Politique

Présidentielle 2008: Medvedev - Poutine, genèse d'un tandem (SYNTHESE)


Dans la même rubrique:
< >

Jeudi 24 Février 2011 - 03:59 Ce que j’ai dit à Stuttgart

Jeudi 14 Janvier 2010 - 10:59 Turquie-Russie : amour et tubes



RIA-Novosti
Mardi 18 Décembre 2007

Russie unie, réuni en congrès le 17 décembre, a rendu une décision sans surprise en proposant officiellement le premier vice-premier ministre russe Dmitri Medevedev comme candidat à l'élection présidentielle du 2 mars prochain, après le soutien de sa candidature par le président russe Vladimir Poutine.

Cette décision a été adoptée avec 479 voix pour, seul un délégué s'étant prononcé contre. La grande sensation du congrès a en revanche été l'acceptation officielle par Vladimir Poutine de prendre le poste de premier ministre en cas de victoire de M. Medvedev.

Au cours de son allocution devant les délégués, le président a proposé d'augmenter le salaire des fonctionnaires de 14% à partir du 1e février 2008 au lieu des 7% prévus, de relever la solde des militaires de 18% et de réévaluer les pensions des retraités de l'armée. M. Poutine a également déclaré que la pauvreté chez les retraités devrait être complètement résorbée au cours des prochaines années.

DEUX FOIS DANS LA MEME RIVIERE

C'est donc Vladimir lui-même qui sera chargé d'atteindre ces objectifs en cas d'élection de Dmitri Medvedev. L'actuel président russe a déjà eu l'occasion de se familiariser avec le siège de premier ministre, puisqu'il l'a occupé pendant 10 mois en 1999, dont cinq en tant que président par intérim.

"Si les citoyens russes accordent leur confiance à M. Medvedev, je serai prêt à poursuivre notre travail en tant que chef du gouvernement russe", a annoncé M. Poutine.

Cependant, les tâches dont était chargé Vladimir Poutine en 1999 n'ont plus rien à voir avec celles d'aujourd'hui. Si à l'époque il avait pour principal objectif le règlement du conflit tchétchène, il aura désormais affaire à une inflation galopante, au problème de la diversification de l'économie et à l'augmentation du niveau de vie de la population.

PAS DE REFONTE DES POUVOIRS

Vladimir Poutine tentera de lever les doutes de certains experts selon lesquels son passage à la Maison Blanche (le siège du gouvernement russe) devrait ôter au Kremlin une part importante de ses fonctions et de ses pouvoirs.

"J'accepte de travailler au poste de premier ministre sans modification de la répartition des pouvoirs entre le chef de l'Etat et le chef du gouvernement", a déclaré M. Poutine au cours du congrès.

Le président s'était auparavant dit opposé à un pouvoir exécutif bicéphale et à une réduction des pouvoirs présidentiels. Il considère en outre qu'il serait incorrect de retirer ou d'ajouter certaines prérogatives, droits ou obligations au gouvernement.

Selon M. Poutine, la Russie doit améliorer sa structure étatique en créant une meilleure interaction entre les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire.

ROI OU CARDNINAL?

Malgré les affirmations de M. Poutine, les experts n'excluent cependant pas une redistribution des pouvoirs entre la Maison Blanche et le Kremlin.

"Une redistribution des pouvoirs, plus adaptée au travail en tandem, se produira", a indiqué le politologue Vladimir Tretiakov avant d'ajouter que la constitution serait cependant respectée.

Viatcheslav Nikonov, également politologue, a quant à lui affirmé que si M. Medvedev devenait président et M. Poutine premier ministre, un puissant système de "limitations et de contrepoids" serait mis en place installé au sein du pouvoir.

Le directeur adjoint du Centre des technologies politiques Boris Makarenko considère pour sa part que les relations au sein du tandem Medvedev-Poutine rappelleront celles qu'entretenaient Louis XIII et le cardinal de Richelieu.

"Le cardinal prendra les décisions et le roi les ratifiera", a déclaré M. Makarenko, soulignant que les "mousquetaires du roi" et la "garde du cardinal" ne devraient pas tarder à apparaître.

"Cependant, il est clair que le tandem se partagera le pouvoir. Le vecteur de cette relation ne sera pas la distribution institutionnelle des pouvoirs, qui doit effectivement rester intacte. L'élément principal sera constitué par les relations de confiance unissant les deux hommes politiques", estime le politologue.

MODIFICATION DE LA STRUCTURE DU GOUVERNEMENT

En cas d'élection de M. Medvedev et de nomination de M. Poutine au poste de premier ministre, la structure actuelle du cabinet des ministres subira des modifications, estime le vice-premier ministre Sergueï Narychkine.

"L'affinement de la formation du gouvernement a duré trois ans, des corrections ponctuelles ont été introduites. Je pense que cette dynamique se poursuivra", a-t-il déclaré, sans pour autant commenter ces changements qui selon lui "relèvent de la compétence du président".

M. Narychkine a cependant reconnu que des ébauches sur ce thème avaient déjà été présentées.

PROGRAMME MEDVEDEV ET PLAN POUTINE

La campagne électorale de Dmitri Medvedev sera fondée sur le Plan Poutine, sur lequel était basée la campagne du parti Russie unie qui a remporté les élections législatives du 2 décembre dernier.

"C'est justement sur ces bases que je compte m'appuyer dans mon travail ultérieur en cas d'élection à la présidence", a déclaré M. Medvedev dans un discours prononcé lors du congrès.

M. Medvedev estime qu'une telle chance de moderniser les principaux aspects de la vie du pays est donnée "une fois tous les cent ans".

Il est nécessaire de mener les réformes "non sur le papier, comme souvent, mais dans les faits; non pour une certaine frange de la population mais pour tous les citoyens du pays", a déclaré le premier vice-premier ministre.

"Si nous travaillons ensemble, je convaincu que nous vaincrons", a conclu M. Medvedev.


Mardi 18 Décembre 2007

Actualité en ligne | International | Analyse et décryptage | Opinion | Politique | Economie | Histoire et repères | Sciences et croyances

Publicité

Brèves



Commentaires