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Quand ça suffit, ça suffit ! Le cas pendable de Tony Greenstein


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Ce bref article a fort peu à voir avec la Palestine ; il ne porte pas sur la famine à Gaza, il ne dit rien des barrages israéliens sur les routes, il n’aborde pas le droit au retour des Palestiniens. Il n’aura aucun effet sur la situation en Palestine, ni sur l’énorme souffrance des Palestiniens.
Non ; il parle d’une poignée d’activistes juifs qui ont fait de la solidarité avec les Palestiniens un cauchemar permanent.

Par Gilad Atzmon


giladatzmon@yahoo.fr
Mercredi 25 Avril 2007

 Quand ça suffit, ça suffit ! Le cas pendable de Tony Greenstein
Cet article a été écrit alors que j’étais en proie à de douloureux élancements de ma conscience, persuadé que j’étais que je n’aurais jamais eu à revenir là-dessus…

Il est dédié, en particulier à Monsieur Tony Greenstein, un activiste de la « solidarité » avec la Palestine qui se voue entièrement à diffamer d’autres militants et à les couvrir de fange, en particulier des intellectuels non dénués d’un certain appétit continental.

Voici deux ans, je tombai sur son nom, par hasard, pour la première fois. C’était après que j’aie joué, au cours d’une matinée très émouvante, en commémoration du massacre de Deir Yassine.

L’événement était organisé par Deir Yassin Remembered [DYR] et ce fut, de très loin, la manifestation palestinienne et le rassemblement de Palestiniens les plus importants auxquels il me fut donné d’assister et de participer au Royaume-Uni.

J’eus le choc, quelques jours après, de découvrir qu’un groupe d’activistes juifs qui se qualifient eux-mêmes d"antisionistes ", pour une raison que j’ignore, étaient en train d’investir une quantité phénoménale d’énergie afin de dézinguer DYR.

Estomaqué par leur perversité, je me mis dès lors à surveiller l’activité des juifs du Royaume-Uni connu sous l’intitulé de " solidarité avec le peuple palestinien ".

Pour la première fois de ma vie, je fus confronté à la signification réelle de l’identité du juif de la diaspora ; pour la première fois, j’appris ce que sont vraiment la ségrégation et la haine [juive] envers les goyim [= les non-juifs, ndt]. Pour la première fois de ma vie, je pris conscience de l’étendue des désastres dont le lobbying juif est capable.

J’ai résumé mes impressions dans un pamphlet satirique composé de citations authentiques de propos tenu par ces mêmes JAZ [Jewish anti-Zionists] se comptant sur les doigts d’une seule main. Je l’ai intitulé Les Protocoles des Sages de Londres [The Protocols of The Elders of London]. Ce texte a largement circulé.

J’étais convaincu, à l’époque, qu’il aurait un impact positif en augmentant un tant soit peu le degré de prise de conscience de ces activistes. Et, de fait, certains d’entre eux ont démissionné de l’association connue sous le nom de Just Peace UK, d’où les citations reprises dans mon pamphlet provenaient pour partie : certains avouèrent leur sionisme et rejoignirent l’association Engage ; d’autres disparurent purement et simplement de la circulation… Mais les très rares restants allaient se venger : cela s’avéra, de fait, le début d’une guerre mondiale.

Tony Greenstein, un des activistes que j’avais cités, ne mit pas longtemps à trouver une occasion de frapper en retour. La deuxième fois où j’entendis parler de lui, ce fut lorsqu’il organisa un piquet de protestation contre moi, sur le trottoir, devant une librairie marxiste de Londres : Bookmarks.

Parce que j’avais mis en circulation un article de Paul Eisen, que Greenstein considère NASHD&M (Nazi, Anti-Semite, Holocaust Denier and a maggot) [nazi, antisémite, négationniste et asticot ]. Greenstein a essayé d’interrompre une de mes conférence, accusant le Parti Socialiste des Travailleurs [SWP] (un parti britannique) de donner une tribune à devinez un peu quoi ?

Un antisémite, un raciste, un nazi et un négationniste. Pour ça, il faut reconnaître que Greenstein et ses copains ne sont pas avares de noms d’oiseaux. Inutile de préciser que le SWP les a royalement ignorés.

