Proche et Moyen-Orient

Quand la Turquie éternue, Israël et Washington s’enrhument


Décidément, rien n’arrête la Turquie. Ni l’arrogance israélienne, ni la mégalomanie étatsunienne. Ankara ne transige pas avec sa dignité, quiconque se hasarde à la piétiner, le fait à ses risques et périls.


Samedi 6 Mars 2010

Quand la Turquie éternue, Israël et Washington s’enrhument

En janvier dernier, les tensions entre la Turquie et Israël allaient dégénérer en une crise qui aurait pu conduire à la rupture des relations diplomatiques entre les deux parties. Et pour cause, un acte, pourtant dans les usages de Tel-Aviv, n’est pas passé,  pour le coup, inaperçu. Rappel des faits :  le vice-ministre des affaires étrangères de l’Etat hébreu, Danny Ayalon, a convoqué l’ambassadeur turc à Tel-Aviv et lui a fait subir sciemment la plus dure des humiliations, sous prétexte de la diffusion par la chaîne publique turque, d’un feuilleton qui montrait les Israéliens comme étant des criminels, et des tueurs d’enfants. En faisant passer le diplomate turc sous ses fourches caudines, le responsable israélien n’avait, à aucun moment, pensé que son agissement allait prendre des proportions aussi graves, côté turc. Mal lui en a pris. La réaction turque ne s’est pas faite attendre, et le tandem de l’exécutif Gül/Erdogan a exprimé violemment son courroux, exigeant des excuses immédiates d’Israël, sous peine de rappeler son ambassadeur à Tel-Aviv. L’Etat hébreu qui a cru pouvoir apaiser la colère de la Turquie par de simples excuses verbales a encore une fois sous-estimé l’obstination des Turcs et de leur gouvernement et leur attachement à leur dignité. Après flux et reflux, les tensions diplomatiques n’ont pu baisser d’un cran que suite à des excuses écrites, en bonne et due forme, de Tel-Aviv.

Cet épisode n’est pas sans rappeler les événements de ces derniers jours. Nœud de l’affaire : le vote d'une résolution reconnaissant le génocide arménien par la commission des Affaires étrangères de la chambre des représentants américains. Les Etats-Unis ont franchi par ce vote une ligne rouge, heurtant, de plein fouet, la sensibilité turque. Là aussi, les événements se sont précipités. Recep Tayyip Erdogan, Premier ministre turc, a exprimé sa contrariété envers ce vote, annoncant le rappel de l'ambassadeur turc à Washington pour consultations. Puis, c’est autour du ministre des affaires étrangères turc, Ahmet Davituglo, de monter au créneau signifiant qu’un tel vote risque de mettre à mal les relations turco-américaines. C’était suffisant pour secouer Washington, et le faire réfléchir. Hillary Clinton, traitant d’ordinaire ses interlocuteurs, a fortiori arabes, avec un air hautain et altier, s’est voulue conciliante. La secrétaire d’Etat américain a promis vendredi que l’administration Obama allait "travailler très dur" pour bloquer le vote au Congrès de cette résolution, et que Barak Obama fera tout ce qui est en son pouvoir, pour la paraphraser, en vue  barrer la route devant la résolution contestée au Congrès.

Moralité : la Turquie, l’héritière de l’empire ottoman, se veut être maîtresse de son destin. Ses gouvernants refusent d’être inféodés à l’axe américano-sioniste et de se soumettre à ses desiderata.

Même si son adhésion à l’Europe n’est pas acquise d’avance, elle ne se laisse pas décourager, et cherche, avec grande ingéniosité,  à consolider sa position sur l’échiquier mondial. Ses positions politiques courageuses envers les affaires du monde, notamment sur les questions palestinienne, syrienne, iranienne etc, son économie de plus en plus florissante qui conquiert sans cesse de  nouveaux marchés extérieurs, le rôle clef qu’elle joue d’ores et déjà au sein de l’OTAN (organisation de l’Alliance atlantique), sa positon géostratégique, sont autant d’atouts qui font d’elle un acteur qui se fait entendre et écouter, et avec qui on est obligé de compter.

La Turquie n’est pas arrivée à cette position par hasard, elle a œuvré pour cela. Elle est en train de cueillir les fruits de sa sagacité politique, alors que d’autres, ses voisins arabo-musulmans pour ne pas les citer,  n’ont fait que cueillir les épines de leur lâcheté chronique. Car, ils ont opté pour une démarche tout autre, celle qui consiste à ployer l’échine et à laisser à autrui la latitude de décider pour eux. Des décennies durant, ils n’ont pas cessé d’essuyer les échecs et d’avaler les couleuvres, mais rien n’y fait, leur politique est la même, immuable et inchangée…celle de l’asservissement qui n’a fait qu’enfanter des guerres, des souffrances et une érosion des droits de leurs peuples, avec l’honneur et la dignité en moins.

