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Quand le gouverneur de la Banque de France craint le risque systémique des CDS


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Jeudi 22 Octobre 2009

Quand le gouverneur de la Banque de France craint le risque systémique des CDS
Dans un article du 19 octobre publié dans le Financial Times, Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France et membre du conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) fait part de quelques réflexions sur le rapport de la BCE Credit Default Swaps and Counterparty Risk (août 2009), un rapport auquel la Banque de France a contribué.

Sans offrir une alternative réellement satisfaisante, Christian Noyer définit clairement les risques posés par certains produits financiers dérivés, en particulier la bulle des Credit Default Swaps (CDS), en français évènements sur dérivés de crédit.

Les CDS sont considérés comme une des causes de la chute, le 15 septembre 2008, d’American International Group (AIG) et de la propagation incontrôlée des risques de crédit. Le marché des CDS est passé de 6396 milliards de dollars US fin 2004 à 57894 milliards fin 2007, prenant le caractère d’une énorme bulle. La banque Lehman Brothers était le premier acteur sur ce marché jusqu’à sa faillite. Les CDS, échangés hors bilan et hors bourse, permettaient de contourner toutes les règles prudentielles.

Christian Noyer souligne que « le marché se concentre de plus en plus sur un petit nombre d’institutions. En Europe, les deux tiers de l’exposition des CDS reposent sur les 10 contreparties les plus importantes. Au niveau mondial, cinq banques – dont deux basées en Europe – représentent la moitié du marché des CDS ».

En réalité, depuis le début de la désintégration financière, « plusieurs contreparties majeures ont quitté le marché » et « les hedge funds n’interviennent que pour 10% dans les transactions de CDS. Un tel niveau de concentration représente un facteur de vulnérabilité et un risque de liquidité du marché ».

Le gouverneur s’inquiète sur « le caractère interconnecté du marché des CDS. En fait, non seulement les grands acteurs du marché des CDS transigent principalement entre eux, mais ils émettent de plus en plus de garanties contre leur propre défauts : 60% des contrats sur des entités non souveraines sont en réalité des garanties pour les mêmes émetteurs de CDS. En d’autres termes, les émetteurs garantissent des émetteurs sur des risques encourus sur le marché des émetteurs. Cette circularité implique que la répartition des risques est moindre qu’initialement prévu ».

Pour Christian Noyer, la concentration et l’interconnectivité du marché des CDS « amplifie le risque de contrepartie et les conséquences systémiques potentielles de la chute d’un grand acteur du marché. C’est pour cela que les autorités ont vigoureusement promu la compensation (clearing) des CDS par des contreparties centrales (CCP) ». Cependant, étant donné que les chambres de compensation concentrent ce risque, elles « restent vulnérables face au défaut d’un grand acteur ».

Commentaire de Jacques Cheminade.

Les réflexions de Christian Noyer sont extrêmement révélatrices. Elles signifient qu’aux plus hauts niveaux de responsabilité, l’on est parfaitement conscient du risque de voir s’effondrer tout le système par « circularité » ou plutôt par consanguinité. Au fur et à mesure que leurs opérations sont devenues plus risquées et moins adossées à des actifs réels,de moins en moins dejoueurs ont de plus en plus échangé entre eux des garanties contre leurs propres défauts. Avec des instruments mathématiques parfois extrêmement sophistiqués, cela revient à émettre ce que jadis on appelait des effets de cavalerie. Le risque (appelé de contrepartie) est qu’une des parties ne puisse pas couvrir, ce qui amènerait un effondrement de l’ensemble par effet domino. Or l’Etat américain, qui a pu faire face dans le cas d’AIG, en renflouant l’assureur perdant pour qu’il puisse rembourser les banquiers gagnants (Goldman Sachs, Deutsche Bank, Société Générale, BNP...), ne pourra pas désormais être toujours là. En effet, ce serait alors la crédibilité même du dollar qui serait en jeu, comme celle du mark en 1923, avec les conséquences que l’on sait. La situation, comme le dit bien Christian Noyer, est aujourd’hui du même type, sinon exactement demême nature,en Europe.

L’on sait que quand ceux du haut doivent admettre leur vulnérabilité, et que la colère gagne ceux du bas, la situation devient révolutionnaire. Nous y sommes aux Etats-Unis, nous y serons bientôt en Europe. Après ceux de l’Orient, les grands timoniers de l’Occident sont en train de perdre leurs timons. Nous voici dans la mer haute et houleuse des vagues de renflouement de moins en moins physiquement contrôlées. Les animaux sont malades de la peste, et leur seule chance de survie sociale est qu’ils ne se comportent plus comme des animaux, mais comme des êtres humains créateurs agissant dans l’intérêt des générations à naître, et non pariant sur des « futures ».


Article :Les premières mesures du "Plan LaRouche" pour sauver l’économie mondiale

http://www.solidariteetprogres.org/ http://www.solidariteetprogres.org/



Jeudi 22 Octobre 2009


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