Le temps passant, je vis Greenstein lancer des accusations dans toutes les directions possibles et imaginables, mais quelque chose de plutôt inhabituel se produisit. Voici de cela une semaine, Greenstein a publié une lettre dans le courrier des lecteurs [CIF : Comment Is Free] du quotidien The Guardian : encore une fois, il fustigeait DYR, accusant ses dirigeants d’être rien moins que des négationnistes et des antisémites.

Cette fois-ci, Greenstein & Co voulaient que le mouvement britannique Palestinian solidarity campaign (PSC) ostracise DYR. Cela, en dépit du fait que les commémorations de DYR sont probablement les rassemblements palestiniens les plus importants et ceux qui remportent le plus de succès en Grande-Bretagne.

Durant les premières heures consécutives à sa publication, le blog du Guardian se remplit des commentaires siono-centrés oiseux habituels, mais l’un d’entre eux émanait d’un inconnu se cachant sous le pseudo de Sachman, qui faisait allusion au passé de Greenstein :

« S’agit-il bien du même Tony Greenstein qui avait été exclu des Conférences de l’Union nationale des étudiants, dans les années 1980, pour avoir battu un étudiant juif ? »

Des voyants rouges se mirent à clignoter. Je me demandais s’il était possible que le même Greenstein qui avait fait un piquet de protestation à mon encontre, me qualifiant d’antisémite, eût été lui-même impliqué dans des actes de violence à l’encontre de juifs ?

Je dois avouer que je n’ai jamais été impliqué, en ce qui me concerne, dans un quelconque incident violent, que ce soit contre des juifs ou contre n’importe qui, y compris en tenant compte de mes trois années bousillées chez Tsahal.

J’étais interloqué : quoi, et ce type serait ce même Greensetein qui accuse mon ami, le militant Paul Eisen, l’homme le plus paisible que j’aie jamais rencontré, de racisme ??

A ce stade, j’étais totalement convaincu que les accusations contre Greenstein n’étaient rien d’autre que les rebuts de quelque usine sioniste. Je soulevai la question sur le blog Peacepalestine. Un flot d’informations dévastatrices concernant le passé de Greenstein ne tarda pas à se déverser.

Apparemment, Greenstein a beaucoup de choses à cacher ; son histoire personnelle est entachée d’activités illégales peu ragoûtantes. Mais ce n’est pas le sujet ici.

Peu m’importe le passé des gens. Reste que Greenstein est connu pour ses jugements moraux sur autrui. J’ai tendance à penser que les gens qui s’adonnent aux prêches moralisatrices devraient être eux-mêmes des modèles de clarté morale.

De plus, bien que considère que son passé est bien moins grave que ses agissements actuels, je pense qu’un homme politique qui lance des campagnes de diffamation potentiellement mortelles et des motions conter un mouvement international de solidarité avec les Palestiniens et des activistes de la solidarité devrait s’attendre à voir son propre passé exposé sur la place publique.

David Cameron, un dirigeant du parti conservateur, dût faire face à la résurgence d’une affaire de jeunesse impliquant l’usage de cannabis. Blair et Clinton durent faire face à la musique (tous deux à la guitare et au saxophone) de leurs anciennes turpitudes données en pâture à l’opinion publique durant leurs premières campagnes électorales.

Au cas où vous décideriez de faire une carrière politique, vous devez garder à l’esprit que votre passé tombe dans le domaine public…

Mais Greenstein ne l’entend manifestement pas de cette oreille. Ayant pris conscience du fait que nous étions quelques-uns qui nous apprêtions à apprendre des choses sur son passé très sérieusement délictueux, de nouvelles tactiques de menace furent mises en place, par ses soins.

Il est de fait que la loi britannique autorise des criminels prouvés de mentir sur leur passé après la période de préemption de leur culpabilité.

La loi est correcte, du point de vue moral : elle permet à la personne condamnée de tourner la page.

La loi britannique autorise M. Greenstein à mentir au sujet de son passé. Mais cela ne signifie nullement que le reste du monde doive nécessairement l’imiter !

Toutefois, que les gens mentent ou non sur leur passé ne m’intéresse pas ; ça n’est pas mes oignons. Néanmoins, quand un homme politique essaie de m’imposer un mensonge, je dois m’élever contre cela.

