Economie

Quand le FMI entonne un air de pipeau



Damien Millet, Éric Toussaint
Samedi 1 Août 2009

Quand le FMI entonne un air de pipeau

Visiblement, le Fonds monétaire international (FMI) apprécie d’occuper la une des pages économiques des journaux pendant la période estivale. C’est pourquoi Dominique Strauss-Kahn, son directeur général, a annoncé le 29 juillet dernier « une série de mesures historiques » qui ressemble bien davantage, pour les pays en développement, à une série de coups d’épée dans l’eau.

Première mesure : le FMI a décidé « la suspension du paiement des intérêts sur l’encours des prêts concessionnels pour tous les pays membres à faible revenu jusqu’à la fin de 2011 ». L’annonce est séduisante, mais la réalité est tout autre. D’abord, seuls les intérêts sont concernés, et pour une durée limitée. Le capital sera remboursé dans sa totalité et le paiement des intérêts reprendra dès le début de 2012. Ensuite, le taux d’intérêt auquel le FMI prête aux pays les plus pauvres est d’habitude très faible : de l’ordre de 0,5%. Le taux va donc passer de 0,5% à 0% pendant deux ans et demi. Il n’y a pas là de quoi faire bondir de joie les populations des quelque 80 pays concernés…

Deuxième mesure : le FMI va accroître ses prêts à destination de ces pays, pour un montant estimé à 17 milliards de dollars d’ici à 2014, dont 8 dans les deux années à venir. Mais d’une part, ce montant est très faible face aux 1 430 milliards de dollars correspondant à la dette extérieure publique de l’ensemble des pays en développement, et cet apport éventuel sera très insuffisant pour faire face aux effets de la crise économique qui frappe le monde depuis la mi-2007. C’est presque autant que le seul prêt accordé à l’Ukraine en novembre dernier. Et d’autre part, il s’agit de prêts, que ces pays devront de toute façon rembourser prochainement, prêts de surcroît assortis de conditionnalités néolibérales strictes : seuls les pays dociles y auront droit. Ce faisant, le FMI les pousse vers une nouvelle crise de la dette, puisque leurs revenus d’exportation ont baissé depuis 2008 et que la crise mondiale fait sentir ses effets en détériorant nettement leur situation financière.

On le voit, il n’y a là rien de nature à soulager les souffrances durablement des peuples du Sud. Au lieu d’apporter une solution économique, le FMI essaie plutôt de redorer son blason après une longue période de graves difficultés pour cette institution dont les erreurs et les errements ont jalonné les trente dernières années de l’actualité internationale. Après avoir imposé des politiques d’ajustement structurel aux conséquences humaines dramatiques depuis les années 1980, le FMI a traversé une grave crise de légitimité. Détesté à juste titre dans les pays du Sud, le FMI a vu ses deux derniers présidents (l’Allemand Horst Köhler et l’Espagnol Rodrigo de Rato) démissionner avant la fin de leur mandat. Quand les cours des matières premières sont partis en flèche entre 2004 et 2008, les pays émergents ont commencé à accumuler d’importantes réserves de change avec lesquelles nombre d’entre eux (Argentine, Brésil, Uruguay, Philippines, Indonésie…) se sont dépêchés de rembourser par anticipation le FMI pour quitter son encombrante tutelle. A tel point que les créances détenues par le FMI ont fondu, passant de 106,8 milliards de dollars fin 2003 à 15,5 milliards fin 2007. D’autre part, la Chine s’est mise à prêter sans conditionnalité aux pays les plus pauvres, au premier rang desquels les pays d’Afrique subsaharienne. En somme, alors que les populations du Sud refusaient la logique imposée par le FMI depuis longtemps, les clients ont commencé à déserter, et même les directeurs quittaient le navire…

Dans ce contexte, la crise économique mondiale a représenté une réelle opportunité pour le FMI. Les premiers pays en difficulté (notamment ceux d’Europe de l’Est) ont eu recours à ses prêts pour faire face à la crise, malgré les conditionnalités qui y sont attachées. Les remèdes sont bien pâles, quand ils n’aggravent pas eux-mêmes les effets de la crise. Ainsi, sous la pression du FMI, la Lettonie a imposé une baisse de 15% des revenus des fonctionnaires, la Hongrie leur a supprimé le 13e mois (après avoir réduit les retraites dans le cadre d’un accord antérieur) et la Roumanie est sur le point de s’engager aussi dans cette voie. La potion est tellement amère que certains gouvernements hésitent fortement.

