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Quand le "président des droits de l'Homme" faisait des courbettes au boucher de Tripoli


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Olivier Bonnet
Mercredi 23 Février 2011

Quand le "président des droits de l'Homme" faisait des courbettes au boucher de Tripoli
« Ne cherchez plus de traces de la visite de Kadhafi à Paris en 2007 sur le site de la présidence de la République : comme les staliniens tentaient de réécrire l’histoire en supprimant des photos officielles les visages des dignitaires purgés, Nicolas Sarkozy a fait effacer les photos et vidéos rappelant le compromettant épisode. Ridicule et dérisoire : comme si cela suffisait à le faire oublier ! » Voilà ce que nous avions d’abord écrit, avant que ne tombe le démenti de l’Elysée, selon lequel lesdites photos n’auraient tout simplement jamais été publiées sur le site. Nous nous étions appuyé sur l’information livrée par le chroniqueur invité du Post RichardTrois – article supprimé depuis – et reprise ensuite  ce matin sur France Inter. Impossible de trancher cette polémique sans la preuve formelle (une capture d’écran ou la trace dans le cache de Google). [Edit : Owni prouve à l'instant que l'Elysée a menti !] Mais de toute façon, avec ou sans photos sur le site officiel, las pour le « président des droits de l’Homme », Internet fourmille d’informations sur la façon dont il s’était alors compromis, comme par exemple cette vidéo qui le montrait en décembre 2007 s’approcher du tyran libyen pour lui sussurer au creux de l’oreille : « Je suis très heureux de vous recevoir à Paris ». La journaliste commentait : « Nicolas Sarkozy assume. Le colonel Kadhafi rejoindra bien Paris lundi pour six jours de visite officielle » [en fait, ce sera cinq, NdA]. Les réactions n’avaient à l’époque pas manqué, récapitulées dans notre billet titré Kadhafi Circus : french Tour 2007, à commencer par celle de la secrétaire d’Etat aux droits de l’Homme d’alors, Rama Yade : « Le colonel Kadhafi doit comprendre que notre pays n’est pas un paillasson, sur lequel un dirigeant, terroriste ou non, peut venir s’essuyer les pieds du sang de ses forfaits. La France ne doit pas recevoir ce baiser de la mort. (…) Je serais encore plus gênée si la diplomatie française se contente de signer des contrats commerciaux, sans exiger de lui des garanties en matière de droits de l’Homme. C’est un devoir : la France n’est pas qu’une balance commerciale ». Patrick Ollier, le même à s’être laissé inviter par un proche du dictateur ben Ali avec sa compagne Michèle Alliot-Marie en Tunisie, en pleine révolution, avait poussé des hauts cris d’indignation : « Je pense qu’il est regrettable que des membres du gouvernement fassent des déclarations qui vont à l’encontre de la politique voulue par Nicolas Sarkozy. Je n’ai pas de conseils à donner au président de la République mais ceci est inacceptable, et je suis convaincu que le gouvernement et le président feront ce qu’il y a à faire ». La secrétaire d’Etat sera finalement simplement convoquée à l’Elysée, sans une quelconque déclaration à l’issue de ce supposé remontage de bretelles. Marianne explique le pourquoi de la prise de position de l’actuel ministre des Relations avec le parlement : « Patrick Ollier est un vieil ami de Kadhafi, président du groupe d’amitié France-Libye, qu’il a fondé, jusqu’à son entrée récente au gouvernement, il est le Monsieur Libye du gouvernement et même pour certains l’ambassadeur « officieux » du Guide en France. Médiateur très actif, « facilitateur », présent derrière toutes les reprises de contacts avec la Libye depuis 2002 et les négociations de contrats  civils ou militaires, après la levée de l’embargo sur les ventes d’armes décidée le 11 octobre 2004 par l’Union Européenne. Patrick Ollier s’était montré particulièrement présent lors de la première visite à Tripoli de Jacques Chirac, les 23 et 24 novembre 2004, auprès des entreprises françaises d’armement qui craignaient d’arriver un peu tard dans le pays. «Sous la pression des milieux d’affaires français (Thalès, Dassault, Total, EADS), le chef de l’Etat a dû avaler toutes les fantaisies et les arabesques du «Guide», à l’instar de sa demande pressante de nucléaire civil pour mettre Jacques Chirac en porte à faux avec les Américains», écrivait alors Maghreb confidentiel. » Le chroniqueur-éditeur-blogueur Guy Birenbaum exhume l’interview sur Europe 1 durant laquelle Ollier s’était comporté, lors de la visite du chef d’Etat libyen à Paris, sous le titre explicite de Quand Patrick Ollier jouait les agents de Kadhafi…