Quand une personne ayant un tel passé insiste à édicter les fondements éthiques du programme d’action du mouvement de solidarité avec les Palestiniens, cela me fout en rogne, et me met sur le sentier de la guerre.

Mais cela a des implications éthiques et idéologiques plus larges encore, qu’il faut explorer. De manière très significative, Greenstein veut se faire passer pour un historien spécialiste de la Shoa. Non qu’il ait écrit un quelconque bouquin ni produit le corpus de quelque travail conséquent à ce sujet.

Toutefois, il est obsédé par la question du négationnisme et du révisionnisme historique. Pourtant, il est plutôt comique que Greenstein ait si peu de respect pour l’historicité, dès lors que c’est de son propre passé dont il s’agit.

Une question catégorique, relative au deux poids – deux mesures de Greenstein reste pendante.

Si Greenstein est effectivement convaincu d’être légalement fondé à mentir sur son passé en raison de ses convictions de naguère, qu’est-ce, exactement, qui lui donne le droit de reprocher aux Israéliens leurs crimes de 1948 ? Si tel est le cas, ne vaudrait-il pas mieux oublier tout ça ?

Y a-t-il un moment où la loi prenne la priorité sur la vérité, où les échappatoires existantes doivent être utilisées pour assurer la promotion d’une cause personnelle, voire même pour dissimuler quelque chose de déplaisant, ou même de criminel ?

En raisonnant de la sorte, si Greenstein fait sienne la loi de réhabilitation avec un tel enthousiasme, aurait-il quelque chose à dire, par analogie, au sujet de la mesure dans laquelle il serait possible de mentionner les crimes nazis.

Les nazis ne méritent-ils pas la même mesure en matière de convictions passées, si nous prenons la position éthique de Greenstein pour argent comptant ?

Ou bien alors, existe-t-il une toise morale variable, dont il ait conscience et dont nous ne soupçonnerions même pas l’existence ?

Je ne suis vraiment pas intéressé par les réponses de Greenstein à ces questions. Je crois au pardon, à la grâce et à l’amour. Je pense que comprendre l’Holocauste, c’est en comprendre la signification, plus que la [simple] historicité. Je pense que comprendre la Nakba, c’est en comprendre la signification.

Si Greenstein comprenait la signification de son propre passé en termes de mauvais traitements infligés à autrui, peut-être cesserait-il d’être une brute et un inquisiteur autoproclamé. Je peux très bien vivre avec le passé de Greenstein, pour peu qu’il m’offre une image d’un futur d’empathie.

Je me sens coupable d’écrire cet article. Je me sens coupable d’être trop personnel et de faire référence à la conduite d’un vieil homme qui pourrait tout aussi bien être un brave homme doté d’une volonté authentiquement positive. Mais j’ai peur qu’en évitant de le faire, je ne ferais que trahir mes convictions.

Il faut mettre un terme à la diffamation et au dénigrement.

Je pense que la solidarité avec la Palestine doit être fondée sur une pensée éthique, sur l’empathie et sur l’amour entre les personnes. J’en ai marre de ces campagnes haineuses lancées par Greenstein et ses copains, j’en ai ma claque de ces gens que l’on qualifie de nazis, d’antisémites et de négationnistes. Quand ça suffit, ça suffit !

Il ne me viendrait jamais à l’idée de bannir Greenstein et sa bande, bien que ce soit là exactement ce qu’ils suggèrent de faire à autrui. Tout ce que je demande, c’est la liberté de s’exprimer. C’est un dialogue qui permette à des gens différents de penser différemment.

J’ai écrit cet article à regret. J’avais toujours espéré que nous ne descendrions jamais aussi bas. Le mouvement de solidarité doit aller de l’avant, il s’agit uniquement de la Palestine, et non des quatre ou cinq juifs marxistes que compte le Royaume-Uni, qui s’intéressent exclusivement à ce qu’ils appellent l’antisémitisme.

Le mouvement de solidarité s’occupe de la Palestine. Il n’a rien à cirer des juifs antisionistes.

Il s’agit uniquement du mouvement de personnes qui protestent contre les crimes inhumains commis par l’Etat juif.

Source : Peacepalestine
Traduction : Marcel Charbonnier


Jeudi 26 Avril 2007

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