Proche et Moyen-Orient

Procédure pour démettre cheikh Tantaoui de son poste


En Egypte, l’affaire des propos du recteur de l’université religieuse d’al-Azhar cheikh Mohammad Sayed Tantaoui pourrait prendre une tournure juridique.


Mardi 16 Décembre 2008

Procédure pour démettre cheikh Tantaoui de son poste
Leila Mazboudi

Un avocat et homme politique égyptien, Issam Sultane a déclaré vouloir entamer une action pour le destituer de l’Association des Etudes islamiques, qui comprend les grands ulémas d’al-Azhar, première étape pour le démettre de son poste de recteur de l’Université.
Cette mesure devrait selon ce dirigeant du parti du Centre, en cours de fondation le sanctionner pour avoir salué le président israélien Shimon Perez de la main, pour avoir déclaré ne pas avoir entendu parler du blocus israélien contre la Bande de Gaza, et pour avoir qualifié ses détracteurs de fous.

Sultane a déjà envoyé une mise en garde juridique à cette association, lui demandant de le destituer de ses rangs, pour avoir violé l’article 30 du règlement d’al-Azhar, en adoptant un comportement qui le disqualifie en tant qu’homme de religion.
Sultan a assuré être certain que d’aucuns membres de l’association vont acquiescer à sa demande, vu que le comportement de cheikh Tantaoui a porté atteinte à l’image d’al-Azhar, « en donnant une image falsifié de cette institution religieuse islamique qui refuse la normalisation avec les Sionistes ». Toujours selon Sultane, cheikh Tantaoui a par son acte irresponsable transgressé toutes les décisions d’al-Azhar et de l’Association des Etudes qui incrimine tous ceux qui entretiennent des relations avec Israël ».
Pis encore, « le fait d’avoir ignoré une cause arabe de l’importance du blocus de Gaza est la preuve irréfutable que Cheikh Tantaoui manque à son devoir d’être au courant de tout ce qui se passe dans le monde arabe et islamique, omettant qu’al-Azhar est un organisme islamique et arabe et non seulement égyptien ».
Sultane espère par cette procédure démettre cheikh Tantaoui de sa fonction de recteur d’al-Azhar, vu que celle-ci exige à son détenteur d’être un membre de l’Association de Etudes et d’obtenir une majorité des deux-tiers.
Au cas où son action auprès de l’association échoue, il compte recourir au Tribunal administratif car, selon Sultane « il est du droit de tout citoyen arabe ou égyptien de recourir à la juridiction administrative, si l’Association des Etudes s’abstient de destituer cheikh Tantaoui après tout ce qu’il a commis ».
En Egypte, cette procédure connaît beaucoup d’appui. Entre autre, celle de Fahmi Houwaydi, un auteur politique pour lequel la destitution de cheikh Tantaoui « est la seule chose qui puisse rendre à al-Azhar son estime, sa dignité et son statut, après tout ce qu’il a subi durant le mandat de cheikh Tantaoui », et qui « pourrait également sauver l’homme de lui-même ».
Dans un article publié par le journal indépendant ad-dostour (la constitution), Houwaydi reproche au recteur d’al-Azhar « de faire tout ce qu’on lui demande de faire, et d’acquiescer toute directive venant de la part du gouvernement, omettant qu’il est le Grand Imam, et qu’il se doit d’être prudent dans ses actes et déclarations, en respect à sa hiérarchie ». Houwaydi incombe à cheikh Tantaoui « la responsabilité d’avoir dégradé al-Azhar et son rôle dans le monde arabe et islamique, alors que la position de l’Egypte ne cesse de fléchir ».

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Mardi 16 Décembre 2008


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