Géopolitique et stratégie

Propos de Jean-Marc Ayrault : une vraie fuite en avant d’une France ivre d’impérialisme


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L’Occident néocolonialiste maintient son droit de regard sur la politique et l’économie des pays surveillés, foulant au pied la souveraineté de ces Etats, coachant et appuyant politiques et ONG qui s’y déploient pour les intérêts occidentaux. L’Occident pourtant à l’origine de la déstabilisation de l’Afrique ou de la RDC a développé des stratégies pour paraître saint et innocent face aux incendies qui se créent ou se préparent en Afrique ou en RDC.


Samy BOSONGO
Jeudi 6 Octobre 2016

Propos de Jean-Marc Ayrault : une vraie fuite en avant d’une France ivre d’impérialisme
Une série des déclarations intrigantes a été faite, lors d’une interview accordée à TV5 Monde, par le ministre français des Affaires étrangères et du Développement international, Jean-Marc Ayrault. A en croire Jeune Afrique dans l’article y relatif paru ce matin sur son site, entre autres déclarations, le patron du Quai d’Orsay, reproche le Président Kabila de ne pas respecter la Constitution pour garder le pouvoir et de créer les conditions d’une guerre civile. A s’en tenir à Jeune Afrique, « Jean-Marc Ayrault se montre par ailleurs inquiet de la tension sécuritaire et sociale qui règne en RDC. « Il faut absolument que la Constitution soit respectée, qu’une date soit fixée pour les élections et que le dialogue national ait vraiment lieu. Il y a un vrai risque de guerre civile ». Enfin, en accord avec les États-Unis, il brandit la menace de sanctions si la situation venait à dégénérer. « S’il faut passer par les sanctions, on les mettra en œuvre, mais j’appelle surtout à la raison. Si les dirigeants veulent le bien de leur peuple, il faut respecter la Constitution ».
Après le président français, François Hollande, c’est le tour du chef de la diplomatie française de se laisser à des déclarations indélicates et désobligeantes contre le raïs congolais et d’exhiber une fausse analyse de la situation qui prévaut au Congo-Kinshasa. Une incongruité diplomatique et communicationnelle qui en dit long sur le projet du chaos déjà mis en place par les capitales occidentales. L’on se demande même s’il ne s’agit pas d’un bluff étant donné que la France est doublement présente dans le dialogue en cours à la cité de l’Union africaine à travers l’OIF et l’ONU. Et l’examen de la feuille de route du dialogue montre que l’un des principes conducteurs du forum retenus est le respect de la Constitution. Et même lorsqu’on sasse les résolutions du dialogue politique, l’on acquiert vite la certitude que la Constitution n’a pas été violée. Seulement, face à l’impossibilité d’organiser en 2016 les deux élections curieusement appelées de tous les vœux des Occidentaux cette année compte tenu des contraintes techniques vraies, il a été décidé à l’unanimité de toutes les parties prenantes avec l’aval des experts de la SADEC, de l’OIF, de l’UA, de l’UE et de l’ONU présents à ce forum qu’on procède à la refonte totale du fichier électoral. A la raison de produire un bon fichier qui n’entraîne pas de crise postélectorale et qui permette à tous les Congolais de tous les horizons d’exercer leur droit civique et politique de voter. Pourquoi donc le ministre français n’a pas tenu compte des éclairages des experts de l’OIF avant de se prononcer ? La motivation de sa choquante déclaration devient alors évidente et ne s’explique que par la volonté maquillée de la France d’engendrer une situation périlleuse en RDC afin de vendre des armes à la fraction des Congolais qu’elle soutient. Une logique qui va, si elle l’emporte sur le terrain, engendrer le guêpier généralisé en RDC, tout à fait comme ce qui se passe en Syrie, en Libye ou ailleurs au monde où les Occidentaux forgent des incendies pour vendre leurs armes et placer au pouvoir leurs laquais de ligne pure.
Bien d’observateurs ont déjà vilipendé le plan machiavélique des capitales occidentales de déchéance Joseph Kabila, non suivant la volonté de la majorité des Congolais, suivant le programme occidental qui intègre des stratégies à « La fin justifie les moyens », notamment l’instrumentalisation des ONGDH et des leaders politiques qui doivent intoxiquer et inciter les masses populaires qu’ils contrôlent pour chasser le régime kinois actuel du pouvoir. Ce sont Washington, Paris, Bruxelles, etc. qui coachent et soutiennent ces Congolais, alimentant leur intransigeance et extrémisme pour matérialiser les affrontements en RDC si après le 19 décembre Joseph Kabila ne quitte pas le pouvoir.
