2008


Commentaires

1.Posté par claudio le 24/11/2008 14:03 | Alerter
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Mahmoud Abbas n'est pas l'homme de la situation en Palestine occupée et Ramallah, c'est un peu le Vichy de chez nous pendant la guerre !

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