En avril dernier, le G20 qui s’est réuni à Londres a décidé de faire du FMI un acteur majeur de la sortie capitaliste de la crise qu’il tente de mettre en œuvre, notamment en lui fournissant des fonds supplémentaires. Les grands argentiers du monde s’efforcent de garder la main et de donner à un FMI discrédité et délégitimé le rôle du chevalier blanc qui va aider les pauvres à faire face aux ravages de cette crise, quitte à piétiner les plates-bandes d’une Banque mondiale qui traverse des difficultés comparables.

Il faut empêcher le FMI de continuer à nuire, l’urgence est là. La solution est simple : l’abolition immédiate du FMI et son remplacement par une institution radicalement différente, centrée sur la satisfaction des besoins humains fondamentaux. Il faut dire que le G20 a diablement raison de mettre le FMI au centre de l’échiquier mondial : en termes d’échecs, le FMI est un véritable expert…



Lundi 3 Août 2009


Commentaires

1.Posté par fadi le 01/08/2009 13:47 | Alerter
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pourquoi les populations du sud continuent de payer pour des credits octroyer à leurs dictateurs,c'est illigitime que le FMI demandent que ces pays remboursent leurs dettes car
ses dectateurs n'etaient pas elu democratiquement donc les accords qui ont eaient signé
par le FMI et ses dectateurs n'ont aucune veleurs juridique si on prend aussi en compte que tous ces credits ont été detourné au profil des multinationales des pays creanciers
et aux amis et familles de ces dictateurs.
il faut porter la question devant les instances de justices internationales.

2.Posté par Navid le 01/08/2009 14:25 | Alerter
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Savez-vous que Dominique Strauss-Kahn, directeur général de FMI est un sioniste, ex-candidat de présidentielle français, ancien membre de la partie socialiste français ?
Donc FMI est une banque au service du sionisme et diriger par les sionistes.

3.Posté par L'avertisseur le 01/08/2009 14:45 | Alerter
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Y en a vraiment... ils ne savent pas ce qui les attend en enfer.

4.Posté par Virgile le 01/08/2009 15:37 | Alerter
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Dominique Strauss-Kahn est effectivement un "sioniste" acharné. Et c'est un pion important du Réseau R.T. Rotschild comme Kissinger, Wolfovich, Perle, etc. tout comme en France les Lévitte, Lelouch, Kouchner, Attali, etc.

"Il est le fils de Gilbert Strauss-Kahn et de Jacqueline Fellus d'origine Tunisienne. Issu d'une famille juive, il grandit à Agadir au Maroc, où il arrive en 1955. Il quitte le Maroc définitivement à la suite du tremblement de terre d'Agadir de 1960 , pour Monaco, puis Paris" - Source Wikipedia.

Pour ceux qui aurait des doutes sur DSK:
Dominique Strauss-Kahn, l’homme de « Condi » au FMI
http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=7012

Dominique Strauss-Khan collectionne les casseroles
http://www.futurquantique.org/politique/478-dominique-s

Insultes réitérées à la Nation française!
http://tolerance.over-blog.net/article-2714213.html


Et des tonnes d'autres du même acabit. Cherchez, vous trouverez ! A l'image du FMI, pilleurs de pauvres, DSK est réellement un escroc, tant moralement que "charnellement". (Affaire Méry, adultères, "affaires", etc..).

Bien entendu, il n'y a strictement AUCUNE conspiration mondiale talmudique, arrêtez votre parano. SVP, ils sont juste "élus" par copinage, c'est le pur hasard.



5.Posté par Maître Kenobi le 01/08/2009 22:48 | Alerter
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"Un séide de la pire espèce, roublard et mielleux..."

6.Posté par Le Kabyle le 02/08/2009 20:53 | Alerter
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Cette raclure sioniste fait partie du système(FMI,BM,etc.) qui affame les peuples du sud

7.Posté par goula le 03/08/2009 10:27 | Alerter
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en periode de recession, ce sont les etablissements ppreteurs qui devraient payer les interets !
hee oui, les etablissments preteurs perdent de l aregnt en periode de recession

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