Politique Nationale/Internationale

Près de 30 pour cent des familles américaines survivent avec un salaire de misère


Un rapport publié mardi par Working Poor Families Project révèle que plus de 28 pour cent des familles américaines, dont un membre ou deux travaillent, vivent dans la pauvreté.


Mercredi 22 Octobre 2008

Près de 30 pour cent des familles américaines survivent avec un salaire de misère
Par Tom Eley

Le rapport intitulé « Still Working Hard, Still Falling Short » (Travailler durement sans parvenir à joindre les deux bouts) se base sur des données couvrant la période 2004 à 2006 et rassemblées par l’US Bureau of Labor Statistics (bureau américain d’étude des statistiques sur le travail), l’US Census Bureau’s American Community Survey et le Census Bureau’s Population Survey ( divers services gouvernementaux de recensement.)

Le rapport montre que 9,6 millions de ménages peuvent être qualifiés comme étant à faibles revenus ou des « travailleurs pauvres ». Ce sont des familles gagnant moins de 200 fois le seuil de pauvreté officiel. Il y avait 350 000 familles de plus dans ce cas en 2006 qu’en 2002. Plus de 21 millions d’enfants vivent à présent dans des familles à faible revenu, ce qui représente une augmentation de 800 000 en quatre ans.

En 2006, il y avait aux Etats-Unis plus de 29 millions d’emplois payés en dessous du seuil de pauvreté officiel, défini par 9,91 dollars l’heure pour un travail à plein temps, soit une augmentation de près de 5 millions des emplois à salaires de misère par rapport à 2002.

L’inégalité du revenu familial s’est également accrue rapidement entre 2002 et 2006, constate le rapport. En 2006, les 20 pour cent des ménages américains au haut du classement gagnaient en moyenne 9,2 fois ce que gagnait le quintile [un cinquième de la population] du bas de l’échelle.

Le rapport constate que les familles de travailleurs pauvres « manquent de moyens financiers pour satisfaire leurs besoins les plus élémentaires, une difficulté qui est exacerbée par une augmentation exorbitante des prix de l’alimentation, de l’essence, de la santé et de l’éducation. » Environ 60 pour cent des familles à bas revenus sont obligées de dépenser plus du tiers de leurs revenus pour se loger, et près de 40 pour cent sont privés d’assurance maladie pour un ou pour les deux parents.

Ces familles vivent difficilement dans des conditions de pauvreté bien que les parents travaillent de longues heures. Selon le rapport, « Les adultes vivant dans des familles à bas salaires ont travaillé en moyenne 2552 heures par an en 2006, l’équivalent de presque un emploi à plein temps et un quart supplémentaire. »

Selon les statistiques de l’Organisation for Economic Cooperation and Development (Organisation pour la coopération et le développement économiques), ce nombre d’heures total est de l’ordre d’un tiers de toutes les heures disponibles en une année. C’est presque le double du total annuel d’heures de travail d’un ouvrier allemand moyen qui travaille 1362 heures par an et 162 heures de plus par an que l’ouvrier sud-coréen moyen.

Le rapport enregistre une baisse sensible du niveau de vie de vastes couches de la classe ouvrière, conséquence de licenciements économiques et de réduction des salaires des décennies durant et orchestrés par les gouvernements démocrates et républicains. Ceci montre que les emplois à salaire de misère sont de plus en plus chose courante et touchent de vastes couches de la population. Contrairement à certains stéréotypes que prônent les médias, la majorité des familles vivant de salaires de misère ne sont ni des immigrés ni des minorités ni des familles monoparentales.

Selon le rapport, quelque 72 pour cent des familles pauvres ont des emplois. Pour plus de la moitié, il s’agit de couples mariés, dans 69 pour cent des cas les deux parents sont d’origine américaine, pour 89 pour cent les parents ont entre 25 et 54 ans, et pour 43 pour cent les parents sont blancs non hispaniques. Seuls 25 pour cent perçoivent des bons de nourriture.

L’étude applique ses statistiques au niveau des Etats. Dans l’ensemble, les conditions des familles qui travaillent sont pires dans le sud et dans la région ouest non Pacifique. Le Texas, par exemple, enregistre le quatrième plus grand nombre de familles travaillant et définies comme familles à bas revenu, le deuxième plus bas pourcentage de familles à bas revenu et qui ont fait des études secondaires ou un niveau équivalent, le second plus haut nombre de familles n’ayant pas fait d’études postsecondaires, le plus faible nombre de familles bénéficiant d’une assurance maladie et le troisième plus haut taux d’inégalité des revenus entre les familles.

New York compte le plus haut taux d’inégalité des revenus entre les familles au niveau national, la Californie a le quatrième plus haut taux.

L’appauvrissement de sections grandissantes de la population laborieuse est le résultat d’un nombre de processus : le démantèlement de vastes sections de l’industrie de base, les efforts entrepris pour casser les syndicats et briser les grèves dans les années 1980, la démolition du système de protection sociale, la trahison de la classe ouvrière par les organisations syndicales.

L’autre côté de ce processus est un enrichissement énorme des 10 pour cent au sommet du classement de la population américaine et la concentration grandissante de la richesse entre les mains de l’élite financière.

Une étude réalisée en mars par Equilar et reproduite par le journal New York Times montre que les chefs d’entreprises des 200 plus grandes sociétés cotées en bourse gagnent en moyenne 11,7 millions de dollars par an.

En 2005, le un pour cent des ménages américains du haut de l’échelle disposait de 21,8 pour cent de l’ensemble des revenus avant impôts, le double par rapport aux années 1970. Ceci représente la plus forte concentration de revenu depuis l’année 1928 qui a précédé le début de la Grande Dépression quand environ 24 pour cent du revenu national revenait au centile supérieur de la population.

Il faudrait aussi remarquer que le rapport « Still Working Hard, Still Falling Short » reflète les conditions qui existaient avant le développement de la crise financière d’août 2007 et le glissement ultérieur dans la récession.

http://www.wsws.org http://www.wsws.org



Mercredi 22 Octobre 2008


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