Puisque viennent d’être mentionnées « toutes les fantaisies et les arabesques du Guide », rappelons qu’il avait obtenu l’autorisation d’installer sa tente bédouine dans le parc de l’hôtel Marigny… Bref, la France lui a déroulé le tapis rouge, ce qui explique la déclaration suivante : « Nous ne sommes pas toujours exemplaires dans notre politique vis-à-vis des immigrés en France mais se faire donner la leçon par Kadhafi ici dans une visite où on lui déploie tous les fastes de la République, c’est une faute de la politique française » : Bertrand Delanoë, maire de Paris, résumait assez bien les cinq jours de visite de Kadhafi, qu’il jugeait « indécents », stigmatisant « une espèce d’arrogance et une débauche de frime particulièrement déplacée ». Mais quelle est cette leçon donnée par Kadhafi à propos des immigrés ? Verbatim croisés : « J’ai dit au président Kadhafi combien il fallait continuer à progresser sur le chemin des droits de l’homme, dans tous ses aspects, tout ce qu’il restait à faire«  : Nicolas Sarkozy, qui tentait de rassurer tout le monde. Non, il n’avait pas baissé sa culotte ! Voire… « Nous n’avons pas évoqué, moi et le président Sarkozy, ces sujets » : Mouammar Kadhafi, qui traitait ainsi le Président de menteur ! « Les Européens font de la surenchère sur les droits de l’Homme et nous interrogent sur le respect des droits de l’Homme dans nos pays. Les étrangers sont maltraités en Europe, et eux nous demandent de respecter les droits de l’Homme ! » : Kadhafi reprenait la main, infligeant une véritable humiliation à Sarkozy. « Nous Africains sommes victimes d’injustices. Ils (les Occidentaux) nous ont transportés ici comme du bétail pour faire les travaux pénibles et sales, et ils nous rejettent dans les banlieues des villes et lorsqu’on revendique nos droits, on se fait taper dessus par la police. » Nous commentions alors ainsi : « Résumons-nous : la France a reçu Kadhafi parce qu’il progresse sur le plan des droits de l’Homme et qu’il faut l’encourager, version officielle. Dans les faits, il nie un quelconque problème de cet ordre dans son pays, ce qui est une curieuse façon de démontrer ses progrès, convenons-en. Mais au moins le Président Sarkozy l’a-t-il admonesté sur ce chapitre ? Le Libyen, en tout cas, le nie. Et se permet de faire la leçon à la France du ministère de la Persécution des étrangers, qui y prête le flanc ô combien, il est vrai. Cacophonie totale, démentis, contre-démentis… Derrière tout cela, le spectacle affligeant d’une diplomatie capitularde, qui baillonne ses principes au nom des intérêts financiers. Vous avez dit « rupture » ? »
Parlons-en, des intérêts financiers ! Ils étaient justement le sujet abordé le 13 décembre 2007 sur plumedepresse, sous le titre de Contrats libyens : l’arnaque des 10 milliards. Voici ce que nous écrivions : « Toutes les réticences droit-de-l’hommistes devant le tapis rouge déroulé pour le dictateur libyen ne seraient qu’irresponsables divagations de traîtres à la patrie, qui n’applaudissent pas les 10 milliards d’euros de contrats qu’aurait rapportée sa visite à Paris. L’argument est déjà contestable en soi. Mais pire, les 10 milliards ne sont en fait que des plans tirés sur la comète, du vent ! Explications.
Passent encore les critiques sur la faible véhémence officielle de la France concernant le problème des droits de l’Homme : on a laissé deux sous-fifres – la potiche et le potichon des Affaires étrangères – exprimer une désapprobation de façade, tandis qu’on déroulait le tapis rouge au dictateur libyen. On l’a reçu sans ciller une deuxième fois à l’Elysée, après qu’il a traité son hôte, le Président Sarkozy, de menteur, avant de dénoncer les violations françaises des droits de l’Homme des immigrés devant l’Unesco. Mais il faudrait tolérer l’humiliation infligée à la diplomatie française et le reniement de ses principes par l’ex patrie des droits de l’Homme pour une bonne raison : les contrats. Ces fameux milliards. Une dizaine, estime l’Elysée. Qui ne craint pas d’annoncer la création de 30 000 emplois sur 5 ans ! Et tous les médias en boucle de ressortir le chiffre : « ont été signés des contrats pour un montant de 10 milliards ». Dame, 10 milliards, t’entends Marcel ? Et 30 000 emplois ! Il est fort quand même ce Sarkozy !