H.J.

http://www.gnet.tn/revue-de-presse-internationale/quand-la-turquie-eternue-israel-et-washington-senrhument/id-menu-957.html http://www.gnet.tn/revue-de-presse-internationale/quand-la-turquie-eternue-israel-et-washington-senrhument/id-menu-957.html



Samedi 6 Mars 2010


Commentaires

1.Posté par dik le 06/03/2010 19:48 | Alerter
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En présence d'ennemis puissants, la moindre faute dans la gouvernance entraîne un chantage des ennemis. Se soumettre à ce chantage, suscite d'autres plus graves encore et ainsi de suite, jusqu'à y perdre son âme. Mais quand on a tout simplement usurpé la Présidence et méprisé le droit et la démocratie, la fortune de son peuple et sa sécurité, que reste-t-il pour élever la voix, si ce n'est la corde au coup, qui fut au sens propre pour un certain Saddam.

Saddam avait donc osé élever la voix et eu droit à la corde! Cette tragédie et surtout celle de son peuple ne pouvait jamais avoir lieu si, auparavant, son parcours était "sans faute", normalement sanctionné par une réelle démocratie et surtout une alternance constitutionnelle.

L'exemple des dirigeants turques est là. Ils ne craignent que leurs électeurs, tout à leur honneur!

2.Posté par rajab le 06/03/2010 21:33 | Alerter
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une dignité que beaucoup de ces chiens, appelé "chefs de gouvernements" des pays arabes ont besoin.
Apprenez bande de chiens ou plutôt chiennes.

3.Posté par goy le 06/03/2010 21:56 | Alerter
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Tout à fait Rajab, ce sont des chiens dans la mesure où un chien reste fidèle à son maître, maître sioniste. Le pire est que le peuple arabe doit aussi assumer sa grande responsabilité en prenant son destin entre ses mains. Mais malheureusement, c'est plus facile de se plaindre que de réagir.
On a ce qu'on mérite.

4.Posté par Pour vous tous le 06/03/2010 22:37 | Alerter
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Vous me faites rigoler avec vos commentaires. La Turquie est membre de l’Otan, elle loge l’ambassade Israélienne, elle entretien une étroite relation avec Israël, et elle est entièrement dans la main des USA.
En ce moment juste le maitre USA veut punir son élève et esclave parce que Erdogan parle beaucoup sur la Gaza.

5.Posté par dik le 06/03/2010 23:59 | Alerter
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@Pour vous tous

C'est vous qui faites rire. La Turquie d'aujourd'hui n'a jamais été celle d'hier, grâce au parti du merveilleux couple Gül/Erdogan. Un parti qui a dû affronter ceux-là mêmes qui avaient mis le pays dans la main des usionnistes comme vous dites, et ce n'est pas rien. Arriver au pouvoir démocratiquement et entamer un changement de cap salvateur, politiquement, économiquement et socialement, est des plus admirables. Si la Turquie de Gül/Erdogan était un tant soit peu comme vous prétendez, elle serait aussi déchue, sinon pire que la Grèce à côté qui, elle, s'est jetée corps et âme dans les filets du NOM!

6.Posté par Romana le 07/03/2010 00:45 | Alerter
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Le khalifa renaîtra-t-il ou il est mort ?

7.Posté par les hommes du ribat le 07/03/2010 00:56 | Alerter
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bravo à la Turquie.


Mais aussi bravo à l Iran.Comment ont ils fait?
la Turquie a laissé dans l histoire contemporaine ,le souvenir d une nation guerrière et déterminée.malgré la défaite en 14.18 la Turquie n a pas été envahie.....
L Iran récemment a démontré son savoir faire militaire, contre l irak et tous ses alliés...puis au liban contre israel........

L occident a conscience de tout cela. Elle a aussi conscience des défaites militaires arabes, de leur trahison,et de la lacheté des gouvernements et du peuple......

La conséquence: c est le mépris qu affiche la diplomatie occidentale vis à vis des arabes et de leurs vélléités.

ARABES REVEILLEZ VOUS!!!!!



8.Posté par Brigitte le 07/03/2010 11:27 | Alerter
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La Turquie doit éviter le piège de rentrer dans l'UE, sinon elle retombera, comme tous les pays d'Europe, sous le joug des US. A moins qu'elle est la puissance de se faire moteur de l'Europe et de la sortir du traité de Lisbonne.

9.Posté par ali le 07/03/2010 14:21 | Alerter
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la Turquie fait parti de l'Otan, c'est l'un des rares pays à être allié de l'entité sioniste,.
Le vrai pouvoir est aux mains des militaires alliés yankees,alors est ce des gesticulations gratuites?

10.Posté par Emre le 08/03/2010 12:39 | Alerter
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@Pour vous tous...c'est justement parce qu'elle utilise les voies diplomatiques qu'elle n'est pas discreditee comme l'Iran l'est...quant tu utilises le meme language que les elites, il est plus facile d'avoir son mot a dire, sa position.
L'iran est une lumiere a mes yeux, c'est le pays qui montre le plus de signes pour un changement global de notre facon de vivre...mais le gouvernement Erdogan profite tres bien des acquis de nos elites sionisantes en Turquie, qui font qu'ils a toputes les cartes en main.

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