Actualité nationale

Présence d’ Israël au salon du Livre de Paris : le poète Aaron Shabtai dit NON.


Aaron Shabtai dit « non » au Salon du livre de Paris.


aea@yahoo.fr
Mercredi 6 Février 2008

Présence d’ Israël au salon du Livre de Paris : le poète Aaron Shabtai dit NON.
« Chère Edna,

Je vous remercie pour votre lettre.

Je ne pense pas qu’un Etat qui maintient une occupation, en commettant quotidiennement des crimes contre des civils, mérite d’être invité à quelque semaine culturelle que ce soit. Ceci est anti-culturel ; c’est un acte barbare travesti de culture de façon cynique. Cela manifeste un soutien à Israël, et peut-être aussi à la France, qui appuie l’occupation. Et je ne veux pas, moi, y participer.

Salutations cordiales

Aaron Shabtai »


7 décembre 2007

Madame Edna Degon, « chargée de mission Salon du Livre 2008 », responsable de l’organisation de la présence d’Israël au salon du livre de Paris avait invité Aaron Shabtai à y participer, avec la lettre suivante, du 7 décembre aussi :

« Cher Aaron Shabtai,

le 13 mars 2008 sera inauguré le Salon du livre de Paris dans lequel Israël sera présent en qualité de « Pays hôte ». Quarante écrivains et poètes israéliens sont invités à prendre part à la semaine culturelle française. Vos œuvres ayant été traduites en français, il va de soi que vous êtes parmi les invités. Aimeriez-vous participer ? L’invitation officielle sera émise par l’ambassade de France en Israël, quand tous les autres écrivains auront donné leur disponibilité.

J’espère de tout cœur que vous voudrez bien accepter l’invitation, Paris vous attend.

Merci et bonnes fêtes,

Edna »


Aaron Shabtaï est un des plus grands poètes israéliens contemporains et le plus apprécié des traducteurs de drames grecs en hébreu. Ci dessous une de ses poésies :


CULTURE

Le signe de Caïn n’apparaîtra pas

sur le soldat qui tire

sur la tête d’un enfant

depuis une colline au dessus de l’enceinte

autour du camp de réfugiés

parce que sous le casque

pour parler en termes conceptuels

sa tête est en carton.

D’autre part,

l’officier a lu The Rebel,

sa tête est illuminée,

à cause de cela il ne croit pas

au signe de Caïn.

Il a passé son temps dans les musées

Et quand il pointe

le fusil vers l’enfant

comme un ambassadeur de Culture,

il met à jour et recycle

les eaux-fortes de Goya

et Guernica

Aaron Shabtai


- www.ism-italia.it under construction

- Traduit de la version italienne publiée par ISM-Italia par Marie Ange Patrizio, Marseille.


le grand soir
http://www.legrandsoir.info/spip.php?article6007


Mercredi 6 Février 2008


Commentaires

1.Posté par madoun mouloud le 15/02/2008 04:56 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

Honneur à Aaron Shabtai !!!L'humain universel en plus du TRES grand poête, dans toute sa splendeur. J'espère qu'unh très grand nombre d'écrivains le suivent. Aaron Shabtai, votre geste est un message, vrai et authentique d'amour et de fraternité entre tous les hommes, respectés en tant qu'HOMMES et non réduits à l'esclavage mental et physique. C'est vous qui sauvez les valeurs des juifs et de toute l'humanité.

Merci.

Mouloud Madoun

2.Posté par SANDRA LEMON le 29/02/2008 15:37 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

Le salon du livre qui se tiendra à Paris est un évènement profondément politique malgré ce qu’il a pu en être dit. D’abord parce que le terme même d’Israêl revêt un caractère intensément politique et ce, depuis 1948. Ensuite parce que la France reçoit en invité d’honneur S. Pérès pour l’inauguration du salon (13 Mars au Medef). Enfin, parce que S.pérès marque la première visite d’Etat officielle de N. Sarkozy.

Le boycott est un moyen d’expression autorisé par la loi et qui marque une protestation. Une protestation sourde certes mais qui ne pourrait en aucun cas être assimilée à la non reconnaissance tacite d’Israêl. Accuser ce boycott pour le travestir n’est que l’objet d’un fantasme qui crie à l’agression pour mieux se faire entendre et nourrir ses positions biaisées. Positions qui n’ont d’écho que leurs propres cris et qui partent d’interprétations purement spéculatives.

D’autres ont choisi la protestation active et ont décidé de se rendre au salon du livre pour rappeler que les 60 ans d’Israêl ce sont avant tout les 60 ans de la Nakba qui reste malheureusement dans l’ombre.

A l’heure actuelle l’AFP porte à 30 le nombre de personnes tuées en 48 heures dans la bande de Gaza par l’armée Israêlienne. A ces victimes s’ajouteront encore celles de demain et celles du passé.

Je suis également issue de la tradition littéraire mais je ne vois pas au sens strict le caractère littéraire de ce salon. Je ne perçois pas de finalité esthétique quand je ne peux dissocier du terme "Israêl" le nettoyage ethnique palestinien qu’il connote.

Le Salon du Livre de cette année sera pour ma part la célébration mortuaire d’une singulière tragédie.


Actualité nationale | EUROPE | FRANCE | Proche et Moyen-Orient | Palestine occupée | RELIGIONS ET CROYANCES

Publicité

Brèves



Commentaires