Par un passé récent, les conclavistes de Genval, auquel s’était joint Moïse Katumbi après son voyage aux USA pour demander à l’administration américaine de sévir plus durement contre le régime congolais, ont été reçus au Quai d’Orsay. Dieu seul sait ce qui a été décidé lors de cette rencontre dont rien n’avait filtré à la presse. Mais seulement, il a été observé qu’après cette réception, les militants du Rassemblement sur les réseaux sociaux se vantaient de l’appui que la France apporterait à leurs leaders pour évincer l’actuel régime congolais après le 19 décembre 2016. Les choses ne peuvent paraître plus claires maintenant pour comprendre le début d’exécution des conspirations ourdies pendant la réception.
En effet, le Parlement belge a récemment aussi légiféré menaçant de couper l’aide bilatérale en faveur de la RDC si l’actuel régime congolais n’organisait pas les deux élections cette année dans le délai constitutionnel. La loi belge a eu, pour effet, de jeter de l’essence sur le feu et d’enhardir le Rassemblement qui s’est fait aussi recevoir par le Quai d’Orsay. Depuis, dans une rhétorique qui est la leur, des cadres du Rassemblement ne jurent plus que par la contrainte au régime congolais afin qu’il organise les deux élections à partir du 19 septembre 2016. Et du 19 au 20 septembre dernier, prétextant une marche pacifique, les cadres du Rassemblement ont poussé leurs zombies aux excentricités vandales et aux tueries. Des émeutes d’une rare cruauté que leurs militants sur les réseaux sociaux présentent comme un avant-goût de ce qu’ils préparent pour l’après 19 décembre. Qui est dans la logique d’une guerre civile ? Qui est derrière le Rassemblement l’appuyant sur plusieurs fronts d’attaque comme les viols de droits de l’homme, les sanctions contre les généraux de la RDC, la publication d’intox et menaces contre le régime congolais, etc. ?
En outre, si l’Occident, notamment la France voulait le bien de la RDC, elle devrait dans l’immédiat cesser d’encourager les épopées apocalyptiques des opposants congolais qu’elle appui en même temps que les USA. C’est l’Occident qui en veut au régime congolais à cause de son souverainisme et de sa main tendue aux Chinois. Il a, pour ce faire, mis au point des alibis, les mêmes, tels des ritournelles rabâchées, dont se servent le Rassemblement et la constellation d’ONGDH au service de la prédation impérialiste des Occidentaux : démocratie, Constitution, etc. Mais en fait de démocratie, l’Occident via ses tentacules, s’active à intoxiquer le peuple afin de le suborner en sa faveur et au profit de leurs marionnettes locales. Si l’Occident était un modèle de démocratie, il laisserait le peuple congolais disposait librement de son sort. Comme tel n’est pas le cas, que conclure dès lors ? Il est aussi déjà connu que la France et les USA sont dans la logique de la reproduction en RDC du schéma burkinabè qui a conduit à la chute de Blaise Compaoré. C’est de cela que pourrait découler une guerre civile si ces deux plus grands pays prédateurs persistent à entretenir l’extrémisme de leurs larbins du Rassemblement et des ONGDH identifiées qui sont à leur service.
Manifestement Jean-Marc Ayrault a maladroitement essayé de rejeter la responsabilité future de ce que son pays et les USA ont déjà planifié contre le régime congolais, décidant en lieu et place de Congolais, au nom de leurs besoins en vertu de leur impérialisme mercantiliste. Si la France et les USA sont francs envers le peuple congolais et qu’ils veulent son bien au point de le préserver des souffrances évitables à volonté, ils n’ont qu’à demander à la fraction des Congolais qu’ils instrumentalisent d’intégrer le dialogue et de se conformer à ses résolutions. C’est cela le schéma de paix à travers le consensus librement dégagé par tous les acteurs politiques majeurs de la RDC avec l’accompagnement onusien.
Samy BOSONGO, Journaliste poète-essayiste +243901020043, +243811530303


Jeudi 6 Octobre 2016


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