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Sauf que lorsqu’on se penche sur le détail des contrats, ce qu’a fait Grégoire Biseau dans les colonnes de Libération, on s’aperçoit vite que cette somme n’est qu’une monstrueuse exagération. Détaillons, en commençant par les contrats militaires : « Là c’est le grand flou puisque l’Elysée se contentait, hier, de répertorier une liste de matériels d’un «montant potentiel de 4,5 milliards d’euros». Mais aucun contrat ferme, juste «un mémorandum sur la coopération en matière d’armement», dans lequel l’Elysée espère fourguer notamment 14 Rafale, une cinquantaine de blindés et 35 hélicoptères Eurocopter, filiale d’EADS. «Mais aujourd’hui, on n’a aucun élément précis sur les volumes, les types d’appareil et donc les montants d’un contrat. On ne sait pas très bien ce qui va remonter de cette négociation globale», relève un cadre d’Eurocopter ». Autrement dit, on ne sait rien de ce que va réellement rapporter ce volet des accords franco-libyens et avancer la somme de 4,5 milliards, même en précisant que le montant est « potentiel », est une escroquerie !
La coopération nucléaire ? Deux milliards, avance l’Elysée. Pour « la fourniture de un ou plusieurs réacteurs pour le dessalement de l’eau de mer », à laquelle s’ajouterait un soutien « à l’exploration et à l’exploitation de l’uranium ». Mais Grégoire Biseau nuance : « Pour Areva, la vente d’une telle centrale si elle se réalise, mettra au minimum plusieurs années avant d’être concrétisée ». Voilà donc deux nouveaux milliards hautement hypothétiques. On nous parle aussi de l’extension de l’aéroport de Tripoli, contrat obtenu par Vinci, et d’un autre de gestion d’eau potable, signé par Veolia. Pour deux milliards, là encore. Et toujours du vent, comme l’explique implacablement Libération : « Hier, il suffisait d’interroger les industriels concernés, pour mesurer leur embarras. «On n’a rien signé du tout. Sur l’annonce de l’Elysée, on ne souhaite pas faire de commentaire» (un cadre de Veolia). «L’extension de l’aéroport de Tripoli ? Oui, on en a entendu parler, mais aujourd’hui, ce n’est qu’un projet comme on en a plein dans d’autres pays» (un cadre de Vinci).«  Et les Airbus alors, voilà de vrais bons milliards, non ? Certes, mais les 21 appareils achetés par les deux compagnies aériennes libyennes ne représentent que la confirmation d’un accord signé en juin dernier au salon du Bourget, soit avant la libération des infirmières ! Les 2,17 milliards d’euros de ce contrat (et pas 2,7, l’Elysée s’est « trompé » de 530 millions dans son estimation, d’après Airbus) sont donc bien réels mais il est parfaitement malhonnête de les mettre au crédit de la visite de Kadhafi à Paris. Alors que reste-t-il finalement ? « Le seul contrat commercial ferme signé (en dehors des 21 Airbus qui de toute façon auraient été vendus) était à mettre à profit d’Areva pour du matériel de transmission et de distribution d’électricité, pour un montant de 300 millions d’euros », assène la conclusion de Grégoire Biseau. De 300 millions à 10 milliards : le sarkozisme n’est décidément pas à un mensonge près, fût-il si grossier. »
Aujourd’hui, on frissonne rétrospectivement et l’on ne peut que se réjouir que les contrats d’armement n’aient pas été effectivement concrétisés ! « Le bilan de la répression sanglante de la contestation en Libye ne cesse de s’aggraver selon les chiffres fournis par les organisations humanitaires, résume Le Parisien. Entre 300 et 400 personnes seraient mortes depuis le 14 février. L’ONU confirme «des bombardements, des utilisations d’avions pour tirer sur les foules». Et réclame une enquête internationale indépendante, évoquant de possibles crimes contre l’humanité du régime Kadhafi. » Concluons avec Nicolas Sarkozy, déclarant le 13 novembre 2007, soit un mois avant de recevoir le boucher de Tripoli, en séance solennelle devant le parlement européen : « Tous ceux qui ont fait l’expérience de renoncer à la défense des droits de l’Homme au bénéfice de contrats n’ont pas eu les contrats et ont perdu sur le terrain des valeurs ». On ne le lui fait pas dire et il s’est même personnellement chargé de le prouver, ce guignol ! Alors Alliot-Marie, Ollier et Sarkozy, ce que les Tunisiens ont dit à ben Ali, les Egyptiens à Moubarak et les Libyens à Kadhafi est aussi valable pour vous : « dégage ! »
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Mercredi 23 Février 2011


