Palestine occupée

Projet d’offre de “petits boulots” dans le secteur du bâtiment pour les Israéliens à la place des Palestiniens


Si le Ministère israélien des Finances réussit à faire passer certaines réformes dans le cadre du projet de budget 2009, il pourrait bientôt ne plus avoir de travailleurs palestiniens dans le secteur du bâtiment en Israël.
"Nous soutenons un projet dont l'idée est d'augmenter le nombre d'Israéliens sur le marché du travail," a déclaré un fonctionnaire du Ministère des Finances à IRIN, sous couvert de l'anonymat.


Par IRIN
shg/ar/cb/bp


Samedi 30 Août 2008

Photo : Des ouvriers palestiniens essaient d'obtenir une journée de travail auprès d'un entrepreneur israélien
Photo : Des ouvriers palestiniens essaient d'obtenir une journée de travail auprès d'un entrepreneur israélien
"Nous voulons créer une situation dans laquelle il n’y aurait aucun intérêt à recruter des travailleurs palestiniens à la place d’Israélien», at-il ajouté.

Selon les premières estimations – établies d’après les statistiques du gouvernement israélien et des données d’organisations non-gouvernementales (ONG) - 15000 travailleurs palestiniens dans le secteur risquent de perdre leur emploi.

Étant donné le chômage et la baisse des salaires dans les Territoire Palestiniens Occupés, ce serait un coup dur pour l'économie locale, en particulier en Cisjordanie, d'où viennent la plupart des Palestiniens.

Un porte-parole du Ministère des Finances, Shlomi Shefer, a confirmé à IRIN que la partie concernée du projet de budget présenté par le Ministère était en fait destinée à limiter le nombre de travailleurs palestiniens - et des travailleurs immigrés en général - en Israël afin de réduire le chômage et faire entrer les Israéliens dans la vie active. Cela fait partie d'une politique globale.

Le 25 août dernier, le gouvernement a voté et adopté un budget après des heures de débat, mais cela ne sera clair que le 31 août si le gouvernement dit "oui" à cette partie du budget, lorsque les rapports seront publiés. Le budget global aura encore besoin de l'approbation du Parlement dans quelques mois.

Déjà, les Gazaouis ne sont pas autorisés à entrer en Israël pour y travailler, et la plupart des travailleurs de Cisjordanie n'ont pas les autorisations nécessaires pour entrer.

La main-d'œuvre palestinienne en Israël a diminué d'au moins deux-tiers au cours des 15 dernières années, depuis le début du processus de paix d'Oslo, selon le gouvernement et les ONG.


Taxes envisagées sur les travailleurs palestiniens

Dans le nouveau projet, une taxe annuelle (environ 680 Euros) – correspondant à peu près à un salaire minimum mensuel – serait imposée sur chaque travailleur palestinien dans le secteur du bâtiment, ce qui rendrait leur emploi moins attractif financièrement.

Le ministère des Finances a déclaré que cela faisait partie d'un plan global destiné à réduire le nombre de non-Israéliens dans le secteur et à attirer les Israéliens dans ce qu'on appelle les "petits boulots» dans le jargon local, impliquant un travail physique difficile et salissant.

En plus de résoudre les problèmes de l'emploi en Israël, le ministère a déclaré que cela permettrait de garantir une offre constante de main-d’œuvre, puisque les permis d’entrée aux Palestiniens pourraient être annulés en cas de période de troubles.


De meilleurs salaires pour les Israéliens

La chaine de télévision israélienne, Canal 10, a récemment indiqué que le ministère avait accordé près de 7 millions d’Euros à l'Association des Entrepreneurs du Bâtiment afin de les aider à absorber les Israéliens sur le marché du travail. Les mesures d’encouragement comprennent notamment un meilleur salaire que celui actuellement payé aux Palestiniens, et des avantages sociaux, dont un jour de congé.

Hannah Zohar, de la Workers' Hotline, une ONG israélienne basée à Tel-Aviv, dit ce n'est que le début.

"À mon avis, cela va probablement s'étendre à d'autres secteurs et pas seulement au secteur du Bâtiment», a t’elle dit.

Elle est également préoccupée par le fait qu’en imposant cette taxe, les Palestiniens pourraient être victimes de mauvais traitements, peut-être en les forçant à déduire cette taxe de leur propre salaire, puisque des employeurs pourraient tirer parti de leur situation désespérée. Déjà, les rapports de mauvais traitements sont fréquents, en particulier dans les colonies, où la législation du travail est peu appliquée.

La Workers' Hotline a récemment indiqué que, dans une usine israélienne en Cisjordanie, des Palestiniens ne gagnaient que 10 NIS de l’heure (1.90 €), tandis que les femmes ne gagnent que 6 NIS de l’heure(1.14 €), soit un tiers du salaire horaire minimum.

Source : http://www.irinnews.org/
Traduction : MG pour ISM


Samedi 30 Août 2008

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