ALTER INFO

QUI A GAGNÉ LA « GUERRE FROIDE »?


Dans la même rubrique:
< >

Mardi 19 Septembre 2017 - 13:35 NOUVEAU PARADIGME: La mère Peinarde au populo…


Dans un article récent, nous affirmions que : « les États-Unis et les puissances du camp occidental n’ont pas gagné la « Guerre froide », mais que le camp soviétique, plus vulnérable...


Robert Bibeau
Mardi 12 Septembre 2017

QUI A GAGNÉ LA « GUERRE FROIDE »?
L’ARTICLE EST DISPONIBLE SUR LE WEBMAGAZINE http://www.les7duquebec.com/7-au-front/qui-a-gagne-la-guerre-froide/


Dans un article récent, nous affirmions que : « les États-Unis et les puissances du camp occidental n’ont pas gagné la « Guerre froide », mais que le camp soviétique, plus vulnérable (non financiarisé), s’est désagrégé le premier alors que le camp impérialiste occidental, engagé sur la même pente glissante, mais s’étant transformé au capital financier, a freiné sa chute en absorbant les économies de ces pays dits « communistes » (sic) en crise systémique de capitalisme. La dernière concaténation du capital financier mondialisé étant la Chine maoïste, enfin sortie du féodalisme, dernier recours devant retarder la déchéance du mode de production capitaliste » (1).

Ce à quoi un lecteur a rétorqué « Les USA ont gagné la Guerre froide parce qu’en ce monde une seule loi règne depuis des milliers d’années : la loi du plus salaud. (…) Ils ont trahi les accords de Yalta. Ils ont fait chuter le prix du pétrole parce que la principale ressource de devises de l’URSS était le gaz de Sibérie, ils ont incité les Russes à gaspiller du fric dans la guerre des étoiles et ils ont fait de la provocation en Afghanistan » (2).

Très complexe cette guerre soi-disant « froide » plus souvent « chaude » comme on a pu le constater en Corée, en Indochine, à Cuba, en Angola, en Afghanistan, en Palestine, en Irak, en Afrique, au Moyen-Orient et même en Serbie et dans le Caucase. Parfois elle redevient « froide » comme à Berlin en 1989, et en Russie en 1991. Racistes jusqu’à la moelle, quand ce sont les peuples du Tiers-monde qui tombent sous les bombes, les idéologues du capital proclament que ces guerres sont « froides », une guerre n’étant « chaude » que si ce sont des blancs qui succombent.

Une guerre « froide » ça n’existe pas. Une guerre de classes est toujours chaude même si par moment elle se déroule en usine, à la bourse, sur les lieux de travail, sur les barricades, et qu’elle inflige moins de morts que sur d’autres champs de bataille. La preuve en est que de 1941 à 1945 deux camps impérialistes s’unirent pour écraser dans le sang « chaud » un troisième camp impérialiste; alors qu'entre 1945 et 1991 (à la chute du Politburo et l’accaparement du capital soviétique par les apparatchiks socialistes), les deux camps survivants de l’holocauste militaire se livrèrent la guerre « chaude » par pays ressources interposés.

Il ne faut pas s’y tromper – l’évènement le plus important au moment de la « chute » de l’URSS – ne fut pas la destitution du Comité central du Parti communiste, mais l’accaparement du capital productif, des moyens de production, par les apparatchiks des régimes dits « socialistes », y compris en Chine et en Albanie. Il n’y a pas eu chute de l’URSS et de son camp – il y eut simplement glissement économique – politique – juridique – diplomatique et militaire du camp impérialiste russe qui permit aux bureaucrates de pays d’Europe de l’Est et de pays d’Asie et d’Afrique de s’emparer directement – individuellement – privément – de la propriété étatique des moyens de production – d’échanges et de communication. Cette réorganisation fut la conséquence non pas des pressions américaines, mais de l’éclatement des contradictions internes à ce système capitaliste industriel incapable de poursuivre sa transformation vers la capitalisation financière sans faire éclater les vieilles structures de sa superstructure capitaliste archaïque. Il ne faut jamais oublier qu’une problématique trouve toujours son origine et sa solution dans ses contradictions internes et ensuite, secondairement, dans les forces exogènes – externes –.

