Histoire et repères

Primakov questionne la politique de Kurdistan indépendant



Solidarité et Progrès
Mercredi 31 Octobre 2007

Le spécialiste de l’Asie du Sud-ouest et ancien premier ministre russe Yevgeni Primakov a averti qu’un mouvement pour la création d’un état kurde indépendant était en train de prendre de l’ampleur. Lyndon LaRouche avait prévenu que la politique britannique de « chaos contrôlé » incluait la carte « Kurdistan ». Cette stratégie remonte aux accords de Sykes-Picot de 1916, ou Anglais et Français se sont partagés l’Empire ottoman. Les deux puissances coloniales avaient alors planifié une partition de l’ethnie kurde entre l’Irak, la Turquie, la Syrie et l’Iran afin d’obtenir une zone d’instabilité permanente.

Primakov, qui est également un conseiller du président russe Vladimir Poutine, ne fait pas explicitement référence à Sykes-Picot, mais dans un commentaire fait au Moscow News le 25 octobre, il parle de cette stratégie de déstabilisation, rapportant que d’après le quotidien turque Yeni Safak, l’armée turque a déjà mené des opérations en Irak, avec des hélicoptères, des F-16 et des pièces d’artillerie.

Primakov en est venu directement à l’enjeu d’une sécession kurde d’avec l’Irak, pour former un Etat composé de morceaux de Turquie, d’Iran et de Syrie. « L’intégrité territoriale de l’Irak est mise en péril, pas dans un futur lointain, maintenant. La majorité de sa population ainsi que tous les pays voisins et même d’autres pays, sont en faveur d’un Irak unifié. La bataille des kurdes irakiens pour l’autodétermination est de notoriété publique. Mais avant l’intervention américaine, la doctrine qui prévalait était le renforcement de l’autonomie kurde à l’intérieur de l’Irak. Désormais, la situation a changé en faveur d’un Etat kurde indépendant, incluant non seulement les kurdes irakiens, mais aussi les kurdes de Turquie, d’Iran et de Syrie. D’après les estimations, il y aurait entre 20 et 30 millions de kurdes répartis sur ces quatre pays. Etant donné l’importance de préserver l’intégrité territoriale de l’Irak, est-ce que l’aspiration de millions de kurdes à créer leur propre Etat doit être soutenue ? »

Primakov ne répond pas à cette question, mais s’avoue perplexe face à ces nouveaux développements. La vision de Primakov vient confirmer les déclarations de LaRouche : la Turquie, ainsi que d’autres pays dans la région, sont la proie d’attaques déclenchées par la résurgence de l’accord de Sykes-Picot, menées par les britanniques (mais sans les français cette fois-ci) et leur marionnette, le vice-président américain Dick Cheney.

Lundi, Lyndon LaRouche a averti qu’avec 100 000 soldats turques à la frontière, les incursions terroristes kurdes en Turquie et les meurtres de soldats turcs, sous protection de l’occupation américaine du territoire irakien et du gouvernement régional kurde, pourraient mener à une guerre « inarrêtable ». Créer un Kurdistan à partir des morceaux d’autres pays « est la politique impériale britannique, et ce doit être dénoncé tel quel ».

Et dans son opposition aux politiques impériales britanniques, la Russie soutient historiquement l’alliance naturelle de la Turquie et de la Syrie qui cherchent à se prémunir contre cette politique de séparatisme et de terrorisme depuis qu’elle existe. La politique de coopération à long terme du fondateur turque Mustafa Kemal Atatürk avec la Syrie avait le soutien de la Russie, contre l’Empire britannique, et cette position russe, les britanniques ne l’apprécient pas du tout, a averti LaRouche.


Mercredi 31 Octobre 2007

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