George Bush est arrivé en Israël pour assister aux célébrations du soixantième anniversaire de la fondation de l'Etat hébreu et tenter de donner un nouvel élan au processus de paix au Proche-Orient.
Son déplacement, à huit mois de son départ de la Maison blanche, intervient dans un grand scepticisme, compte tenu du contexte de violences entre Israéliens et Palestiniens et des difficultés rencontrées par les dirigeants des deux camps.
Bush, qui espère obtenir un accord de paix prévoyant la création d'un Etat palestinien avant la fin de son mandat en janvier 2009, n'a pas fait état de progrès dans les discussions lorsque des journalistes l'ont interrogé sur ce thème lors d'une conférence de presse.
Dans un autre registre, Bush a déclaré que les Etats-Unis continueraient à soutenir tous les Palestiniens "qui ne partagent pas" la vision des activistes du Hamas opposés à la paix avec Israël.
Lors d'une entrevue avec Shimon Peres, Bush a ajouté que, parallèlement, Washington "parlerait clairement de ces forces de terreur qui assassinent des innocents pour parvenir à leurs objectifs politiques et de la façon dont le monde doit se dresser contre elles".
Bush a rencontré dans le courant de la journée Ehud Olmert, très fragilisé par un scandale de corruption dans lequel il nie toute implication. Mardi soir, Olmert s'est montré optimiste lors des cérémonies du 60e anniversaire en déclarant qu'il était encore possible qu'un accord de paix soit signé cette année.
"Israël continue à rechercher activement la paix avec ses voisins, en particulier avec les Palestiniens", a-t-il dit devant des milliers d'habitants de Jérusalem venus écouter son discours, au premier rang desquels figurait Bush.
"Nous faisons d'importants efforts et nous constatons qu'il y a des progrès sur ce front", a-t-il poursuivi, ajoutant qu'un accord de paix pourrait être trouvé "cette année, en 2008, à la faveur d'un dévouement et d'un travail sans relâche".
Un peu plus tôt dans la journée, Olmert avait déclaré être parvenu à des "points d'accord sur des dossiers importants" avec le président palestinien Mahmoud Abbas.
De source palestinienne autorisée, on se montre toutefois sceptique. Un responsable a ainsi souligné que les deux camps avaient "encore un long chemin à parcourir".
En novembre à Annapolis, Olmert et Abbas s'étaient engagés à mener des négociations en vue d'un accord de paix et de la formation d'un Etat palestinien d'ici janvier 2009.
Depuis lors, ces pourparlers ont été fortement affectés par les programmes d'agrandissement des colonies en Cisjordanie et les violences dans la bande de Gaza, où les tirs de roquettes ont entraîné de violentes ripostes de l'armée d'occupation.
Bush ne prévoit pas de se rendre dans les territoires palestiniens lors de sa tournée de trois jours dans la région.
Il se contentera de rencontrer Mahmoud Abbas, affaibli lui aussi par sa rivalité avec le Hamas, samedi dans la station balnéaire égyptienne de Charm-el-Cheikh, sur la mer Rouge.
Il y rencontrera également le Premier ministre libanais Fouad Siniora, confronté dans son pays à une flambée de violences.
Plus discret sur le dossier libanais que sur le processus de paix israélo-palestinien, Bush a dénoncé avec force l'attitude de l'Iran qui se sert selon lui du Hezbollah pour déstabiliser le Liban. "Il s'agit d'une tentative iranienne pour déstabiliser la jeune démocratie" libanaise, a-t-il dit lors d'une conférence de presse.
Sur le même sujet, après avoir rencontré son hôte américain dans les jardins de la résidence présidentielle, Peres avait déclaré plus tôt : "Le Hezbollah est tout simplement en train de détruire le Liban."
Il a également accusé le Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, de "retarder la création d'un Etat palestinien" en s'opposant au processus de paix et en affrontant l'Etat hébreu.
A Gaza, l'un des chefs du Hamas, Mahmoud al Zahar, a déclaré : "Bush n'est pas le bienvenu sur nos terres sacrées. Les présidents hypocrites qui souillent nos terres ne sont pas les bienvenus."
Bush sera vendredi en Arabie saoudite pour y rencontrer le roi Abdallah, qu'il tentera de persuader de la nécessité d'infléchir les cours du pétrole qui flambent sur les marchés mondiaux.