Commentaires

1.Posté par oum sofiane le 24/02/2011 08:07 | Alerter
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je ne soutiens pas khadafi

c'est juste avant de le qualifier de boucher n'oubliez jamais jamais jamais les autres grands bouchers du siècle comme BUSCH SHARON ET TOUS CEUX QUI SE SUCCEDENT AUX COMMANDES D ISRAEL
CAR LES PLUS GRANDS BOUCHERS C'EST LES SIONISTES LES AMERICAINS

N'OUBLIEZ JAMAIS JAMAIS IRAK ABOU GHRAIB GUANTANAMO ETC..ETC...ET MAINTENANT AUSSI N'OUBLIEZ PAS LE VETO AMERICAIN QU'EST CE QUE CELA VEUT DIRE ? OBAMA A MIS UN VETO A L'ONU POUR L'AMOUR DE DIEU N'OUBLIEZ PAS QUI SONT LES GRANDS ENNEMIS DE L'HUMANITE

2.Posté par bolivario le 24/02/2011 17:54 | Alerter
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pour ce qui ai de savoir ce qui se passe chez khadaf c'est simple les satelites amerlok .ils savent tres bien ce qui se passe .quand a l'amitier entre ces 2 ordures(sarko et khadaf)sa na rien avoir avec les relations commercials.il faut plutot regarder vers la securité de l'etats sioniste.car les interet sioniste sont plus important que celle de la france au yeux de cette merde

3.Posté par tete froide le 26/02/2011 18:13 | Alerter
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ENCORE une fois la poignée de main des FRANCS MACONS....
qu'ils viennent pas nous faire chier , c'est eux qui ont du sang sur les mains,

4.Posté par Zouzou39 le 27/02/2011 14:20 | Alerter
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S'il ne faisait censurer que ce qui le concerne, ça irait, mais cet âne inculte fait censurer des vidéos d'artistes talentueux , des humoristes, et impose une propagande pitoyable en imposant ses idées misérables ! Doit on écouter massacrer DOUCE FRANCE en rital ou mater la derniére vidéo censurée de Rihanna ? Comment pourrait on aspirer à suivre un tel exemple ?

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