Histoire et repères

Poutine : Pas un général d’opérette...



georges zeter
Samedi 8 Juin 2019

C’est lui qui l’a dit en parlant des cérémonies du 6 juin, et qu’il avait d’autres choses plus importantes à faire en Russie. Ce 75ème anniversaire du débarquement en Normandie à vu l’aréopage habituel : reine d’Angleterre, Trump le grand, macron le petit, Merkel...Merkel ? Qu’est ce qu’elle fabriquait là l’Angela ? Poutine pas invité, et elle oui ? Ce ne serait pas un peu réécrire l’histoire non ? Il est vrai, que depuis un certain temps on essaye de faire avaler au bon peuple que ce sont les américains qui ont libéré la France...Mouais...En obscurcissant le fait que les russes tapaient fort sur les armées allemandes à l’est et avançaient à la vitesse blitzkrieg sur Berlin, ayant pour effet un éclaircissement des troupes défensives sur le mur de l’atlantique, et aussi, les anglais, ayant joués rusés en ayant réussis à faire croire à Hitler que le débarquement aurait lieu plus au nord vers Calais.

6 juin 2019 : «un sujet qui a fait couler beaucoup d'encre : la question de la non-invitation du président russe Vladimir Poutine à ces cérémonies et, à travers elles, la vision de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale, notamment en raison de l'importance du rôle joué par l'URSS dans la défaite de l'Allemagne nazie. Vladimir Poutine a réagi à ce sujet : «Nous n’invitons pas non plus tout le monde à tous les événements. Pourquoi devraient-ils m’inviter toujours partout ? Je suis un général d’opérette, ou quoi ? J’ai suffisamment de choses à faire en Russie. Ce n’est pas du tout un problème». Selon le chef de l'Etat russe, ce qui importe, c'est la vérité historique. «C’est ça qui ne doit jamais être oublié, nous ne devons pas trahir cette histoire et nos ancêtres, nos pères et nos grands-pères. Ça, nous ne devons jamais le faire», a-t-il expliqué». Sacré Vladi, ex-lieutenant colonel du KGB refusant d’être général d’opérette. Il oublie de mentionner que l’Histoire, avec un gros H ne s’embarrasse pas de nuances...Les russes, ils faisaient quoi entre septembre 39 et juin 41 ? Du tricot ? Le pacte Molotov de non agression signé avec cet idiot utile de Ribbentrop, ça doit lui parler ? Ce qui permit à son prédécesseur un dénommé Staline, petit père des peuples de croquer la moitié de la Pologne, d’avaler les pays baltes et un bout de la Finlande, pendant que les français/belges/hollandais prenions l’armée allemande en pleine déculottée... Il oublie aussi, le crime de guerre que fut l’extermination de Katyn et des 10000 officiers et intellectuels polonais...Comme chantait Jeanne Moreau «j’ai la mémoire qui flanche, j’me souviens plus très bien, comment...», pas grave cher Vladi, car de l’autre coté aussi, celui des vainqueurs U.S il en va de même : En fait, les « libérateurs » voulaient rien de moins de vouloir coloniser et prendre le contrôle total de la France, si, si ! Ils avaient même débarqué avec une liste de nomination de maires pour chaque ville libérée ;villes d’ailleurs totalement rasées suite aux bombardements de l’US Airforce et de la RAF. Des billets de banque avaient été imprimés par la banque d’Amérique afin de créer une nouvelle monnaie nationale, en bref, les « libérateurs », (je ne parle pas des pauvres gars massacrés sur les plages), étaient là pour mettre la main sur le pays non pas libéré mais conquis. Churchill ne pipait mot, car, le caractère ombrageux du général de Gaule l’agaçait au plus au point. Heureusement, le grand Charles, prit un coup de sang et menaça pas moins d’appeler le peuple français «libéré» à se soulever contre ses «libérateurs», si les menées conquérantes ne prenaient pas fin immédiatement. Il fut entendu, et ainsi, naquis le jour le plus long et tout le saint frusquin de la panoplie qui rend l’Histoire si belle, si glorieuse, allons zenfants d’la patrie! On peut aussi théoriser sur le fait, que les américains avaient pressenti le coup : qu’après la «libération» de Berlin, les territoires «libérés» par les soviets...Deviendraient terres d’influence du communisme international et qu’il fallait pousser par l’ouest en allant daredare vers l’est en 5eme vitesse des chars Sherman – à souligner que la libération de Paris n’était même pas dans les plans américains et qu’il fallut faire des pieds et des mains pour que le général Leclerc fasse sont entrée triomphale dans la capitale, car, le plan initial prévoyait de filer tout droit sans s’arrêter sur un tel «détail» ; Droit sur les Ardennes et sa bataille sanglante.

A l’époque, le grand méchant loup était le parti communiste, d’ailleurs fort de 800 milles adhérents fin 46. Sur le plan électoral, second derrière le MRP aux élections de juin 46, il prit la première place en novembre de la même année, avec 28,6 % des suffrages. Les américains avaient une peur bleue de cette idéologie du diable qui voulait partager la propriété privée. Ils firent et défirent des gouvernements européens, tel entre autre, la tristement célèbre Démocratie Chrétienne italienne qui durera jusqu’à en 1994. Churchill qui avait le sens de la formule, en mars 46, n’inventera-t-il pas le terme de «rideau de fer», ce qui résumera de manière laconique la future guéguerre des deux blocs.
Il y a l’HISTOIRE et les histoires, j’aurais tendance à prêter l’oreille à celles en minuscule/pluriel, celles des gens, des témoins de l’époque qui n’ayant pas une vue générale des événements les subissent, car, oui, l’HISTOIRE est faite d’êtres qui sont écrasés par la chose... De quelle manière est elle racontée, cette Histoire? J’suis dubitatif, ça dépend de quel coté d’où on vient... Et puis ce «devoir de mémoire», m’escagasse car, je sens bien derrière ces deux mots, toute l’idéologie d’une industrie mémorentielle, revancharde et guerrière... Et ce n’est pas un macron qui déposant une gerbe sur un monument aux morts, accompagné comme en Normandie par sa Brigitte, confondant un défilé de mode de son manteau Balmain à 3000 euros, avec un instant qui se devrait d’être solennel...Toute cette clique indécente réunie sous les spotlights, les cameras, les photographes, qui se moque comme une guigne de cette page historique, tout en invoquant la grandeur des anciens, le passé glorieux, l’HISTOIRE...Vue par des histrions...

Je suis guéri des « vérités historiques » depuis que jeune, tombais-je sur le livre de Erich Maria Remarque «à l’ouest rien de nouveau» : vue d’un jeune soldat volontaire allemand d’une guerre, au ras des tranchées. Les livres d’Histoire certainement racontent les grands déploiements cogités par les ganaches galonnées, Joffre, Foch, Pétain. «La science, la morale, l’histoire se passent très bien de dieu. Ce sont les hommes qui ne s’en passent pas» ...Et les généraux sont là pour dérouler le récit historiographique. Mais, loin de tout ça, une vérité : Ce fut un jour sans date ou il n’eut rien à signaler, sauf, pourtant, une vie de 23 ans, s’acheva, comme ça...Pour rien.

Georges Zeter/juin 2019


Vendredi 7 Juin 2019


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