Opinion

QUE RESTERA T-IL DE LA COPROLALIE DU PRESIDENT FRANCAIS AU SENEGAL ?


Dans la même rubrique:
< >

Vendredi 9 Mars 2018 - 06:06 Pas d’ennemis = pas de guerre nucléaire

Mercredi 15 Novembre 2017 - 11:43 L'arbre qui ne cache plus la forêt


L'indignation, la colère n'ont qu'un sens que si on est capables de combattre leurs causes.
Les Africains sauront-ils donc, face aux propos insultants de Nicolas Sarkozy, prendre de réelles mesures ?


sanslangue2bois@yahoo.fr
Samedi 11 Août 2007

Dans un billet que je publiais, il y a quelques mois, "LA COHERENCE PRESIDENT SARKOZY SAUVERA L’AFRIQUE ", je soulignais l’élection de Nicolas Sarkozy à la tête de la France comme un acte salvateur pour les Africains et l’Afrique.

Mais ceci ne sera possible que si tous les africains méditent sur ces propos sages de Thomas SANKARA : « L’esclave qui n’est pas capable d’assumer sa révolte ne mérite pas que l’on s’apitoie sur son sort. Cet esclave répondra seul de son malheur s’il se fait des illusions sur la condescendance suspecte d’un maître qui prétend l’affranchir. Seule la lutte libère... »

Ou, comme l’affirmait Malcom X : "Il n’y a pas de révolution pacifique. Il n’y a pas de révolution non-violente. La révolution est sanglante. La révolution est hostile. La révolution ne connaît pas de compromis. La révolution retourne et détruit tout ce qui se met en travers de son chemin. Si vous n’êtes pas prêts à user de la violence, alors effacez le mot révolution de vos dictionnaires !"

Les africains doivent s’affranchir de l’illusion dans lequel ils sont bercés depuis des siècles, par les mêmes dont "l’attitude magnanime" d’aujourd’hui tire pourtant sa source de leur esprit de prédation, de leur capacité à détruire l'autre en le dépouillant et dont le terrain par excellence de ces pratiques est l’Afrique.

Depuis sa dernière sortie verbale à l’université Cheikh Anta Diop, la coprolalie du président français a eu pour conséquence de susciter la colère de certains africains. Mais qu’est-ce que donc une colère qui ne combat pas ses causes ? Car une fois de plus les africains baigneront dans le mirage que la France en particulier sait bien leur servir au point de mépriser l’avertissement parmi tant d’autres que CHEIKH ANTA DIOP lançait : "Chaque fois que les colonialistes nous invitent à une collaboration pour un progrès commun de nos deux peuples ils ont en arrière pensée d’arriver, avec le temps, à nous supplanter. Voilà pourquoi, tout ce qu’ils nous offrent n’est qu’un vaste mirage qui peut égarer un peuple entier, grâce à la complicité de quelques-uns…. "

En se présentant comme celui qui sauvera l’Afrique (cet automatisme, ce sentiment de suffisance qu’ont les occidentaux lorsqu’ils sont face aux africains), après les avoir copieusement admonestés et injuriés, Nicolas Sarkozy reste cohérent avec l’esprit des rapports qu’il entend entretenir avec l’Afrique et ses enfants. Et cette attitude se traduit aussi sur le territoire français par l’impunité de tous les actes négrophobes, et les politiques d’exclusion qui visent les ressortissants africains.
Or quelque soit le tollé, la colère, l’indignation suscités chez les africains par l’attitude, les propos de Nicolas Sarkozy, cette colère n’aura un sens que si elle aboutit à changer les mentalités, non pas des idéologues dont c’est le mode de fonctionnement, mais celle des africains à considérer que la France comme l’occident tout entier sont en guerre contre l’Afrique. Tant que les Africains s'obstineront à considérer les Occidentaux comme des amis, l’Afrique sera vouée à subir les violences d’un ennemi qui avance toujours masqué.

En guise de conclusion, j'emprunterai à la journaliste Nathalie YAMB dont la pertinence de l’analyse est remarquable cette citation que je fais mienne en l'adaptant à cette tribune: Nous ne connaissons pas avec certitude la clé du succès. Mais la clé de l’échec est d’essayer de plaire à l’oppresseur. Nous ne détestons pas les français, ni les occidentaux en général, nous détestons l’oppresseur. Et s’il arrive que l’oppresseur soit français, ou l’occidental en général, alors nous le détestons. Quand il arrêtera de nous opprimer, nous arrêterons de le haïr. En ce moment, en Afrique dite francophone, l’oppresseur, l’ennemi, c’est la France.


Samedi 11 Août 2007

Actualité en ligne | International | Analyse et décryptage | Opinion | Politique | Economie | Histoire et repères | Sciences et croyances


Publicité

Brèves



Commentaires