Le capitalisme industriel soviétique tel que plaquer dans les pays conquis par le pseudo « communisme » soviétique ne pouvait durer s’il ne se transformait pas en capitalisme financier où l’argent, ce « capital virtuel », circule sur les bourses du monde indépendamment du capital réel – industriel et productif, comme il en était dans le camp impérialiste occidental. Ai-je besoin d’expliquer que les capitalistes financiers « socialistes » étaient paralysés par la structure de pouvoir – les aspects légaux et juridiques – des échanges monétaires au sein de l’alliance impérialiste soviétique et entre l’alliance soviétique et l’Alliance impérialiste Atlantique ?

La conclusion de la pseudo « guerre froide » (très chaude dans les pays ressources du tiers-monde) marqua l’adaptation du camp impérialiste soviétique qui ajusta ses lois pour les rendre conformes aux nécessités du capitalisme financier. La conséquence fut que des milliardaires poussèrent tels des champignons vénéneux sur le corps putride des ex-pays pseudocommunistes… dont la superstructure s’adapta aux développements de l’infrastructure et leurs forces productives arriérées furent absorbées par les puissances impérialistes occidentales avancées – L’Allemagne recommençant à faire produire dans ces néocolonies de l’Est après leur « libération » (sic) la France et l’Italie aussi. Pour la plupart, les pays de l’exRussie impériale se sont alors subordonnés au camp impérialiste occidental sauf la Russie et quelques néocolonies (Biélorussie, Kazakhstan, Azerbaïdjan, Arménie, Tadjikistan, Ukraine, etc.) ce qui provoqua l’ire du navire amiral occidental qui exigeait que l’immense Russie se soumette et s’intègre totalement ainsi que ses néocolonies sous la botte de l’OTAN. Ce n’était pas un différend idéologique qui séparait ces deux camps impérialistes, mais un conflit économique antagoniste où une seule puissance hégémonique devait diriger le camp des survivants. Tant que la Russie poutinienne, l’Iran, la Chine maoïste, ne l’auront pas compris la guerre « chaude et froide » se poursuivra en Ukraine, en Syrie et ailleurs. Oubliez Zbigniew Brzeziński, Henri Kessinger, Richard Nixon, Ronald Reagan et Margaret Thatcher et d’autres criminels ainsi que leur guerre des étoiles ridicule – l’histoire des sociétés capitalistes (totalitaire ou libérale) s’écrit dans les usines, sur les lieux de production et d’échanges, et sur le parquet des bourses du monde (3).

(la semaine prochaine – La guerre d’Afghanistan vu autrement)

(1) http://www.les7duquebec.com/7-au-front/menace-de-guerre-nucleaire-le-dessous-des-cartes-a-washington/
(2) http://www.les7duquebec.com/7-au-front/menace-de-guerre-nucleaire-le-dessous-des-cartes-a-washington/
(3) Robert Bibeau (2017) Question nationale et révolution prolétarienne sous l’impérialisme moderne. L’Harmattan. Paris. 145 pages. Sur Amazon https://www.amazon.ca/Question-nationale-r%C3%A9volution-prol%C3%A9tarienne-limp%C3%A9rialis/dp/2343114749/ref=sr_1_1?ie=UTF8&qid=1496234995&sr=8-1&keywords=Robert+Bibeau






Mardi 12 Septembre 2017


Nouveau commentaire :

ALTER INFO | MONDE | PRESSE ET MEDIAS | Flagrant délit media-mensonges | ANALYSES | Tribune libre | Conspiration | FRANCE | Lobbying et conséquences | AGENCE DE PRESSE | Conspiration-Attentats-Terrorismes | Billet d'humeur | Communiqué | LES GRANDS DOSSIERS

Publicité

Brèves



Commentaires